‹ Christophe de BeaumontChapitre 317 sur 368 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La crise monétaire. — Générosités de Beaumont et du clergé de Paris. — Contrastes significatifs. — Disgrâce de Silhouette. — Préparatifs d'une grande campagne contre les Jésuites. — Procédés de Beaufnont à leur égard. — Manœuvres des sectaires. — Arrêt du Parlement contre les congrégations. — Réclamations du clergé de France.

L'archevêque de Paris, au retour de son exil, trouvait la France engagée dans les embarras d'une crise monétaire redoutable. Le budget de la guerre dévorait la substance du pays; le trésor était à sec; la confiance avait disparu ; toute transaction de commerce devenait impossible ; l'ouvrier,- resté sans travail, pouvait d'un jour à l'autre se trouver sans pain. Pour comble de maux, un arrêt du Conseil venait, le 21 octobre 1759, de suspendre le payement des effets de finances : c'était l'effarement général des intérêts, c'était une banqueroute nationale en perspective.

On avait recouru sans doute à des impôts, à des emprunts; mais les emprunts ne se couvraient plus, et des charges nouvelles grevaient sans profit pour l'État les malheureuses campagnes déjà frappées de taxes pesantes. Des expédients tentés par le nouveau contrôleur général Silhouette, les uns avaient paru insuffisants, les autres désastreux. Le malaise était partout , la colère s'amassait dans bien des âmes. Il en fallut venir à une extrémité douloureuse.

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