‹ Christophe de BeaumontChapitre 89 sur 368 · ADMINISTRATION DIOCÉSAINE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DIOCÉSAINE

qui se pratique dans tout avènement d'évêque pour que nous nous arrêtions aux détails *. Nous emprunterons, de préférence, quelques souvenirs à l'intéressante histoire d'un homme qui ne fut pas le moins zélé des auxiliaires de notre vertueux prélat 2.

Christophe de Beaumont, en arrivant à Bayonne, s'était montré désireux de n'apporter aucun changement dans la marche de l'administration diocésaine. S'il avait pris bientôt après quelques dispositions nouvelles , ces mesures d'une importance relativement secondaire ne présentaient rien qui pût effaroucher les esprits susceptibles. C'est ainsi qu'il s'empressa de remplir une lacune, échappée à la vigilance de ses prédécesseurs, en établissant une messe de paroisse dans sa cathédrale, pour toutes les fêtes de l'année comme pour les dimanches. Jaloux de suivre les traditions laissées par Mgr de Bellefonds , il appela autour de lui les hommes qui avaient joui de la confiance de ce courageux évêque et s'inspira toujours utilement de leurs conseils. C'étaient principalement MM. Daguerre, de Lissalde, d'Artaguiette, Duhalde, curé d'Anglet, et surtout le jeune chanoine théologal, Léon Vinatier, dont il récompensa le rare mérite en le rapprochant de sa personne et en lui permettant de prendre la part la plus active dans le maniement des affaires.

Nous lisons, d'autre part, que si les maisons d'éducation répandues dans le diocèse excitèrent en premier lieu le vïf intérêt du nouveau prélat , son grand séminaire demeura, jusqu'à la fin, l'objet de sa tendre et

1 Voir aux archives de Pau (C. 180).

' et*. Vie de M. Daguerre^ par l'abbé Duvoisin, c. xi.

86 l'abbé DAaUERRE.

constante sollicitude. Il le visitait souvent, assistait quelquefois aux leçons de théologie , s'entretenait familièrement avec les jeunes séminaristes et s'assurait par lui-même de leur aptitude et de leur piété. Résolu, d'ailleurs de travailler de toutes ses forces au renouvellenîent complet de l'esprit sacerdotal, il commença par adresser fréquemment des instructions à ses prêtres, se fit un devoir de présider leurs retraites pastorales- et ne manqua jamais d*appuyer de l'autorité de sa parole l'enseignement des hommes apostoliques invités à prêcher devant eux.

C'est dans une pareille œuvre de restauration qu'il fut puissamment secondé par le prêtre admirable dont le nom se rencontrait tout à l'heure sous notre plume. Fondateur et premier supérieur de ce beau séminaire de Lar essore, où les études n'ont cessé de fleurir avec la religion et les bonnes mœurs, l'abbé Daguerre avait mis volontiers au service de son évêque la grande influence qu'il exerçait sur le jeune et l'ancien clergé, soit directement par lui-même, soit pat la colonie de ses vigoureux missionnaires. Il n'en fallait pas davantage pour lui assurer une des meilleures places dans l'esprit et le cœur de Mgr de Beaumont.

Hélas ! ce digne prélat devait associer bientôt , dans un même sentiment de regret, une affliction de famille et une douleur du pays.

Le 2 juillet 1743 , de tristes nouvelles avaient circulé dans Paris, au sujet d'une bataille, funeste pour nos armes, qui s'était livrée, cinq jours auparavant, entre le maréchal deNoailles et le roi Georges II d'Angleterre ^.

ï Journal de. Barbier, t. III, p. 451.

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