‹ Christophe de BeaumontChapitre 286 sur 368 · AFFAIRE CORNIN DE LILLERS · texte numérisé non relu

AFFAIRE CORNIN DE LILLERS

pour s'opposer efficacement à la cérémonie de la profession. Elle obtient du Ghâtelet une sentence par défaut, en vertu de laquelle la victime cloîi^^ée devra être remise entre "ses mains dans les vingt-quatre heures. Charlotte de Lillers refuse de sortir, et, forte de l'autorité de son curateur, elle interjette appel au Parlement.

Il fallut en venir à une extrémité douloureuse; il fallut plaider. Le 3 juillet 1748, lua arrêt de la Cour enjoignait à la jeune fille de se rendre dans un autre souvent de Paris, au choix de l'archevêque, avec ordre d'y séjourner six mois entiers, pendant lesquels sa vocation serait éprouvée de nouveau et à loisir.

Beaumont indiqua pour retraite le couvent du Calvaire , au Marais , rue Saint-Louis. C'est là que sœur Charlotte fut conduite, le 15 juillet, par la princesse de Carignan et l'abbé de Lillers. Madame de Courteboume, cette fois, multiplia les visites et les assauts ; mais sa fille demeura inflexible dans sa détermination réfléchie de se donner toute à Dieu.

Les six mois expirés^ l'archevêque se rendit en personne au Calvaire, interrogea minutieusement la novice, et ne se retira qu'après avoir laissé un certificat en forme , constatant le sérieux d'une vocation qui ne pouvait faire doute pour personne. Munie de cette maitresse pièce, Charlotte de Lillers présente sur-le-champ requête au Parlement, à l'effet d'obtenir toute liberté de passer à l'émission de ses vœux. L'audience fut fixée au 29 janvier, jour de la fête de saint François de Sales. On admira beaucoup cette coïncidence fortuite, et l'heureuse visitandine put consigner bientôt sur le registre du monastère les lignes suivantes , que je transcris en respectant jusqu'à l'orthographe assez désordonnée :

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