CHAPITRE XLIII
( 4280-1298. ) Henri H, vingtième abbé, et dix-huitième prince.
Il était de la maison princière de Guttingen. Sa pro' fonde science du christianisme lui attirait l'admiration de toutes les sommités sociales. Les souverains Pontifes et les princes étrangers lui en donnèrent mille preuves. En 1288, les douze pères du synode de Rieti, quele pape Nicolas IV avait assemblé , lui accordèrent le droit de prononcer l'indulgence pour quarante jours de peines canoniques, aux chrétiens qui visiteraient à certaines époques la chapelle de saint Gengoulfe , située à côté de Tabbaye d'Einsidlen. Le même pape confirma encore par une bulle du 23 août 1291 , toutes les grâces dont le saint Siège avait comblé les prédécesseurs de Henri. C'est sous le règne de cet abbé que mourut le dernier comte de Rapperswill , Rodolphe , dont la qualité de protecteur deTabbaye passa enfin en d'autres mains, celles de Louis, comte de Homberg , qui avait épousé la sœur de Rodolphe, et son unique héritière, Elisabeth de RappersMall. La même princesse, après la mort de Louis, épousa le comte Rodolphe de Habsbourg; et c'est ainsi que le titre de protecteurs (schirm-vëgte)*passa à la maison fameuse des comtes de Habsbourg.
L'abbé Henri est mort le 6 novembre 1298, au château de Pfefficone. Sa vie fut un modèle de prudence et de pureté.