‹ Christophe de BeaumontChapitre 336 sur 368 · CALOMNIES CONTRE LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

CALOMNIES CONTRE LES JÉSUITES

que ces contes ridicules, selon la remarque d'un jeune écrivain, prouvent seulement la violence de Tanimosité qui existait entre ce religieux prince et le ministre favori du roi et de madame de Pompadour ^

Avouons néanmoins qu'il y a là des traditions que les comédiens politiques de tous les temps ne laissent guère chômer. Est-ce que, par exemple , les honnêtes libéraux de la Restauration ne juraient pas aussi leurs grands dieux qu'ils avaient vu — ce qui s'appelle vu — le fils môme de ce dauphin, devenu roi sous le nom de Charles X, prononcer, entré les mains des Jésuites, ses vœux de religion et célébrer la messe dans son appartement des Tuileries ?

Le lieutenant de police, Berryer, que Bernis appelle Yespion autant que le confident de la marquise, la servait en tout cela de son mieux, car il détestait comme elle les Jésuites et n'en faisait mystère à personne *. Aussi bien le récent assassinat du roi de Portugal semblait-il être venu à point pour fournir des armes à tous les adversaires de la Compagnie, lesquels affectaient de rejeter la culpabilité de l'attentat sur des religieux accusés d'être intéressés à en recueillir les fruits. Bernis, qui a vu de près les hommes mêlés à ces perfides intrigues, le déclare en termes exprès : « Les Jésuites étant protégés spécialement par M. le Dauphin, le parti concluait que les Jésuites avaient tout à gagner à la mort du ror^. »

Caylus, digne neveu du célèbre évêque janséniste, n'allait-il pas jusqu'à colporter le bruit qu'on devait

ï Le Fils de Louis XV, par M. Emmanuel de Broglie, p. 283. * Mémoires, t. Il, p. 102.

» ibUL, p. 103.

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