‹ Christophe de BeaumontChapitre 285 sur 368 · UN ÉPISODE DU CLOÎTRE · texte numérisé non relu

UN ÉPISODE DU CLOÎTRE

que de distinguer celle que lui écrivait la supérieure de l'un des monastères de la Visitation qui lui était le plus cher. Marie-Luce O'Donnoghue se disait chargée de transmettre au prélat les derniers vœiix d'une religieuse mourante, dont la vocation avait été un peu son œuvre, et à qui il en coûtait de mourir sans recevoir la bénédiction suprême de son seigneur et Père en Jésus- Christ. On l'appelait sœur Charlotte de Lillers.

C'était une jeune personne de noble maison, qui avait résolu depuis longtemps de sacrifier à Dieu la fleur de ses années et les espérances d'un avenir plein de promesses. Un charme irrésistible l'attirait dès lors au cloître, et jamais elle n'était entrée chez les Visitandines de la rue Saint- Antoine , à Paris , sans avoir soupiré d'impatience vers ces grilles jalouses, derrière lesquelles il lui tardait de vivre pour apprendre le secret de bien mourir. Mais la marquise de Courtebourne , sa mère , refusait le consentement avec une obstination dont il est peu d'exemples.

Beaumont venait de s'asseoir sur le siège de Saint- Denis. Sollicité par l'abbé de Lillers , oncle et curateur de Charlotte, le prélat s'était obligeamment entremis pour persuader à la marquise de prendre en pitié les soufirances de sa fille. Démarche stérile , avances perdues. Charlotte se résigne alors à passer outre , et le 7 mai 1747, sans égard à l'opposition qu'on lui fait, elle reçoit le voile des novices, après avoir subi l'examen canonique en présence de l'abbé Robinet, supérieur de la maison.

Cependant la mère, qui a laissé écouler l'année entière du noviciat sans frapper une seule fois à la porte du couvent, prend tout à coup les mesures nécessaires

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