A. M. Weiss, op. cit., p
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extérieures et certains abus, tels que le trafic des indulgences, aient excité en plus d'un le désir d'une religion moins asservie à la lettre, plus dilatée par le souffle dé l'Esprit : il est difficile de s'expliquer autrement le succès des prédications de Luther contre les cérémonies du culte catholique, et l'empressement qui accueillit sa théorie de la justification par la foi sans les œuvres. Ce désir d'une dévotion élargie n'aurait cependant pas suffi à jeter les âiïies hors de l'Église : la spiritualité catholique g-slrdàit assez de souplesse pour pouvoir se renouveler et contenter ces nouvelles aspirations. Un danger plue redoutable était la diminution dans le peuple lui-même du sens de l'autorité. Outre que l'accroissement du pouvoir civil rendait les sujets plus enclins à suivre la religion du prince, que les rivalités politiques, le morcellement du saint empire avaient détendu les liens de la fraternité chrétienne entre des âmes qui cherchaient encore le point d'insertion du nationalisîne et de la catholicité, le peuple avait perdu de sa confiance en ses chefs spirituels. Les querelles du schisme, les discussions théologiques qui avaient suivi, avaient eu leur retentissement parmi les foules et trouvé un écho jusque dans le théâtre populaire : aux Halles de Paris, Pierre Gringoire, dans le Jeu du Prince des Sots et mère Sotte, bafouait à plaisir pape et concile, et monnayait, à l'usage du peuple, les opinions subversives des Universitaires. L'épiscopat, moins étroitement uni à son chef, a perdu de sa cohésion et de sa vigueur à réprimer les abus. Les attaques contre le clergé ont amené la confusion des idées de sainteté et d'autorité. La simpïicité popu-
laire a pçine à distinguer dans le seigneur ou prince évêque le pouvoir temporel et la juridiction spirituelle, dans le ministre indigne l'homme privé et le vicaire du Christ et lentement l'idée s'insinue que le christianisme peut se passer de hiérarchie, que l'Église n'est pas nécessaire, qu'elle peut même être un obstacle pour aller au Christ. En cet ébranlement de la constitution ecclésiastique réside la grande faiblesse de l'Église au xv^ siècle * : c'est par cette brèche que passera Luther, entraînant avec lui une partie de la chrétienté. C'est aussi le point que le catholicisme moderne s'appliquera à raffermir et à fortifier, et de môme qu'en face de la réforme protestante l'Église dressera les décrets du concile de Trente, au libre examen de Luther elle pourra opposer l'entière obéissance de saint Ignace de Loyola.
Pierre Rousselot et Joseph Huby.
Bibliographie.
Bibliographie méthodique dans les histoires de l'Église de Marion, Albers-Hedde, et, spécialement pour la France, dans VHisloire de France de Lavisse, t. II, 2, III et IV, Paris, 1901-1902. — Dépouillement complet de la littérature courante dans la Revue d'Histoire ecclésiastique (Louvain),
1. «t Hic, Pater beatissirne, fodiendum est, quoniam hic latet tota calamitas praesentis Ecclesiae ... Pulcherrimam monarchiam Ecclesiae, quae Christianos huçusque tenuit in unitate fidei, in una professione religionis christianae ... nunc aboiera et supprimera contendunt, nobilissimam politiam quae beatitudinem coelestem habat pro finer, ad democratiam vel aristocraiiam rcdigentes » : discours prononcé devant le pape Eugène IV, le 46 décembre 1441, par Pierre DE Versailles, évêque de Meaux et ambassadeur de Charles VII, — dans A. M. Weiss, op. cit., p. 401, n. i.
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et de l'hagiographie dans les Analecta Bollandiana (Paris el Bruxelles).
Pour l'étude des sources, voir U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge. Bio-bibliographie, 2' éd., Paris, 1903 sqq.; — et spécialement pour la France, A. MOLINIER, Les sources de l'histoire de France des origines aux guerres d'Italie, Paris, 1901 sqq.