‹ Christophe de BeaumontChapitre 328 sur 368 · ARRET CONTRE LES CONGREGATIONS · texte numérisé non relu

ARRET CONTRE LES CONGREGATIONS

aussi unis plus étroitement que jamais contre l'ennemi commune »

L'archevêque de Paris, appelé dans l'assemblée, avait souscrit, en effet, le rapport de la commission qui reconnaissait dans l'encyclique de Benoît XIV la doctrine même de rÉjglise, et tous déclaraient s'y soun^ettre sans réserve. L'accord était complet, au grand désappointement des jansénistes meneurs. « Ils aiment mieux le trouble, écrivait l'avocat chroniqueur. Protégés par le Parlement, ils auraient mieux espéré dominer sur le clergé et abattre les Jésuites ; au lieu que si tout est tranquille et qu'il ne soit plus question de refus de sacrements, on ne parlera plus d'eux et ils se trouveront oubliés comme en 1750^. »

Le Parlement se chargea de rassurer ses complices en leur donnant des gages. Le 9 mai 1760, un arrêt des chambres réunies faisait défense à toutes personnes de former à l'avenir aucune assemblée, confrérie, congrégation ou association quelconque, soit à Paris, soit dans la province, sans l'expresse permission du roi, « revêtue de lettres patentes vérifiées en la Cour ». Il était en outre ordonné à toutes les associations de ce genre, actuellement en exercice, d'avoir à représenter, dans l'espace de six mois, leurs titres et statuts, « ensemble un mémoire contenant le temps et la forme de leur existence ».

Nul ne se trompa sur la portée du coup. Il atteignait directement les œuvres vives de la Compagnie de Jésus.

1 Lettre circulaire de l'Assemblée générale du clergé (1760) adressée à tous les prélats du royaume, p. 437.

«Barbier (t. VII, p. 251).

Page 1