XV
J'ai essayé de rempHr la tache que je m'étais imposée, aussi bien qu'il m'a été possible de le faire. Le Chroniqueur est maintenant connu : son œuvre, copiée de ma main, va paraitre. A d'autres plus savants que moi d'éclairer son texte.
A leur tête, un Correspondant de l'Institut, M. Philippe Tamizey de Larroque, m'a donné son dévoué concours.
Sur ses traces, et à son exemple, d'autres ont promis leur précieuse collaboration, dont je les remercie par anticipation en publiant leurs noms.
Ce sont Messieurs : J.-F. Bladé, Président de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Agen; Bouyssy, membre du Conseil d'arrondissement de Villeneuve ; l'abbé Léonce Couture, Rédacteur en chef de la Revue de Gascogne; Fallières, ancien-maire du Passage-
d'Agen ; Anatole Faugère-Dubourg, maire de Nérac; Henry de Groussou, Substitut à la Cour d'Agen; Francisque Habasque, Avocat Général à la Cour d'Agen; Lagarde, Juge de Paix de Tonneins; Jules de Lafîore, médecin à Agen; Maurice LespiauU, h Nérac; Adolphe Magen, Secrétaire perpétuel de la Société d'Agriculture , Sciences et Arts d'Agen; Junior Mathisson, Suppléant du Juge de Paix de Nérac ; Pégrimard, chevalier de la Légion d'honneur, ancien Juge de Paix de Nérac; Amédée Samazeuilh, avocat, h Nérac; Tholin, archiviste du département de Lot-et-Garonne; de Villepreux, avocat, à Marmande.
Puissent nos efforts réunis, éclairer le présent par les terribles clartés du passé et assurer, enfin, à notre cher pays, un avenir digne de lui.
L'an 1554 et le 29» jung décéda feu Oddet de Pérès^ Consierge ^ du Château du Roy de Navarre * à Nérac.
Le nom de baptême des enfants de Jehannot de Pérès ^ et de Agnès Carrétou de Bours.
* La grave maladie de M, Auguste Lesueur de Pérès ne lui ayant pas permis de s'entendre avec tous les collaborateurs qu'il aurait voulu grouper autour de lui, les notes que Von va lire appartiennent seulement à MM Lesueur de Pérès, Tamizey de Larioque, Faugère-Dubourg, J. de Bourrousse de Laffore, Ad. Magen,
- Feu Oddet de Pérès , descendant d'un Isaac de Pérès, consul de Nérac en 1440 , père de Jehannot de Pérès dont le nom est ci-dessus ; grand père du chroniqueur Isaac de Pérès , et consul de Nérac comme son ancêtre.
' Sur la charge de Concierge des châteaux royaux, au moyen-âge, voyez ci-dessus l'introduction à la présente chronique. — Voyez aussi une note de Vhiventaire des meubles du Château de ISérac en io98 , publié par Ph. Tamizey de Larroque. Paris, 1867, in-8% p. 15.
* Ce Roi de Navarre était Henry Premier, comte de Foix , prince de Béarn, d'abord (1522) sire, puis (1550) duc d'Albret, mort le 25 mai 1555, grand'père d'Henry IV, Roi de France et de Navarre.
° Jehannot de Pérès était le père du Chroniqueur et de trois autres enfanis.
L'an 1554 et le 25* nobambre nasquît Pierre de Pérès* pour parrain et marraine.^
Jehannot de Pérès, mon père,^ fut tué, à la porte du Marcadieu,* par un nommé le Cappitaine Castelnau,^ d'un coup de pistolet, le 17« mars 1576.
L'an 1557 et le 19« apvril décéda feu Agnès Carrétou, femme de Jehannot de Pérès.
L'an 1557 et le 28« nobambre Jehannot de Pérès espouza en secondes nopses Jehanne Evenard du Port-Sainte-Marie.
Le 18' mars 1586, morust Janne Evenard, ma mère a viii heures du soir.
* Fils de Oddet de Pérès, frère de Jehannot qui précèdent, oncle d'Isaac de Pérès, chroniqueur. Pierre de Pérès, marié avec Janne de Lavallade, de la famille de M. de Lavallade, Président de la Cour des comptes de Nérac, paraît avoir joué un rôle considérable à Nérac où il était consul en 1601. C'est de lui que descend la famille Lesueur de Pérès en ligne directe.
2 Suivent sept lignes rongées par les rats en 1878 , lesquelles avec les onze lignes et demie qui sont également coupées à la même page, un peu plus bas, contenaient le tableau généalogique, sous Henri IV, de toute la famille du chroniqueur. Heureusement , il avait été relevé copie de ce tableau par M. Auguste Lesueur de Pérès, Conseiller à la Cour d'Agen, Chevalier de la Légion d'honneur, sous les yeux de M. Lesueur de Pérès, Président du Tribunal civil de Nérac, son père, avant l'année 1857. De cette manière, rien n'est perdu. La généalogie est complète.
3 Le chroniqueur était fils de Jehannot de Pérès et de Jeanne Evenard, du Port-Sainte-Marie , aujourd'hui chef-lieu de canton situé sur la rive droite de la Garonne, à 17 kilomètres de Nérac. Il naquit le 4 juin 1564.
* La porte du Marcadieu était au sud-ouest de la ville de Nérac, à l'entrée par la route de Mézin , sur le terrain qu'occupent aujourd'hui la place du Marcadieu et la statue en bronze d'Henri IV.
* Il est d'autant plus difficile de dire quel était ce capitaine Castelnau, que ce nom était, à cette époque, porté par plusieurs personnages.
Le 20« juillet 1587, morust mon-beau frère, Charles Saubés, estant gendarme * de la compagnie de M'^ Sus,^ près de la ville d'Auchx.^
Jehan Saubés, frère du dit Charles, décéda à sa maison de Mongaillard * le mardy 15 octobre 1611.
Ex libris, L. de Pérés,^
^ Le gendarme était autrefois un homme de guerre à cheval armé de toutes pièces et qui avait sous ses ordres un certain nombre d'hommes à cheval. C'était ce que nous avons appelé depuis un officier de cavalerie.
2 Etait-ce le même personnage que celui dont il est ainsi parlé dans les Maisons historiques de Gascogne, par M.J. Noulens (Paris, 1865, tome I, grand in-8^, p. 119) ? « Un certain capitaine Sus avait fait, en 1588, diverses courses dans le bas Armagnac, à la tête de deux cents chevaux pliant sous le butin. Le comte de La Roche, le marquis de Ganisy, Monluc et de Lau, dépêchés à la poursuite de ces pillards par le maréchal de Matignon, les exterminèrent, moins le chef qui, criblé d'arquebusades, parvint à gagner un fort qu'il avait fait construire sur la frontière. » Les noms, les temps et les lieux semblent bien autoriser à identifier le M"" de Sus de la Chronique avec le capitaine Sus des Maisons historiques de Gascogne, capitaine dont il est question dans VHistoire universelle d'Agrippa d'Aubigné, à l'année 1588, et qui n'était appelé Sus que parce qu'il était originaire de la Suisse, son véritable nom nous restant inconnu.
• On écrivait tantôt Auchs, tantôt Aulx, le nom de l'ancienne capitale des Auscii, aujourd'hui chef-lieu du département du Gers.
* Département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à 5 kilomètres de cette dernière ville et à 12 kilomètres de Nérac.
' C'est la signature de M. Joseph-Auguste Lesueur de Pérès, ancien Président du Tribunal civil de Nérac, Chevalier de la Légion d'honneur, né à Condom le 3 juillet 1786, décédé à Nérac, le 13 août 1857. C'est lui qui sauva la Chronique dans sa jeunesse ; il y apposa alors la signature cidessus, avec l'autorisation de son père qui lui fit cadeau du précieux manuscrit.
Discours de la Bataille de Coutras • envoé par M' du Plessis^ à madame sa femme estant ^ à Nérac.
Le Roy de Navarre prenait son chemin vers son armée estrangère, par le bord des provinces qui luy sont favorables, et pour cest effect, auoit à passer la rivière de Drosne * et de Lisle.^
M^^ de Joyeuse ^ avoit charge de luy empescher ce passage , à
' La bataille de ce nom se livra, le 20 octobre 1587, sur le territoire de la commune de Coutras, qui est un chef-lieu de canton du département de la Gironde, arrondissement de Libourne, à 17 kilomètres de cette ville, à 41 kilomètres de Bordeaux. Le discours ici reproduit fait partie d'un morceau assez étendu qui a été imprimé sous ce titre : Mémoires envoyés en divers lieux de ce qui se passa le 2i août, que le Roi de Navarre sortit de La Rochelle jusqu'à la bataille de Coutras, du 20 octobre 1587, dressés par M. Duplessis, dans les Mémoires de Phil. de Mornay, 1624-1625, 2 vol. in-4, t. I, p. 754, et qui a été réimprimé dans les Mémoires et Correspondances, édition de M. Auguis, 12 vol. in-8o, 1824-1825, t. III, p. 536.
- Philippe de Mornay, seigneur Du Plessis-Marly, naquit au château de Buhy (Seine-et-Oise), le 5 novembre 1549 et mourut au château de La Forêtsur-Sèvre (département des Deux-Sèvres), le 11 novembre 1623. Ce fut un des plus considérables personnages du parti protestant qu'il servit par sa plume non moins que par son épée. Ses nombreux écrits de controverse le firent surnommmer le Pape des Huguenots.
3 C'était Charlotte Arbaleste de la Borde, née en mars 1550, morte en 1606. Quand elle épousa Ph. de Mornay (1576), elle était déjà veuve de Jean de Pas, seigneur de Feuquières. Voir sur cette femme d'élite une très belle notice de M.Guizot, mise entête de l'édition donnée par M™e de Witt, pour la Société de l'Histoire de France, des Mémoires de Madame de Mornay (Paris, 1868-1869, 2 vol. in-8).
• La ville de Coutras est située sur la rive gauche de la Dronne, petite rivière qui prend sa source dans l'étang des Borderies, non loin de Chalus (Haute-Vienne).
* L'Isle, qui naît dans la Haute-Vienne, près du hameau de Rongeras, canton de Nexon, reçoit la Dronne à 1,500 mètres de Coutras et se jette dans la Dordogne à Libourne, après un cours de 235 kilomètres.
' Anne, duc de Joyeuse, amiral de France, fils du vicomte Guillaume de Joyeuse, maréchal de France, et de Marie de Batarnai, n'avait que vingtsix ans quand il fut tué à la bataille de Coutras, de trois coups de pistolet, par deux capitaines gascons nommés Bordeaux et Descentiers, auxquels il avait vainement offert cent mille écus de rançon.
quelque party que ce fut, pensant que, le dit S"^ Roy de Navarre deffait, par une raisonable conséquence l'armée estrangère ne pourroit subscister.
Le dit Seigneur Roy assisté de Messeigneurs les princes de Condé * et comte de Soissons ^ se résout de passer, le dit Seigneur de Joyeuse de l'empescher, renforcé de plusieurs compagnies que le Roy (de France) lui avoit envoyées.
Le dit Seigneur de Joyeuse prend ses logis ii Barbezieux,' despuis à Chalais,^ : Le Roy de Navarre, à Archiac,^ à Moulins ^ et lieux prochains, résolus tous deux de gagner le passage de la Drosne et
* Henri I" de Bourbon, prince de Condé, fils de Louis de Bourbon, prince de Condé, et d'Eléonore de Roye, naquit le 29 décembre 1552 et mourut à Saint-Jean-d'Angély, le 5 mars 1588. Voir sur ce cousin germain d'Henri IV l'Histoire des Princes de Condé par M. le duc d'Aumale (Paris, 1864, 2 vol. in-8', t. II, p. 85-185). On remarquera dans cette biographie du grand père du vainqueur de Rocroy, le récit de la bataille de Coutras (p. 169-177).
' Charles de Bourbon, comte de Soissons, fils de Louis de Bourbon et de sa seconde femme Françoise d'Orléans-Longueville, naquit le 3 novembre 1566, à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), et mourut le 1" novembre 1612, au château de Blandy (Seine-et-Marne). Demi-frère du prince de Condé, il ne défendait pas à Coutras, comme lui, les intérêts des protestants, car il était catholique : il ne se battait à côté du roi de Navarre que pour obtenir de lui plus facilement la main de la sœur de ce prince, qui ne devait pas lui être accordée.
* Chef-lieu d'arrondissement du département de la Charente, à 34 kilomètres d'Angoulôme.
* Chef-lieu de canton du même département , dans l'arrondissement de Barbezieux, à 29 kilomètres de cette ville et à 48 kilomètres d'Angoulême.
' Chef-lieu de canton de la Charente - Inférieure, arrondissement de Jonzac, à 15 kilomètres de cette ville.
* Il faut lire non Moulins^ mais bien Monlieu, comme on Ta imprimé dans les Mémoires de Du Plessis-Mornay, et aussi dans Y Histoire des princes de Condé (t. II, p. 165), ou plutôt, selon l'orthographe officielle, MontlieUj chef-lieu de canton du département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac, à 29 kilomètres de cette ville.
surtout le logis de Coutras où la dite rivière se pouvoit plus commodément passer.
Il s'y passa des occazions de combattre sur le chemin; aussy, le dit Seigneur Roy, par sa dilligence accoustumée, gagna le logis de Coutras sur Drosne, une heure plus tost que le dit Seigneur de Joyeuse y peut arriver, qui avoit desja envoyé quelques chevaulégers pour le prendre, qui quiltarent, à l'arrivée du dit Seigneur Roy. C'estoit le lundy au soir, dix neuf« octobre mil viiixxvii.*
Le mardi ensuyuant, de grand matin , mondit Seigneur de Joyeuse se rend entre Larroche-Ghalais ^ et Coutras, et prend ses logis et place de bataille, h deux petites lieues de Coutras, au heu le plus avantageux qu'il peut.
Le Roy de Navarre, de son cousté, part du dit Coutras et luy va audevant, met son armée en bataille, fait passer la riuière à son canon qui, le soir précédant, ne l'auoit pu passer, et le fait mener à sa teste, rézout tous les siens à ce combat qui les trouva plains d'ai^ deur et dévotion pour combattre; ce voyant, fait fère la prière à Dieu, de troupe en troupe, dispose au reste de son armée, en telle sorte que toutes les pièces servirent à faire leur effort, sans incommoder ny les uns ny les autres, comme de faict son artillerie joua fort à propos, l'arquebuzerie de mesure, et n'y eut partie de son armée qui n'eut notable part à la victoyre, bien que, certes, Sa Majesté, soit pour l'ordre, soit pour l'effort, est, au jugement de tous, la principalle.
* M. le duc d'Aumale (volume déjà cité, p. 165) parle ainsi de Joyeuse : (( Le 19 octobre, tandis que, selon son habitude , il s'arrêtait à la Roche- Chalais pour y faire grande chère, il envoyait en avant Lavardin avec sa cavalerie légère, pour saisir la position de Coutras, situé au confluent de risle et de la Dronne. Or, selon son habitude aussi, le Béarnais était à cheval, tandis que son adversaire festoyait. Il avait prévenu Joyeuse, et, quand Lavardin approcha de Coutras, il trouva la ville occupée par l'avantgarde protestante, et n'eut que le temps de se replier sur la Roche-Cha-
lais. »
- La Roche - Ghalais est une commune du département de la Dordogne, sur la rive gauche de la Dronne, arrondissement de Ribérac et canton de Sainte -Aulaye.
Tant y a, que sur les huict heures, l'artillerie commença à jouer, et, avant neuf heures, on vinst aux mains. Feust la bataille cy-tost décidée ; chose estrange, en Tégallité de toutes forces, qu'à dix heures, il n'y auoit homme de l'ennemy qui rendit combat, sans que toutesfois il se soit perdu en une véritable desfaite trente hommes soit de pied ou de cheval, du cousté du dit Seigneur Roy de Navarre, ni mesme pas un qui eust commandement.
Le Roy de Navarre y est venu aux mains jusques h colleter M' de Chateaurenaud , guidon de M' de Sainctsac ; * M^"" Le Prince , son cheval tué : M^-^ Le Comte de Soissons y a fait des prisonniers de sa main. M*" de Turenne,^ son cheval tué.
Dieu qui a ordonné l'issue des batailles, a donné la victoire à ce prince, en laquelle M' de Joyeuse a esté tué , tous les chefz morts ou prins, réservé M^ de Laverdin,^ qui se sauva de vitesse, toutes les enseignes et les cornettes prinses, mesme la généralle, l'infanterie toute desfaite, le canon prins, le bagage perdu, la victoyre
* Selon le président J.-A. de Thou { Histoire^ livre LXXXVII), c'était un Prévôt ou Prévost de Sansac, de la famille qui a fourni un archevêque au diocèse de Bordeaux (de 1560 à 1591) et qui avait déjà fourni à nos armées un de nos plus vaillants capitaines (1486-1566), dont on peut voir l'éloge dans les Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. Seigneur de Brantôme, édition de M. Lud. Lalanne, t. III, 1867, p. 397-401.) Le chroniqueur périgourdin nous apprend que Monsieur de Sansac, qui était le fils de ce dernier, mourut au siège de Chartres, en 1591. Il existe encore à Nérac aujourd'hui un descendant de cette famille de Sansac ou Saintsac.
' Henri de La Tour, vicomte de Turenne, né à Joze en Auvergne, le 28 septembre 1555, mourut à Sedan, le 25 mars 1623. Henri IV récompensa doublement son compagnon d'armes en lui donnant, le 15 octobre 1591, Charlotte de La Marck, la riche héritière du duché de Bouillon, et, le 9 mars 1592, le bâton de Maréchal de France. Voir dans le Bulletiti de la Société de l'Histoire de France de 1866, !•'• partie, une lettre du vicomte de Turenne à Henri IV, lettre que nous indiquons ici parce qu'elle fut écrite à Nérac (25 avril 1590).
' Jean de Beaumanoir, marquis de Lavardin, fils de Charles de Bedumanoir, seigneur de Lavardin, qui avait été une des victimes de la Saint-Barthélémy, naquit en 1551, abandonna le calvinisme, se jeta dans la ligue, fut fait par Henri IV, Maréchal de France et mourut à Paris, en novembre 1614.
siiivye trois lieues ou plus, l'action de grâces faite à Dieu au retour du champ de la bataille, les mortz enterrés, les logis de l'esnemy bruslés, et tout en somme qui se peut fére à une signalée victoyre.
Les mortz trouvés au Champ de la bataille :
M"" de Joyeuse, admirai de France, M' de Saint-Sauveur, son frère.* M^ Le Comte de la Suze,^ M' Le Comte de Gallo,^ M*" Le Comte Dauvigeon, M^ Le Baron de Fumel,^ M' Le Baron de Thémine,^ LeCappitaine du Long,^ beau-tils de ArnotNagoua, fust tué, près
' Claude de Joyeuse, seigneur de Saint-Sauveur, était le septième des enfants de Guillaume II, vicomte de Joyeuse.
- C'était Louis dé Champagne, comte de La Suze.
^ François, comte de Goëllo, était le fils cadet d'Odet d'Avaugour ou dô Bretagne, comte de Vertus, et de Renée de Coëme.
* François de Fumel, chevalier, seigneur et baron de Fumel, étoit fils de François de Fumel, 1er du nom, l'ambassadeur à Constantinople, assassiné par les protestants, le 24 novembre 1561, et de Gabrielle de Verdun. Il fut conseiller et chambellan du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, maréchal de ses camps et armées, capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, etc. Il était marié avec Jeanne de Caumont, fille de Gabriel- Nompar de Caumont, comte de Lauzun. Voir la généalogie de Fumel par 0. Gilvy, Nobiliaire de Guienne et Gascogne, Bordeaux, 1856, p. 20-21, M. 0. Gilvy, remarquons-le en passant, a retardé d'un an (p. 21), la bataille de Coutras et la mort de François de Fumel, plaçant ces événements en 1588.
' Peut-être Gabriel, fils aîné de Jean, Seigneur de Lausières de Thémines, et d'Anne de Puymisson, lequel mourut sans alliance, et dont le frère cadet, Pons, marquis de Thémines, fut Maréchal de France, en 1616.
* M. J. F. Samazeuilh [Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 253), rappelle que la famille Dulong est une ancienne famille de Nérac, qui a fourni des hommes d'épéeetdes hommes de robe, et il mentionne, d'après la présente chronique, la mort du capitaine Dulong, sans donner aucun détail de biographie et de généalogie.
le Mollia , ung vendredi 20® mars 1592, par la troupe de M' de Réaup.*
M. de Lignerotte,^ espouza damoiselle Judic de Tauzin, le samedi
* M. Samazeuilh (ouvrage cité dans la note précédente), a reproduit (p. 712-713), le passage sur le capitaine Dulong et sur le siège de Levèze, mais sans rien nous apprendre sur Monsieur de Réaiip. Heureusement que le savant continuateur du Nobiliaire de Guienne et de Gascogne nous communique la note suivante : « Biaise de Béarn et du Saumont , seigneur de Réaup, près Mézin, et de Papon, près La Plume, était frère de Joseph de Béarn, seigneur du Saumont en 1581, et second fils de noble Alain de Béarn, seigneur du Saumont en 1552. Ledit Biaise de Béarn était marié avec Noble Claire de La Ville, vivait en 1581-1587, et fît son testament le 20 novembre 1610, dans lequel il se nomme Biaise de Béarn du Saumont et de Réaup. Il eut pour filleul et pour héritier le fils de sa sœur. Biaise de Noaillan, seigneur de Villeneuve près Mézin. » ( Archives de M. Jules de Bourrousse de Laffore. )
* Il est ici question de Jean de Semallé, écuyer, sieur de Lignerottes, gentilhomme normand. Cadet de famille, il s'en vint chercher du service en Gascogne, à la Cour de Navarre, et nous le trouvons, en 1588, attaché, en qualité de gentilhomme-servant, à la personne de Henri III, roi de Navarre Archives de Pau, série B., carton 30 12). M. de Lignerottes conserva ces fonctions auprès de ce prince, devenu Henri IV de France, jusqu'à la fin de l'année 1609. En effet, nous avons sous les yeux le contrat de cession de ladite charge de gentilhomme-servant faite par Jean de Semallé au profit de M.d'Espiet, et nous croyons intéressant de donner ici un extrait de cet acte :
« Furent présents en leur personne, Jehan de Semallay, escuier, sieur de Lignerottes, gentilhomme-servant du Roy, estant de présent en ceste ville de Paris, logé rue Saint-Honoré, d'une part, et Regnault Despiet, escuier, sieur de Mauret, estant aussy de présent en ceste ville de Paris, d'autre part ; lesquelles parties recogneurent et confessèrent avoir faict et accordé entre elles les conventions qui ensuivent. C'est assavoir que ledict sieur de Lignerottes s'est aujourd'hui (13 décembre 1609), soubz le bon plaisir du Roy et de monseigneur le comte de Soissons (Henry de Bourbon-Condé), pair et grand-maître de France, desmis et destitué de sondict estât de gentilhomme
servant de Sa Majesté, pour, au nom et au proffict dudict sieur Despiet
moyennant la somme de deux mille quatre cens livres tournois, sous la garantie de Monsieur Maistre Joseph de la Nagerie, conseiller du Roy et maistre des Requestes de la maison de Navarre, et de maistre André Vigier,
21* jour de mars , dans la ville de Nérac, par M' de Saint-Hilaire,'
doyen du Chapitre de Laromieu. » Ces deux mille quatre cents livres devaient être payées à M. de Lignerottes « en sa maison de Cazette, près Nérac, fin janvier suivant. » Cet acte est signé : J. de Semallay (sic), Despiet, J. de la Nagerie, A. Vigier et des notaires {Titre original en papier.)
