PROCESSION JUBILAIRE
mêlés à rexplosion des bombes et à la crépitation des gîrandes. Tout brûla, dit la chronique, « jusqu'aux bateaux. » La ville, qui tenait à faire bonne figure auprès des comtes de Lyon, laissa complètement tomber leur feu avant dllluminer la pyramide dressée par ses ordres vers la chapelle « du Pont-de-Pierre. » Ici encore, le spectacle parut des plus curieux, et la foule ne consentit à s'écouler que lorsque la dernière gerbe se fût éteinte avec sa cascade changeante d'étoiles.
Restait, pour le dimanche 27, la clôture définitive de la mission jubilaire. Une procession générale avait été organisée de longue mam, et tous les corps de métiers s'étaient engagés à rivaliser de zèle pour lui permettre de se déployer avec une pompe inaccoutumée. Pas ime maison, sur le parcours du cortège, qui n'eût revêtu ses plus riches draperies^; pas un quartier qui n'eût disputé l'honneur d'ériger un autel de lumière et de verdure. On admira surtout le portique élancé que les négociants de Lyon avaient fait construire pour le reposoir du Change, mais l'unanimité des suffrages ne s'en arrêtait pas moins aux décorations splendides de la place Louis-le-Grand.
C'est là, vers quatre heures et demie, que débouchèrent les deux immenses files parties du grand collège, repliant leurs anneaux sans fin le long des barrières de feuillage, et enveloppant à distance le monument principal *. Au centie, dans une enceinte spacieuse que
1 Une autre ordonnance du consulat (t9 juin), en invitant à tapisser les «maisons sur le passage de la procession générale, fait défense d'employer « des tentures noires sur quelque prétexte que ce soit. »
* L'autel était élevé au bas de la maison de « M. de Riverieulx, le conseiller. » — Celte famille^ originaire du Bourbonnais, subsiste encore sous les noms de Ghambost et de Varax.