‹ Christophe de BeaumontChapitre 84 sur 368 · UNE SAISIE DE MARCHANDISES · texte numérisé non relu

UNE SAISIE DE MARCHANDISES

« noble Gaspard de Pingon, clerc tonsuré du dioceze de Grenoble*. »

Cependant Tabsence prolongée de l'évèquede Bayonne ne rempèchait pas d'exercer de loin sa sollicitude sur les intérêts généraux de la ville et du diocèse. Malheureusement les circonstances ne favorisaient pas toujours ses meilleures intentions, et il en était alors réduit au regret d'avoir à présenter des excuses où l'on attendait des services. C'est un genre d'épreuve morale que les âmes obligeantes connaissent bien. Mgr de Beaumont y fut soumis, dès les premiers jours, comme on peut le conjecturer d'un épisode d'histoire locale qui trouve ici sa place naturelle,

Le 12 décembre 1741, MM. du Corps de Ville de Bayonne avaient été prévenus qu'un rassemblement tumultueux, d'allure assez menaçante, s'était porté devant la maison Bacqueville, où les agents des fermes procédaient à une saisie de marchandises de contrebande. Il devenait urgent de s'interposer pour conjurer une collision inévitable. Réunis en conseil, les magistrats urbains décident qu'ils se rendront de leur personne vers le quartier désigné et qu'ils s'efforceront d'amortir tout éclat fâcheux. Arrivés au cœur de l'attroupement, les uns stationnent parmi la foule, les autres pénètrent jusque dans l'intérieur de la maison et parviennent, sans avoir éprouvé d'avanie, à étouffer en germe l'émeute naissante. Les gens du roi purent donc instrumenter à l'aise et faire main basse sur les malencontreuses cretonnes. Quant aux hommes de la municipalité , ils s'entendirent pour consigner, avec une entière indé-

ï Actes capilulaires {VZ novembre).

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