Comme on vient de le voir, Jean de Semallé faisait sa résidence ordinaire à Cazette, et il est hors de doute que cette propriété, — alors réputée noble et d'une certaine étendue, — lui avait été apportée en dot par sa femme, Judith de Tauzin. Les économies réalisées sur ses appointements ne lui eussent jamais permis une acquisition semblable.
Cazette se trouve à deux kilomètres environ de Lavardac et à peu près à égale distance de Montgaillard. De l'ancienne maison seigneuriale il n'y a plus trace, si ce n'est un colombier resté debout au milieu d'un champ voisin. Du plateau de Cazette, la vue embrasse un magnifique horizon, aussi varié qu'étendu. La prochaine ligne ferrée côtoyant la Baïse, s'y pourra suivre de l'œil bien avant la gare de Lavardac et par-delà Nérac, presque jusqu'à Condom. En regardant Lavardac, l'attention est attirée par un groupe de peupliers au-dessus desquels se dressent les quatre tours du moulin de Barbaste, dont le bon roi Henry se qualifiait le meunier. En tournant le dos à Lavardac, on a devant soi les ruines imposantes du château de Xaintrailles, qui rappelle un des plus vaillants hommes de guerre du règne de Charles VII et l'une des plus jDures gloires du xv« siècle.
Cazette, vendu par les Lignerotte en 1735, a passé depuis lors en diverses mains; son propriétaire actuel, M. Larigaudière, y cultive cinquante hectares en vignes et en blé et y fait, bon an mal an, trois cents barriques devin.
Le séjour de Cazette était donc des plus plaisants au temps de M. de Lignerottes; toutefois, la nostalgie s'erable s'être vite infusée dans ses veines, car nous y voyons s'éteindre sa lignée au bout de quelques générations.
Quant à la branche aînée des Semallé, elle est aujourd'hui représentée par M. Marie-Louis-Z^Ofif^r, comte de Semallé, et par M. Marie-Alexandre-Zî^ne, vicomte de Semallé, qui tous deux ont des enfants.
Connus dès avant l'année 1350, les Semallé sont originaires du lieu de ce nom en la banlieue d'Alençon ; seigneurs de Belair, de la Mare-Bonneval, des Gastines, etc., les Semallé se sont directement alliés aux de Baigneux de Frébourg, Guchéneuc de Boishûe, Malou (de Belgique), de Recalde, de Surmont, de Thomassin-de Bienville, de Vichy, etc. Ils ont comparu aux assemblées de la noblesse du Maine en 1789, et portent pour armes : D'argeiit, à la bande de gueules surmontée d'un épervier de sable armé d'or (Communication de M. Denis de Thezan).
' Un ancêtre probablement ou un parent du lieutenant-général de ce nom
Mademoiselle du Lanoy, mère du Cappitaine Dupleix,' mourut la nuitdu23« aurill592.
Leveze ^ fut assiégé par M. de Fauas,^ où commandoit le Cappi-
qui , blessé du même boulet que Turenne, mais plus heureux, se sauva de sa blessure. Samazeuilh {Carte de l'arrondissement de Nérac) rappelle sans la confirmer, la tradition peu probable qui fait naître ce vaillant soldat d'un savetier tenant boutique sous la halle de Nérac. Cette tradition est répétée dans une note annexée à la lettre 426 de M""» de Sévigné , tome IV, p. 31 de l'édition Regnier-Hachette.
* On lit dans les Commentaires de Biaise de Monluc (édition de la Société de l'histoire de France, liv. III, 1867, p. 296, sous l'année 1569 ) : « J'avais donné commission aux cappitaines Dupleix et Pommiès, qui sont de Gondomoys, de faire chacun une compagnye, et leur mandais qu'il se rendissent vers Buzet.. » (p. 303 :) « Je tirai dudit Gasteijaloux ledit seigneur deNoé et la cavallerie, et y laissant dedans les cappitaines Dupleix et Pommiés, qui parachevèrent de faire leurs compagnyes, qui toutjours ont été bonnes.. » A. de Ruble dit sous le premier de ces passages (note 3) : « On trouve deux capitaines de ce nom sous les ordres de Monluc, à cette époque en Guienne: !• Guy Dupleix, mort en 1580 d'une épidémie surnommée Coqueluche. Il exerçait alors la charge de Maréchal de Gamp sous les ordres de Biron en Guyenne. Son fils, Scipion Dupleix, qui nous donne ces détails, a laissé de nombreux ouvrages, entre autres, une Histoire de France, en cinq volumes in-folio ; 2* Passiot Dupleix, de Gondom, homme d'armes dans la Compagnie de Monluc. Montre, du 26 avrril 1572. [Histoire de la Gascogne, t. II), p. 162. »
2 C'était le château de Levèze, situé dans l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui simple section de la commune de Sos, canton de Mézin, arrondissement de Nérac. Voir le Dictionnaire géographiqne, historique et archéologique de l'arrondissement de Nérac, par M. J. F. Samazeuilh, Nérac, 1862, p. 275-277.
^ Jean IV de Fabas, seigneur de Roux, d'Orries, et non Arriès, vicomte de Castets-en-Dorthe (avril 1605), maréchal de Gamp des armées du Roi (20 juillet 1585) , gouverneur de Gasteijaloux et du duché d'Albret, etc., épousa, en janvier 1572,Louise de La Ghassaigne, et en eut un fils, Jean V de Fabas qui fut député général des églises réformées de France (1619j et ensuite Conseiller d'Etat. Jean IV mourut, non comme on l'a souvent dit, en 1619, mais en 1612, comme l'a prouvé M. H. Barckhausen dans la préface de son édition des Mémoires de Jean de Fabas premier vicomte de Castets-en-Dorthe, pu^ bliés sur le manuscrit original (tome I des publications de la Société des bibliophiles de Guyenne, Bordeaux, 1868, in-S-J, p. 107).
taine Santo ïê 10 avrîl 1592 , assisté des régiments de La Ëoche, Panjas et Manciet, et deux compagnies de Cleirac * avec ceux de Nérac qui faizait troys compagnies. Mais, le dit Seigneur fuzt contraint de lever le siège, tant à cauze des grandes pluies qu'il fist pendant le dit siège que du secours qui arriva au dit Santo, et suivirent le dit Seigneur de Favas jusqaes à Barbaste,^ où ils prirent trente ou trente cinq chevaux d'attelage. G'estoit Lau,^ Montespan,^ Monluc,^ et Réaup, ennemis ligueurs.
Pierre Dubédat, dit le pastisseron, morust le 24 auril 1592.
Jammet Barret, dit le Piog, morust le 22« may 1592.
' Clairac, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, canton de Tonneins, à 38 kilomètres d'Agen, 22 kilomètres de Marmande et 6 kilomètres de Tonneins.
^ Barbaste, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à 2 kilomètres de Lavardac, 7 de Nérac et 33 d'Agen.
' Jacques de Lau, chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, etc., était fds de Carbon de Lau et de Françoise de Pardaillan. Voir sur ce personnage les documents inédits pour servir à l'histoire de l'Agenais, publiés par Ph. Tamizey de Larroque, Agen, in-8", 1874, p. 172-174, les notes et documents inédits relatifs à la famille de Lau, insérés par le même dans la Revue de Gascogne, de l'année 1877, tome XVIII delà collection, p. 91-96.
* Antoine-Arnaud de Pardaillan, seigneur de Gondrin, marquis d'Antin et de Montespan, chevalier des ordres du Roi (1619), capitaine de ses gardes du corps, premier maréchal de camp de ses armées, lieutenant-général au gouvernement de Guyenne, et gouverneur d'Agenois et de Gondomois, était fds d'Hector de Pardaillan, seigneur de Gondrin, Antin et Montespan, et de Jeanne d'Antin. Il mourut en 1624.
^ Charles de Monluc, était fds de Pierre-Bertrand de Monluc et de Marguerite de Caupenne, et petit-fds de Biaise de Monluc. Ce sénéchal de l'Agenais fut tué au siège d'Ardres, en 1596. Un jeune et bien zélé paléographe, M. Roborel de Climens, vient de trouver dans les archives départementales de la Gironde , un document relatif à la construction du tombeau de Charles de Monluc, construction dont s'occupait un ami de la famille, Florimond de Raymond, le savant Conseiller au Parlement de Bordeaux. On lira ce curieux document dans le tome XVIII (sous presse) des Archives historiques du département de la Gironde.
Jacques Brousse, fugt tué, près le Frandat,* par la troupe de M^' de Réaup, et Bouchol prias prisonnier, le 26® jung 1592.
Du Terne, autrement Caychau, morustle 9« juillet 1592.
Fleurette,^ jardinière du Roy, morustle 2'2« aoust 1592.
' Propriété située près de Nérac, sur la haute colline qui domine la rive droite de la Baïse, à l'arrivée d'Agen. — Le château du Frandat {Franc Dat, fief donné en franchise) a été possédé par la famille Le Venier, qui a longtemps rempli de grandes charges à Nérac. Imbert Le Venier, conseiller, trésorier et auditeur en la Chambre des comptes de Navarre (1585), gentilhomme de chambre du roi de Navarre, reçoit d'Henri IV le 14 octobre 1593 une pension de 3,000 livres. Son fils Messire Pierre Le Venier fut président en la Chambre des comptes de Navarre (1623). Gaston Le Venier, seigneur de Pouy-le-Haut, épousa Agnès Marie de Bacalan (1661). La famille Le Venier est éteinte. ( Archives de M. Jules de Bourrousse de Laffore. )
^ Telle est, dans sa laconique brutalité, la condamnation de la poétique légende de Fleurette que les peintres, les musiciens et les poètes locaux (Voir dans la Biographie de l'arrondissement de Nérac de M. J.-F. Samazeuilh, pp. 295, 296, 297, 298, 299 et 300, les spirituelles chansons de M. Lespiault) ont si largement exploitée jusqu'au jour où le descendant du Chroniqueur, M. A. Lesueur de Pérès vint la démentir, preuves en main, dans une lettre adressée à un rédacteur du journal le Temps qui lui avait paru s'écarter par trop de la vérité historique. Toutefois, on ne s'est pas rendu sans protester et l'on cherche encore à concilier la légende avec l'histoire (Voir la. Guirlande des Marguerites, p. 78, 79 et 80).
Il est certain qu'il reste des doutes sérieux, et c'est presque sous la dictée du plus respectable des vieillards, M. Pégrimard, qui a exercé pendant plus de quarante années à Nérac, avec autant d'intelligence que de tact, les fonctions si délicates de juge de paix, que M. Dubourg a écrit, l'an dernier, au directeur du Journal de Nérac la lettre suivante en réponse à l'annotateur de la Guirlande des Marguerites :
« Monsieur le Directeur,
« Tout en déclarant qu'il préfère la légende à l'histoire, le commentateur de la Guirlande des Marguerites n'hésite pas à sacrifier le poétique souvenir de Fleurette, cette touchante victime des premiers amours du Roi de Navarre, à un texte que je crois mal interprété et sur lequel je vous demande la permission de revenir.
« Il est prouvé que Fleurette ne s'est pas noyée,» dit-il, et, pour toute preuve, il nous cite cette ligne de la Chronique PérM :
Amador Dalbis, morust le 16* septembre 1592.
« Fleurette, jardinière du Roy, mourust le 22 août 1592. » « Le commentateur ajoute :
« Or, en 1592, il y avait quatre ans que le Roi de Navarre avait quitté Nérac pour ne plus y revenir. Il avait alors trente-neuf ans et Fleurette au moins trente-sept. »
« Tout cela est exact et certes, à moins de confusion, nous voilà loin des amours juvéniles ; mais reste à savoir précisément si l'on n'a pas pris le change et si l'identité de la défunte signalée par le chroniqueur Néracais est suffisamment établie.
((Quelle preuve a-t-on, par exemple, que la Fleurette dont il est question est la jeune fille de la tradition populaire, et non pas sa mère qui, seule, fut jardinière du Roy? Jamais cette qualification de jardinière ne fut donnée à l'héroïne du drame de la Garenne, tandis que tout le monde s'accorde pour reconnaître qu'elle est bien la fille des jardiniers du château.
« A l'époque où l'on rapporte les premières amours du roi Henri, en 1570 à peu près (le prince avait alors dix-sept ans), Isaac de Pérès n'avait pas encore commencé d'écrire sa Chronique qui ne débute qu'en mars 1587, dix-sept ans plus tard. Le suicide dut avoir lieu vers 1570 ou 1571 et tout porte à croire que son retentissement ayant mis en lumière la famille de la noyée, le fait de la mort de sa mère a pu devenir vingt-deux après, une mort notable,, comme le dit M. de La Bergerie.
« Le texte de M. Isaac de Pérès connu de tout temps n'a d'ailleurs jamais ébranlé la croyance populaire. Des vieillards encore verts, qui tiennent l'explication d'autres vieillards qui la leur ont transmise dans leur jeunesse et la font ainsi remonter à cent cinquante ans environ, racontent que, sous le roi Henri, le jardinier du château de Nérac s'appelait Floret ou Fleuron et habitait la rue Fontindele. Sa femme était la Flurone, laFlurouo ou la Flurèto en patois local. Ces vieillards affirment, comme le tenant de personnes notables et d'une grande culture d'esprit, tels que MM. Larrard-Villary qui fournit à M. de Villeneuve-Bargemont les principaux documents de sa Notice historique sur la ville de Nérac, et M. Sauvage, maire de Nérac en 1793, le père de M™e la comtesse douairière de Raymond, que c'est bien de la mère et non de la fille portant ce même nom de Fleurette, que parle Isaac de Pérès dans sa Chronique. Encore une fois, qu'on ne l'oublie pas, la mère seule était jardinière du Roy, et, en supposant à la fille seize ans en 1570, lors de son suicide, la mère pouvait avoir soixante ans en 1592.
((M. Samazeuilh, qui est tombé dans la même erreur que le commentateur de la Guirlande des Marçiiierites, semble avoir flairé la vérité en disant que « le
M. de Hordosse,' espouza damoizelle Mateleine de Saint-Cenest,^ le 25« octobre 1592, ayant liancé le 16 septembre au dit an. La dite Mateleine, morust le il« décembre 1596.
Bélengué, morust le v« nobembre 1592.
Guizard, sergent royal, morust le 14 novembre 1592.
Cateron, morust le 14 nobambre 1592.
soin pris par le chroniqueur de noter la mort d'une simple jardinière indique bien quelque importance dans celle-ci. » C'est qu'en effet cette mort se rattachait à un souvenir encore rivant : celui du suicide de la pauvre enfant qui avait mis sa famille en évidence.
« Ainsi, que les poètes, les peintres et les musiciens se consolent. La légende de Fleurette subsiste encore et sortira même rajeunie de cette discussion.»
Un Néracais.
Maintenant qu'il a sous les yeux les pièces du procès, que le lecteur prononce ! — Déjà, dans son dernier livre sur la jeunesse de Henri IV, l'aimable Oranger de Durance, M. l'abbé Dardy, a pris hardiment parti pour la légende, bien qu'à coup sûr il ne put ignorer la question controversée, et cette légende il la redite avec tant de complaisance et un si grand luxe de détails et de circonstances atténuantes qu'on ne saurait mettre en doute sa conviction (Voir la légende du jeune Henry de Navarre dans uiie bastide de l'Albret en 4372, Agen-Paris 1878).
Dans le livre des tailles de 1599, on trouve inscrit comme habitant le Portai de Condom, un Pierre Leclerc F/or^ii^, jardinier. En 1600, sur le même livre, ce nom a disparu.
' C'était Jean Marie Barthélémy de Frère ou du Frère, écuyer, seigneur de Hordosse, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, fils de Jean de Frère ou du Frère, et de Isabeau de Quysse de Philartigue. Voir sur les de Frère ou du Frère, Quelques reyiseignements nouveaux sur du Bartas par M. Ph. Tamizey de Larroque [Revue de Gascogne, tome X, 1869, p. 222-226), et la famille du Bartas par M. l'abbé J, de Carsalade du Pont (même recueil, f". XVII, 1876, p. 296-298). Sur le château de Hordosse, situé au confluent de la Gélise et de l'Osse, voir dans la Guirlande des Marguerites, Nérac et Bordeaux, 1876, in-8', p. 125, un charmant sonnet de M. Faugère-Dubourg.
- Veuf en premières noces de Madeleine de St-Geniès, J.-M. Barthélémy de Frère ou du Frère épousa Anne de Saluste, fille aînée de Guillaume de Saluste, seigneur de Bartas.
L'alée de la terrasse * fut plantée en l'année 1593, par M. Jan liarquier, jardinier de Pau.
Le 16 décembre, Gloire, ligueur, fust fait prisonnier et mené à Bordeaux, où il feust roué, le xxxix« du dit moys, en l'an 1592. ^
Mademoiselle de Pédesclaux,^ morust le 20 décembre 1592.
Esclarmonde de Burs,^ de la ville de Condom, norisse de Monseigneur de Laporte,^ cappitaine du Chasteau de Nérac, ayant tramé une entreprinze sur le dit Chasteau, avec M. de Monbrun,
* Il s'agit de la terrasse qui reliait le château au jardin du Roy.
* Il n'est question du supplice du ligueur Gloire dans aucune histoire de Bordeaux, pas plus dans la Chronique Bourdeloise que dans l'ouvrage de Dom Devienne. Ce passage et un certain nombre de passages suivants ont été reproduits, sous le titre de Extraits de la chronique d'Isaac de Pérès , dans le tome I des Archives historiques du département de la Gironde, 1859, p. 395.
^ Voir la note 2, p. 52.
* On a cité, dans la Revue de Gascogne de mars 1874, aux questions et réponses (t. XV. p. 143), cette tragique historiette et on a vainement demandé jusqu'à ce jour si l'on saurait quelque chose de plus sur la malheureuse Esclarmonde et sur sa conspiration. Signalons, dans la Guirlande des Marguerites (p. 145; un sonnet sur Esclarmonde de Durs signé De Sirvent Baron, alias Faugère-Dubourg. — Ce nom d'Esclarmonde {Eclai7'e-Monde) , est encore très répandu à Ncrac. Au lieu de Burs, ne faut-il pas lire Bure et la malheureuse Esclarmonde n'était-elle pas alors une parente de Pierre de Bure, grand'père de la femme du Capitaine Laporte dont il est question dans la note suivante ?
^ Voir sur ce gouverneur du château de Nérac, l'article qui lui a été consacré par M. J.-F. Samazeuilh [Biographie de l'arrondissement de NéraCf p. 449-450), article au sujet duquel le savant historien regrette que les familles de Nérac, qui portent ce même nom de Laporte, ne lui aient pas communiqué les documents à l'aide desquels il aurait pu le compléter. Le capitaine Laporte reçut , en 1592, cent écus de pension ( Inventaire des aV' chivee des Basses-Pyrénées , t. I, p. 17). D'après un important document de la Bibliothèque nationale (collection Brienne, volume CCXXIII, f» 204), dont l'analyse nous est communiquée par M. Tamizey de Larroque, un sieur de La Porte était encore capitaine du château de Nérac en 1616. Dans ce document intitulé : Actes de V assemblée générale des églises réformées de France à la Rochelle, « il est ordonné au sieur de la Porte , gouverneur du château
y celle estant descouverte, le procès lui ayant esté fait, elle eust la teste tranchée et les quatre membres couppés, le 13* avril 1593. La chambrière du dit Monbrun, qui faizoit les messageries, eust seulement le fouet par toute la ville, après avoir assisté k voir dcffaire la dite de Durs.
Charlotte de Saint-Genès, fust retenue dans le Ghastcau de Nérac, par Monseigneur de Laporte, son oncle, le 27 jenuier 1593, duquel elle sortit le 3*^ avril, au dit an.
de Nérac, de décharger les habitants de la dicte ville des contributions pour ce quartier, et quant au sieur de la Broue, lui ordonne, pour beaucoup de considérations, de se contenter de la qualité de capitaine ayant une compagnie entretenue en la dite ville, et encore ordonne tant à lui qu'aux habitans d'icelle de vivre paisiblement et modérément les uns les autres. »
François de La Porte, capitaine et gouverneur du château de Nérac, était marié avec Madeleine de Burin, fille de noble Jean de Burin, seigneur de Beauregard en la paroisse de S'-Sulpice de Rive-Lède, juridiction de Villeneuve d'Agenois, vivant le 23 mars 1548, et de damoiselle Jeanne de La Ramière, veuve avant le 13 septembre 1549. Ladite Madeleine de Burin était petite fille de Pierre de Bure, écuyer, seigneur de Burin, et arrière petite fille de noble François de Burin, marié par contrat du 3 février 1489, avec Adélaïde de la Cour d'Aubière (de l'illustre maison de la Tour d'Auvergne), qui porta la seigneurie de la Tour d'Aubière dans la maison de Bure ou de Burin. {Archives de M. Jules de Bourrousse de Laffore.)
Le 27 avril 1605, le môme François de La Porte, gouverneur du château de Nérac, est mentionné dans le testament de sa belle-sœur, Marguerite de Burin, veuve de M. Me Robert de Raymond, conseiller et magistrat pour le roi au siège présidial d'Agen. La testatrice (sœur de François II de Burin, seigneur de Beauregard, marié le 25 janvier 1567 avec Antoinette de Breulh, et marâtre du célèbre Florimond de Raymond), s'exprime en ces termes : « Item a donné et légué à damoiselle Magdaleine de Burin, sa sœur, « femme de M. de La Porte, gouverneur pour le roi au château de Nérac, « la somme de mille livres que ledit sieur de La Porte, son beau-frère luy
« doibt par obligé retenu par Larque, notaire royal dudit Nérac et
« oultre ce donne à ladite sa sœur la somme de cinquante-trois livres que « ledit sieur de La Porte et son second fils luy doivent par cédulle.» [Mêmes archives.) Charlotte de Saint-Genès, nièce de Laporte, était peut-être une sœur de la première femme de Berthoumieu de Frère, seigneur de Hordossa et d'Andiran. (Voir Livre de raison de la famille Caucabanes.)
Ysaac de Laporte, mon filleul, nasquit le 9 fébrier i573.
