CHAPITRE XXVIv
(Même époque. ) Fondation de Beinwil.
^ Cette abbaye célèbre fut bâtie sous Tinvocation de sâSnt Vincent le martyr , au pied d'une des montagnes du Jura, près du Lebersberg, dans l'espace des années 1085 — 91. Hartmann, qui en attribue la fondation aux comtes de Thierstein, la met en H24; mais il a pris évidemment les donations de ces seigneurs pour la fondation même. Du reste, l'origine et les détails de cette fondation sont d'autant plus difficiles à déterminer, que l'abbaye étant demeurée déserte pendant le XVI® siècle , tout s'y perdit , jusqu'aux titres authentiques de la fondation. Ce qu'on sait bien positivement, c'est que de son premier site, l'abbaye fiit transférée à la frontière de Suisse, au lieu nommé ia Pierre (en allemand Maria-Stein, à deux lieues de Baie) , et que dès lors Notre-Dame de la Pierre fut visitée comme un des plus beaux pèlerinages.
Les premiers fondateurs étaient Oudclard , comte de Ferrette et seigneur de Sohyrs ou Sogem; Nocher » comte de Frobourg ; Ulric, comte d'Egisheim, et Bourcard, comte de Hasenbourg.
Le premier abbé fut Esso, religieux d'Hirsau, que saint Guillaume y avait député. Il faut que cet Esso ait été l'un des compagnons de saint Frédéric, envoyés d'Einsidlen à Hirsau; car il est constant par les plus vieilles histoires que les premiers habitants de Beinwil étaient de pieux frères d'Einsidlen : de plus les chartes de
2wifalten disent que les eompegnonS de saint Frédéric devinrent fondsReurs de divers monastères. CTest là une des causes pour lesquenes le magistrat de Soleure» au XYP siècle» s'adressa derechrf à Tabbé des ermites et le pria d'envoyer une partie de ses religieux à Beinwil , afin de rétablir ce monastère ruiné.
Jusqu'à ce qu'une histoire de Beinwil soit publiée sur de nouveaux indices et d'après des garanties satisfaisantes, nous n'hésitons sur aucun des faits précités. Le manuj^it d'où ils sont extraits date de 1678 ; il a pour titre : IVahr^
hafter Bericht Eineê Gottshautz Beynwyler im
Stein.