FuaTEKDE CouLANGES, La CitéaaHque, p. 19o
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divinité et ne rentre pas dans le domaine dautres dieux ^ )> Contentons-nous donc de présenter sous leurs aspects les plus saillants les principales divinités delà Grèce historique.
Zeus est le dieu par excellence de l'hellénisme, celui que le culte comme la poésie ont exalté au rang suprême. Maître du ciel, il habite Téther audessus des nuages, et il aime à être adoré sur le sommet des claires montagnes. De la région lumineuse où il réside, il régit les phénomènes célestes, il fait neiger et pleuvoir; armé de la foudre que lui forgent les Cyclopes, il déchaîne les orages. Au moral, il est orné des qualités qui conviennent au père des dieux et des hommes. 11 est le dieu qui protège les naissances, le foyer, la famille, les villes ; il est le dieu de l'amitié, de l'hospitalité, le dieu des armes et des triomphes, le dieu purificateur et vengeur, le dieu doux, refuge des suppliants. Il est tout-puissant et sage, il connaît l'avenir et le signifie par ses oracles. Cette majesté, dont la statue de Zeus, sculptée par Phidias, était aux yeux des Athéniens le magnifique symbole, se voilait pourtant de bien des ombres. Comme tous les dieux grecs, Zeus a son histoire, il est né, a grandi, est arrivé au pouvoir par la violence. Depuis lors, bien des épisodes ont varié sa vie; les récits antiques et populaires abondaient en aventures amoureuses d'une révoltante immoralité. Chez les philosophes et les poètes d'âme plus haute, l'idéal s'affina avec le temps, si bien que dans l'hymne de Cléanthe (iii® siècle avant J.-C),
1. Journal des Savants, 1899, p. 279. Le passage de la vie agiic/iie à la vie de cilc a dû être une des causes principales de la superposition d'attributs moraux assez divers aux attributs naturels.
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Zeus représente le dieu unique de la philosophie stoïcienne.
Fille de Kronos et de Rhéa, Héra est la sœur et l'épouse de Zeus, dont elle partage la puissance. Elle était toute désignée pour être la divinité protectrice du mariage. C'est le Irait dominant de son culte, qui fleurit à Argos et dans le Péloponnèse,
Plus en honneur chez les Ioniens, surtout en Attique, apparaît Athéna, la fille favorite de Zeus. Les hymnes homériques la font jaillir, toute armée, de la tête du père des dieux. Quelques mythologues ont voulu découvrir sous la légende le caractère primitivement naturaliste de la déesse. Pour les uns, Athéna aurait été la divinité des orages, de l'éclair qui fend le ciel nuageux; pour d'autres, la déesse de l'éther lumineux ou troublé. De cette conception, il ne reste dans son culte aucun souvenir précis. Les attributs, dont l'a enrichie l'imagination grecque, sont d'ordre moral et politique. Athéna est adorée comme la divinité poliade par excellence, la protectrice des cités et des acropoles. Vierge guerrière, elle reçoit le butin des lances triomphantes. A l'intérieur de la cité, elle veille sur les affaires publiques, le commerce, l'industrie, les arts. En Attique, elle protège la culture de l'olivier, la grande richesse du pays. C'est à Athènes que le personnage d'Athéna a pris son plus magnifique développement. Les marins, rentrant au Pirée, pouvaient apercevoir sa colossale statue dominant l'Acropole, et la saluer comme la personnification idéale de leur cité intelligente et active.
Avec Athéna, Apollon, fils de Zeus et de Latone, est une des divinités les plus puissantes du monde
grec, et réunit en lui de multiples attributs. Dans les campagnes les plus isolées, en Arcadie et en Laconie, il est le dieu des bergers et des pâturages. Les lonions de Délos saluent en lui le dieu de la poésie et des arts, qui conduit le chœur des Muses et des Grâces. Il apparaît tantôt distinct de Hélios, le dieu du soleil, tantôt identifié avec lui, mais seulement à partir du v^ siècle avant Jésus-Christ. — A Delphes, il est le prophète toujours écouté, rendant les oracles que lui dicte Zeus en personne.