Bertrand Barus, dit le Guascon, morust le 17« avril 1593.
Le Picard, tailleur, beau-fils de Molis, morust le 17" avril 1593.
Monsieur du Pont, morust le 5 avril 1593.
Monsieur de Podensan, morust estant aduocat, le 4 may 1592.
Jan Lanusse, marchand, beau-liis de Brassay, morust le 25 may
Francoys Ceroux, et Pierre de Larrere morurent le 27' may 1593.
Pierre de Lafore, morust la nuit du 7« jung 1593.
Maistre Pierre Roy, morust le mercredy 9' jung 1593.
Le fils de Monsieur de Yaquieux l'aisné,* morust le 10 jung 1593.
Laverny, beau-fils de Monsieur de Caumon, morust le 12 jung 1593.
Maistre Pierre Dubédat,^ morust le 13® jung 1593.
Guizard, cardeur de laine, aveugle, morust le 16" jung 1593. ^ Mathieu Gontelle, tapissier du Roy, morust le 17* juillet 1593.
Jan Lafore et Anne de Pinollé, fur'ent espoux le 27* mars 1594.
Le Cappitaine Santo fust prins dans la Terrade ^ le 9 nobambre 1594, et, le dit jour, Lévèze fut rendeu.
Jan de Pinollé, morust dans la ville de Bordeaux, chés Monsieur Lormier, procureur, le 17® décembre 1594.
Marte de Pédesclaux,^ femme du jeune Leprince , morust la nuit du samedy 24* janvier 1595.
* Maître Loys Vaquieux, inscrit au livre des tailles de 1599.
2 Pierre Dubedat, un parent sans doute de celui dont le Chroniqueur signale la mort, figure au registre des tailles de 1599, comme pâtissier, habitant le Portai du Marcadieu.
3 Département du Gers, commune du Houga.
* On a déjà vu qu'un de Pédesclaux et Izaac de Ferez étaient consuls de Nérac le l«r avril 1440.
Vincent de Pédesclaux, conseiller du roi et auditeur à la Chambre des Comptes, de Nérac, figure avec ces titres dans l'acte de vente de la seigneurie de Samazan, consenti à Jean de Pomyers et autres, le 15 septem-
Jan Larrey,rils de feu (Larrey) gendarmo, morust le vi^ fébrier 1595.
Le Cappitaiiie Massertic fust tué près la ville de Niord, le mercredy premier de fébrier 1595.
Le fils de M. Bernard Sauvage, apotiquaire, morust le 8» auril J595.
Jan du Long , marchant de Nérac,* morust le 6* du moy de may 1595.
Mademoizelle La Bailive, vefve de feu le Juge Vaquieux, morust le 6« jung 1593.
bre 1584, par les gens des Comptes de cette Chambre, au nom de Henri, roi de Navarre et duc d'Albret (depuis Henri IV). [Biographie de l'arrondissement de Nérac, par J.-F. Samazeuilh, p. 659.) On trouve dans VInventaire des archives des Basses-Pyrénées (tome I, p. 17), l'indication de comptes présentés en 1591, en 1594, en 1595, à la Chambre de Pau, par Suzanne Levenier, veuve de Vincent de Pédesclaux, trésorier général de Navarre et de Béarn.
Un siècle plus tard, la veuve d'un autre Vincent de Pédesclaux, écuyer, baron de Savignac, faisait inscrire ses armoiries à l'Armoriai général de France, fol. 871.
Catherine de Mazellerée (ou plus probablement de Mazellière), veuve de François de Pédesclaux , écuyer, seigneur de Lagny et de Bouviac, faisait inscrire des armes au même Armoriai, registre Guienne, fol. 915.
Dame Suzanne de Pédesclaux ne vivait plus le 30 décembre 1726, lorsque son époux, messire Josias de La Mazellière, écuyer, seigneur de Réaup, près Mézin, chevalier de Saint-Louis, commandant et lieutenant pour le roi du château Trompette et fort de la ville de Bordeaux, maria leur fille Anne de La Mazellière, avec messire Arnaud de La Devèze, écuyer, seigneur de Charrin, fils aîné de noble Joseph de La Devèze, écuyer, seigneur de Charrin et de Marcadès, coseigneur d'Artigues et de La Hitte, et de dame Gabrielle de Bazignan.
Dame Suzanne de Pédesclaux était veuve de noble Pierre de Baillet, écuyer, seigneur de Florensac, lorsqu'elle maria sa fille Jeanne de Baillet de Florensac, le 22 juillet 1717, avec noble Jérôme de Bécays, écuyer, seigneur de La Caussade {Archives de M. Jules de Bourrrousse de Laffore). Les Pédesclaux étaient seigneurs de Bournac. (Voir livre terrier de 1611.)
* Un Jehan de Long, marchand, figure encore au livre des tailles de 1599, Portai du Marcadieu,
La femme de Monsieur Rossanes, fille de Mons' Yaquieux, morust le 10 jung 1695.
En l'année 1595, fust une grande famine dans la ville de Nérac et par tout le païs ; et, aveq grande difficulté, pouvait-on recouvrer, aveq l'argent, aucunes espèces de grenages, tellement qu'ils furent vendus corne sensuit :
La cartau * froment, dix-huit francs; La cartau febve, setze francs; La cartau millet, huict liures; Le sac avoine, neuf francs; La cartau guarosse, huict liuures; La cartau segle, setze francs.
Françoize de Podensan, femme de feu Guillem de Pérès, morust le 12» juillet 1595.
Bertomieux NorriV morust le 18* juillet 1595.
M. de Cauquebanne, l'aisné, s' du Tasla,^ se noya près le molin d'Estabaque sur Gélize,* le 20 juillet 1595.
* Le Cartau ou plutôt quartaut ou quarton était comme son nom l'indique, le quart du sac et équivalait, dans nos contrées, à vingt-quatre litres en moyenne.
' Un Jehan Naury, potager de Madame, est inscrit au livre des tailles de 1599, Portai de Condom. ^
' Voir sur la famille de Caucabane la Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 206-208. M. Samazeuilh nous apprend que le gentilhomme dont il est ici fait mention portait le prénom deBertran, qu'il avait épousé Jeanne de Frère et que leur fds, Adam de Caucabane, sieur du Tasta, épousa Catherine de Mellet; les Caucabane appartenaient à la religion protestante. M. Samazeuilh cite quelques fragments d'un Livre de raison, rédigé par Adam de Caucabane et qui lui a été communiqué par M. Lespiault.
* La Gélise, qui prend sa source près de Lupiac (Gers) , passe près d'Eauze, baigne Sos, Mézin, reçoit la Losse, et se jette dans la Bayse, près de Lavardac, après un cours de 95 kilomètres. Le moulin d'Estabaque existe encore. Il est situé sur la Gélise entre le château de Hordosse et Andirao.
Le Seigne Nègre, M* arbalcstrier, morust le xx' nobambre 1505, âgé de cent deux ans.
La femme de M"*' Jannot Ruffie,* notoire et procureur, morust le XX vi® décembre 1595.
Denis Bruneau, hoste du Plat d'Estain, morust le dimenche iv® fébrier 159G.
Jan Jausselin, dit Guiemen, morust le 28° fébrier 1596.
Peyronne de Pérès, femme de Sire Guiraut Duran, morust le viii' mars 1596.
Mengeon Siurac , beau fils de mon honcle Pérès, morust le premier avril 1596.
M. Cobrat, ministre, morust le xxi* avril 1596.
André Furteau, marchant, morust en la ville de Pau, le xvii* avril 1596.
Jan Pinolé, fiança Caterine de Lavalade ,^ le dimanche xxviii* avril 1596.
Jan Roquette, valet de vile, morust le xiii« may 1596.
' Jehan Ruffie, inscrit au livre des tailles de 1599, Portai du Marcadieu.
' Catherine devait être une fille de ce Bertrand de la Valade que le roi de Navarre recommandait en ces termes, le 20 octobre 1573, au marquis de Villars, amiral de France, lieutenant-général du Roy au gouvernement de Guyenne [Recueil des lettres missives, t. I, p. 57-58) : « Spécialement mon procureur général d'Albret, La Valade, habitant en ma ville de Nérac, qui m'a suivi au voyage quej'ay faich par deçà, et est encore près de moi pour l'expédition de plusieurs affaires concernant mon service, dont il a expressément charge, vous priant de le faire jouir de la saulvegarde qu'il a plu à Sa Majesté leur accorder, à ma requeste, et pourvoir qu'il ne soit faich chose au contre... » Dans une lettre au maréchal de Dampville, du 6 septembre 1576 [Ibid., p. 104), le roi de Navarre lui annonce qu'il enverra vers lui « La Valade, maistre ordinaire des requestes de ma maison.» Voir sur ce personnage, oublié par M. Samazeuilh dans sa Biographie de l'arrondissement de Nérac, une note de M. Berger de Xivrey, l'éditeur des Lettres missives (t. I, p. 57) et divers documents insérés dans ce même recueil (t. I, p. 594, 595; t. II, p. 35, 36, 159, 373, 375, 382, 384, 385; VIII, 342). Ce dernier
M. du Chatelet, minisire du Saint -Evangile, morust le. mardi xxi* mai 1596.
M. de Caumont, jurât de la ville de Nérac, morust en sa metterie d'Espiens, le xxiii* may 1596.
M. Maistre Oddet Martin, Conseiller en la Court de Parlement de Bordeaux ,^ morust le 17« jung 1596.
Ramond Molins, faiseur de poudre, morust le dernier de jung 1596.
Jan Leglise, dit Coquart, morust le xi' juillet 1596.
La femme de W Imbert Roy,^ receveur, et fille de madamoiselle de Jaulan, morust le xxii« juillet 1596.
La niesse de M. Maistre Berti^and de Lavalade, sieur de Laumon, morust le xvie août 1596.
Marie du Faur, femme de Maistre Jean Pérès, advocat, morust le xxi« aoust 1596.
Pol Mermet, filz de maistre Antoyne Mermet,^ ministre du Saint*
document est une lettre adressée de La Rochelle, le 16 février 1589, par le roi de Navarre «A Monsieur de La Valade, mon conseiller et maistre des requestes ordinaire de mon hostel, » et par laquelle il le charge de s'entendre avec le maréchal de Matignon pour que le passage de la Garonne soit tenu libre et pour que les marchands y soient protégés. Inscrit au livre des tailles de 1599 sous ce nom : M. Bertrand de Lavallade, conseiller et maître des requêtes du Roy, Portai du Marcadieu.
' Ce magistrat n'est pas mentionné dans l'Histoire du Parlement de Bordeaux depuis sa création jusqu'à sa suppression (1451-1790), œuvre posthume de M. le président Boscheron des Portes (Bordeaux, 1878, 2 vol. in-8«).
- Imbert Roy, trésorier, inscrit au livre des tailles de 1599, Portai du Marcadieu.
• Signalons une très curieuse lettre écrite de Nérac, le 18 août 1593, par Antoine Mermet, à Philippe de Mornay, seigneur du Plessis fp. 521-522 du t. V des Mémoires et Correspondances déjà cités). Signalons encore dans les Mémoires d'Etat par M. de Villeroy[i. III, édition de 1725, Amsterdam , p. 112) une Lettre écrite par M. du Fresne , narrative d'un discours tenu en la présence du Roi de Navarre, entre Monsieur de Roquelaure, le Ministre Marmet et Monsieur deFerrier. Ce document où l'on rapporte divers propos de Mermet au sujet de la future conversion de Henri IV, est daté de Nérac, le 15 juillet 1584.
Evangile, morust le xxiiii« aoust 1596, ayant esté tué par son frère Ezéchiel Mermet, d'un coup d'espée par le ventre, innocemment, et comme ils folastroient ensemble, duquel coup, il morust demye heure apprès la blessure.
Miqueau Tinerran,marchant deNérac, morust le vi« septembre 1596.
La femme de Sanson Bier, fille de maistre Bernard Lagardère,* morust le viii® septembre 1596.
Il fust fait taverne,^ au chasteau de Nérac, par Pérès, concierge, au moys de septembre 1596, du vin de la vigne du Roy que ledit Pérès avoit achapté h Messieurs les Auditurs des comptes, à cinq escus et demy la pipe, et débité à deux soulz le pot.
Le capp® Boussugue,^ fust expoux dans la ville d'Eauze,* le xv« septembre 1596 011 nous fusmes pour lui assister, savoir : mon oncle Marcelus, mon cosin Annon Lafore, Jannot de Pérès, marchant de Bordeaux, Jan de Pérès, aduocat, et moy.
La femme d'Arnaudet Porté, maistre couroyeur, morust le xvii septembre 1596. Deux de ses filles morurent aussi deux jours apprès, toutes pour avoir mangé des champignons.
Arnaud de Serbat,** bourgeois et marchant de Nérac, fust saizy
' Maître Bernard Lagardère, Chirurgien, est inscrit au registre des tailles de 1599, Portai du Marcadieu.
' L'expression faire taverne n'a été indiquée avec le sens qui lui est ici attribué, dans aucun de nos recueils philologiques, pas plus dans le Dictionnaire de Trévoux que dans celui de M. Littré.
' La famille de Boussugue était encore représentée en 1732, par dame Marie de Boussugue, mariée avant 1718, avec messire François de Malvin, chevalier, capitaine au régiment de Flandres, chevalier de Saint Louis, second fds de noble Charles de Malvin, écuyer, seigneur de la Sanne, près Nérac, petit-fds de François, et arrière petit-fils d'autre François de Malvin, écuyer, seigneur de la Sanne, maître d'hôtel de la Reine Marguerite de Navarre.
* Chef-lieu de canton du département du Gers, arrondissement de Condom, à 29 kilomètres de cette ville, à 50 kilomètres d'Auch.
' On ne trouve que le nom de Serbat ou Servat,dans le livre des tailles de 1599, , au village de ce nom qui édpendait du Portai de Fontindère , ce qui donne à penser qu'il ne fut tout d'abord que le siège d'une seule famille.
d'une apoplexie, le xxiii® jour de septembre, à cinq ou six heures du soir, et fust mort, la nuit, environ une heure, en Tan 1596.
Le xi' octobre, jour de dimenche, fust fait une colecte sur les habitans de Nérac, pour la subvention de ceux de Cédan,* pour les grandes ruynes et dégâts que l'armée des Espagnols ^ leur avoit fait, laquelle levée fust volontaire et assemblée par les antiens, chascun en son cartier, en l'an 1596.
Anne de Tressos, autrement appellée laNinone, morustlexiiii® jour du mois d'octobre 1590.
En la mesme année 1596, morurent plus de deux ctîns petitz enfens de la picotte^ qui fust presque généralle, et mesmc, en y eiist plusieurs des grands, qui l'eurent. Ce fust environ les moys d'aoust, septembre et octobre, qu'elle dura en la ville de Nérac.
Maistre Arnaud Dulong, advocat au siège de Nérac,* morust le
Est-ce le nom du lieu qu'a pris la famille ou la famille lui a-t-elle imposé le sien ? Même remarque pour Pères, le Broulh, Esparron, etc. Serbat, à 3 kilomètres de Nérac, est un de ces petits groupes protestants qui échappèrent à la révocation de l'édit de Nantes.
* Sedan, chef-lieu d'arrondissement du département des Ardennes, à 22 kilomètres de Mézières.
2 Les Espagnols, après avoir dévasté nos frontières du côté des Pays-Bas, traitèrent la Capelle, le Gatelet, Dourlens, comme ils avaient traité Sedan, et y commirent, pour employer les expressisns des auteurs de VArt de vérifier les dates, « des cruautés inouïes. »
' D'après le Dictionnaire de M. Littré, picotte est un des noms populaires de la variole et vient du mot piquer, à cause des piqûres que cette maladie fait dans la peau, étymologie indiquée déjà par Ménage. Le mot picotte se trouve dans Rabelais (Livre IV, chapitre LU, p. 245 du tome II de l'édition donnée chez Didot, par MM. Burgaud des Marets et Rathery).
* De la même famille que le capitaine Dulong, tué au Moulia, près Nérac, le 20 mars 1592, par la troupe de M. de Réaup, chef des ligueurs ; et que Pierre Dulong, conseiller du roi et lieutenant particulier en la sénéchaussée de Nérac, vivant de i605 à à 16 il. Henri Dulong, ancien président au présidial de Nérac, fait inscrire ses armes h l'Armoriai général de France le 21 février 1698. Noble Pierre du Long, écuyer, seigneur de Saint-Julien, et dame Marie de Bezolles, son épouse, font baptiser leur fdle Claire, le 29 décembre 1706, à Espiens.
vi« décembre 1596, estant en charge de Consul, travaillant a fere les alivrements dans la maison de ville, fust saisi d'un sincope, duquel il morust tout sodainement.
Maistre Bertrand Danglade, grand chasseur de furet, morust le xxix* décembre 1596.
Jean Brun,* pâtissier de Nérac, morust le 3 jenvier 1507.
Judic de Gotellc, ma filleule et de ma femme, fust baptisée dans la ville de Lavardac par Monsieur du Noyer, le dimenche xxix® décembre, ou estoit : Monsieur et Madamoiselle de Laporte,^ Monsieur de Lignerotte et sa femme, Madamoiselle de Pédesclaux, la fille de Monsieur de Lavallade, Messieurs de Pérès, marchant, et l'avocat, et ma sœur Jane de Pérès.
La femme de Pierre Mahé, mareschal de forge, morust le dernier décembre 1596.
Cébely Malet morust le xxi® jenvier 1597.
Marches, beau-fils de maistre Ramond David, morust le xx« jenvier 1597.
Monsieur de Pédesclaux, trésorier de la maison du Roy,^ mou-
* Jean Brun, pâtissier, habitant le Portai du Marcadieu.
* François de La Porte, capitaine et gouverneur du château de Nérac, et Magdeleine de Burin, son épouse. (Voir la note 4 de la page 50.)
" Le roi de Navarre, dans une lettre adressée de la Rochelle, le 3 juin 1588 à M. de Scorbiac [Recueil des lettres-missives, liv. II, p. 381) mentionne « Pedesclaus, trésorier et receveur général de l'extraordinaire de la guerre. » L'éditeur du Recueil ne donne, en note, aucun renseignement sur ce personnage qui a été déjà l'objet d'une note ici. Désormais on saura de plus qu'il mourut dans son pays natal , treize ans avant le royal maître qu'il avait si bien servi. M. Samazeuilh [Biographie de V arrondissement de Nérac, p. 669), a oublié de citer le passage d'une Chronique, dont, en tant d'autres occasions, il a tiré parti, et il se contente de nous apprendre que Vincent Pédesclaux figure , avec le titre de conseiller du roi et auditeur à la [chambre des Comptes de Nérac, dans l'acte de vente de la seigneurie de Samazan, consenti au sieur Jean de Pomyers et autres, le 15 septembre 1584, par les gens des Comptes de cette chambre, au nom de Henri I^ de Navarre et duc d'Albret.
rust à sa maison du Bornac ,* le xv mars 1597, d'une plurésie.*
Jane de Pérès, ma sœur, espousa en secondes nopces, Pierre Lafite de Puihx, dans la ville de Lavardac, par Mous*" du Noyer, Ministre, le dimenche trentiesme mars, jour des Rameaux 1597.
Le capitaine Benguas, de Nérac, morust le vi' avril 1597, dans la ville de Piquigni,' en France, ayant esté, quelques jours auparavant, offencé d'un esclat de pétart qu'il fit jouer à Arras, ville tenant pour l'Espagnol, où le Roy avoit fait une entreprinse, y estant la personne de Sa Majesté.*
MaistrePeyronnetLanusse, charpentier, morust le xxix® avril 1597.
M' Guillaume Pinolé , mon beau-père, morust le xx* may 1597.
* Le château de Bournac appartient encore à la famille de Galard, qu fut alliée aux Pédesclaux.
- L'orthographe adoptée parle chroniqueur représente la prononciation usuelle du mot pleurésie en Gascogne à la fin du xvie siècle, prononciation qui devait si longtemps persister dans notre province.
' Picquigmj, que l'on appelle aussi Péquigny, est un chef-lieu de canton du département de la Somme, arrondissement d'Amiens, à 13 kilomètres de cette ville.
* M. Aug. Poirson {Histoire du règne d'Henri IV, 3e édition, 1865, liv. II, p. 326), raconte ainsi la malheureuse entreprise sur Arras: « Henri forma le dessein de remplacer le siège régulier qu'il avait précédemment projeté contre Arras, par une soudaine attaque, par un hardi coup de main, et de se ménager par cette conquête la compensation de la perte d'Amiens ou son rachat. Arras fut assailli par deux points en môme temps : d'un côté les troupes royales tentèrent une escalade ; d'un autre, elles essayèrent de faire sauter l'une des portes de la ville par une explosion et au moyen de pétards. Les ennemis étaient pris à l'improviste, et contraints de diviser leurs forces pour repousser cette double attaque ; tout semblait donc promettre un heureux succès à l'entreprise. Elle échoua par des accidents. Les échelles ne se trouvèrent pas assez hautes pour conduire nos soldats jusqu'à la sommité des remparts. La porte contre laquelle on fit jouer les pétards croula, mais au lieu d'ouvrir aux assaillants l'entrée de la place, elle l'encombra de ruines. Soit imprévoyance et entêtement de la part de Biron, soit manque de matériel militaire par suite de la pénurie de la caisse de l'armée, les troupes n'avaient pas été munies de pétards de rechange ; l'on se trouva hors d'état de renouveler l'explosion, et il fallut s'éloigner (26 mars). »
M' Dubourg, Gouverneur de Lisle,' faisant les amenancés ^ de de sa fille, mariée au fils de Mons'du Puy, de Longuetillej^ passa en cesle ville, le xxiv® may 1597.
Le Mercredy xviii- jung, fust jour de jeusne, en la ville de Nérac, comme aussi généralement par toutes les Eglises réformées de France, afin que par prières faites h Dieu, il pleustù Sa Sainte Majesté, fleschir le cœur du Roy et de Messieurs de son Conseil, à ottroyer aux députés desdites Eglises qui sont en Court, les justes demandes et suplications, qu'ils poursuivent envers ladite Majesté, pour l'assurance des susdites Eglises. L'ordre fust tel, qu'il y eust prières à six heures, à
' C'était Georges du Bourg, seigneur de Clermont, fils de Gabriel du Bourg, conseiller au parlement de Toulouse, et neveu d'Anne du Bourg, le conseiller clerc du parlement de Paris, qui fut pendu, puis brûlé en place de Grève, le 23 décembre 1559. Voir dans le tome XV de la Revue de Gascogne (1874, p. 81-86) : Documents inédits. Lettres de Georges de Bourg, gouverneur de Vîsle-en- Jourdain, publiées par Ph. Tamizey de Larroque.
' Ce joli mot ne se trouve pas dans nos vieux dictionnaires. Il existe pourtant encore dans les patois méridionaux, et M. Gabriel Azaïs le mentionne, avec la signification de fêtes de noce, dans son Dictionnaire des idiomes romans du midi de la France (t. I, 1877, p. 80).
