VISITE A BLOIS
de La Roque, où les membres de sa parenté s'étaient donné rendez-vous pour l'accueillir et lui faire fête. L'évèque de Blois, le premier, tenait à honneur de produire son ancien grand vicaire dans les diverses églises et chapelles de sa ville épiscopale, afin d'attirer les prémices des bénédictions du nouveau prélat sur l'œuvre de réforme qu'ils avaient entreprise et poursuivie de concert. Le couvent des Ursulines se distingua, entre les autres maisons religieuses, par l'éclat et le bon goût des réceptions. Aussi voyons-nous les deux évêques ne pas dédaigner de s'y asseoir à la table de famille qu'on avait dressée dans la salle du chapitre, et où prirent place, parmi les nobles invités, madame la duchesse d'Uzès, mère de Mgr de Grussol, une marquise d'Amboise, sa parente, et la femme du lieutenant général de Blois.
On touchait à fin du mois d'août, et les circonstances disaient assez que cette visite était une visite d'adieux. Mais Christophe de Beaumont, qu'aucun lien du sang ne rattachait alors à la province blésoise, pouvait-il seulement soupçonner que plusieurs de ses arrièrepetites nièces seraient élevées un jour dans ce même monastère, et que l'une d'elles viendrait, cent ans plus tard, s'y consacrer à Dieu*?
Ce fut durant son séjour à La Roque , au moment d'aller rejoindre à Sarlat sa vénérable mère, qu'il reçut de Bayonne un nouveau pli dans lequel les échevins, tout en lui renouvelant leurs vœux « d^heureuse année,» laissaient discrètement percer l'expression d'un désir qui était celui de tous. « Permettez-nous, disaient-
1 Le 2 octobre 1855 (Cf. Les Ursulines de Blois, par l'abbé Richaudoau, t. I, p. 91).