RECLAM A.TIONS DU CLERGE
G^est ainsi qu'on s'appliquait à l'isoler, en lui retirant toute influence sur les diverses classes de la société qu'embrassaient ses congrégations. On n'était pas fâché d'ailleurs de laisser croire, en attendant, que la justice avait des raisons pour suspecter les sourdes pratiques des bons Pères.
« Ces pauvres Jésuites, disait à ce propos l'avocat Barbier, sont dans Paris en bien mauvais prédicament ^ )i> Il n'aurait pas pu en dire autant des adeptes de la franc-maçonnerie, dont les loges, à peu près inconnues chez nous jusque-là, se multiplieront désormais ' au point d'acquérir partout droit de cité; Mais le réquisitoire d'Omer de Fleury, qui semblait n'avoir cure des convulsionnaires et des francs -maçons, gardait toute sa bile pour ces confréries pieuses, au moins « inutiles » selon lui, attendu qu'elles ne devaient leur établissement « qu'à la négligence des ministres de l'Église, et à la dévotion peu éclairée des fidèles, qui vont chercher dans des églises étrangères les instructions qu'ils doivent recevoir de leurs pasteurs ».
Le clergé de France réclama dans un mémoire au roi 2, et cette « petite nation », dans le silence de la grande, sut rappeler au monarque ses devoirs de prince très chrétien, « tout en protestant envers lui d'une fidélité qui était subordonnée à sa soumission à l'Église, car elle lui opposait une autorité supérieure à la sienne, celle de Dieu^ ». Louis XV s'en tint dans sa réponse aux banalités d'usage , protestant lui aussi qu'il voulait « le maintien des établissements capables de contri-
1 Barbier (t. VII, p. 222).
* On trouvera ce Mémoire dans les procès-verbaux de 1760, p. 440.
* Revue des Deux Mandes^ 15 février 1879, p. 756.