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Hermas, le Pasteur, parabole vt, i

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de l'abîme étaient emplbyées fout de suite dans la construction; elles s'adaptaient si bien qu,'on ne voyait point là jointure, et il semblait que tcute la tour fût construite d'un seul bloc K

Hermas explique ensuite qu'il y a des- pierres qu'on écarte de la construction de l'édifice, les unes déjà taillées, d'autres rugueuses, fendillées, tronquées, d'autres qui, rejetées de 1^ bonne voie, roulent en des endroits impraticables, d'autres qui tombent dans» le feu. Ce sont les mauvais catéchumènes, fils d'iniquité, esclaves des richesses, du respect humain,, des concupiscences mondaines. Il y avait aussi de mouvads chrétiens : la neuvième parabole du Pasteur- nous les présente sous la figure de ces pierres qui, après avoir été insérées dans la tour, en sont retirées pour être nettoyées à nouveau, et, si elles se montrent rebelles, pour être définitivement écartées. L'Église protestait contre ces défaillances, rappelait instamment le devoir de la pénitence, et continuait à progresser^.

L'Église et l'Etat. Les pei- se entions. — L'Église progressait au milieu des épreuves. Après avoir d'abord confondu juifs et chrétiens, l'Empire ne tarda pas à les distinguer ^, et tandis qu'il accordait a-ux premiers la tolérance, il poursuivait les seconds d'une haine acharnée. Le refus de participer au

\, Le Pasteur, vision ni, 3, 4, G.

2. Origène, Contre Celse, m, 29 (P. G., t. XI, col. 957), remarque que ïes chrétiens les moins édifiants étaient bien supérieurs à la foule païenne.

3. L'après un passage de Sulpice Sévère, Chron., h, 30, 6, qm! semble emprunté à la partie perdue des Histoires de Tacite, Titus distinguait déjà les deux religions. Le rescrit de Trajan montre qu'au commencement du deuxième siècle, le seul fait d'être chrétien était punissable.

LA RELIGION GHflÉTIENNE. 759

culte impérial fut la cause prédominante, qui valut au christianisme tant de persécutions. l>ans la dissolution des religions antiques, le culte des empereurs avait surgi à point pour rallier les citoyens autour des temples et tenter de sauver, en les rajeunissant, ce qui subsistait des anciennes croyances et des anciens usages. Quand, sous la poussée du christianisme grandissant, la statue du dieu parut branler, on crut que l'Empire lui-même chancelait sur ses fondements. La défense de 1^ tradition, dii mos ma-- Jorum^ érigée en raison d'Etat, parut justifier une politique de guerre à outrance. Car, si le culte impérî-al n'était qu'une importation exotique et de fraîche date (il ne remontait pas plus haut que Jules César), l'adoration pratic^ue de l'Etat était bien dans la tradition de Rome. L'Église resta fidèle à la parole du Maître : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ^ » Ce n'est qu'à son corps défendant qu'elle soutint la lutte contre l'Empire, et ceux-là font un contresens historique qui s'imaginent que le christianisme est naturellement anarchiste. Sans doute, les terribles invectives de l'Apocalypse 2 sont là, pour donner un démenti à ceux qui prétendraient que l'Eglise n'a jamais connu, en face du pouvoir, d'autre attitude que celle de la bénédiction, d'autre sentiment que celui delà résignation soumise. Mais on a le droit de dire que cette sainte fureur est l'exception. Nous avons noté en son lieu l'admiration sympathique de Paul pour l'ordre romain et la civilisation du monde impérial. Le pouvoir, à ses yeux, ne vient pas du diable, « le

{. Matth.,\\\\, <!A.

-1. Apoc.^ xvin; cf. vi, 9-40, etc.

pouvoir vient de Dieu », comme il l'écrit à l'Eglise des Romains. « Ainsi, continue-t-il, celui qui résiste au pouvoir s'oppose à l'ordre de Dieu... Ceux qui ont peur des magistrats, ce ne sont pas les bons, mais les méchants. Veux-tu n'avoir pas peur du pouvoir? Conduis-toi bien... Le pouvoir est ministre de Dieu pour ton bien ^ . » La doctrine que résume cette remarquable définition est reprise dans les autres Epîtres. La première Épître de Pierre, écrite en temps de persécution, n'en connaît pourtant pas d'autre 2. La première à Timothée invite à prier « pour les empereurs et pour tous ceux qui ont part au pouvoir, afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille, en toute piété et respectabilité^ ». Dans les lettres de saint Ignace, qu'on emmenait pour l'exécuter et que la perspective du martyre remuait jusqu'au fond de Pâme, pas un mot ne reflète un sentiment de haine du pouvoir : c'est la remarque d'un de ceux qui l'ont étudié avec le plus de soin, et qui relève d'autres indices de ce qu'il appelle le loyalisme des chrétiens d'Asie Mineure^.

Les apologistes jugent et sentent que la vérité chrétienne est sympathique à tout bien. Ils admirent la paix romaine, avec laquelle et dans laquelle le culte du Christ a grandi; ils aiment l'empire, ils vénèrent les empereurs. Ils leur proposent la collaboration sympathique de la religion nouvelle. Ils ne sont à aucun degré des révolutionnaires, ni des sujets maussades; ils sont des soumis joyeux. « Ce

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