Comme Apollon, Artémis, du moins d'après les traditions épiques et lyriques, est fille de Latone, et, pour faire pendant à son frère, on l'identifia avec Hécate et Séléné, les déesses lunaires. Roscher cite Eschyle comme premier témoin de cette fusion. — Les traits primitifs sont ceux d'une déesse de la fécondité, patronne des campagnes et des animaux. Elle parcourt en chasseresse les bois et les montagnes; vierge, elle protège la chasteté et les amours légitimes. — Au contact d'Astarté et de Cybèle, son culte devait s'altérer en Asie Mineure, et l' Artémis d'Éphèse s'appropria les rites sensuels des divinités orientales.
Cette influence de l'Orient se manifeste plus profonde encore dans le culte d'Aphrodite, si souvent assimilée à l'Astarté sémitique, et aussi dans l'emprunt, fait aux Phéniciens, du mythe d'Adonis (le Tammouz des Babyloniens), le bel adolescent aimé par Aphrodite, qui meurt et renaît chaque année, comme la végétation qu'il personnifie.
Parmi les grands dieux, il faudrait encore citer Ares, le dieu de la guerre, probablement d'origine thrace; Hermès, dieu des troupeaux et de la fécon-
dite, devenu au XXIV® chant de Tlliade le héraut de Zeus, et au XXIY® chant de l'Odyssée le conducteur des âmes vers les enfers ; Hadès et Perséphone, le dieu et la déesse des morts; enfin les divinités qui présidaient aux mystères d'Eleusis, Déméter, la déesse de la terre nourricière, Koré sa fille, et Dionysos, dieu de la végétation en général, avant de devenir le dieu de la vigne. Sur mer régnait Poséidon. Pour les uns, c'était, à l'origine, un dieu des forces souterraines et des tremblements de terre ; d'autres y voient un dieu des eaux, devenu plus spécialement le dieu des mers, quand ses adorateurs se lancèrent dans les courses maritimes.
Au-dessous des grands dieux fourmillent les dieux secondaires : divinités terribles comme les Furies; divinités gracieuses, Nymphes des bois, des sources et des fleuves, les cinquante Néréides et les trois mille Océanides; dieux n'émergeant qu'à demi de la bestialité, Pan et les cortèges de Silènes et de Satyres. Peut-être quelques-uns de ces êtres hybrides ne sont-ils que les survivances d'anciens démons de la période mycénienne aux formes à demi animales.
Au vu® et au vi® siècle, l'histoire constate Fépanouissement du culte des héros. L'épopée avait grandi, idéalisé ses personnages, peut-être aussi rabaissé certains dieux en décadence ; le culte des morts avait distingué dans sa vénération les ancêtres les plus illustres. De là à en faire des « Surhommes », intermédiaires entre l'humanité et la divinité, il n'y avait qu'un pas qui fut vite franchi. Les événements politiques favorisèrent ces sortes d'apothéoses. En Grèce, les peuples se constituaient en
groupements distincts, des colonies se fondaient sur les côtes d'Asie Mineure, de Chersonèse, de Thrace, en Sicile, en Grande Grèce. Les nouvelles cités se cherchèrent des ancêtres glorieux, et, pour illustrer davantage leurs généalogies, elles divinisèrent leurs aïeux prétendus. Diomède eut ses sanctuaires et ses fêtes à Argyrippe et Métaponte en Grande Grèce, Adraste à Sicyone, Hélène et Ménélas à Sparte, Thésée en Attique, Achille sur les côtes de la mer Noire*. Le plus célèbre de tous fut Héraklès, le héros national des Doriens.
