‹ ChristusChapitre 75 sur 284 · IV. — Du VU' à la fin du V siècle avant J.-C · texte numérisé non relu

IV. — Du VU' à la fin du V siècle avant J.-C

Avec Homère , l'anthropomorphisme s'était nettement affirmé, et les dieux Olympiens avaient prévalu sur les dieux chthoniens. Ces deux caractères se maintiendront dans la littérature classique et dans l'art. De cette influence artistique, il résultera une mythologie commune, officielle, comprise de tous les Grecs dans ses grandes lignes. Ce panthéon panhellénique ne se constitua pas sans compromis entre les dieux Olympiens et les divinités locales et chtho-

niennes. Souvent, les Olympiens ont emprunté aux dieux détrônés des éléments qui leur étaient primitivement étrangers : ainsi, liera, divinité céleste dans Homère, était adorée à Olympie comme divinité chthonienne. Ailleurs, les dieux vainqueurs dans cette lutte pour la vie gardent comme surnom ou eTriVAYiai; le nom du dieu qu'ils absorbent. Le culte d'Artémis en offre de nombreux exemples : dans les dénominations d'Artémis Britomartis, Artémis Eileithyia, Artémis Hécate, Artémis Iphigénéia, les épithètes ajoutées à Artémis nous rappellent les noms d'anciennes divinités, qui se sont fondues avec elle.

Les Grecs ne se sont point préoccupés, dans ce mélange d'éléments divers, d'éliminer toute contradiction, d'harmoniser les légendes disparates. Il n'y avait point chez eux d'autorité imposant une profession de foi uniforme, de clergé enseignant une théologie précise. De là, beaucoup de flottement dans leurs conceptions, et une grande liberté laissée à la fantaisie individuelle ou nationale. Sur le lieu de naissance de Zeus, que de divergences! Les uns lui assignaient le mont Dicté, d'autres le mont Ida en Crète, d'autres le mont Ida en Troade, Naxos, le Tmolos, le Sipylos. Les épithètes, attribuées à une même divinité, variaient tellement que les Grecs eux-mêmes ne se reconnaissaient pas dans cette multiplicité. « N'y a-t-il qu'une seule Aphrodite ou en existe-t-il deux, l'Aphrodite vulgaire et l'Aphrodite céleste, je l'ignore, » disait Socrate^ Au sein du même peuple, les individus ne se croient point liés

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