^ La famille du Puy ou Du Pouy était une très ancienne famille de cette partie du Condomois que représente aujourd'hui le canton de Damazan (arrondissement de Nérac). D'après un acte du 5 octobre 1586, conservé dans les papiers de famille de M. Tamizey de Larroque, dont la trisaïeule paternelle était une du Puy, messire Jean-Biaise de Monluc, seigneur d'Estillac et autres places, chevalier de l'ordre du Roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances , vendit les rentes de la maison de Longuetille à « Jean du Puy, escuyer, sieur d'Espentes, de la maison noble de Sorrer du Berbeis. » Si un des fils de ce Jean du Puy épousa, comme nous l'apprend Isaac de Pérès, M'i* du Bourg, un autre fils, qui portait le prénom d'André, et qui était seigneur de Bonnegarde , avait épousé (22 avril 1681) Marguerite de Malvin (Voir d'Hozier, Armoriai général, registre V, Généalogie de la famille de Malvin) et s'était remarié, en 1691, avec Marie de Hallot, comme, d'après le Nobiliaire universel de Saint-Allais, l'a rappelé M. Tamizey de Larroque ( Note sur madame d'Hallot pour servir de supplément à une des historiettes de Tallemant des Réaux, 1872, in-8o).
D'après l'acte cité dans la note précédente, la maison de Longuetille était située « dans la paroisse de Monluc, juridiction de Damazan, en Con-
huit (presche) à douze (prières) à deux heures après midy, autre fois presche, qui fust la fin de l'action en l'an 1597.*
Isaac Durand, fils de Bernard Durand, huissier de la Chambre des Comptes du Roy, à Nérac, aagé de dix à douze ans, se noya au gué apellé du Las, un samedi au soir, xxi" jung 1597.
Monsieur de Matignon,^ Mareschal de France, et Lieutenant pour le Roy, en Guienne, mourust un dimenche au soir, d'une apoplexie, estant en sa maison de Lamarque près Blaye, le xxvii* juillet 1597.
domois. » L'ancienne paroisse de Monluc est aujourd'hui une section de la commune de Monheurt. Ce fut dans le château de Longuetille, qui appartient actuellement à M. de Villemor, que Louis XIII résida pendant le siège de Monheurt, et que mourut (15 décembre 1621) le connétable de Luynes.
* Voir, dans les Mémoires de la Ligue, contenant les événements les plus remarquables depuis 1575, jusqu'à la Paix accordée entre le Roi de France et le Roi d'Espagne, en 1598^ Nouvelle édition, Amsterdam, 1758, 6 vol. in-4, t. VI, p. 428-485, la curieuse pièce intitulée : Plaintes des églises réformées de France, sur les violences et injustices qui leur sont faites en plusieurs endroits du Roiaume, et pour lesquelles elles se sont, en toute humilité, à diverses fois adressées à Sa Majesté (1597 . Il faut rapprocher de cette pièce le Brief discours, par lequel chacung peult estre esclairci des justes procédures de ceulx de la relligion réformée, inséré dans les Mémoires et Correspondance de Du Plessis-Mornay, t. VII, p. 257-298 (de juillet 1597). Voir encore, dans l'ouvrage déjà cité de M. Aug. Poirson, le chapitre intitulé : Etat des Calvinistes de 1589 à 4591. Edit de Nantes, 1598 (t. II, p. 473-523).
- Jacques de Goyon, comte de Matignon, était né à Lonray (Orne), le 26 septembre 1525. Il était maréchal de France depuis 1579 et lieutenantgénéral en Guyenne depuis 1580. Les renseignements donnés par Isaac de Pérès sur le lieu et la date de la mort du maréchal de Matignon ne concordent pas avec ceux qui ont été consignés par M. Ludovic Lalanne dans son Dictionnaire historique de la France (Paris, Hachette, 1877, 2° édition.) Suivant cet érudit, Matignon mourut «le 27 juin 1597, à Lesparre (Gironde). » Le Moréri de 1759 indique la même date que notre chroniqueur, mais fait mourir le vieux guerrier « en son château de Lesparre. » Selon Jean Darnal {Supplément des Chroniques de la noble ville et cité de Bourdeaux, 1656, in-4% Bourdeaux, J. Mongiron-Millanges, p. 110), « Le Samedy vingt-sixième juillet mil cinq cent quatre vingts dix-sept, ledit seigneur mareschal de Matignon mourut au chasteau de la Marque, à luy appartenant, en soupant,
La mère de Jan Léonard,* marchant de Nérac, mourust en ladite ville, le second aoust 1507, estant venue de Bourdeaux, environ deux mois auparavant sa mort.
Monsieur de Beaulieu, autrement Mons"^ de Rusé, secrétaire d'Estat,* passa en ceste ville, le v» aoust 1597, à son retour des eaux, et s'en alla le vi*. La Chambre des Comptes luy fist festin dans la grande gelerie du Chasteau, ayant commendement de Madame, sœur unique du Roy,^ de ce faire.
saisi d'une apoplexie ; son corps fut porté à Bourdeaux par eau : il fut fort regretté, se mettant les gens d'honneur devant les yeux, avec quelle prudence il avoit gouverné la ville et la Province, en un temps le plus orageux qui aye jamais esté... » Dans la Chronique Bordeloise, par Jean de Gaufreteau (Bordeaux, 1876, 1. 1, p. 335), on trouve, sous la date de 1599 (pour 1597) les lignes que voici ; « En cette année, le mareschal de Matignon meurt d'une apoplexie qui le surprit à table, dans Lespare, en Médoc, ainsin qu'il mangoit à son disner d'une perdrix...» Braniàme [Grands capitaines français f t. V, 1879, p. 172) raconte que « mangeant d'une gelinotte, il se renversa tout à coup sur sa chaise tout roide mort sans rien remuer.» Dom Devienne Histoire de Bordeaux, n» 192», met la mort du maréchal au 27 juillet 1597, et dit qu'elle fut si subite, « qu'elle ne parut pas naturelle. » Jacques de Caillière (Histoire du maréchal de Matignon, Paris, 1661, in-folio), fait mourir son héros d'apoplexie, le 27 juillet 1-597, à Lesparre, « qui lui appartenait.»
^ Jean Léonard, marchand, habitait le Portai Marcadieu. V., livre des tailles de 1599. Sa sœur avait épousé Migneau Tinerran, mort le 6 septembre 1596. La fille de Migneau Tinerran et de Jehanne Léonard, avait épousé Mathieu Rocher.
- Martin Ruzé, seigneur de Beaulieu, frère de Guillaume Ruzé qui fut évêque de Saint-Lô en 1570 et évêque d'Angers en 1572, lut lui-même successivement secrétaire des commandements d'Henri III, en Pologne, puis secrétaire des finances, enfin , secrétaire d'Etat (1588-1606). 1 mourut à Paris le 16 novembre 1613, âgé de quatre-vingt-six ans.
• Catherine de Bourbon, princesse de Navarre, naquit à Paris, le 7 février 1558 et mourut à Nancy le 13 février 1609. Elle épousa (janvier 1599) Henri de Lorraine, duc de Bar. M™* d'Armaillé a récemment raconté la vie de Catherine de Bourbon (Paris, Didier, in-12). La grande galerie du château se trouvait dans la partie Sud, aujourd'hui démolie.
Jaques Mazélières, fils aisné de M. Gaixiot Mazéliéres, Réformateur du Domaine,* mourust en ceste ville le ix° aoust 1597.
Anne de Chatelet, fille de feu M. du Chatelet, ministre, mourust le XV® aoust 1597, dans le Ghasteau, en la chambre de M. de Saint-Hilaire son beau-frère.
La femme du cappitaine Peton, qui estoit du pays de France, mourust le xxviii aoust 1597.
Madame de Lavalette^ passa en ceste ville de Nérac venant de voir M. le duc d'Esperiion, son fils, à Cadillac, le dimenche dernier jour d'aoust 1597.
Catherine de Lavalade, femme de Jean Pinolé, mon beau-frère, mourust dans la ville de Bourdeaux le xxix* 1597.
François Roquette, jardinier du Roy, mourust le x® septembre 1597.
Langlosse, marié à la fille de feu Simourre, mourust à la metterie appelée de Larroq, le vi« septembre 1597.
' De Mazellières ou delà Mazellière, maison d'ancienne chevalerie, originaire de Bretagne, établie en Albret au commencement du xvi* siècle. Elle a obtenu les honneurs de la Cour sur preuves, et, par conséquent, prouvé sa filiation et sa noblesse depuis l'année 1400, date de rigueur. Elle a formé trois branches : 1» des seigneurs de Mazellières ; 2° des seigneurs de Réaup ; 3^ des seigneurs de Douazan. — On trouve beaucoup de détails sur cette maison dans la Biographie de l'arrondissement de Nérac , par J.-F. Samazeuilh, p. 568 à 588. Voir encore [passim), Vînventaire des Archives des Basses- Pyrénées 0X1, dès la page 7 du tome î, l'on rencontre le nom du capitaine Mazélières, dont le fils eut en 1581 pour parrain le futur Henri IV.
2 G'était Jeanne de Saint-Lari, fille de Pierre de Saint-Lari, seigneur de Bellegarde. sénéchal de Toulouse, et de Marguerite d'Orbessans, et sœur de Roger de Saint-Lary, maréchal de France, si célèbre sous le titre de maréchal de Bellegarde. Elle avait été mariée le 15 septembre 1551, avec Jean de Nogaret, seigneur de la Valette, baron de Gasaux et de Gaumont, mort en décembre 1575. Madame de la Valette vécut jusqu'au 9 avril 1611. Quand elle passa par Nérac en venant du château de Cadillac , elle se rendait en Gascogne, dans le château de Gaumont (arrondissement de Lombez , canton de Samatan). L'auteur de la Vie du duc d'Espeimon , Guillaume Girard, nous apprend (édition de 1730, Paris, in-4^, p. 29) que « quelque instance qu'il ( le duc, son fils) eut faite auprès d'elle pour lui persuader de venir à la Cour, il n'avoit jamais pu la faire résoudre à quitter la douceur de sa maison (Gaumont) ni la modestie de sa première vie. »
Pierre Puyferré,* ayant faict venir quelques commissaires en ceste ville, pour prendre le cappitaine Jan Mazelicres^ prisonnier, ne peurent le prendre , s'estant sauvé dans la maison du sieur de Brugère devant la maison duquel il y cust un grand gourgouiP et tout inconti- Uiaaaa\\i^ nent lesdits sergents furent mis en prison. C'estait un jour de Cène, (f J xiv« septembre 1597.
M. de Miossens,^ menant la compagnie du Roy, passa auprès de ceste ville, le dernier octobre 1597, et alla loger h Limo:i ^ où il demeura jusques au lundy 3'^ nobambre audit an, allant trouver Sa Majesté au pays de France.
La femme de M. Renaud, Ministre, venant du pays d'Alemagne, arriva avec toute sa famille, en ceste ville, le dimenche x'' nobambre 1597, aiant laissé ledit sieur son mary à Toulouze, qui arriva le lundy xi« dudit mois et an.
' Pierre Puyferré est inscrit au livre des tailles au Portai du Marcadieu.
^ Dans la Biographie de l'arrondissement de Nérac, à l'article déjà cité consacré à la famille de Mazelière, M. Samazeuil n'a pas manqué de mentionner (p. 569-71), l'incident du 24 septembre 1597, inscrit encore en 1599 au livre des tailles.
^ Nous ne trouvons ce mot dans aucun de nos anciens dictionnaires. C'est peut-être une onomatopée dérivée du bruit que fait l'eau en roulant dans les ruisseaux [gourgos) ou en dégorgeant par les gargouilles.
* Jean d'Albret, baron de Miossens et de GoarasCj était fds de Jeand'Albrct et de Suzanne de Bourbon. Il était à la fois parent du roi Henri IV par son père et par sa mère, laquelle avait été la gouvernante du jeune prince de Béarn. Une lettre adressée par le roi de Navarre à son ancien camarade d'enfance (janvier 1576, p. 81 du tome I du Recueil des lettres missives) porte cette inscription : A mon cousin Mons'' de Miossens, premier gentilhomme de ma chambre, gouverneur et mon lieutenant général en mes pays de Béarn et Basse Navarre.
* Limon est aujourd'hui une paroisse du canton de Lavardac. Voir sur cette localité la Monographie historique du canton de Lavardac, par M. J.-B. Truaut, Agen, Prosper Noubel, in-8» 1851.
M. de '.Beauqualun, principal du Collège de ceste ville, mourust le XXV* nobambre 1597.
Thomas Tierry, s'estant retiré près son fils à Lisle, mourust au mois d'octobre 1597.
Rancotte de la Flore , vefve à feu le cappitaine David,* mourust lexxviii« décembre 1597.
Judic de la Fite,^ ma filheule, nasquit le 9' jenvier 1598, et fust baptizée au lieu de Puchx, par Mons' de Ferré, Ministre, le dimenche xviii® dudit mois et an que dessus.
Maistre Jean de Vergés, Procureur Général au siège d'Albret, ^ mourust dans la ville de Bourdeaux, le xix^ jenvier 1598, ou il estoit allé pour poursuivre quelques siens procès.
François du Porté, maistre menuisier, autrement appelé le sergent Duporté, mourust le dernier jour de jenvier 1598.
Le 5° febrier, passa en ceste ville, un homme de grand stature, ayant sa femme et deux petites filles avec luy, soy disant opérateur en tellejperfection qu'il entreprenoit faire voir les aveugles, garir les écrouelles, la goutte, la gravelle, et plusieurs autres maux, et entre autres faisoit engrosser les femmes stériles. De quoy plusieurs le creurent, mettant en pratique les remèdes qu'il leur enseignait.
' Les gages du capitaine David figurent] aux registres de la Chambre des comptes de Nérac, à la date de 1586-87 (Voir VInventaire sommaire des Archives des Basses-Pyrénées. Série B).
- Cette filleule paraît être en même temps sa nièce, Jeanne de Pérès, sœur d'Isaac, ayant épousé en secondes noces, en 1597, Pierre Laffîte, à Lavardac.
^ La veuve de Maître Jehan de Vergés est inscrite au rôle des tailles de 1599, Portai de Bourdeaux.
La ville était divisée, aux xvic et xvii« siècles, en quartiers portant le nom de ses portes. Portai de Condom s'ouvrant sur la route de ce nom ; Portai du MarcadieUf s'ouvrant sur la route, dite aujourd'hui, de Mézin ; Portai de Bour-
Mais, dans quelques jours, on sceut que c'estoit un oomméclicn et joueur de farces, lequel, venant de la Court, avait invente cest art pour gagner sa vie. Aucuns luy donnarent de l'argent qui ne feust sans le regretter, à cause que, tant hommes que femmes, demeura rent au mesme estât qu'auparavant, ne recevant aucun soulagement de ses rcceptes qui n'estoient que suc de blettes rouges.*
Guillaumes Blondeau, autrement appelé maistre Tarrascon, mourust le X® mars 1598.^
Au mois de novambre et décembre de l'an 1507, jenvier et fébrier 1598, que sont quatre mois ensuivans, furent de grandes pluyes continuelles qui ne cessarent pendant tout ledit temps. Cela fust cause que le pouvre peuple patit beaucoup, ne ce pouvant ocuper a aucun travail, estans plusieurs d'iceux, constraintz à demander l'aumosne, chose qu'ilz n'avoient fait de leur vie. Il y heust un desbordement gênerai des rivières. Bayse le fust deux fois audit mois
deaux, s'ouvrant à l'extrémité de la rue qui porte encore ce nom ; Portai du Pont, s'ouvrant sur le pont du Petit-Nérac et comprenant la vieille ville ; Portai de Fontindère, s'ouvrant sur la route, dite aujourd'hui, de Barbaste. A ces portes sont joints les villages qui en dépendaient : pour le Portal de GoNDOM : Lou Gastéra, — Touzon, — Lasbordettes, — Lassaubole et Monicou, — Lestatge-de-dessoubs, — Lestatge-de-dessus, — Andrante, Asquets, Lassale-de-Mounou, — Joulan, — Bernat-Doux, — Tirot : Portal du Marca- DiEu : Dazzeria, — Tauziete, — Mourat, — Gauderoue, — Larrat, — Nissou,
— Poulyè : Portal du Pont : Nazaret, — Maie, — Pères, — Loumies, — Lusclade, — Lou Gay, — Goffette, — Padier, — Les Anges-de-haut, — Laramé,
— Laouillaou, — Petit Esparros, dit Saint-Perdou, — Pelane, — Meulan, — Breschan, — Durou,^ — Larché, — Magnertes, — Mazères, — Betpaumes, — Micheau, — Bonat : Portal de Fontindère : Laubugnc,' — Lou Garrouè, — Nicoulaou, t— Serbat. Le Portal de Bourdeou ne commande à aucun village ; il se confond avec celui de Fontindère.
' Voir sur la blette en général, sur la Mette rouge en particulier, un long "article dans le Dictionnaire de Trévoux (édition de 1871, t. I, p. 931).
* Guillaume Blondeau, habitant le quartier du Portal de Marcadieu, est inscrit ainsi au livre des tailles de 1599 : Hoirs de G. Blondeau, dit Tarascon
de febrier, entrant bien avant dans la ville.* En ladite année 1598, les pouvres furent baillés a nourrir aux habitans de ladite ville.^
Monsieur Maistre Jacques du Faur,^ mourust le 13^ mars 1598.
Monsieur de Sainctteraille,'* mourust le xiii*^ mars 1598, aagé de cent un an.
' M. J.-E. Boudon de Saint-Amans [Histoire ancienne et moderne du département de Lot-et-Garonne ; kgQn, 1836) ne mentionne pas le débordement de nos rivières en 1598, mais il dit sous l'année 1599 (t. I, p. 459) ; « Cette même année est signalée dans nos fastes par une grande inondation de la Garonne. Ses eaux s'élevèrent très haut, et renversèrent le mur de la ville qui formait l'enceinte méridionale du jardin des Cordeliers d'Agen....»
2 Ce fut la même chose à Bordeaux, comme nous le voyons par ce passage du Supplément des Chroniqueurs de la Noble ville et cité de Bourdeaux, par Jean Darnal, déjà cité, p. 3 : « Ladite année estant fort diseteuse, et la ville pleine de pauvres mourans de faim, fut arresté, qu'ils seroient despartis en toutes les maisons sans exemption de personne, ayant moyen d'en nourrir.»
3 Habitait le quartier du Pourtal de Marcadieu. Inscrit au livre des tailles de 1599. Les Dufaur étaient alliés aux Pérès, Jean Pérès ayant épousé Marie du Faur. Dans le livre de raison de la famille Caucabane, on trouve un Michel du Faur inscrit pour une dette*de douze cents francs bourdeloys à la date de 1595.
* Bernard de Montesquieu, seigneur de Saintrailles, était le troisième fils de Imbert de Montesquieu, seigneur de Gelas, et de Magdelaine, dame de Sainte-Colombe. Il était devenu seigneur de Saintrailles par son mariage avec Francienne ou Francine de Ghamborel, dame de Saintrailles. Le P. Anselme {Histoire Généalogique des Grands officiers de la couronne, t. vu, p. 283,) lui donne les titres que voici : Seigneur de la Mothe et de Cumont, écuyer d'écurie du roi et gentilhomme de sa chambre, mestre de camp des bandes françaises, capitaine des gardes du roi de Navarre, chevalier de l'ordre et gouverneur de la citadelle de Metz, » ajoutant qu'il mourut après io99, alors que, comme on vient de le voir, il mourut avant 4599. M. Samazeuilh {Bibliographie de l'arrondissement de Nérac, p. 760-761,) nous apprend que « dans une lettre de Henri, roi de Navarre, du 22 janvier 1579, et que possède la famille de Faulong, M. de Saintrailles est qualifié de capitaine et gouverneur des parcs et garennes de Durance, charge que ses prédécesseurs paraissent avoir aussi exercée. » On peut lire la lettre citée par M. Samazeuilh, aux pages 135, 136, du tome viii du Recueil des lettres missives de Henri IV, ot elle a été imprimée d'après une copie transcrite par ce même M. Samazeuilh. Amanieu de Montesquieu, seigneur de Saintrailles, fils de Bernard de Montesquieu, né au château de Xaintrailles le 27 décembre 1584, marié, en octobre 1605, avec Hélène de Lupiac, fille de Jean de Lupiac, seigneur de Moncassin, obtint, le 24 octobre 1613, du roi Louis XIII la confirmation de l'état de garde des eaux et forêts du parc de Durance. M. Tamizey de Larroque a retrouvé, dans les archives du château de Xaintrailles, l'original sur parchemin de cet acte de confirmation dont il nous a communiqué la copie que voici :
« Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. — Le feu roy Henry le Grand, nostre
Monsieur de Panjas, mcstre de camp du régiment de Guienne ,* dressa sondit régiment, au mois de mars de l'an 1598, en ce païs d'Albret et Condomois, lequel estant en piedjut rompu vers la fin du mois d'april ensuivant.
très honnoré seigneur et pcre que Dieu absolve, auroit pourvcu nostre cher et bien amé Amanieu de Montesquiou, sieur de Saintrailles, de Testât et office de gouverneur des eaux et forets de nostre parc de Durance, en nostre duché de Albret, que vouloit auparavant avoir et tenir le sieur de Sainte- Colombe, son père, suivant les lettres de provision qui luy en turent expédiées à Grenoble le vingtiesme jour de septembre 1600, dont ledict de Montesquiou nous ayanh faict suplier luy vouloir octroyer nos lettres de confirmation, sçavoir faisons que pour la bonne et entière confiance que nous avons de sa personne et de son sens, suffizence, loyauté, expérience et bonne dilligence, à icelluy pour ces causes et aultres à ce nous mouvant, avons continué et confirmé, continuons et confirmons ledit estât et office de gouverneur des eaux et forests de nostre dict parc de Durance en nostre dict duché, qu'il a tenu et exerce, tient et exerce encore à présent, et lequel, en tant que de besoin, luy avons de nouveau donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes pour iceluy avoir, tenir, en jouir, en user doresnavant par le dict de Montesquiou, aux honneurs, autoritez, prérogatives, prééminences, franchises, libertez, droictz, fruictz, proffictz, revenuz, esmolumentz et gaiges et coustumes et qui y appartiennent, tant qu'il nous plaira, et donnons en mandement à noz amez et féaux les genz de nostre Conseil et de noz comptes à Nerac que le dict de Montesquiou ils maintiennent audict estât et office... Donné à Fontainebleau, le xxiiiie jour du mois d'octobre l'an de grâce mil six cens treize et de nostre règne le quatriesme. » Louis.
