‹ Christophe de BeaumontChapitre 94 sur 368 · UN AVOCAT JANSÉNISTE · texte numérisé non relu

UN AVOCAT JANSÉNISTE

convenir, se flattaient peut-être encore de le prendre sans vert. Bien qu'il ne prétendît pas pousser à bout les novateurs, Christophe de Beaumont était déterminé à les empêcher absolument de propager leurs funestes doctrines. Aussi lui rend-on cette justice, qu'il montra la plus rare prudence à leur endroit, faisant usage^ suivant les conjonctures , « tantôt d'une douceur exempte de faiblesse, tantôt d'une fermeté libre de toute passion. »

Un seul ekemple, autour duquel les Nouvelles ecclésiastiques voulurent plus tard faire beaucoup de bruit S montrera ce qu'était cette force paisible , cette sérénité vaillante. Nous reproduisons, en l'abrégeant, le récit d'un historien déjà mentionné ^.

Sur la fin de 1743, un jeune avocat au parlement de Paris, nommé Joseph Dailenc, tombait dangereusement malade à Bayonne, où il s'était établi naguère par son mariage avec la fille d'un négociant, Josèphe Larrèche- Bergare. Né à Dax, d'une famille influente dans la contrée , mais dévouée corps et âme au jansénisme le plus haut en couleur. Dailenc avait sucé avec le lait une doctrine que sa mère et son frère aîné s'étaient entêtés à défendre jusque sur le lit de mort. Frappé à son tour, il réclame de la paroisse la faveur des derniers sacrements. Le vicaire chargé de les administrer en réfère au conseil épiscopal.

La situation est embarrassante pour Beaumont. D'un côté, les opinions religieuses de Dailenc sont connues de la ville entière, et l'on ne peut mollir sans qu'il

1 Cf. l'année 1748, p. 120.

* Vie de M, Daguerre^ p. 207,

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