Pendant que la poésie et Fart s'intéressaient surtout aux dieux Olympiens, que le patriotisme local glorifiait les héros, le culte des divinités chthoniennes et des morts restait très vivace, et se manifestait en de nombreuses fêtes d'un caractère nettement populaire. Les paysans de l'Attique célébraient en l'honneur de Déméter les Haloa à la récolte des fruits, les Proerosia avant les labours, les Chloeia, quand les moissons commençaient à mûrir. Les autres cantons de la Grèce avaient des fêtes analogues, au temps des semailles, de la floraison ou des vendanges. Partout aussi on retrouve le mythe du bel éphèbe, génie de la végétation, Karnos, Hyakinthos, Daphnis, Hylas, Linos, etc., dont le trépas rachète à la jalousie des dieux la prospérité de la récolte. La religion populaire avait aussi gardé le souvenir de ces dieux fonctions, qui jouaient un si grand rôle
1. Au V» siècle, certaines cités célèbrent non seulement des ancêtres lointains et mythiques, mais des personnages presque contemporains : le Spartiate Brasidas, mort à Ampliipolisen 422, y est honoré comme fondateur; Miltiade reçoit aussi un culte dans la Chersonèse de Thrace.
chez les Romains. Parmi les dieux de la végétation, on peut mentionner Phytios, qui fait pousser les plantes, Phorbos, qui est préposé aux pâturages, PandrosoSf qui envoie la pluie printanière, Erechteus, qui brise les mottes de la glèbe, Triptolémos, qui accomplit un triple labour, Stninthios, qui chasse les souris des champs, Maléatos, qui fait mûrir les pommes, etc. D'autres président à la vie humaine : Éros, dieu de l'amour, Lécho qui protège les femmes en couches, Kourotrophos qui prodigue ses soins aux nourrissons, etc. — Difficiles à distinguer de ces petits dieux spéciaux sont les démons qu'a créés l'imagination populaire. « Citons, par exemple, les esprits qui protégeaient les diverses professions, comme Eunostos, adoré par les meuniers et dont l'image se trouvait dans tous les moulins ; et comme ces démons Asbestos, Syntrips, Oniodamos, Smaragos et Sabaktès, que craignaient les potiers pour les dangers dont ils menaçaient la cuisson des vases; ceux que l'on invoquait dans les jeux publics, comme Taî'axippos^ qui faisait peur aux chevaux, et ceux qui présidaient aux événements les plus ordinaires de la vie, comme Matton et Keraon^ qu'on honorait à Sparte dans les banquets publics, et que l'on peut rapprocher de DeipneuSy qui recevait en Achaïe des honneurs analogues ^.. » A cette catégorie, il faut encore rattacher les démons des maladies, et tous ces esprits étranges et terribles, rangés autour d'Hécate : Kères, Stryges, Lamies, Erinyes, et les fantômes, tels que Mormo, Akko,
1. Ch. Michel, Les esprits dans les croyances populaires de l'ancienne Grèce, dans Revue d'Histoire et de Littérature religieuses (NouveUe série), 1910, 1, p. 200.
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Empousa, dont les Grecs modernes n'ont pas encore oublié les terrifiantes figures.
Quant aux morts, malgré la tradition poétique qui les reléguait dans un monde souterrain, séparé des vivants, le peuple continuait de les honorer, comme s'ils résidaient dans les tombeaux. Le 30® jour de chaque mois leur était consacré : en ce jour, ainsi qu'aux anniversaires de leur naissance et de leur trépas, les tombes étaient arrosées de libations de vin, de lait, de miel ou de lait et de miel mélangés. Le troisième jour des Anthestéries (en février) leur était aussi réservé : on leur offrait des pots de légumes cuits, puis on les priait solennellement de se retirer : survivance, semble-t-il, de conceptions populaires, qui regardaient les morts comme des êtres malfaisants, des revenants dangereux. (Comparer les Lémures à Rome.)
Enfin le vie siècle voyait se développer, à côté de la religion nationale, de plein air, des religions secrètes, ouvertes aux seuls initiés. Aux âmes grecques, s' éveillant à la philosophie et à la science, la mythologie traditionnelle parut insuffisante. Les Mystères eiVOrphisme se présentèrent comme la réponse à cette curiosité intellectuelle et à ces aspirations religieuses.
