‹ Christophe de BeaumontChapitre 303 sur 368 · SA MORT AU CHAMP D^HONNEUR · texte numérisé non relu

SA MORT AU CHAMP D^HONNEUR

chrétienne, allaient se manifester d'une manière touchante à la fatale journée de Crevelt, où un coup de feu, tiré à bout portant, le renversait au milieu de la charge de ses carabiniers. « Dieu veuille , mandait un officier d'état-major, conserver sur la terre le vrai modèle d'un parfait militaire et l'exemple des plus rares vertus ! J'ai eu l'honneur de le voir; il m'a paru être résigné à la volonté du Seigneur, ayant demandé luimême à parler à l'aumônier du régiment de Champagne, pour se réconcilier avec Dieu ^ »

L'abbé de Belmont était accouru au premier appel. « Je lui ai administré tous les sacrements de l'Église , écrivait-il au maréchal, j'ai recueilli ses derniers soupirs, et il est mort dans mes bras, avec des sentiments de piété, de patience, de résignation, qui ont édifié et attendri tous les témoins d'un spectacle si touchant 2. » Le deuil fut universel. « Nous venons, écrit de son côté M. de Vignoles, de perdre le meilleur sujet du royaume et la plus belle âme... Ce pauvre seigneur a toujours eu sa connaissance; il a mis ordre à sa conscience de luimême. Il a été pleuré à l'armée des ennemis comme dans la nôtre K »

Après avoir donné des larmes au fils, Christophe de Beaumont ouvrit avec le père une correspondance intime que la mort de ce dernier interrompra trop tôt. Disons, pour ne pas avoir à revenir sur le sujet, que cette correspondance fut dictée par le même esprit de

^ Lettre de Domgermain à M. de Crémillo (t4 juin).

* Lettre du 3 juillet.

' On trouvera des détails pleins dUntérêt sur la vie et la mort du jeune oflicierf dans Tétude si remarquable et si attachante que M. Camille Roussel publia en 1868 sous ce titre : Le Comte de Gisors. 1732-1758 (chez Didier).

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