‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 88 sur 131 · CHAPITRE LXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXII

Bapbaêlf quarante-deuxième abbé, et quarantième prince.

Raphaël de Gottrau » d'une famille noble de Fribourg en Suisse , s'enferma de bonne heure au couvent. Prêtre dés l'an 1666 , il comprit que le sacerdoce devait être non-seulement une fonction administrative dans l'ordre ecclésiastique » mais un véritable apostolat. Il s'attacha donc à la confession et à l'éloquence de la chaire. Ses talents en littérature lui valurent l'administration de la bibliothèque. Mais il n'en fit pas une sinécure ; au contraire, il y puisa de nouvelles lumières et professa bientôt avec une aptitude étonnante les mathématiques et la chimie. En 1682, on l'envoya à Favière comme doyen; mais se trouvant mal de ce déplacement , il revint a Tabbaye presque aussitôt. Boniface abbé-prince de Favière le regretta d'une façon vraiment éclatante. — En 1692 il fut élu abbé, triste prérogative pour le moment, si l'on ne voit que le côté commode de cette charge. La famine régnait alors; toutes sortes de maladies travaillaient le couvent lui-même , et le procès du couvent avec le chapitre de Constance avait absorbé une partie remarquable de ses économies. En 1697, Raphaël fit une transaction avec l'évéque de Constance : il lui fallut pour cela vendre la terre d'Ittendorf à l'abbé de Weingarten , lecpiel , par suite de cette vente , céda à Raphaël le droit de haute justice sur Saint-Gérold , droit provenant de la terre de Blumeneck,

Raphaël, que toutes ces tracasseries financières rebu-» taient à chaque pas , s'en vengeait par la pensée perpétuelle du bonheur de la vie future ; et pour la satisfaction de son âme , il composa un petit recueil de maximes dont la moindre suffirait pour mettre à l'abri des ennuis matériels de ce monde quiconque voudrait bien la comp^^endre. Enfin il ne résista pas à la tentation de se démettre de son fardeau abbatial et de revenir à ses premières amours, la science et la contemplation. Un jour donc qu'il venait de recevoir toute permission de la cour de Rome, il remit sa crosse et sa mitre aux mains de son chapitre; puis il s'enfuit, malgré toutes le^ instances, au castel de Freudenfels, où il mourut en 1707, âffé de soixante ans. On l'inhuma à Klingenzell. — C'est l'abbé Raphaël qui a rebâti au Mont>-Etzel ; et de nouveau con-* sacré la chapelle de saint Meinrad.

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