CHAPITRE XXVII
(liOl-11320
Géron, dixième abbé, huitième prince^
A CETTE époque de troubles et de guerres intestines, H fallait à l'abbaye des ermites un homme de tête pour la défendre contre lesatteintes du dehors. On élut pour abbé Géron , né comte de Frobourg , et frère de Louis , comte régnant , qui bientôt lui-même fit présent à l'abbaye de la terre de Slière , dans le comté de Bade.
Pendant le règne de Géron ^ règne fort honorable qui dura de 1101 à 1122, les bourgeois du canton de Schwitz intentèrent à l'abbaye un procès relativement aux limites des terres d'Einsidlen, qu'Othon avait données au couvent sans désigner ces limites. La décision rendue par l'empereur Henri, en 1114, fut fatale aux gens de Schwitz. Déjà en 1111, TEmpereur passant à Strasbourg avait confirmé Géron dans tous les privilèges et inmiunités de Tabbaye.
C'est vers le même temps que de fervents religieux imaginèrent ces affiliations du monde séculier aux faveurs spirituelles et aux règles de conduite du monde monastique , qui plus tard ont dégénéré en quelques pratiques , mais qui dans leur principe devaient produire au moins autant de foi et de morale parmi le peuple que les couvents eux-mêmes. Les confréries ou congrégations étaient de vrais monastères libres au milieu de la société qu'ils étaient obligés de perfectionner et combattre à la fois. Géron établit aussi par suite du même principe des rap-
ports intimes enfre les couvents d'Einsidlen et de Gengenbach. Ce Géron» cet homme si saint y si utile aux intérêts de la religion, trouvait encore le temps de soigner les intérêts temporels de la contrée dont Tabbé d'Einsidlen était seigneur. Ce fut par ses ordres et d'après ses idées qu'un pauvre moine d'Éinsidlen, doué d'une simplicité angélique et d'une égale rectitude de jugement, jeta ce pont sur la rivière de Sylle près du mont Etzel , à qui sa hardiesse à fait donner le nom de Pont-dii-Diable. C'est près de ce pont qu'est né le célèbre médecin Théophrast^ Paracelse.