A propos de Durance, M. Tamizey de Larroque nous indique l'existence, dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, qui appartient au fonds français (no 14309), de divers documents relatifs au duché d'Albret (xviio siècle), notamment d'un procès-verbal d'évaluation des commissaires du Roy, députés du Parlement de Bordeaux, du 15 avril 1655 (où l'on signale le moulin foulon ou moulin à draps de Barbaste, que fit construire le prince de Condé, de 1641 à 1651, l'ajoutant aux autres moulins à blé établis sur la Gélise, lequel moulin ne tarda pas tomber en ruine); le procès-verbal d'évaluation des commissaires du Roy députés de la chambre des comptes de Navarre, du 16 février 1657 ; des observations sur le procès- verbal d'évaluation dressé par les commissaires du Parlement de Pau, par M. Bartouil de Taillac, intendant du duché d'Albret, etc. Le revenu de la baronnie de Durance, cédée le 30 juin 1645 au prince de Condé par le sieur de Moncassin, est évalué à 1420 livres.
' François Jean-Charles, baron de Pardaillan, comte de Panjas, était Conseiller d'Etat, chambellan ordinaire du roi, chevalier de son ordre, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur de l'Armagnac, etc. Il avait épousé, en 1581, Jeanne du Monceau de Tignonville, fille de Lancelot du Monceau, seigneur de Tignonville, et de Marguerite de Selve, laquelle Marguerite avait été la gouvernante de Catherine de Bourbon.
Monsieur de La Serre, Gouverneur de Blaye,* Monsieur le Commandeur de Lussan, son frère,^ et Monsieur d'Aubeterre, fils dudit Seigneur de la Serre,^ arrivèrent en ceste ville, le mardy xiie may 1598, venant de leur maison de la Serre pour disner et soupperches Jan Duluc/
Monsieur du Panjas arriva en ceste ville, le xviii® may 1598, ayant délibéré d'y résider, et pour ce faire, loua la maison de Birac.^
Aumoisdejung de l'année 1598, le cartau bled froment se vendoit vingt francz cinq soulz, et les autres grenages h l'équipolent.
* Jean Paul d'Esparbès de Lussan, septième fils de Bertrand d'Esparbès et de Louise de Saint-Félix, devint, dit M. J.-F. Samazeuilh {Biographie de l'arrondissement deNérac, p. 274), la souche des barons de La Serre, par son mariage du 16 avril 1570 avec Catherine Bernarde de Montagu, dame de La Serre. Il fut capitaine de la première compagnie des gardes du corps du roi, maréchal de ses camps et armées, sénéchal d'Agenais et de Condomois, gouverneur de Blaye, chevalier des ordres du roi (1604) et mourut fort âgé, le 18 novembre 1616, dans la citadelle de Blaye. Ce fut ce même Paul d'Es-, parbèz de Lussac qui, en 1579, Henri de Navarre n'étant pas encore Henri IV, fit reculer le roi de Navarre qui s'était présenté devant Condom.
- Pierre d'Esparbèz de Lussan, sixième fils de Bertrand d'Esparbèz, un des plus intrépides compagnons de Romegas, fut glorieusement blessé, en 1565, au siège de Malte, en défendant la brèche. Il devint commandeur de Golfech, en Agenais, en 1594, et d'Argentens, près Nérac, en 1602, d'où il monta au grand prieuré de Saint-Gilles, en Languedoc. Il fit son testament à Arles en juillet 1620, étant conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé. ^ François d'Esparbèz de Lussan, vicomte d'Aubeterre, baron de La Serre, etc., fut capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi, sénéchal et gouverneur d'Agenais et de Condomois, conseiller d'Etat (novembre 1611), chevalier des ordres du roi (1612), maréchal de France (septembre 1620). Plus fécond encore que son père, il eut d'Hippolyte Bouchard, vicomtesse d'Aubeterre, qui lui apporta en dot (août 1597) la terre de ce nom, six fils et cinq filles, et non, comme l'a dit M. Samazeuilh {ibid. p. 278) sept fds et quatre filles. Le vicomte d'Aubeterre mourut en janvier 1628. * Figure au livre des tailles de 1599 comme habitant le Pourtal de Marcadieu. C'était un notable qui fut consul en 1605.
^ M. Samazeuilh ne sait pas d'où vient ce nom de Birac donné à la belle et grande maison existant encore aujourd'hui dans la rue de Condom. On
La paix faite entre le Roy Henry quatricsme de ce nom, Roy de France et de Navarre, et Philippe, Roy d'Espag-ne,* fust peubliée en la ville de Nérac le viii^ juillct,îjo' de mecredy, 1598, où furent faitz les feux de joye accoustumés, trois en nombre, à savoir : audevanfc le chasteau ; devant le Temple, aux Embarratz ; et l'autre, au petit Nérac, Messieurs les officiers, consulz et toute la ville en corps y assistant. Lesquelz feux ayans esté allumés, on ce rendit au Temple, auquel lieu feurent faites prières extraordinaires par Monsieur Renaud, Ministre. C'estoit à l'heure de douse heures dudit jour en laquelle action fut chanté le pseaume LXVP.
Monsieur de Sainct-Hilaire, Ministre de la parolle de Dieu,^ mourus dans le chasteau du Roy à Nérac, lelundy xiii« juillet 1598, traittant le prophète Osée.
Monsieur de Berceau,^ architecte du Roy, s'en retournant de Pau où il avoit esté envoyé par Sa Majesté, passa en ceste ville, ayant
trouve cependant au livre terrier de l'arpentement de 161 i : « Le S' de Birac tient une belle maison en forme de tour appelée au Cazaou du bosq, plus la métairie du Brana, en tout quatre cent dix-huit cartelades et demye. » Cette maison était nommée de Birac parce qu'elle avait été construite par MM. de Lard, seigneurs de Birac, et qu'elle était habitée par eux depuis plus d'un siècle et demi, comme on le voit par les documents cités par M. Jules de Bourrousse de Laffore dans les Notes historiques sur des Monuments féodaux ou Religieux du département de Lot-et-Garonne, à l'article Nérac.
' Le traité de paix avec l'Espagne, l'Autriche et la Savoie avait été signé à Vervins, le 2 mai 1598.
- M. de Saint-Hilaire mort en 1598 fut remplacé par M. de Masparaute. Parmi les noms de ministres de l'église réformée de Berne, nous relevons ceux de MM. Mermet père et fds, Jacques Dubédat, Saint-Hilaire, de Renault, de Masparaute, Lanusse, Daubus. C'est à ce dernier qui était en fonctions en 1626, qu'on doit le livre de VEhionisme, étude remarquable sur les ordres mendiants. (V. Bibliothèque municipale de Nérac.)
' Jacques Androuet du Cerceau, qui fut un des plus habiles architectes du xvr siècle, appartenait à la religion calviniste. Feu M. A. Jal, a retrouvé dans les registres du Temple de Gharenton, censurés aux archives de l'Etat civil (Palais de justice), et a publié, dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire (Paris, 1867, in-S», p. 339) l'acte d'enterrement du grand
commandement de Madame,* de luy porter le plan du chasteau, gardin, garenne et parc de Nérac, ce qu'il fit, ayant demeuré les quinsieme, sezieme et dix-septieme d'Aoust a pourtraire les lieux y dessus. Ce fut en l'an 1598.2
Guillem Siurac, habitant de Lavardac, se noya par désespoir, au commun bruict, au dessoubs le Pont-de-Bordes,^ le xii® septembre 1598.
Le sinnode provincial fut teneu en la ville de Nérac, le xvi* septembre 1598, 011 ils demeurarent jusques au dix neufviesmc, estant en nombre de xxvii ministres, et leurs anciens en outre, qui ce tinst dans le chasteau du Roy.'^
artiste. Le voici : « Le dix-septième jour de scpterr^bre 1614, delïunct Jac- « qiîcs Androuet du Cerceau, architecte des bastimens du Roy, estant de la « vraie religion, a esté enterré au cimetierre du faubourg Saint-Germain, « par Jehan Guillaume, fossoieurdud. cimetierre, oh le corps dud. deffunct (( a esté accompagné par ses amis et Archers du Guet. »
' Madame Catherine de Bourbon, sœur du roi Henri IV, déjà rencontrée plus haut.
- M. Tamizcy de Larroque [Inventaire des meubles du château de Nérac déjà cité) a reproduit (p. 27) ce passage de la chronique en une note placée dans ce dernier article de l'inventaire des meubles qu'Isaac de Pérès avait en garde : » Faict à Nérac en présence dudit Pérès, le dix-ncuviesme aoust mille cinq cent nonante-huict. » Voici les lignes qui, dans cette note, précèdent la citation du susdit passage : « En cette même année 1598 et en ce même mois d'août, un des plus grands architectes du xvr siècle, Androuet du Cerceau, leva, d'après les ordres de sa co-religionnaire Catherine de Navarre, le plan du château de Nérac et de ses dépendances, plan qu'il serait hicn important de retrouver. »— M. Lesueur de Pérès et M. Tamizey de Larroque ont en vain cherché et fait chercher ce plan dans les dépôts publics de Paris, de Bordeaux, de Pau, etc.
' Le pont-de-Bordes, situé sur la Baïse entre Lavardac et Barbaste, est un centre commercial et industriel d'une extrême activité.
4 Ces synodes devaient être fréquents, on s'y rendait de fort loin, et le budget de la religion réformée porte un article spécial pour frais de voyage de synodes et colloques. En 1626, l'article est ainsi conçu : « Sera prins de la somme de cent six livres cinq sous due par les trois Dupuy, la somme qu'il conviendra employer pour les frais de voyage de synodes et colloques. »
Romain Gervin, m^^ jardinier, fust envoyé par Madame, sœur unique du Roy, pour travaillerau jardin de Nérac, le lO^ septembre 1598, et s'en alla avec sa famille, le xxx'= mars 1600. .
Charlotte de Sainct-Genès, fille de feu Monsieur de Saint-Gencs, Cons'"" en la Court de Parlement de Bourdeaux* et femme de M. Pierre du Faur,^ Lieutenant Général d'Albret, mourust le 23 septembre 1598.
La femme de maistre Bernard Paouillac, notaire roial,^ et procureur au siège de Nérac, mourust le x« octobre 1598.
En l'année 1598, furent députés certains commissaires pour cognoistre sur le faict des usures, et entre autres, Brégan, Juge du Fresche,^ fut substitué par les dits commissaires pour juger lesdictz
^ M. de Saint-Gencs n'est pas mentionné dans V Histoire du Parlement de Bordeaux de M. le président Boscheron des Portes, il était pourtant conseiller en cette Cour ainsi que cela résulte d'un acte de naissance dont voici la substance : le 12 avril 1579, Pierre de Saint-Genest , conseiller au Parlement de Bordeaux, et damoiselle Catherine de Tapie sont parrain et marraine de Léonor de Secondât (née le 31 juillet 1578 à La Gange en Artigues, baptisée dans Agen par le ministre Dolyne, fille de Jean de Secondât, II* du nom, écuyer, chevalier, seigneur. de La Fleyte, Roques, Clermont-Dessous, Roquefort, Sérignac, Montesquieu, conseiller du roi, trésorier de France et général de ses finances en Guienne, conseiller aux Conseils d'Etat et privé de Sa Majesté, maître d'hôtel ordinaire du roi et de la reine de Navarre, gouverneur des châteaux de Nérac, Rions et Auvillars, et de dame Eléonorc de Brénieu.
- P. du Faur est inscrit au livre des tailles de 1599. Habitant le quartier du Pourtal de Bourdeaux. Le Pourtal de Bordeaux était à l'extrémité de la rue qui porte encore ce nom et dans laquelle se trouve le couvent des Capucins, aujourd'hui l'Ecole des Frères de la doctrine chrétienne. La rue de Lapuzoque dépendait de ce portail et la maison du Faur se trouvait dans cette rue.
^ Dans le livre des tailles de 1599, on ne trouve qu'un Bernard Violle, notaire royal et habitant le quartier du Pourtal de Bordeaux, Peut-être y a-t-il quelque erreur de copiste.
* Aujourd'hui le Fréchou, commune du canton de Nérac, à 8 kilomètres de cette ville. Il y avait là une justice seigneuriale qui relevait par appel au sénéchal de Condom. Voir Dictionnaire géographique, historique et archéologique
faicts usurères, et viiist tenir ses assizes en ceste ville, où il gagna force argent. Mais il fut interdit, par arrest de la Court, et la cognoissance renvoiée pardevant le Séneschal. Ce fut le xxi* décembre, an que dessus. •
Le xvi' jenvier 1599, la rivière de Bayse fut grandement desbordée à cause des grandes pluyes qu'il fit. Elle cerna le bout du Pont de la Garenne * qu'on ne pouvait y aller, entra aussi dans le jardin du Roy bien avant ;2 mesme dans la tour du Pavillon/ ou il y en avait deux pans de haut, contraignant Jan Laserre, maistre jardinier, de gagner le hault de ladite tour, pour se sauver.
Les pouvres mandians de la ville de Nérac et jurisdiction, furent logés et départis aux maisons des habitants d'icelle au mois de febrier de l'an 1599, jusques au xv" jung ensuiuant.
de V arrondissement de Nérac , p. 190. Nous trouvons ce nom sous la forme Freixe dans une lettre de Henri IV, alors roi de Navarre, à François de Montpezat, seigneur de Laugnac. Cette lettre, écrite d'Agen le ,30 juin 1571 , et relative à une réclamation des habitants de Nérac, a été publiée par M. Tamizey de Larroque, d'après l'original des Archives du château de Xaintrailles , dans les documents inédits pour servir à l'histoire de l'Agenais (p. 127-128). Les ruines du château du Fréchou sont du plus haut intérêt.
' Ce vieux pont, réservé aux seuls piétons, avait été jadis une dépendance du château. Alors, il se reliait aux fossés par un pont levis et était assez bas pour qu'à la moindre inondation le bout touchant à la garenne fut submergé.
2 La Baïse longe tout le jardin du roi, qui n'était défendu contre les débordements , à la fin du xvi^ siècle, que par un mur d'environ 2 mètres de hauteur.
^ Il s'agit de la tour dite pavillon des bains et qui ne servit jamais à cet usage. Pour la description de ce pavillon (V. Guirlande des Marguerites, pag.85). — Le pan ou l'empan étant de 23 centimètres, l'inondation de. 1599 ne serait pas montée bien haut puisqu'il y a 4 ans à peine au mois de juin 1875, l'eau s'élevait à 2 mètres dans ce môme pavillon.
Monsieur de Goufrclcau,* conseiller en la Court de Parlement de Bourdeaux et Monsieur Desaignes,^ filz de monsieur Desaignes procureur général de Bourdeaux/ commissaires députés pour cognoistre et juger des crimes d'uzure, arrivèrent en ladite ville de Nérac, le xi* du mois de febrier 1599. Par devant lesquelz furent dressées plusieurs plainctes concernant lesdites usures, qui fut cause que, un grand nombre d'habitants de ladite ville se craig-nant des jugemens desdits commissaires, le recusarent le xvii» dudit mois que dessus, attendant leur revoquation qui fut trois ou quatre jours après,
* Jean IV de Gaufreteau, l'aîné des enfants issus du mariage de Giraud de Gaufreteau et d'Antoinette Prieur, naquit vers 1558. Son père lui légua, par préciput, son office de conseiller au Parlement de Bordeaux «17 février 1580). Il prêta serment, comme conseiller, le 3 mai 1581. Il épousa Jeanne de Fronsac, devint doyen du Parlement, fit son testament à Bordeaux, le 28 février 1623, après s'être démis de sa charge en faveur ds son fils aîné Jean V de Gaufreteau, et mourut peu de temps après. Voir l'Essai généalogique sur la famille Gaufreteau publié par M. Jules Delpit à la suite de la Chronique Bordeloise, par Jean de Gaufreteau (t. II, 1878, p. 318-327). M. Delpit, dans ce chapitre de son Essai généalogique, a rappelé (p. 319), d'après ce passage de la Chronique d'Isaac de Pérès, inséré dans le tome I des Archives historiques au département de la Gironde, l'envoi de Jean IV de Gaufreteau, à Nérac, en février 1599. L'auteur de la Chronique publiée par M. Delpit, fait de Jean IV de Gaufreteau ce bel éloge (t. II, p. 110) : « Unfdes plus gens de bien et des plus sçavants hommes de son temps. »
^ Monsieur Desaignes filz, paraît avoir joué un rôle fort peu considérable dans le Parlement de Bordeaux, et sa mission à Nérac est peut-être le seul incident qui ait jamais été signalé ^de sa vie de magistrat.
^^Jacques Desaignes devint procureur général au Parlement de Bordeaux par la résignation de son père, Pierre Desaignes, et, à son tour, il résigna sa charge en faveur de son gendre, M. de Pichon. Voir sur ce magistrat les Arcjiives historiques du département de la Gironde {Passim), la Chronique de Jean de Gaufreteau, l'Histoire du Parlement de Bordeaux, de M. Boscheron Des Portes, etc. Voici en quels termes Jean Damai {Supplément des Chroniques de la Noble ville et cité de Bourdeaux, p. 171) annonce la mort du second procureur général Desaignes : «Le mardy 24 janvier 1618 mourut Monsieur Maistre Jacques Desaignes, procureur général, honorable personnage, et qui servoit bien en sa charge. Il avoit résigné son dit office, par survivance, à Monsieur de Pichon, Conseiller du Roy en la Cour, son gendre...»
M. Jules de Bourrousse de Laffore pense que ce nom doit être écrit des
n'ayant jugé qu'un ou deux procès. Les dits sieurs sen allarent dudit Nérac, le dernier fcbrier 1599.
La femme de Matiiieu Durand, fille à feu François de Batz,* décéda le XXV® febrier 1599.
Monsieur de Masparraulte '^ estant en la ville de Montauban, aspi-
Aygues, ou des Aiguës en latin de Aquis, et non de Saygues, comme Laîné l'a orthographié par erreur dans les Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, tome VI, art. de Pichon, p. 7 et 8. — De Courcelles dit : « Jacques des Aygues, conseiller au Grand Conseil, eut de Mathive de Morian, 1580, Jacques des Aygues, marié à Sybille de Gascq.» — Le président d'Hozier orthographie : Aiguës (des). Tous les noms propres ont été des noms communs et, par suite signifient quelque chose. De Saygues ne signifie rien ; tandis que des Aygues ou des Aiguës veut dire des eaux, de Aquis. Avec le temps on a réuni la particule des au nom Aiguës, et l'on a écrit Desaigues en un seul mot. C'est ainsi que dans le Procès-verbal de l'Assemblée de la noblesse de Bordeaux, de 1189, on trouve : « Desaigues (Augustin) de Sales, baron de Laubardemont, seigneur de Tazac (représenté) par le marquis de Mons, son procureur fondé. »> ( Nobiliaire de Guienne et de Gascogne , tome I, p. 201 ). Et à la même page : « Desaigues (Joseph), chevalier, seigneur de Saint-Bonnet, Larousselle, Tibaudin et Ducastaing. » En résumé, d'Hozier et le bon sens veulent qu'on orthographie : des Aygues ou des Aiguës.
' Nous aurons l'occasion de reparler de la famille de Batz.
- M. de Masparault figure sur le Livre des départements pour le paiement des gages de MM. de Renault et de Masparault, ministres de la parole de Dieu, en 1600. Ces gages se payaient au moyen d'une cotisation proportionnelle aux biens possédés, tant dans la juridiction de la ville que hors d'icelle, cotisation qui s'élevait, en 1626, à la somme de quatorze cent trente et une livres, dix-sept sous, sept deniers. (Voir rôle des contributions de 1626 aux Archives municipales de Nérac). Le doyen, les deux ministres touchaient pour leurs gages, chacun six cents livres. On trouve, en outre dans le même rôle : « trente livras pour les gages de celuy qui fait la lecture en chaire ; trente livres à celuy qui entonne les psaumes au Temple ; douze livres à celuy qui a la garde du Temple; douze livres à celuy qui sonne les cloches, etc.» Le chiffre des protestants, chefs de famille, soumis aux taxes pour gages aux ministres de l'Evangile s'élevait, en 1600, à 700 environ pour la juridiction de Nérac. En 1626, ce chiffre avait baissé de 123 seulement. Dans l'intervalle, le roi Henri IV était mort et Nérac assiégé en 1621, s'était rendu à discrétion.
M. de Masparault, ministre protestant, établi à Nérac, était probablement
rant au sainct ministère, fust prié par Tég'lise de Nérac do vouloir venir au milieu d'icclle pour estre ouy en propositions, affin qu'estant trouvé capable, il peut estre recea audit ministère, pour servir en la place de feu Monsieur de Saint-Hilaire. Ce qu'il fit, arrivait audit Nérac, avec sa femme, le 19« febrier 1599. Sa première proposition fut le vendredi vi^ mars audit an. Ledit sieur de Masparraulte fust receu au ministère, le dimenche xxi' mars 1599, par monsieur de Mermet, qui luy imposa les mains à la fin du presche.
M' Pierre du Faur, lieutenant-général d'Albret, épousa la fille de Mons'' de Labarrière de Thonenx,* le samedy xx« mars 1599, comme on faisait les amenances ^ dans la ville de Lavardac, ayant fait venir
le frère de Pierre de Masparault, chevalier, seigneur du Buy, de Grandval et de Ferrassou, fils de Michel de Masparault, seigneur du Buy et de Jeanne Le Comte. Ce Pierre achète, le 24 décembre 1608, la maison noble de Ferrassou, sur la rive gauche du Lot, paroisse de Saint-Sylvestre, juridiction de Penne d'Agenais, à haut et puissant seigneur François d'Orléans, comte de Saint-Paul. Le même Pierre de Masparault, seigneur de Ferrassou, gentilhomme-servant de Madame, sœur unique du roi, devenu veuf d'Anne de Maillard, épouse en secondes noces le 25 juin 1617, Marie de Lur, veuve d'Henry de Clermont, baron de Pilles, Il en eut Octavien de Masparault, seigneur de Ferrassou, marié le 3 décembre 1637, à Jeanne de Castillon Mauvezin Garboste.
' François de la Barrière, écuyer, était gouverneur, pour le Roi de la ville de Tonneins, en 1591 et 1592. Il fit son testament le 22 mars 1609. On trouve la famille de La Barrière établie à Tonneins au xve siècle. Voir leNobiliaire de Guienne et de Gascogne, par M. 0' Gilvy,t. II. 1858, p. 338. Ce généalogiste n'a pas connu le mariage que signale ici le chroniqueur. Il énumère cinq filles de François de La Barrière, Marie, Anne, Jeanne, Magdeleine, Elisabeth, mais il énumère aussi leurs cinq maris. Y avait-il une sixième fille oubliée par le généalogiste? Ou bien une des cinq filles connues se maria-t-elle^deux fois , une fois avec un des personnages mentionnés par M. O'Gilvy, une autre fois avec le fils de Pierre Dufaur?
^ Nous avons déjà trouvé et expliqué cette expression.
Mons' de Ferré, ministre de Puchx,* auquel lieu il épousa, au déceu ^ de tous.
