‹ Christophe de BeaumontChapitre 338 sur 368 · CHOISEUL REMPLACE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

CHOISEUL REMPLACE BELLE-ISLE

VOS poignards historiques dans la poitrine de ce PombaP. » — Et Pombal dura quatre-vingt-deux ans! Et les élèves qu'il a faits n'ont pas eu, plus que lui, à craindre de voir les victimes transformées en bourreaux.

On se contint néanmoins, en France, tant que vécut ce vieux maréchal de Belle-Isle qui, sans avoir jamais fait la cour à la . favorite, avait su conserver, dans le conseil et sur l'esprit du roi, une autorité justement acquise par la fermeté de son caractère et ses longs services. On le savait l'ami de cœur de Beaùmont et l'ami de raison des Jésuites : on attendait sa mort. Elle arriva le 26 janvier 1761, laissant désormais pleine latitude aux ennemis de l'archevêque et de la Compagnie.

Le duc de Ghoiseul, jusque-là plus diplomate que soldat, remplaçait Belle-Isle au ministère de la guerre.. Il y entrait avec la conviction que le P. de Neuville avait indisposé contre sa personne le maréchal défunt, et, du premier jour, il lui échappa de dire, que, sans le respect qu'il avait pour le dauphin, Neuville et son frère ne coucheraient pas ce soir-là dans Paris. Le vrai tort du religieux, on ne l'avouait pas , était d'avoir été mis dans le secret du complot formé pour la destruction des Jésuites de France, et de s'être chargé, sur les conseils de Beaùmont, d'en faire passer au roi, par les mains du dauphin, le mémoire révélateur. De là, le bruit répandu qu'une copié de ce mémoire avait été trouvée dans les papiers du maréchal, avec des notes marginales où Ghoiseul croyait reconnaître l'écriture du jésuite ^.

1 Jésuites! par Paul Féval, p. 243.

^ On peut consulter, sur cette affaire, la première pièce des Documents concernant la Compagnie de Jésus, publiés en 1827 par Saint-Viclor,

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