MORT DU DUC DK BOURGOGNE
tinction m*a répété que le marquis de Choiseul -Meuse, amî intime de sa famille, était mort empoisonné à Rennes, trois jours après y être arrivé ^
Un événement douloureux fit trêve un instant à cette petite guerre, sorte d'avant-scène de l'action principale. Je veux parler de la mort de ce jeune duc de Bourgogne, l'espérance de sa famille et du pays, dont j'ai raconté ailleurs les émouvants détails *. L'aimable prince s'était doucement éteint, le 22 mars, à l'aurore des fêtes de Pâques, après une longue et cruelle maladie. Il n'avait pas encore dix ans.
On exposa son corps dans une chambre ardente, qui ne fut prête que le vendredi 27. L'archevêque de Paris, à la tête du chapitre, vint ce jour-là, en soutane noire , camail noir et rochet uni, jeter de l'eau bénite sur ces funèbres dépouilles. Le grand maître des cérémonies de la cour ayant négligé de recevoir la députation de Notre- Dame selon ce qu'elle croyait être l'étiquette, il se produisit un incident assez minime qu'on me pardonnera toutefois de relater , uniquement pour mieux accuser cette physionomie de Beaumont, dont j'ai dit qu'il était aussi exact dans les moindres observances qu'inflexible dans les importants devoirs.
Sur le seuil de la chambre ardente, l'archevêque s'était retourné vers le marquis de Dreux, et d'un ton de voix empreint de fermeté autant que de courtoisie :
i « Nous n'avons gardo d'attribuer à un crime cette mort par le poison, ajoute ici l'éditeur des Notes historiques. Le duc de Choiseul fut notre ennemi, celui de Rome et Tun des plus mauvais ministres de France ; mais toutes ses fautes no donneront jamais le droit de lui imputer un crime d'empoisonnement, sur la simple application d'une maxime souvent fausse : Is fecit cui prodest. »
* La Dauphine, mère de Louis XFf, p. 202.