LE CARDINAL DE TENCIN
se trouvaient en état de l'entreprendre. Mgr de Rochebonne, dont toutes les sympathies étaient acquises à cette belle œuvre, mourut, le 28 février 1740, sans avoir pu présider, selon ses désirs, aux travaux commencés. Devenue fort insuffisante encore , malgré cet agrandissement considérable, l'église de Fourvière voit enfin monter aujourd'hui à ses côtés un véritable monument, œuvre d'art et de foi, qui racontera les merveilles de la piété et de la générosité lyonnaises.
Le cardinal de Tencin, archevêque d'Embrun, venait de quitter le conclave qui élut Benoît XIV, le 17 août, lorsqu'il fut appelé à l'archevêché de Lyon par brevet royal du 24 septembre. Préconisé dans le consistoire du 8 novembre de la même année, il apprit presque aussitôt la mort du trop fameux Soanen, ce « saint » de l'école janséniste, qu'il avait frappé d'une juste condamnation au concile provincial d'Embrun (1727), et qui ne signait plus, dans sa retraite, que t Jean^ èvêque de Senez, prisonnier de Jésus-ChrisL S'il faut en croire la légende anecdotique, toujours un peu suspecte , l'abbé de Beaumont et ses collègues de la primatiale ne virent pas sans quelque déplaisir la nomination du nouvel archevêque, lequel, après s'être mis autrefois sur les rangs pour briguer une place dans le chapitre noble, avait dû forcément subir de leur part un refus motivé. Issu, en effet, d'une simple famille de robe originaire de Romans*, Pierre Guérin de Tencin était loin de pouvoir
1 Cette famille, appelée Guérin, prenait son nom de Tencin d'une petite terre située sur l'Isère, près de Goncelin. « Les Erabrunais prétendent que la famille de Tencin était originaire du village de Ceillac, à trois lieues de leur ville, et, en conséquence, ils réclament Pierre Guérin et sa gloire, comme étant à double titre leur patrimoine. » (France pontificale , archidiocèse de Lyon, p. 48 li)