GRAVE CONFLIT
pendance, révénement du jour dans le registre des délibérations, en ayant soin de relever que l'attitude de M. de Lamberval, gouverneur de la ville, avait été pour beaucoup dans l'émotion populaire, qu'ils auraient calmée sans peine , dès l'origine , si on les eût prévenus plus tôt.
Les rapports continuaient d'être à ce point d'extrême tension, lorsque, le 20 février 1742, survint un arrêt du Conseil des Finances condamnant le sieur Bacqueville à une amende de 3,000 livres et déclarant les magistrats bayonnais responsables de son exécution. Ce n'était pas le moyen de détiser le feu. Le conflit s'exaspéra d'autant plus que l'intendant de la généralité d'Auch, Mégret de Sérilly, prétendait laisser à la cité le souci de poursuivre les Bacqueville, se réservant de réclamer d'elle, à défaut, l'amende infligée d'office. Acculés dans cette impasse et rabroués à chaque proposition d'arrangement, les échevins n'avaient plus qu'à en appeler aux protecteurs naturels de leurs intérêts. Le 27 mars, ils écrivirent à Christophe de Beaumont une lettre des plus suppliantes :
Monseigneur, les citoyens de ce chef-lieu de votre diocèse sont tous dans la désolation et Taccablement.
Une ville, Monseigneur, qui a toujours été la plus fidèle et la plus soumise aux ordres du Roy, vient d'être totalement défigurée par Texposé faux et calomnieux qu'a fait au Conseil le Directeur des fermes de ce département, en nous montrant et nous caractérisant comme gens qui se prêtent à la fraude et opposés à la volonté de leur Prince.
C'est, Monseigneur, à l'occasion d'une saisie de toiles peintes, faite dans cette ville par ce Directeur, dans laquelle il a été troublé par quelques femmes de la lie du peuple. Nous n'avons garde de disculper les coupables, nous souhaitons au contraire qu'ils soient
DBAUMONT, I. 6