Arnaudet Sabathé, habitant de la jurisdiction de Fieux,^ après avoir esté convaincu d'une mesclianceté inouye, fust condamné, en ceste ville, à estre pendu et estranglé, et puis jette dans le feu, pour y estre consumé.'* De laquelle sentence il se porta appelant à Bourdeaux, où il fut mené. Ladite condcmnation ratiffice, on le ramena en ceste dite ville, où il fut exécuté, comme dessus, le xxvii^ jour de mars 1599, aux Embarrats,^ devant le logis du Grand Pâtissier.
La fille de feu monsVde Jautan, femme de Jehan du Merc, mourust le second avril 1599.
' Aujourd'hui Puch, commune de l'arrondissement de Nérac, du canton de Damazan, à 28 kilomètres de Nérac, à 6 kilomètres de Damazan.
- Au désappointement de tous. On trouve encore l'expression : à notrd déçu, à mon déçu, dans deux tragiques de la première moitié du xviie siècle, Mairet et Rotrou. M. Littré regrette cette expression, disant : elle vieillit [plutôt : elle a vieilli] ; cependant elle est bonne.
^ Commune de l'arrondissement de Nérac, du canton de Francescas, à dix kilomètres de Nérac, à quatre kilomètres de Francescas. Voir surFieuXy le Dictionnaire tant de fois cité de M. J.-P. Samazeuilh, p. 171-174.
* On peut rapprocher de cette condamnation un arrêt rendu par le Parlement de Paris, en 1586, contre Nicolas Dado7i, sodomiste, arrêt qui se trouve au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, dans le volume 137 de la collection Du Puy. On trouve un Jehan Sabathe inscrit à la date de 1600, au livre des départements, pour le paiement des ministres de la parole de Dieu. Il habitait le quartier du Pourtal du Pont. Un autre Guilhem Sabathé , hoste, est inscrit au livre de la taille de 1599. Pourtal de Condom.
' On appelait Lous embarrats, le quartier compris entre l'ancienne halle et le .château. C'était une partie de la ville renfermée dans la première enceinte abattue par Antoine de Bourbon.
Le S' Jehan Pinollé, mon beau-frère,* fiança la fille de feu M' Pierre Roy ,2 le lundi xix' avril 1599, dans le chasteau de Birac.^
Au mois d'avril et an que dessus, par favis du Consistoire de ceste ville, furent dressés deux bancz aux deux costés de la chaire, dans le temple de ladite ville pour asseoir^ les Pasteurs et Anciens estans en charge, en l'église. Ce qui fut fort contesté par M' Pierre du Faur. lieutenant-général d'Albret. Mais, en fin, ils demeurarent en Testât, (Lesdits bancs furent ostés de leur place, au mois de juillet 1601.)
Madame la Duchesse de Monceaux ^ mourust dans la ville de Paris, le x* avril 1599, qu'estoit la veille de Pasques, n'ayant esté malade que deux jours, le Roy estant à Fontenebleau.
Monsieur le ducd'Espernon^ s'en allant aux Eaux d'Encauce,^ passa
^ Guillaume Pinollé, son père, mort en 1597, était le beau-père du chroniqueur.
- Un Jehan Roy fut consul en 1609.
^ Voir plus loin.
* Gabrielle d'Estrées, fille d'Antoine d'Estrées et de Françoise Babou de la Bourdaisière, naquit vers i57i. Elle n'avait donc pas encore trente ans quand elle fut frappée, le jeudi saint, de la maladie (éclampsie), dont elle allait mourir dans la nuit du vendredi au samedi. Voir sur celle que le plus galant de nos rois fît tour à tour marquise de Monceaux et duchesse de Beaufort, Les Amours de Henri IV par M. de Lescure (Paris, 1864, in-12, p. 171-299), et une étude spéciale de M. Jules Loiseleur, le savant bibliothécaire de la ville d'Orléans, intitulée : La mort de Gabrielle d'Estrées, h la suite des Ravaillac et ses complices (Paris, Didier, in-12 1873, p. 179-243).
' Jean-Louis de Nogaret était alors âgé de 45 ans révolus.
• Encausse est une commune du département de la Haute-Garonne, arrondissement de Saint-Gaudens, à 10 kilomètres de cette ville, canton d'Aspet, à 8 kilomètres de cette dernière localité. Les eaux thermales d'Encausse attirent encore aujourd'hui beaucoup de malades. L'Historien du duc d'Epernon, Guillaume Girard, n'a rien dit du séjour de son héros à Encausse en 1 599. On lit dans le célèbre Voyage de Chapelle et de Bachaumont (édition donnée par M. Tenant de Latour, Bibliothèque Elzévirienne de P. Jannet, i854, p. 63) : « Encausse est un lieu dont nous ne vous entretiendrons guère, car excepté ses eaux, qui sont admirables pour l'estomac, rien d'agréable ne s'y rencontre. H est au pied des Pyrénées, éloigné de
en ceste ville, le xxix» de may 1599, avec ses enfans,^ accompagné d'une honneste troupe de gentilhommes. Il se logea au logis de Mons^ de Labroue.^ Messieurs les ofiiciers de la Justice et les Consuls, avec la livrée, furent le saluer.
Damoiselle Marie de Maniban,^ vefve a feu Mons"" de Douzan,^ mourust en ladite maison de Douzan,^ le xi^ jung 1599 et enterrée en ceste ville.
Pierre Brun, pâtissier de JNérac, beau filz de Jehan Sangla, marchant, mourust le xiiii« jung 1599.
Le vingtiesme jung 1599, passa en ceste ville, un homme du pays
tout commerce, et l'on n'y peut avoir autre divertissement que celui de voir revenir sa santé. Un petit ruisseau, qui serpente à vingt pas du village, entre des saules et des près les plus verts qu'on puisse s'imaginer, éimt toute notre consolation. »
* Les enfants que le duc d'Epernon eut de son mariage (1587) avec Marguerite de Foix, comtesse de Gandalle, morte en 1593, étaient : 1» Henri de Nogaret, duc de Gandalle, né en 1591, mort à Casai en février 1639 ; 2° Bernard de Nogaret, duc d'Epernon, né en 1592, mort à Paris en juillet 1661 ; 3o Louis de Nogaret, cardinal de la Valette, archevêque de Toulouse, né à Angoulème en 1593, mort à Rivoli en septembre 1639.
- Voir, dans la Guirlande des Marguerites (p. 133) le sonnet LXV intitulé : Maison Labroue, et, en regard des vers de M. Goux, le commentaire où l'on apprend que la maison Labroue fut bâtie, vers 1560, sur l'emplacement du couvent des religieuses de Sainte-Glaire, dans la partie haute de la rue de Fontindelle fFontindère).
^ Gette personne était probablement de la même famille qu'un M. de Maniban, qui fut président à la Gour des Aides de Bordeaux en 1651. . * Sans doute, Pierre de Gortion, sieur de Douazan, inscrit au livre des tailles de 1599, habitant du Portai de Marcadieu.
" u II existe près de Nérac, » dit M. Samazeuilh [Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 235), «un château qui porte le nom de Douazan et dont les De Mazelières furent possesseurs. » Voir, dans la Guirlande des Marguerites, p. 143, un sonnet de M.^Maurice Lespiault, intitulé : La Motte-Doiiazan, et en regard, une intéressante page, sur le même sujet, de son frère, M. G. Lespiault, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux. Ge château, avec le domaine qui en dépend, après avoir appartenu aux héritiers de M. d'Aux, vient d'être acheté par M. Larozo qui l'a fait restaurer.
de France,* amenant sa femme avec luy, portant une sibette fort belle ^ et plusieurs autres singularités.
Le loup mangea une fille d'un nomme Mog-nat, trasseur, de Breissan, le IT-^jung 1509 près le lieu dudit Broissan. Ladite fille estoit aagée d'environ dix à onse ans. Bientost après, en fut mangé deux autres : une ii Fieux ^ et l'autre à Saint-Loup.'*
François Canteloube ayant esté prcbstre l'espace de plusieurs années, protesta publiquement, le premier jour de juillet 1599, au commencement du presche, de vivre et mourir en la Religion Chrestienne Réformée, renonçant a tous les abus de la messe, comme n'ayant jamais estée instituée de Dieu, a ce que luy mesme confessa de sa bouche, en présence de tout le peuble, ayant touché en spécial plusieurs erreurs qui se commettent au baptesme et en la Cène. Ledit Cauteloube seu venant d'Espienx ^ à Nérac, fat attaqué et assailly par quelques-uns dudit lieu pour le tuer, mais, s'estant bien deffendu, il en tua un qui estoit mettayer de George Fortumié, le xxv« juillet 1599. Ledit Canteloube fut mis prisonnier jusques au 25^ avril 1601 .
Le iiii" juillet 1599, passa en ceste ville deux jeunes hommes portant une petite fille de fer, une galère, et un homme Turc, lesquelles pièces, par le moyen de certaines roues qui estoient dedans, alloint et seremuoint délies mesme, donnant sept ou huict tours a une table, qui leur servoit pour gagner de l'argent, faisant paier deux liards h ceux qui les vouloint voir.
En Gascogne, comme en Provence, comme en Dauphiné, etc., on appelait alors Pays de France le centre et le nord de la France, le pays où l'on avait jadis exclusivement parlé la langue d'oïl.
- C'est-à-dire une Civette, quadrupède vulgairement appelé chat musqué, et que les naturalistes connaissent sous le nom de Viverra Civetta.
' Nous avons déjà fait remarquer que la commune de Fieux appartient au canton de Francescas (arrondissement de Nérac.)
* St-Loup dépend de la commune de Montagnac. On y conserve dans la vieille église dépendant du château un Sarcophage romain qui sert de pierre d'autel. V. G. Tholin, Architecture religieuse de VAgeyiais, p. 286.
' Espiens est une commune de l'arrondissement et du canton de Nérac, à 6 kilomètres de cette ville. Voir ce que dit d'Espiens et de son château « dont il reste des ruines fort remarquables, soit par elles-mêmes, soit à cause do la beauté du site qu'elles dominent, » M. Samazeuilh, [Dictionnaire géogra' phique, historique et archéologique de l'arrondissement de Nérac, p. 155-159).
Le X" dudit mois que dessus, et a la mesme année, arriva en ladite ville un jeune homme faisant estât de fcre plusieurs et diverses sortes de saulz, lesquelz il monstra dans le Chasteau, chose que Messieurs les Ministres de Mermet, de Renaud ^ et de Masparraulte ne peurent aprover, ayant esté, tout aussi tost, audit Ghasleau pour s'oposer à ce que lesditz sautz ne fussent faicts. Ce qu'il faisoit de plus rare, estoit de marcher sur une corde avec des boules-au dessoubsdes pieds, h ce qu'il disoit.
Le Loup attaqua un cordonnier du petit Nérac ayant son espée sul le col, près le Saut appelé de Podecot,^ duquel il eust asses atfaire de se deffendre, et assura quil luy avoit donné un coup d'espée à travers du corps, qui donna occasion, bien tost après, d'y aller, sortant de ladite ville, gens a pied et a cheval, pour le trouver, ce qu'il ne fut possible , continuant à fcre plusieurs maux en ladite jurisdiction. Cela fut le xih juillet 1599.
Arnaud Malet, tailleur,^ mourust le xxi^.aoust 1599.
En ladite année 1599, et au moys d'aoust, y eust grande mortalité de gros bestaith à corne, tant en la jurisdiction de Nérac qu'ez autres territoires circonvoisins, tenans la pluspart que c'estoit la peste et contagion dudit bestailh, h cause quil leur sortoit de grosses enflures en diverses parties de leurs corps, chose qui apporta beaucoup d'incomodité aux perdans.
Le château d'Espiens a inspiré un original sonnet à M. J. Noulens, qui l'a inséré dans une note de son beau recueil : Documents historiques de la maison de Galard (Paris, 1871-76, 4 vol. in-4°, t. IV, p. 855), et qui l'a reproduit dans la nouvelle édition de ses Troincales. Mi-Saintes-Mi-Profanes (Paris, Alphonse Lemerre, 1878, in-12, p. 297j. Il y a encore des Ganteloube ou Chanteloube à Espiens.
^ De Renaud, ministre de la religion réformée, inscrit au rôle des départements de 1600, pour gages aux ministres de la parole de Dieu.
- On appelle Saut-de-Podecot, un ravin au voisinage duquel le ruisseau qui coule entre Bapaume et Serbat se jette dans la Baïse.
' Arnaud Malet, tailleur, habitant le Portai de Condom , est inscrit au livre des tailles de 1599. Ce nom se retrouve encore aujourd'hui à Nérac. La chronique Pérès a cela de piquant qu'elle fait l'histoire du Néracais des divers états et met en évidence l'ancienneté de certains noms ignorés jusqu'à ce jour.
Isaac de Laporte, mon fillicul,* mourust le vingt-cinquième jour d'aoust 1509, n'ayant demeuré malade que trois ou quatre jours. Le ventre luy vinst fort cntlé , qui donna occasion de le fère fendre et luy fut trouvé dans l'estomac et dans les intestins ung grand plat plein de verms qu'on jugea estre cause de sa mort.
Maistre Pierre Gardy, mouust le viij' septembre 1599.
Monsieur de Foulhon, Escuyer du Roy, passa en ceste ville, au retour de Barbotan,^ avec Madame sa femme, le xxi" septembre 1599.
' Sans doute un fils de sieur Francoys de Laporte, gouverneur du château deNérac, qui est inscrit au livre terrier de 1611 commepossédant le domaine de St-Martin et les métairies de Bartallet et du Balesté. — En 1628, il est désigné comme cy-devant gouverneur du château de Nérac.
Au livre de raison de la famille Gaucabane, on trouve cette note : « Francoys de Laporte, capitaine, sieur de St-Martin et Sire Arnaud Sernat me doibvent comme appert par obligation du 23 août 1588, la somme de deux mille deux cents livres. »
- Barbotan est un village de la commune de Gazaubon, département du Gers, arrondissement de Gondom. Suivant le Dictionnaire des Commîmes de la France, par Adolphe Joanne (Paris, Hachette, 1864, p. 182), les boues minérales et thermales de Barbotan auraient été « célébrées » par Biaise de Monluc dans ses Commentaires. Le terrible guerrier n'a nullement célébré les boues de Barbotan ; il s'est contenté de les mentionner ainsi (Edition de la Société de l'Histoire de France, t. HT, p. 93, 94, à l'année 1567) : « Et feismes une entreprinse le feu evesque de Gondom (Robert de Gontaut), les seigneurs de Saint-Orens et de Tilladet frères (Antoine et François de Gassagnet), p^ur aller aux baings à Barbottan; comme les médecins m'avoient ordonné, pour une desloueure de cuysse que j'ay, laquelle je prins à la prinse de Quier, de quoy M. d'Aumalle est bien souvenant; je croy que je ne la perdray que je ne sois mort. » Ge fut en se rendant à Barbotan, et pendant la nuit passée dans la maison de M. de Panjas (Ogier de Pardaillan, seigneur de Panjas), que Biaise de Monluc eut ce songe ou plutôt ce cauchemar qu'il a raconté avec tant de pittoresques détails (p. 94-98), qui le « travailla plus » que s'il eût eu « quatre jours la fièvre continue, » et à la suite duquel il se trouva comme, dit-il, « si je feusse sorty d'une rivière, ma chemise, les drapz, la couette du lict, toutes en eaux; » ce qui obligea Madame de Panjas (Françoise d'Aydie) à « bailler des drapz » et à faire sécher la couette devant le feu. — Voir sur Barbotan un malicieux et spirituel sonnet de M. Faugère-Dubourg {La Guirlande des Marguerites, p. 249).
Le xx^ septembre de l'année 1599, fut convoquée une grand assemblée dans la ville de Thonenx,' composée tant de la noblesse, tiers estât, que éclésiastiques, si estant tenu, ù mesme temps, le sinnode provincial. La dite Assemblée n'estoitque pour députer quelques uns d'entre eux, des trois corps, pour aller trouver le Roy affin de le suplier faire veriffier son édict en la Court de Parlement de Bourdeaux. Et, à ces fins, furent esleus Messieurs de Gazes et de Renaud,^ Ministre de l'église de Nérac, lequel partist le xxiii« septembre, an que dessus.
Monsieur et Madame de Vicose,^ ayant demeuré un mois ou six scptmaines en ceste ville, sen partirent le xxvg septemibre 1599.
' Tonneins, chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, à 16 kilomètres de cette ville, à 46 kilomètres d'Agen. C'est la petite Genève de l'Agenais. L'assemblée de septembre 1599 n'a pas été connue du consciencieux auteur des Recherches historiques sur la ville et les anciennes baronnies de Tonneins, feu M. L. F. Lagarde (Agen, 1833, in-8").
- Il est question de ce M. de Renaud dont le nom a été déjà annoté dans une lettre de Henri IV à M. de Pencharnaut, publiée par M. J. Guadet dans le tome IX des Lettres missives. Supplément, 1876, p. 266.
^ M. de Vicose était un des secrétaires de Henri IV. Il est souvent appelé Bissouse ou Bysouse, parfois Viçose, dans la correspondance de ce prince (t. I, p. 91, 376, 414, 416, 481, 593, 603 ; t. H, p. 205, 402, 466, 475, etc.) Voir sur M. de Vicose une note de M. Tamizey de Larroque sous Une lettre inédite de Madame de Monthrun {x\nnuaire -Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1864, Deuxième partie, p. 121), et une autre note du même érudit dans l'Essai sur la vie et les ouvrages de Florimond de Raymond, conseiller au Parlement de Bordeaux (1867, in-8", p. 30, note 2). Voir encore une lettre de M. de Vicose à Henri IV, du 6 juillet 1606, où il lui rend compte du voyage du maréchal d'Ornano et fait un charmant éloge de la ville de Pau, lettre publiée par M. Tamizey de Larroque dans la Revue dJ Aquitaine (tome XIII, 1869, p. 355-356).
M. de Vicose ou de Viçose qui, le 8 juillet 1579, contresignait une lettre d'Henri, roi de Navarre, datée de Nérac, dut transmettre à son fds une grande situation. On en trouve la preuve dans les deux faits suivants : En 1637, haut et puissant seigneur, messire Henry de Vicose était seigneur baron de Cazeneuve, Castelnau de Cernés et Baleyssac. Le 6 janvier 1648, dame Marie de Vicose était mariée avec haut et puissant seigneur messire François de Gaumont de La Force, se qualifiant marquis de Castelmoron,
Le samedy ix° octobre 1599, oa commença a fer garde aux portes de la ville de Nérac, à cause de la contagion qui estoit ci Bourdcaux,* et fut continuée jusqucs au 8^ janvier IGOO.
La vefve de Monsieur Colrat, Ministre, mère de Jehan Laburthe,'^ mourust à la maison apellée à Castagnet, ou autrement au Lavay,"le 8= octobre 1599.
Monsieur de Ravenne,* conseiller du Roy et Président en la Court de Parlement de Bourdeaux, avec madame sa femme, arrivarent en la ville de Nérac, le xxviiie octobre 1599, n'y ayant demeuré que deux jours.
Jehanne de Molis, femme de Jacques Vier,'^ mourust le xxix« octobre 1599.
seigneur baron de MontpoLiilian, Gazeneiive, Custelnau de Cernés, Baleyssac et autres places, dans l'acte par lequel il engage pour quatre ans la baronnie de Montpouillan, moyennant la somme de 30,000 livres. Sur cette somme, Gabriel de Brocas compta 27,000 livres, dues par les dits marquis de Castelmoron et dame Marguerite de Vicose, à noble Alexandre Sacriste, seigneur de Malvirade et du Gréset, et dame Marie de Vicose, épouse de ce dernier.
' On lit dans le Supplément des chroniques de la noble ville et cité de Bourdeaux, par Jean Darnal (p. 111, à Tannée 1599) : « La peste travaillant la ville de Bourdeaux, le Pioy escrivit et donna asseurance de sauver les offices à tous ceux qui demeureroient dans la ville, pendant la contagion : ce qui fit que beaucoup de principaux qui s'en fussent allez, demeurèrent pour servir le Roy et le public en leurs charges. Et Messieurs les Jurats nommèrent chacun en sa Juradc, un Bourgeois pour coadjuteur. »
* Inscrit au livre des tailles de 1599, il habitait le quartier de Fontindère.— Gratification à Jean de Laburthe, maître des requêtes (Chambre des comptes de Nérac. Série B.). — Ce nom est encore honorablement porté aujourd'hui par un maître forgeron de Nérac.
" Le Lavay, propriété appartenant aujourd'hui au colonel Lafittc. Située sur la route de Mézin, près Tauziète.
* M. de Ravène n'est mentionné ni dans Ylîistoire du Parlement de Bordeaux, de M. Boscheron Des Portes, ni dans la Chronique Bordeloise, de Jean de Gaufreteau.
* Jacques Vicr et sa femme, inscrits au livre des tailles de 1599, habitaient le Quartier deMarcadieu.
Monsieur de Grigaos,* gentilhomme de Périgord, mourust de la dissenterie, dans la ville de Nérac, au Grand Pâtissier, le iiii« novambre 1599, et fut porté à Lavardac, pour estrc ensevely, a cause quil estoit Papiste.
* Daniel de Talleyrand, chevalier, prince de Chalais, comte de Grignols, marquis d'Exideuil, baron de Beauville et de Mareuil, conseiller du roi en ses Conseils d'Etat et Privé, capitaine d'une compagnie de cent hommes d'armes de ses ordonnances. La châtellenie de Grignols fut en sa faveur érigée en comté, et celle d'Excideuil en marquisat. Le roi Louis dit dans les préambules des Lettres d'érection, que ledit Daniel de Talleyrand est issu en ligne directe des anciens comtes souverains de Périgord. Archambaud VI, dernier comte souverain de Périgord, eut ses biens confiqués en 1399. La branche cadette, dite des Talleyrand, seigneurs de Grignols, est lu seule existante de nos jours.
Ce Daniel de Talleyrand, prince de Chalais, premier comte de Grignols, mort à Nérac, le 4 novembre 1599, est le fils de Julien, le petit-fils de François, et l'arrière petit-fils de Jean de Talleyrand, chevalier, seigneur de Grignols et de Fouguerolles, prince de Chalais, vicomte de Fronsac, chambellan du roi Charles VIII, etc., etc., marié en 1478 avec Marguerite de La Tour Turenne, fille d'Agne de La Tour, vicomte de Turenne, et de Marie de Beaufort. Le même Daniel de Talleyrand fut le premier de sa race baron de Beauville]|en Agenais, par suite de son mariage, contracté le 31 octobre 1587, avec Jeanne Françoise de Lasseran Massencome de Monluc, fille du maréchal Biaise de Monluc et d'Isabeau de Beauville.
