L. est moi-même
ain^" '"Vi"'"'' ^'' ' ^' P'-^'^^^^'^re , si je puis m'exprimer viau . . . (^ // désigne Swemy. )
^ , SAVERNY
Qu est-ce à dire ?
, . AMÉDÉE
i-n voici bien d'une autre.
^j- . PICHELIIV.
Monsieur , ce que vous demande^ est déjà fait. . v
Al , CHRISTOPHE.
ceue m^it?''" ^ ^""""^ ^^^^ connaissance de l'aventure de
27 ) PICHELIN.
Comment î vous auriez été témoin ? . . .
Mieux que ça, monsieur... partie plaignante et trèsplaignante.
SAVERNY , à part.
Diable ! si c'était le maril
PICHELIN.
Ainsi vous étiez , entre minuit et une heure , dans cette rue , n° 23 ?
Permettez. . . n° 86.
PICHELIN.
JN° 86 , de l'autre côté de la rue , beaucoup plus haut.
AMÉDÉE, à Scwerny.
Ah ça !.. . tu as donc voyagé toute la nuit?
SAVERNY
Je n'y comprends rien.. . à moins que ce ne soit un tour de mon rival, de M. de Vallière.
Voilà une affaire qui se complique Etes-vous bien
sûr , monsieur ?. . .
Vergeomel . . . Très sûr.
PICHELIN.
C'est au n° 86 que vous accusez ce jeune homme d'avoir volé i*
Du tout. . . au contraire. . je l'accuse de ne pas cire un voleur. . . Je voudrais bien que ce fût un voleur.
PICHELIN.
Comment .'' c
Je l'accuse d'être un jeune honune de bonne famille , riche, aimable , bien élevé. . .
AMÉDÉE
Ah ça ! il est stupide . . .
Droguiste. . . ne confondons point, s'il vous plaît.. . et
à ce titre je demande qu'il me suive à Tinstant , de gré ou de force , pour être confronté par moi avec Artémise.
Artémise ! . . .
Sa complice. . . une jeune personne charmante. . . des grâces , des attraits . . . l'esprit le plus facile , et un cœur idem.
PICHELIN.
Je m'y perds. . . expliquez-vous , monsieur. . . Narrez les faits le plus brièvement possible.
Rien de plus clair. . . Suivez-moi bien. . . Vous saurez donc qu'hier j'étais de garde au poste qui est dans cette rue. . . C'est une faveur que je dois à l'amitié de mon capitaine Lalourette C'est lui qui me donne des billets
pour aller au bal de la cour, où je l'amène dans ma voiture. . . car nous avons voiture , pour ne pas être confondu avec le peuple.
PICHELIN.
Monsieur. . . tout cela ne me dit pas. . .
Suivez-moi bien. . . Où en élais-je ?
PICHELIN.
A votre ami , M. Latourette.
Je n'en suis encore qu'à Latourette ?... Eh bien ! donc... c'est grâce à lui que je montais au poste d'honneur , juste en face de la demeure d'Artémise. . . Mais il faut d'abord que je vous fasse remonter à la source.
La source de quoi ?
La source d'Artémise. . . une danseuse, une débutante à l'Opéra . . . récemment arrivée de Carcassonne.
PICHELIN.
Mais , monsieur , toute cette histoire . . .
Suivez-moi toujours. . . Où en étais-je ?
PICHELIN.
A la danseuse.
Non , avant?
A Lalourette.
Encore avant ?
A votre garde.
C'est cela même.
CHRISTOPHE, PICHELIN.
PICHELIN.
PICHELIN , à part.
Dieu î quelle patience !
' Je faisais ma faction Moi , j'aime beaucoup ça ,
monter la garde... l'ordre public, je ne connais que ça. . . je suis féroce là- dessus. . . et, comme je le disais à Latou-
rctte ... si j'étais député ( Aux jeunes gens qui rient. )
Ça vous fait rire , messieurs. . . et pourquoi ne serais— je pas député tout comme un autre ?
PICHELIN.
Mais enfin , monsieur ?
Si vous ne suivez pas. . . Où en étais-je?