De tous les mystères grecs, les plus célèbres étaient ceux d'Eleusis. Ils avaient lieu tous les ans et comprenaient deux groupes de fêtes distinctes : les Petits Mystères, au moisd'Anthestérion (février), les Grands Mystères ouÉleusinies au mois de Boedromion (septembre); Déméter, Koré sa fille, et Dionysos étaient - les divinités qui présidaient à ces solennités.
Les Petits Mystères se célébraient à Agra, un fau-
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bourg d'Athènes. C'était le préambule nécessaire do l'initiation aux Grands Mystères. Nous savons seulement qu'ils étaient précédés d'une purification, accomplie sur les bords de l'Ilissos. Pour le reste, comprenaient-ils des représentations dramatiques ou simplement un enseignement particulier, donné parle mystagogue? Nous en sommes réduits aux conjectures.
Après cette préparation, les candidats recevaient dans les Grands Mystères les révélations qui constituaient l'initiation proprement dite : dès lors, ils étaient comptés au nombre des mystes. Après un intervalle d'une année, ils pouvaient se présenter au degré supérieur, l'époptie. A l'époque classique, tout Hellène, fût-il esclave, pouvait se faire initier.
Voici, principalement d'après les travaux de Foucart ^ comment on peut reconstituer l'ordre des cérémonies sacrées.
Le 14deBoedromion, les objets sacrés sont portés d'Eleusis à Athènes, au sanctuaire del'Éleusinion. Le 15, réunion des mystes dans le Poecile, voisin de l'Éleusinion. Deux des principaux dignitaires, l'hiérophante et le daduque, faisaient la « proclamation », cnumérant les conditions d'admission aux mystères, à l'exclusion des criminels, sacrilèges, meurtriers ou barbares. On imposait aux candidats l'obligation du secret absolu. Le 16, les mystes se rendaient sur le rivage, et là se plongeaient dans la mer dont les eaux avaient la vertu d'effacer les souillures. Chacun d'eux portait avec soi et lavait dans les flots le jeune porc qu'il devait ensuite immoler à Déméter. Après deux
4. P. FoucART, Recherches sur l'origine et la nature des Mystères d'Eleusis, Paris, isai, — Les Grands Mystères d'Eleusis, Paris, 1900.
jours, passés dans l'observance des jeunes et abstinences prescrites par les mystagogues, les initiés se rendaient en procession d'Athènes à Eleusis. Au milieu des chants sacrés et des cris bruyants, on portait en triomphe les objets sacrés et la statue d'Iacchos, jeune dieu d'origine assez obscure, identifié à, Dionysos, probablement dès l'époque des Pisistratides (fin du vi^ siècle). Le soir, la procession arrivait à Eleusis. Sur le nombre des journées qu'on y passait, l'ordonnance des cérémonies sacrées, nousne sommes qu'imparfaitement renseignés. 11 est fait mention de sacrifices à différentes divinités. Après des purifications, des jeûnes, les initiés absorbaient le /uxswv ou bouillie mystique. Enfin, ils assistaient pendant la nuit aux spectacles mystérieux, qui se déroulaient aux abords et à l'intérieur du temple de Déméter. Un premier drame représentait la légende de l'enlèvement de Koré, les courses errantes de Déméter à la recherche de sa fille. Foucart et Lenormant ajoutent un autre drame, le mariage sacré de Zeus et de Déméter, qui peut-être n'avait pour témoins que les époptes ou initiés du second degré.
Aux spectacles se joignait l'exhibition des objets sacrés. Tandis quela salle était plongée dans l'obscurité, les portes du sanctuaire s'ouvraient soudain, et le hiérophante, en costume magnifique, le frqnt ceint du bandeau royal, montrait aux mystes assemblés les objets éclairés d'une lumière splendide. Qu'étaient ces objets? Aucun texte ne permet de les déterminer avec certitude. On conjecture avec vraisemblance qu'ils comprenaient, outre certains attributs mystérieux, les statues des deux déesses Déméter et Koré, voilées pendant la procession, et découvertes
tout à coup aux initiés. Enfin saint Hippolyte signale comme le plus admirable et le plus parfait mystère de répoptie,rexliiljition de l'épi de blé, symbole du culte de Déméter, présenté en silence à la foule assemblée.