Cette Isabeau de Beauville, fille et héritière de haut et puissant seigneur François de Beauville, seigneur baron de Beauville et de Ferrussac, et de sa seconde femme, Claire de Laurens, dame de Soupex, avait épousé: lo en 1559, Biaise de Lasseran Massencome, seigneur de Monluc, Estillac, Le Sampuy, Puch de Gontaud, etc., maréchal de France en 1574, mort à Estillac en 1577 : 2° le 23 novembre 1579, François de Pérusse, comte des Cars, lieutenant-général au gouvernement de Guienne. Jeanne Françoise de Monluc, née du premier mariage d'Isabeau de Beauville, comtesse des Cars, porta la baronnie de Beauville dans la maison de Talleyrand-Périgord, qui l'a conservée jusqu'à la Révolution.
Daniel de Talleyrand, prince de Chalais, comte de Grignols, marquis d'Excideuil, etc., mort à Nérac le 4 novembre 1599, et son épouse Jeanne Françoise de Monluc, baronne de Beauville en Agenais, sont le cinquième aïeul et la cinquième aïeule du célèbre diplomate Charles Maurice,prince de Talleyrand.
Cristophe Bonamic, juge de Lavardac, mourust de la disscntcric, le iiii^ du mois de novambre 1599.
La femme du Scg'ue* Lalgé Dupuy, mourust le vi novambre 1599.
Monsieur de Roqucpiuc,^ gouverneur de la citadelle de Condom, mourust en ladite ville, le ix novambre 1599.
Françoise du Fau, femme de Bernard Durand, huissier en la chambre des Comptes de Nérac, mourust le xviiio novambre 1599.
Peyronne de Castagnet, vefve à monsieur du Cliatelct, en son vivant ministre de l'église de Nérac, mourust le xv' décembre 1599.
David de Bourges,^ après avoir esté malade un fort long temps, mourust le xxviii« décembre 1599.
Madame Barraby, rehgieuse au couvent Saincte-Claire de Nérac, ^ mourust le premier de janvier 1600.
' G'cst-à-dire du sonneur, du cariliunneur. Le mot est venu de signurrij « Campana, Noa îtalis, segno, » comme le rappelle Du Gange {Glossarium ad scriptores mediœ etinfimœ latinitatls, V^ signum. » Le mot patois hatsin retient l'abréviation de sigmim, comme le mot français tocsin. Ce Dupuy figure au livre des tailles de 1599, il habitait le Portail du Marcadieu.
- Bernard du Bouzet, seigneur de Roquepine, était le second fils de Jean du Bouzet, seigneur des Cots, Roquepine et Pouy-Carrégélard, et de Bernardine de Montlezun. Il fut nommé maréchal de camp le l^r avril 1589. Il avait obtenu le gouvernement de la ville de Condom en 1587. Il fut chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Il avait épousé, le 5 juin 1575, Anne de Biran d'Armagnac de Gohas. M. J. Nouions , à qui nous empruntons ces renseignements {Maisons historiques de Gascogne, t. I. Géncaloqie du Boiizety p. 143-164), fait mourir M. de Roquepine (p. 159) un jour plus tôt que notre chroniqueur, le 8 novembre.
^ Une rue de Nérac porte le nom de rue de Bourges.
* Il existait en 1357 , puisque l'on conserve à Condom un acte du 13 février 1357, oiî l'on voit Bernard, sire d'Albret, doter, de concert avec sa femme, Marthe d'Armagnac, le couvent de Sainte-Glaire de Nérac, d'une rente de 500 livres, et ce en considération de Marguerite et Cécile d'Albret, religieuses en cette maison. Arnaud-Amùnieu d'Albret , frère de ces deux religieuses, assigna cette rente sur ses domaines de Gasteljaloux, par acte du 8 mai 1362. Enfin le 13 février 1484, Alain d'Albret, céda au même monastère de Sainte-Glaire de Nérac, en paiement de ladite dot, un
Guillaumes Duprat,* boucher, dit Pontet, mourust le iiii* janvier 1600.
Jehan Naury, potagier de Madame,^ mourust à l'escuerye, le second janvier 1600.
Latge du Puy,'' jurât de la ville[de Nérac, mourust fort vieux homme, le V janvier 1600.
Isaac Murât, fils d'Estienne,^ habitant de Nérac, estant au pays de Lhorrenne, au service de Madame, sœur unique du Roy de France et de Navarre, ou il exerçoit l'office de Cappitaine de muletz,^ bien tost après s'estre révolté de la Rehg'ion Réformée et adonné à la paillardise, il commist un meurtre en la personne d'un sergent de maire, pour punition duquel il fut pendu et estranglé a un lieu nommé Sainct-Germain,^ au païs de Lhorraine, le premier jour de décembre 1599.
domaine dit à Daramé dans la juridiction du Puy-fort-Eguille. (Samazeuilh. dictionnaire géographique de V arrondissement de Nérac. Article Nérac, p. 12 et 13.) Ce couvent, en partie brûlé sous Jeanne d'Albret, fut réédifié et ne se confondit avec l'hospice que l'an m de la République française, au moment oti les couvents furent fermés. L'hospice de Nérac, fondé par Henri IV dans la rue de Fontindère , fut détruit par un incendie en l'an vi de la République. Le couvent Sainte-Claire occupait jadis tout l'espace compris aujourd'hui entre les Grandes-Allées, la rue de Fontindère, la rue des Portanets et la rue Marcadieu. Il fut considérablement réduit par la caserne de gendarmerie et le temple protestant qu'on installa dans l'ancienne église du couvent. (Archives municipales de Nérac.)
* Inscrit au livre des tailles de 1599, habitait le Portai de Bourdeaux.
- Potagier de Madame sœur du Roy (Catherine de Bourbon) , inscrit au livre des tailles de 1599 ; habitait le Portai de Condom.
' Inscrit au livre des tailles de 1599. Portai du Pont.. Un autre Latge de Pérès est inscrit au même livre au village de Pérès. — Le Puy-fort-Eguille, près Nérac. La juridiction appartenait presque en entier au commandeur d'Argentenx.
* Il y a un Guilhem Murât inscrit au livre des tailles de 1599. Habitant du Portai de Condom..
' Jd. Est conducteur de mulets.
' Saint-Germain, aujourd'hui commune du département de la Meurthe, arrondissement de Lunéville, canton de Bayon, à 39 kilomètres de Nancy.
{]n laquay de Madaine, sœur unique du Roy de France et de Navarre, ayant esté envoyé par Son Altesse, vers Madame de Panjas, ' à Pardcillan,2 comme il s'en retournoit accompagné d'un autre laquay de Monsieur de Mongln,^ Premier Maistre d'iiostel du Roy, il tua un poure homme de Lauseynan,^ auprès dudit lieu, d'un coup d'espce qu'il luy donna au travers du corps, pour quelque petit débat qu'ils eurent ensemble. Tous les deux laquais furent amenés prisonniers en ccste ville. En fin, ayans obtenu lettres de grâce, ils furent eslargis le xxix' mars 1600, ayans faict ledit murtre le xvii° janvier audit an 1600.
L'édict de paciffication^ faict parle Roy Henry, Roy de France et de Navarre, en faveur de ceux de la religion, après avoir esté vérifié et enregistré en la souveraine Court de Parlement de Bourdeaux, fut peublié dans la ville de Nérac, le mecrdy xvi« febrier 1600, Messieurs les Officiers et Consuls y assistans avec tout le peuple, en corps. Après laquelle peublication, on alla rendre grâces à Dieu, dans le Temple ou Monsieur de Masparrault, Ministre, fit la prière, ayant chante le pseaume cxiii'.
' Voir note ci-dessus sur M. de Panjas.
- Pardeillan est un village de 200 habitants, dans la commune de Valencesur-Baïse, département du Gers, arrondissement de Condom.
^ Robert de Harlay, baron de Montglat, était le troisième fds de Robert de Harlay, seigneur de Sanci, et de Jacqueline de Morvilliers. Il mourut en 1G07. Sa femme, Françoise de Longuejoue, fut la gouvernante du Dauphin, le futur Louis XIII. Voir dans les Lettres missives de Henri /F, de fréquentes mentions des deux époux, dont le nom s'écrivait parfois Montglas.
*■ Lausseignan est une paroisse qui fait partie de la commune de Barbaste, déjà nommée. Voir ce qu'ont dit du village de Lausseignan, autrefois siège d'une justice royale, M. J. B. Truaut, dans sa Monographie historique du canton de Lavardac, et M. J. F. Samazeuilh, dans son Dictionnaire géographique, historique et archéologique de l'arrondissement de Nérac.
' C'est le célèbre édit signé dans la ville de Nantes, par Henri IV, le 13 avril 1598, et qui ne fut publié que plus d'un an après avoir été signéj à cause des difficultés que son enregistrement rencontra près des Cours de justice. Le président, J.-A. de Thou, rappelle (Livre CXXII de sa grande histoire), qu'il avait travaillé pendant deux ans à préparer la rédaction de l'Edit avec Gaspard de Schomberg, Emeric de Vie, et SofTrey de Calignon,
Monsieur Renaud, Ministre de l'Eglise de Nérac, ayant esté député avec Monsieur de Gazes pour aller trouver la majesté du Boy de la part de ceste province touchant la véiification de L'Edict, arriva en ceste ville le xxv fei3rier 1000, ayant rendu raison de sa délégation et faits particuliers, en la Maison de Ville, le 28* dudit mois.
Guillaume Richard, marchand ceinturier,^ mourust le xxviii" febrier 1600.
Arnaud Monhet, Sergent, mourust le 7" mars IGOO.
Isaac de Pérès, filz d'Annon, mon pupille, mourust dans le Chasteau, le samedy xi^ mars 1600, à onse heures de nuict.
Oddet, marchand pâtissier, mourust le 13' avril 1600.
Jehan du Fray, portier de la porte de Saint-Germain,^ mourust le xxiii' auril 1600.
Monsieur de Fonlevon,^ Escuyer du Roy, mourust à sa maison, le xi' mars 1600.
Le premier jour de may 1600, fut convoqué une assemhlée dans la ville de Saincte-Foy oij estoit Monsieur le Mareschal de Bouillon^ et plusieurs autres seigneurs accompagnés d'un grand nombre de Ministres et autres personnages de qualité du Tiers Estât, les tous de la Religion, auquel lieu fut procédé à la nomination d'un Président, six Conseillers et un avocat du Roy, pour la Ghambrede L'Edict,* les tous de la Religion.
' Inscrit au livre des tailles de 1599. — Portai de Condom. Il avait pour femme, Marie Dupin.
- La porte Saint-Germain était, au Petit Nérac, derrière l'église de ce nom. La place Saint-Germain ou des Gordiers, marque encore aujourd'hui le lieu où fut l'église.
^ Les gages de Fonlebon ou Fontlevon, écuyer, sont inscrits à la date de 1584, aux registres de la Chambre des Comptes de Pau et Nérac. (Inventaire sommaire des archives des Basses-Pyrénées, série B.)
* tîenri de la Tour d'Auvergne, que, comme nous l'avons déjà vu, l'on appelait le maréchal de Bouillon, depuis que le roi Henri IV l'avait (1592) nommé maréchal de France.
' Cette chambre avait été établie par l'article 31 de VEdit sur la pacification des troubles du royaume, article ainsi conçu : « En chacune de nos Cours de
Le judy xviii« may 1000, fut célébré le jusne par toutes les Eglises Reformées de France estaiis averties de la résolution du Roy pour fère recevoir le Concile de Trante' et remettre etrestablir les Jesuytes.2 La dite célébration se fit aussi en la ville de Nérac, ledit jour que dessus, y ayant eu prières, le matin à six heures ; h liuict, presche ; ù douse, autre fois prières; et à deux heures après midy, de rcschef presche qui fut la fin de l'action. Messieurs de Mermet et de Renaud, Ministres, ayant satisfaict aux dits exercisses, pour estre Monsieur de Masparrault, leur compagnon, absent, s'en estant allé à Leyrac," à la prière de ladite Eglise, pour y célébrer ledit jusne.
Monsieur Cadroy, beau-frère de Sire Jehan Dauphin,^ marchant de Nérac, mourust dans Bourdeaux, le xvii® may IGOO.
Monsieur Renault, Ministre de la parolle de Dieu en l'Eglise Réfor-
parlemens de Grenoble et Bourdeaux, sera pareillement establie une Chambre composée de deux présidens, l'un catholique, et l'autre de la religion prétendue réformée, et de douze conseillers, dont six seront catholiques et les autres six de ladite religion... Et sera ladite séance de ladite Chambre de Bourdeaux audit Bourdeaux ou à Nérac. » En même temps qu'elle devait veiller à l'exécution rigoureuse des articles de l'Edit, cette Chambre connaissait des procès entre catholiques et protestants.
* On sait que le Concile de Trente, le dix-neuvième des Conciles œcuméniques, se tint, plusieurs fois interrompu, de 1545 à 1563. Charles IX, en 1564, refusa de faire publier dans son royaume les décrets du concile. Sous le règne de Henri IV, l'Assemblée du clergé réclama plusieurs fois la publication et la réception en France des décisions du Concile, notamment en 1598 et en 1606. Henri IV, pressé par ses ministres, MM. de Bellièvre et de Villeroy, était décidé, en 1599, à donner cette satisfaction aux ardents catholiques que venait de choquer l'Edit de Nantes, mais les observations du président de Thou (voir ses Mémoires, livre VI, à l'année 1599J, l'arrêtèrent et les calvinistes de la bonne ville de Nérac en furent quittes pour la peur.
^ Ce ne fut que trois ans plus tard, le 1^"* septembre 1603, que le roi Henri IV signa, étant à Rouen, l'Edit par lequel les Jésuites étaient rétablis en France. On trouvera le texte de cet Edit dans l'Histoire de Henri IV, par Scipion Dupleix, in-folio, p. 348 et suivantes.
' Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement d'Agen, canton d'Astaffort, à 10 kilomètres d'Agen, à 7 kilomètres d'Astaffort.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. Portai de Condom.
mée de Nérac, partit le ix^ jung 1600 pour s'en aller en la ville de Bourdeaux, afin d'y commencer à presclier et redresser cette poure Eglise, suyvant la liberté accordée par FEdiclpour l'exécution duquel Messieurs de la Force* et de Refuge,'^ Commissaires députés pour ladite exécution en la province de Guienne, furent envoyés par Sa Majesté. L'envoy dudit sieur Renault ne se fit que par manière de prest, pour le temps de quatre mois.
Le x« jour de jung 1600, fut peublié un édict du Roy, en la ville de Nérac, par lequel Sa Majesté deffend à toutes manières de gens de chasser. ^
• Jacques-Nompai' de Cuumont, marquis, puis (1637), duc delà Force, naquit le 30 octobre 1558 et ir.ourut le 10 mai 1652. Voir la commission donnée par Henri IV au sieur de la Force « conseiller en nostre Conseil d'Estat et capitaine des gardes de nostre corps », le 17 avril 1600, dans les Mémoires authentiques de J.-N. de Caumont, publiés par le marquis de La Grange, t. I, 1843, p. 317. On lit dans ces Mémoires (Ibid. p. 130) : « Il (le sieur de La Force', était pour lors (1600), employé en Guyenne, SaintongeetAngoumois, où il avait été nommé commissaire pour la vérification de l'Edit de Nantes avec le maréchal d'Ornano et le sieur de Refuge, maître des Requêtes. En quoi il se gouverna si équitablement, qu'il trouva le moyen de contenter les Catholiques et ceux de la Religion, et la paix fut si bien cimentée que l'on n'entendit plus parmi eux ces noms de Papistes et de Huguenots, ainsi que c'était la coutume depuis le règne de François II. »
- Eustache de Refuge, seigneur de Précy et de Courcelles, alla faire vérifier l'Edit de Nantes en Languedoc, avant de se rendre en Guyenne [Mémoires du duc de la Force, t. I, p. 121). On trouve sur E. de Refuge une notice biographique dans un recueil manuscrit de la Bibliothèque Nationale (Fonds français n^ 14018). Voir aussi dans le Recueil de M. Berger de Xivrey (t. VII, p. 69), une note où l'on rappelle qu'il était le fils aîné de Jean de Refuge et d'Anne Hennequin, qu'il fut conseiller au parlement de Paris, comme son père, et conseiller d'Etat, qu'en 1607 il fut ambassadeur en Suisse, et plus tard aux Pays-Bas, et qu'il mourut en 1617, âgé de 53 ans. Gendre du chancelier de Bclliôvre, il était petit-fils, par sa mère, de l'avocat-général Mole.
^ Le chroniqueur vise V Ordonnance sur la chasse et les peines établies contre les contrevenants, du mois de janvier 1600. (Voir le Code des chasses, Paris, 1765, t. I, p. 193 ). Cette ordonnance défend la chasse aux non nobles, roturiers, tant d'église que marchands, artisans, laboureurs, paysans et autre telle sorte de gens, sous les peines les plus terribles ; le in-
Le cappitaine Raton, mourust à sa maison de Bonnecaze, le xxii° jung IGOO.
Marthe de Mazclièros,' femme de Monsieur ïliobie de Brassay, Trésorier Général D'Albret,^ mourustle xxiij'jung- IGOO.
Le lundy iiij® septembre, fut convoqué une assemblée généralle dans le Temple de ceste ville, où fut représentée la demande que ceux de l'Eglise Reformée de Bourdeaux faisoint pour obtenir Monsieur Renaud, aflln qu'il fut tout a faict à eux. A quoi fut conclud par tous lesdits assemblés que le temps du prest estant expiré, ladite Esrlise de Bourdeaux serait sommée de le rendre. Aussi furent leues plusieurs lettres, tant de Monsieur Fedoau^ et de Gaixion,"^ Députés
fraction, amende; 2« infraction, le fouet et le bannissement de quinze lieues à l'cntour du lieu du délit; 3« infraction, galères, après quoi le récidiviste était puni du dernier supplice. (Voir le même Gode, pages 200 et 201 du tome l.
* Voir pour cette famille et à ce nom , la Biographie de l'arrondissement de Nérac de Samazeuilh.
2 Thobic de Brassay, écuyer, seigneur, baron de Samazan, trésorier général d'Albret, frère de Nicolas de Brassay, auditeur ou secrétaire de la Chambre des Comptes établie à Nérac, assiste le 8 décembre 1597, au contrat de mariage de sa nièce, Marthe de Brassay (fdle dudit Nicolas), avec noble Isaac Jausselin, écuyer, secrétaire de la maison de Navarre et de ladite chambre des Comptes, fds de noble Pierre Jausselin, écuyer, et de Marthe Brocas et probablement neveu de Bernard de Jausselin, contrôleur des parcs de Durance en 1560. (Le même Thobie de Brassay, baron de Samazan, est qualifié conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France en la chancellerie de Bordeaux, dans son testament du 7 mars 1630, par lequel il institue pour son héritier universel noble Jean de Jausselin, seigneur de La Grange, puis du Caudéré et du Petit-Guilhem, son petit neveu (fils d'Isaac et de Marthe de Brassay). Le testateur impose à Jean de Jausselin et à ses descendants de porter le nom de Brassay avant celui de Jausselin. C'est donc depuis 1630 que les deux noms sont réunis et portés par MM. de Jausselin de Brassay.
^ N'est-ce pas le futur président catholique de la chambre de l'Edit ?
* Ce devait être Arnaud de Gachon, dont le fils, Pierre, époux, vers 1610, de Sibille de Bacalan, fut conseiller du roi en la Cour de Parlement de Bordeaux et Chambre de l'Edit de Guyenne. (Voir Archives historiques du département de la Gironde, t. III, p. 368 ; Nobiliaire de Guienne et de Gascogne par M. Jules de Bourrousse de Laffore, t. III, p. 138.)
-Gide la Province de Guienne vers Sa Majesté, que, aussi, de Monsieur de Favas* et autres toutes tendans a donner avis comme le Roy avoit accordé que la séance de la Chambre de L'Edict seroit en ceste dite ville, et que, à ses fins, il faloit choisir lieu en icelle pour tenir l'audiance. On trouva bon que douze personnes fussent esleuz pour aviser en quel lieu elle seroit plus commode; ce qui fut fait. Et le mesme jour, l'Auditoire et Parquet du Sénéschal fut jugé le plus à propos, y joignant le logis de Monsieur Dominique Yions, orphèfre.^ De qiioy fut donné promptement avis aux dits sieurs Députés estans en Court, à Lion, ensemble des frais à quoy pouvoit monter toutes les réparations et ameublemens pour ladite audiance, tout ainsin que lesdils sieurs députés avoint donné avis de ce fère, par leurs dites lettres.
Monsieur le Cardinal de Sourdy,^ passa en ceste ville, le mardy xii® septembre 1600, ayant logé au Chasteau de Birac; lequel fut receu par Messieurs les Consulz accompagnés d'un bon nombre d'habitans ayans les Chaperons, et sortirent au dehors la porte de Fontindère. Auquel acueilh ledit sieur Cardinal tesmoigna par sa response qu'il avoit prins plaisir à l'honneur qu'on luy faisoit. Il deslogea, après avoir disné, prenant son chemin versCondom, venant de la ville de Bourdeaux.
* Jean de Pavas ou Fabas, dont il a été déjà question.
2 Dominique Vions, orfèvre, "inscrit au rôle des taillesjde 1599, Portai de Marcadieu. Le sénéchal habitant l'extrémité du cours du Griffon, on avait pensé à mettre son siège au lieu-dit des Anciennes prisons. L'orfèvre Vions devait alors résider devant la halle , dans la maison occupée aujourd'hui par un grainetier, et qui est d'apparence encore ancienne. On renonça à ce projet puisque la chambre de PEdit s'installa au Château dans la salle des gardes.
^ François d'Escoubleau, cardinal de Sourdis, était fds de François d'Escoubleau de Sourdis, marquis d'AUuyc, comte de La Chapelie, etc., et de Isabelle Babon de la Bourdaisière. Il naquit en 1575, reçut la pourpre romaine en 1598, fut sacré archevêque de Bordeaux le 21 décembre 1599 et mourut à Bordeaux le 8 février 1628. Voir V Histoire du Cardinal François de Sourdis, par L. W. Ravenez (Bordeaux, 1861, grand in-8'), ouvrage qu'il faut compléter par les lettres du prélat insérées dans divers volumes des Archives historiques du département de la Gironde, notamment dans la tome XVII (1877).
Monsieur de Latrimouille,* venant du pays du Poytou pour s'en aller ^ liarbolan, arriva en ccsLc ville, le samcdy xvi*' septembre, sur le tard. Messieurs les Consulz sortirent bien avant, ù la lumière des flambeaux, pour lui offrir \epeîihlic{1), accompag'nés d'un fort grand nombre d'habitans. Il alla loger chcs Jan Duluc et partit, le lendemain, après disner, en Tan IGOO, cstans Consulz, Messieurs Bertrand de Lavallade, advocat,^ Pauillac,^ Duluc, "^ et Tifi'on.^ Ledit sieur repassa en ceste ville, venant dudit Barbotan, le lo"^ octobre, an que dessus, et n'y coucba qu'une nuict.