PICHELIN.
A votre faction.
C'est juste I . . . Hier , à onze heures du soir , comme je vous disais, en face de l'appartement que j'ai loué pour Ar-
témise je me promenais de long en large , les yeux
fixés sur ce boudoir que j'ai meublé avec tant de luxe
Tout-à-coup, arrive un fiacre un jeune homme s'en
élance, frappe à la porte , entre. . . et trois minutes après,
dans ce même boudoir je vois deux têtes se dessiner
derrière les rideaux.. . j'en frissonne encore... La jalousie, la rage... toutes les tortures!... Je ne sais plus où j'en suis.
PICHELIN.
Vous en êtes au boudoir.
Vous figurez-vous ma position i* . . . Moi , en faction , le fusil sur l'épaule , la pluie sur le dos, et obligé de crier : «Qui vive?... Caporal, hors la garde 1 venez recon- » naître patrouille I... » Je suis resté deux heures comme
ça , et j'allais tomber mort , quand on m'a relevé.. . Alors, je cours chez la perfide; je frappe à coups de crosse de fusil • • .
PICHELIN.
Sur monsieur ? • . .
Non . . . sur la porte . . . On ne m'ouvre pas ... Je menace de briser celle même porte. . . Arlcmisc paraît. . .
Dieu ! qu'elle était belle î ... Ça redouble ma fureur
Je pénètre au boudoir. . . Rien !.. . Je cherche partout. . . Personne... Je commence à croire que je me suis trompé... Je tombe aux pieds d'Artémise ... et déjà même le plus doux baiser. . . Alch ! . . . un élernuement. . .
PICHELIN.
De vous ?
Non.
D'elle?
Non.
De qui ?
PICHELIN.
PICHELIN.
D'une armoire.. . je m'y précipite. . . Qu'aperçois-je?. . . C'était monsieur qui avait l'audace de s'y cacher.
SAVERNY
11 est fort celui-là.
Je veux sauter sur mon fusil ; il s'en empare avant moi... Je me mets devant la porte pour l'arrêter. . . il frappe avec la crosse de mon fusil.
PICHELIN.
Sur la porte ?
Non, sur moi. . . Dans mon indignation , je me retire, et il se sauve . . . Eh bien ! . . . croiriez-vous qu'Arlémise me soutient que monsieur est un voleur dont. elle ignorait la présence. . . Je veux la confondre, en mellanl le coupable en face d'elle.
SAVERNY
Parbleu I je l'en défie..
AMÉDÉE
Ce sera curieux . . . nous irons tous.
( Christophe ctles jeuries gens i'ontpour sortir , Pichelin les arrête. )
PICHELIxV.
Un instant, messieurs. . . D'après le récit que je viens d'entendre, votre ami ne serait pas celui que je cherche , et le reste ne me regarderait plus . . . Mais il me faut des témoignages irrécusables. . . sans quoi je fais provisoirement conduire le prévenu à la préfecture , où monsieur pourra venir s'expliquer.
Y pensez-vous?... un scandale.. . la pudeur d'Artémise?
PICHELIN.
Eh bien ! alors. . . que cette dame se rende ici. . . (^ A part. ) Je ne serais pas fâché de voir cette danseuse.
Quoi ! vous exigez . . .
PICHELIN.
Il me faut plusieurs témoins , ou je vais faire emmener le prévenu.
CHRISTOPHE , à part.
Diable !..... ( Haut. ) Eh bien ! monsieur, on vous en fournira des témoins.. . on vous en fournira plus que vous n'en voudrez. . . Mais je vous somme de ne pas conduire monsieur à la préfecture jusqu'à mon retour.. . Je m'engage à vous prouver que c'est un jeune homme de la meilleure compagnie.
Air du siège de Corinthe.
Sa conduite est vraiment atroce , Et je dus en être effraye' ; De mon fusil 11 prend la crosse...
Il vole un cœur que j'ai payé.
Il me vole avec assurance Et mon repos et mon honneur ; El pour me voler ma vengeance, Monsieur se fait passer pour un voleur