‹ Christophe de BeaumontChapitre 271 sur 368 · FERMETÉ DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

FERMETÉ DE BEAUMONT

d*évêques, afin qu'il pût être jugé par ses pairs. « Ce moyen, ajoute-t-il, n'eut pas plus de succès que ma négociation. »

On se résolut alors à porter Taffaire au tribunal de la primatie de Lyon. Mais le conflit ne fera que s'envenimer, à la mort du cardinal de Tencin, par la brusque intervention de Montazet, devenu primat des Gaules.

Le 4 janvier 1758, le comte de Saint-Florentin était subitement dépêché par le roi auprès de l'archevêque, avec prière instante de ne rien omettre pour ébranler ses résolutions et le déterminer à lever enfin les fameuses censures. 4c Qu'on dresse un échafaud au milieu de la cour, se serait écrié le prélat, j'y monterai pour soutenir mes droits, remplir mes devoirs et obéir aux lois de ma conscience *. » Prenant acte de ce refus indomptable, le comte produisit une lettre royale de cachet qui enjoignait à l'archevêque de se rendre le soir même à Conflans, d'où il aurait à partir, sous deux jours, pour un nouvel exil au château de La Roque, dans le Périgord.

Bemis essaya bien de représenter que ce moyen n'était bon que pour gagner du temps, mais qu'il ne finissait pas l'affaire, puisque l'archevêque ne pouvait pas toujours être exilé ; sans compter que cette dureté exercée à son égard ne servait qu'à donner le lustre de la persécution à ses principes de conduite, et ne changerait certainement pas ses opinions. Ce fut encore

1 Les Femmes (le la Cour de Louis XV, p. 260. — Barbier dit seulement que l'archevêque se déclara « déterminé à tout souffrir plutôt que de céder ». {Journal^ t. VII, p. 2.) — Je crains que cette réponse assez emphatique, prêtée par M. de Saint-Amand à Christophe de Beaumont, n'ait pas d'autro autorité que celle des Chroniques de l'œil-de-bœuf{i. VII, p. 131). Cette autorité n'en serait pas une.

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