‹ ChristusChapitre 199 sur 284 · Aux Philadelphiens, iv · texte numérisé non relu

Aux Philadelphiens, iv

et à celles qui se marient de le faire avec l'assentiment de Févêque ^ Passion pour le Christ, passion pour la hiérarchie, c'est tout Ignace, et il n'est pas divisé.

Le deuxième écrivain dont nous parlions, c'est Hermas, frère d'un évéque de Rome du second siècle, bon chrétien qui n'est pas sans défauts, mais qui ne nous a pas non plus laissé ignorer ses vertus. Il a intitulé le Pasteur (7coia/,v) un plan de réforme morale présenté sous une forme parabolique assez réussie. Hermas est moins absorbé qu'Ignace par l'idée de la fin bienheureuse ; il est surtout occupé de l'aspect moral du christianisme. « Assis dans sa maison, il médite les commandements, songeant qu'ils sont beaux et puissants et réjouissants, et glorieux, et capables de sauver l'âme de l'homme 2. » L'ange de la Pénitence est le Pasteur qui l'enseigne. — Pas plus qu'Ignace, Hermas ne donne l'impression que le retard de la parousie ait, dans l'ensemble, découragé l'Eglise. Sans doute, il constate autour de lui de la tiédeur et des défections, mais l'impression qui domine est celle d'une vitalité puissante. Le Maître de maison peut revenir d'un moment à l'autre ; pourtant, ses serviteurs construisent comme s'il devait indéfiniment tarder. L'Église se bâtit comme la tour qui fut montrée un jour à Hermas :

Ne vois-tu pas devant toi une grande tour qu'on est en train de bâtir avec de splendides pierres carrées ? Des myriades d'hommes apportaient des pierres, les uns du fond de l'abîme, d'autres de la terre, et les donnaient à six jeunes gens qui les prenaient et bâtissaient. Les pierres qu'on tirait

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