CHAPITRE LXIV
(Même époque.) Albert de Bonslettcn, doyen d'Einsidlen.
Ses ouvrages Font élevé plus haut dans Topinion des peuples lettrés que ne Tont fait ses titres de famille, pourtant fort éclatants et nombreux. Fils de Gaspard baron de Bonstetten» et neveu de l'abbé Gérold de Hohensaxe , il était devenu successivement comte palatin de la cour impériale et du palais de Latran , chapelain et confesseur de Tempereur Maximilien h\
Albert possédait, comme on le voit , les bonnes grâces des princes de son temps , et ses relations distinguées n'étaaaftt qu'un titre de plus k Testime de ses confrères ^oi ne s'avisérenit jamais d'en être jaloux. Vers Tan 1468 il fut nommé doyen d'Einsidlen, mais il ne demeura dans cette charge que quelques années.
En ikSi, û dédia sa description de la Suisse et d'Enndien au roi de France, Louis XI> que ses dé&uts n'empéchaioo* point d'estimer les merveilles de l'esprit en quelque lieu qu'il les trouvât. L'autographe dé cet ouvrage doit se trouver â la bibliothèque royale à Paris. En ltt9i^ Albert composa son histoire de la maison d'Autridhe» qu'il GSni à un autre roi de France, Charles VIIL L'original en est conservé dans la bibliothèque de l'empereur a Viemiey et il y en avait line copie dans celle du Vatican. D'après le Lexkon un^rêuh de Leipsick , Atbert ànt9it dédié à Maximilien V un écrit sur la deseéildance des comtes d'Hid)sbowg« Koi^ il prépara avec
un soin particulier une édition des saints Pères; on en conserve à Tabbaye le témoignage écrit de sa propre main.
Pour faire de pareilles entl*eprises, Albert eût souvent recours à d'augustes Mécènes et n'en fut jamais rebuté. Ces hommes de pouvoir, qui étaient en même temps hommes de génie , se croyaient les mandataires de la libéralité des peuples que les écrivains sont appelés à instruire » et ils voulaient assurer l'indépendance de ces savants laborieux qui, dans leurs longues et pénibles recherches , devraient pouvoir n'être jamais préoccupés par les soucis du paio quotidien.
Outre les écrits volumineux dont nous venons de parler, Albert publia encore, en 1481, une traduction latine de la biographie de saintç Ide, sur un vieux manuscrit allemand presque inintelligible, et l'adressa à Henri, quatrième abbé de Fisçbingen; puiê, en 14^6, il en iSt une nouvelle traduction allemande beaucoup plus claire que l'originat .et celle-ci il la dédia à l'abb^se de Hagdenau. En 1 504 , il composa sa biographie du pieux ermite Gérold, qu'Ulric, Wittwiler fit imprimer vers 1S87. On lui attribue la vie dti frère Nicolas de Flue , que publia Wittwiler après y avoir rempli quelques lacunes. Le fait est que dans son Epitre dédicatoire à Louis XI, en tête de sa description de la Suisse, Albert parie d'une Vie de Nicolas Flue par lui rédigée , ainsi que de Mémoires sur la guerre de Bourgogne : Proximè de BoT" gundianâ clade et Fitâ fratris Nicolai eremitœ UnteruxU'densis scriptitaçi.
Voilà un auteur qui réunit toutes les conditions de la célébrité, talent et abondance de venre. C'est une de ces têtes précieuses, même pour l'époque où il vivait, époque fertile en hommes graves et forts. Eh bien, de cet ]bomme