L'effet de tous ces spectacles, se déroulant avec une mise en scène magnifique, était d'inspirer aux initiés l'assurance d'une existence bienheureuse dans le monde souterrain. Cette conviction s'opérait non par un enseignement dogmatique, par la révélation de doctrines ésotériques, mais par de féeriques exhibitions, frappant vivement les sens et l'imagination, par des purifications qui rendaient les initiés plus agréables aux dieux, dignes de former aux enfers ces chœurs bienheureux, décrits par Aristophane [Gren. 446 sqq.) : «Allons dans les prairies, semées de roses, former selon nos rites ces chœurs gracieux auxquels président les Parques bienheureuses. C'est pour nous seuls que luit le soleil, ses rayons éclairent les initiés qui ont mené une vie pieuse, également chère aux étrangers et aux citoyens. »
VWrphisme est tout à la fois une philosophie et une religion. Complexes et obscures sont les origines de ce mouvement d'idées, où semblent se combiner les influences diverses de la Thrace, de la Crète, peutêtre de l'Egypte. Nous ne commençons à le saisir dans sa réalité historique qu'au vi^ siècle avant Jésus- Christ, et déjà son succès est très grand. C'est l'époque où circulent en Grèce, sous le nom d'Orphée, une série d'ouvrages, dont le principal auteur était Onomacrite. Il serait trop long d'exposer ici toutes ces doctrines; rappelons seulement le mythe principal qui les symbolise, la légende de Dionysos Zagreus.
332 CFIAPITRE VII.
Né de Zeus et de sa fille Perséphone, Zagreus a reçu, encopeenfant, l'empire du monde. Héra, jalouse, excite contre lui les Titans. Le jeune dieu, par une série de métamorphoses, échappe à leurs ruses, jusqu'à ce que, saisi par eux sous la forme d'un taureau, il est mis en pièces, déchiré et dévoré. Pallas réussit pourtant à leur ravir le cœur de la victime, et de ce cœur renaît le nouveau Dionysos. Zeus se venge des Titans et les foudroie. De leurs cendres sort le genre humain , dans lequel l'élément titanique, principe du mal, s'oppose à l'élément dionysiaque, principe du bien, dérivé du sang de Zagreus. De là, pour l'homme, la nécessité de se libérer du principe mauvais pour faire triompher l'élément divin; il y arrive par une série de purifications, répétées pendant plusieurs existences consécutives, jusqu'à ce qu'il entende de Perséphone le mot sauveur : « Bienheureux et fortuné, tu seras dieu et non plus mortel. » — Sur cette théologie s'étaient greffes un culte et des mystères, célébrés pendant la nuit dans des confréries fermées ou thiases. Comme éléments essentiels de ce culte, notons des purifications', des sacrifices non sanglants et des libations, la représentation du mythe de Dionysos Zagreus, le rite de l'omophagie, par lequel les initiés dépeçaient un taureau vivant et en mangeaient la chair crue, enfin la révélation de formules sacrées, qui permettaient aux initiés d'accomplir heureusement le voyage
i. Le plus curieux de res rites purificateurs était l'immersion- de l'iniiié dans un i)ain de lait. Il semble, en effet, qu'il faille prendre au sens matériel et réaliste la formule des mystères or[)lii(|ues ; « Je suis lomhé dans le lait. « Mais, suivant la remarque de M.R. Pichon, « à défaut de lait véritable, une eau appelée de ce nom, peut-être naélangée de quelque substance qui lui donnait l'aspect de lait, pouvait en tenir lieu » {Revue des études grecques, ']an\ier 1910, t. XMII, p. 61).
des enfers : ces formules offrent beaucoup de points de contact avec le Livre des morts égyptien '.