Messieurs de La Force et de Refuge, commissaires députés pour l'exécution de Fcdit, arrivarent en cestc ville, le xx° septembre 1600, pour travailler au faict de leur charge, et noméemcnt pour y establir la messe, ce qui fut fait le lendemain de leur arrivée, ayant esté dite soubs la voûte du clocbier, après avoir faict une petite proces-
• Claude de La Trémoille, duc de La Trémoille et de Thouars, était fds de Louis II de La Trémoille et de Jeanne de Montmorency, la fdle du grand connétable. Il naquit en 1566 et mourut le 24 octobre 1604, ayant épousé le 11 mars 1598 Charlotte Brabantine de Nassau, fdle de Guillaumele-Taciturne, prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon-Montpensier. C'était le beau-frère du prince de Condé, celui-ci ayant épousé Charlotte- Catherine de La Trémoille. Voir Chartrier de Thouars. Documents historiques et généalogiques publiés par le duc Louis de La Trémoille (Paris, 1877, in-folio, p. 107-133).
- M. Bertrand de Lavallade, avocat, conseiller du Roi , inscrit au rôle des tailles de 1599. Portai de Marcadieu. Fut président de la Chambre des comptes de Nérac en 1605. Les appointements du président de la Cour des comptes de Nérac étaient de 4,800 livres. Ceux des auditeurs 2,400 livres. (V. inventaire sommaire des Archives des Basses-Pyrénées. Chambre des comptes de Nérac, série B, p. 128.)
' Bernard Pauillac , inscrit au rôle des tailles de 1599. Portai de Condom.
* Jean Duluc devait être un notable puisque c'est chez lui qu'allaient loger les plus illustres personnages.
' Claude Tiifon, inscrit au rôle des tailles de 1599. Portai du Pont. Un groupe de maisons sur les bords de la Baïse , près le Portai de Gaujac , porte encore le nom de Tiffon, en souvenir sans doute du consul de 1600.
sion a l'entour de la place ou estoit le temple St-Nicolas* y assistant ledit sieur de Refuge, et s'en allèrent après avoir demeuré deux jours en ladite ville, prenant leur chemin vers Agcn.
Mademoiselle de Renaut,^ s'en alla de ceste ville, pour aller trouver son mari, Monsieur Renaut, h Bourdeaux, le x" octobre IGOO, ayant emporté tous lears meubles pour ne revenir plus, à cause que ledit sieur de Renaut ayant esté preste pour servir ladite Eglise de Bourdeaux pour quatre mois seulement, iceux estans expirés, il fit déclaration qu'il ne vouloit point retourner. Sur quoy, et voyant la mauvaise façon de procéder, lesdits meubles luy furent arreslés quelques jours devant, jusques a ce que ceste Eglise seroit remboursée de deux cens escus quelle avoit payés pour les frais du voyage dudit sieur Renaut venant d'Allemagne : lesquelz il paya, ledit jour que dessus.
Monsieur de Lerm et Monsieur de Calonges,^ son beau-frère, se
* La place de l'église actuelle consacrée aussi à Saint-Nicolas.
En 1600, de l'ancienne église, il ne restait guère que Ib clocher qui présentât quelque apparence de solidité. Encore ce clocher s'écroula-t-il en 1697. L'église, toute dévastée quelle fût, subsista cependant jusqu'en 1749 grâce à des réparations incessantes. A cette époque, l'exercice du culte fut transféré à l'église des Gordeliers. La reconstruction actuelle est de 1759 à 1787.
- La fdle du Ministre de l'Evangile lequel, prêté par l'église de Nérac à celle de Bordeaux, ne voulut plus quitter cette dernière ville.
^ Il faut lire de Lavau ou do Lavaux, frères, et non de Lanaux, qui n'est pas un nom de famille connu dans le pays. La lettre u et la lettre n sont souvent prises l'une pour l'autre dans les anciennes écritures. MM. de Calonge et de Lavau sont ici appelés par leurs noms de fiefs ; leur nom patronymique ou de famille est de Chaussade. Jacques de Chaussade, écuyer, sieur de Pommiers, dit en 1655 : « Il est notoire, en Guienne, que les deux familles de Lavau et de Calonges, portant le nom Chaussade, sont nobles d'extraction. » M. Alfred de Froidefond dit dans VAimorial de la noblesse de Périgord: « 139 — de Chaussade, de Chandos, de Lavau, etc. : d'argent, à trois chevrons de gueules, au chef d'azur, chargé d'une croix d'or. Voté à Libourne. » Et nous verrons que, sur la porte d'entrée et sur la vaisselle d'argent du château de Gnlonges, MM. de Chaussade, seigneurs dudit
bâtirent en duel contre Messieurs de Lanaux frères, le ix^ octobre IGOO. Auquel combat ledit sieur de Lerm fut tué, ledit sieur de
château pendant des siècles, avaient fait graver leurs armes et que dans ces armes il y avait une croix.
Bernard de Ghaussade, écuyer, seigneur de Galonges, l'an des six enfants de Jacques II de Ghaussade, et petit-fils de Jacques P"" de Ghaussade, procureur général au Parlement de Bordeaux en 1480,^ fait hommage au roi pour ledit château, le 8 juin 1567. Il fait construire dans la grande cour du même château un temple Protestant, « d'une élévation extraordinaire ayant un dôme couvert d'ardoize, et sur le haut du dôme une lanterne pour mettre la cloche pour appeler au presche, ayant un lambris en forme de voûte, fenestres comme celles d'une chapelle, et au dedans chaire pour le Ministre, bancs attachés aux murailles, et tout ce qui marque exercice publiq de la R. P. R., caveaux pour enterrer les morts de la maison de Galonges... » « Estant notoire que c'est après celuy de Bergerac le plus beau temple que les P. R. ayent en Guyenne.- »
Jacques III de Ghaussade, seigneur de Galonges, gouverneur du château du Mas-Agenais en 1616, et marié vers 1620 avec Marguerite de Vicose, me paraît être le M. de Galonges, blessé de quatre coups de poignard, dans le duel que son beau-frère. Monsieur de Lerin et lui , eurent le 9 octobre 1600, contre Messieurs de Lavaux frères.
Le même Jacques III de Ghaussade ne vivait plus en 1634, puisque l'une de ses deux fdles ht hommage du château de Galonges, le 6 octobre de ladite année 1634. Deux filles étaient nées de son mariage avec Marguerite do
* Documents inédits pour servir h l'histoire de TAgeimis, publiés et annotés par Pliilippe Taraizey de Larroque, p. 274. — M. de Chauî-sade de Joliment dit également dans une leltrd datée de L9 Rociie près Mussidan, le 23 janvier 1859, que Jacques de La Cbaussado, son auteur, était procureur générai au Parlement de Bordeaux en 1480.
' Documents inédits, cités, p. 276.
Calonges blessé de quatre coups de poignard, et les Lanaux aussi blessés, l'un a la poitrine, et l'autre à la cuisse. Le combat fut près le Grézet,* maison desdits Lanaux.
Vicose : 1» Marie Judith de Chaussade de Galonges, mariée en 1654 avec Jean Révérend, marquis de Bougy, maréchal des camps et armées du roi, le 18 novembre 1648, lieutenant général le 10 juillet 1653, mort en décembre 1657, âgé de 40 ans {Dictionnaire des généraux Français, par le chevalier de Gourcelles, 1823, tome VIII, p. 481). Il mourut au château de Galonges, après s'être distingué, comme dit Bayle (au mot Révérend) « en mille rencontres par des actions de cœur et de tête , et par une fidélité inviolable. » 2° Suzanne de Ghaussade, dite Mademoiselle de Galonges, non mariée, très érudite, héritière de sa sœur la marquise de Bougy. Fort zélée protestante, elle se retire à La Haie en 1685 après la Révocation de l'Edit de Nantes. Le savant Bochard parle d'elle en ces termes : « Vous pouvez mettre en la compagnie des deux princesses que vous me nommez. Mademoiselle de Galonges (sœur de feu Madame la marquise de Bougi), qui m'a envoyé de Galonges des notes judicieuses sur le texte hébreu de la Genèse, et nous a quelquefois lu des chapitres qu'elle entendoit fort bien , du temps qu'elle estoit icy avec feu madame sa sœur. »
Je ne sais pas qui était ce Monsieur de Lerm, beau-frère du seigneur de Galonges et qui fut tué dans le duel du 9 octobre 1600. Gependant son nom s'est perpétué aux environs de Galonges. En effet, le 10 juillet 1759, Jean de Lerm ne vivait plus, lorsque sa fille, demoiselle Marie de Lerm, épouse devant Pruadère, notaire royal de Mézin, noble Louis de Lartigue, chevalier, ancien lieutenant au régiment de Montboissier infanterie, fils de noble Gervaisde Lartigue, écuyer, ancien capitaine d'infanterie, et de dame Marie des Gamps de Gazaugrand.
' Le Grézet-Gavagnan est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, canton de Bouglon, à 18 kilomètres de la première de ces villes, à 4 kilomètres de la seconde.
Ma niepce, Marie de Sauîès, fiansa h Piichx,* Ducamp, habitant de Damasan,^ le 15« octobre 1G00, et espousa le 24® novambre, audit an.
Berthoumieu Barrère^ mourust le xxi™'' octobre 1600.
Isaac Larrat/ sergent Roial, mourust le ix™*' novambre IGOO.
Le xxiiii""® novambre 1600, jor de vendredy, fut convoqué une assemblée de menu peuple, dans l'auditoire de ceste ville, par authorité de M'" Pierre du Faur, Lieutenant Général,^ pour fere élection de certains persoimages de leur faction por les envoyer vers Mons"" le Mareschal d'Ornano,^ à Bourdeaux. Ce qu'aiant sceu, Messieurs les Consulz auroient tout aussi tost assemblé la Jurade et, par l'avis dicelle, trouvé bon de se transporter audit auditoire, avec leurs livrées, accompagnés de tous les Juratz, où estans arrivés, lesdits Consulz se seroit adressé audit M' Pierre du Faur, assisté de 3 ou 4 cens personnes de la qualité susdite, luy remonstrant quilz avoint esté avertis que, de son mandement, l'assemblée quilz voilent avoit esté faite, ignorant a quelles fins, protestant que sil estoit traitté en icelle chose qui contrainst au service du Roy, repos de la répeublique, ny aux authorités desdits Consulz, qu'il aurait à en respondre en son propre, requérant acte de leur protestationsquilz firent dresser. Ce néantmoins, sans avoir esgard à leurs dires, ils passarent outre,
' Déjà noté.
^ Chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, à 22 kilomètres de celte ville, à 33 kilomètres d'Agen. Voir J.-F. Samazeuilh, Dictionnaire... de l'arrondissement de Nérac, p. 129-140.
' C'était un tailleur, habitant le Portai du Pont , inscrit au rôle des tailles de 1599.
* Même rôle et même quartier. Les noms de Barrère et Larrat se retrouvent fréquemment encore aujourd'hui à Nérac.
" Voir Samazeuilh, ouvrage cité, p. 261.
' Alphonse d'Ornano, né en 1548, mort en 1610, le 21 janvier à Paris, avait été nommé en 1595 chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, maréchal de France et lieutenant-général au gouvernement de Guyenne. Voir ce que dit de son habile administration Jean Darnal, Supplément des Chroniques de la ville et cité de Bordeaux, p. 131-142. Le Recueil des Lettres missives d'Henry IV renferme plusieurs lettres adressées au maréchal d'Ornano et les Archives historiques du département de la Gironde renferment plusieurs lettres écrites par le maréchal à Henri IV.
BîBLÎOTrIECA
eslisant le s'* du Faur, Théophile du Long,* et George Fourtanné,' pour aller vers ledit S' Mareschal ; qui ne firent pourtant le voiage, ains seulement, ledit du Long fut joinct auec un de mess'^Mes Consulz et le Sindic que le corps de ville depputa pour le supplier, suyvant la commission a luy adressée par le Roy pour l'installation de la Chambre de L'Edict en ceste ville, de vouloir venir au plus tost. Il y eust un grand murmure par toute la ville, les uns approuvant la procédure dudit S'" du Faur d'avoir faict ladite convocation, les autres non, comme chose tendente a division. Les susnommés arrivèrent le 3® décembre, ayant esté les bien receus, tant dudit Seigneur Mareschal que de Messieurs les Président et Conseilliers, lesquelz estoient en bonne volonté de venir, a la charge que le Roy leur accordast le Chasteau por tenir l'audiance, vers lequel et por cest effect, il falloit dépescher homme exprès.
Le premier jor du mois de décembre IGOO, Messieurs de Vivant,'
* Théophile Du Long, avocat, inscrit au livre des tailles de 1599, Portai du Pont. Ne pas confondre avec le Théophile Dulong cité par M. Samazeuilh, qui fut lieutenant particulier, puis président au présidial de Nérac, et enfin conseiller des aides de Guienne, lequel possédait la terre de la Souque et la donnait en mariage à son fils, le 12 février 1688. Le Du Long de la Chronique eût été plus que centenaire en 1688. Si ce n'est lui, c'est donc quelqu'un des siens. La famille qui porte encore ce nom pourrait peut-être éclaircir ce point obscur. — Portai du Marcadieu.
- Georges Fortané inscrit au rôle des tailles de 1579.
^ Haut et puissant seigneur, messire Jehan de Vivans, écuyer, seigneur de Doyssat, Grives, Castelvieil, Villefranche de Périgord, Ségur, etc., chevalier de l'ordre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes, gouverneur des château et ville de Tournon d'Agenais en 1607, conseiller du roi en ses Conseil d'Etat et Privé au mois d'août 1614. Il est le fils aîné du célèbre haut et puissant seigneur messire Geoffroy I«' de Vivans, écuyer, seigneur de Doissac, Castelvieil, Grives, Ségur, Launay, Labeuze, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, conseiller aux Conseils d'Etat et Privé, « un des plus actifs et das plus vaillants capitaines huguenots dans le « Périgord {France protestante, tom. IX, p. 521), » tué au siège de Villandreau le 21 août 1592, et de Jeanne de Cladech, mariés le 3 mai 1563.
Ledit Jehan de Vivans, envoyé le l«r décembre 1600, à Nérac, avec MM. de
de Valié,* de Lesignan,^ gentilshommes, de Ricolié, Ministre, de la
Valier et de Lusignan pour l'installation de la Chambre de l'Edit, avait épousé, le 6 décembre 15b7, au château du Bosq, juridiction de Tournon, Catherine de La Duguie, dame du Bosq et de Noaillac, fille unique de défunt mcssire Antoine de La Duguie, chevalier, seigneur, en son vivant, des dits Bosq et Noaillac, et de noble Marguerite de Martres, dame de La Salle Périgord, etc. Il eut de ce mariage douze (ou quinze) enfants, dont l'aîné fut Geoffroy II de Vivans, seigneur de Doissac, Le Bosq, et autres lieux, né le 16 octobre 1593, gouverneur de Tournon par cession de son père en 1612, comte de Panjas du chef de sa femme Jeanne de Pardaillan d'Armagnac, comtesse de Panjas, qu'il avait épousée par contrat du 10 juillet 1617.
{La généalogie de Vivans, manuscrite, rédigée par la comtesse Marie de Raymond , à l'aide des archives de la famille de La Verrie de Vivans, a fourni tous les éléments de cette Note.
* Le gentilhomme ainsi nommé paraît être Jesbaham I"' de Valier, chevalier, seigneur et baron de Puyo, Montagut, Maurin et Artassen, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, maréchal de ses camps ei armées, conseiller en ses Conseils d'Etat et Privé, gentilhomme ordinaire de sa chambre, qui servit avec grande distinction sous les rois Henri IV et Louis XIII. Il est qualifié capitaine de cent hommes d'armes , haut et puissant seigneur, dans le contrat de mariage de Jesbaham II de Valier, seigneur de La Crauste, son neveu et son fdleul.
Fils de Joseph de Valier, seigneur châtelain de Calon, Tastes, La Crauste, Talance, Maurin, Artassen et Montagut, conseiller au Parlement de Bordeaux, et de Marguerite de Benquet, mariés le 24 août 1559, ledit Jesbaham I*"" de Valier laisa plusieurs fdles de son mariage avec Jeanne de Poyanne, l'aînée. Jeanne de Valier fut mariée, par contrat du 13 août 1616, avec messire Antonin de Castille, chevalier, seigneur marquis de Castelnau, Buancs, Batz, Miremond, Lauret, Poursuignes, etc., sénéchal et gouverneur de la ville et pays de Marsan, Tursan et Gabardan, et du bas duché d'Albret, puis chevalier de l'ordre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances et colonel d'un régiment d'infanterie. Il est stipulé dans le contrat que le mariage sera célébré en la religion prétendue réformée.
Jeanne-Marie de Castille, marquise de Castelnau, née de ce mariage, épousa Henri de Baylens, chevalier, marquis de Poyanne, chevalier des ordres du roi, lieutenant-général en la principauté de Béarn, gouverneur de Navarreins et de Dax, sénéchal des Landes de Bordeaux, mort au mois de mars 1667.
- Le baron Henri de Lusignan, père du marquis François de Lusignan,
Rose, premier consul de Saincte-Foy, et de la Broue,* nommés du mot de Conseilliers de la Province pour les affaires de ceux de la religion furent assemblés dans la maison commune de ceste ville pour, illec, ouyr mons' de Gaixion ^ en la négociation qu'il avoit faicte vers la Maj"^ du Roy touchant l'instalation de la Chambre ]\Ji-partie en ceste dite ville, lequel, après avoir esté ouy, fut remercié de ses travaux.
étcait capitaine de cinquante hommes d'armes et gouverneur de la place de de Puymirol (aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Agen, à 17 kilomètres de cette ville). Il est plusieurs fois question de lui dans les Lettres missives de Henri IV (t. III). Voir la Table alphabétique des matières au mot Lésignan. Il était mort en 1601, comme l'a prouvé M. Tamizey de Larroque dans une note des Documents inédits pour servir à l'Histoire de l'Agenais, p. 204. Voir dans ce même Recueil, deux lettres de Henri de Lusignan à Henri IV [du 5 janvier et du 14 mars 1594 [p. 175-181].
* Sur Labroue, V. Samazeuilh, Biographie de l'arrondissement de Nérac et la Guirlande des Marguerites.
- Jacques L r de Gassion, maître des Requêtes d'Henri le Grand, roi de Navarre, puis président à Mortier au Conseil souverain de Béarn, en 1583, et Conseiller d'Etat en 1598, fds de Jean 1"^ de Gassion, procureur général pour la reine Jeanne de Navarre audit Conseil souverain, et depuis maître des Réquêtes, chef du Conseil secret de la même reine et second président dudit Conseil souverain de Béarn. Envoyé à Nérac le !«' décembre 1600, il eut, entre autres enfants de son mariage avec Marie d'Esclaux : 1'' Jean III de Gassion, procureur général, puis président à mortier au Parlement de Navarre en 1628, Conseiller d'Etat en 1636, et Intendant de justice dans le Béarn et gouvernement de Bayonne en 1640, lequel eut la seigneurie de Camou, érigée en marquisat sous le nom de Gassion en février 1660; 2'^ Jacob ou Jacques de Gassion, seigneur de Bergère, maréchal des camps et armées du roi le 8 mai 1646, mort en 1647; 3° Jean , comte de Gassion, né le 20 août 1609, créé maréchal de France le 17 novembre 1643, mort le 3 octobre 1647 du coup de mousquet qu'il avait reçu à la tête, cinq jours avant, au siège de Lens. « Il fut, a-t-on dit, un des plus grands hommes de guerre du xviie siècle, infatigable , ardent , intrépide ; son nom seul était redoutable aux ennemis de la France. »
Guiraud Darand,* jurât de la ville de Nérac, mourust le xxx® dé cembre 1600.
Le Capitaine Jehan Mazelières,^ partit de ceste ville pour aller trouver le Roy le xviii"* décembre 1600, ayant esté député tant de la part de Messieurs le Mareschal d'Ornano, Président et Conseilliers de la Chambre de L'Edict, que aussi par les Consulz de ladite ville de Nérac, poursuplier Sa Majesté envoler les Commissions nécessaires audit S' mareschal pour venir fère l'instalation de ladite Chambre de l'Edict en ceste dite ville : bref, pour suivre toutes autres dépêches nécessaires pour l'acheminement de ladite Chambre, auquel de Mazèlieres fut promis pour les fraiz de son volage C. livres.
Ledit sieur Cappitaine Jehan Mazelières, fut de retour en ceste ville le premier du mois de janvier 160 1.^ Ayant, le lendemain matin, rendu raison de sa délégation dans la Maison Commune de ladite ville, en Assemblée de Jurade, ayant porté deux lettres de la part de Sa Majesté, l'une aux Consulz, et l'autre à Monsieur de Laporte, Cappitaine du Chasteau,* leur faisant apparoir et cognoistre par la
^ Inscrit au livre des tailles de 1599, Portai de Bourdeaux..
' Voir Biographie de l'arrondissement de Nérac, de Simazeuilh, au nom de Mazelières, p. 569. Il y avait encore, en 1671, deux maisons dans la grand' Rue habitées par un Jehan de Mazelières et un Paul de Mazelières (V. Cadastre Baritaut. Archives municipales de Nérac).
^ Il doit y avoir une erreur de copie dane ce passage ou dans le passage ci-dessus : Le Cappitaine Jehan de Ma%ellière partit de ceste ville pour aller trouve^ le Roy le xviiie décembre 1600. En 13 jours, en effet, du 18 décembre 1600 au 1er janvier 1601, il eut été matériellement impossible d'aller de Nérac à Paris et d'en revenir. M. Samazeuilh a mis février Siu lieu àe, janvier, ce qui donnerait 41 jours et rendrait la chose possible bien qu'encore assez difficile,
* Ces lettres ne nous ont pas été conservées. Du moins ne les trouve-t-on pas dans le Recueil de MM. Berger de Xivrey et Guadet. M. Faugère-Dubourg a vainement cherché dans les papiers de famille de ceux qui passent
tenur dicelles que sa volonté estoit que la séance de la Chambre de TEdict fust instalée en ladite ville et mesme dans le Chasteau. Ce qu'ayant entendu, il fut trouvé bon d'envoier Messieurs de Venier * et de Batz,2 consulz, h Bourdeaux, pour prier ces Messieurs de venir au plus tost. Ils partirent le 3* febrier, an que dessus, 1601.
à Nérac pour les descendants du Capitaine Laporte, la lettre de Henri IV au gouverneur du Château. Or, comme cette lettre eut dû être conservée comme une relique, il en a conclu que l'ancienne famille qui porte encore aujourd'hui à Nérac le nom de Laporte, ne se rattachait qu'indirectement à celle du Capitaine.
' Jehan Venier, avocat et Jehan de Batz sont inscrits tous les deux au registre des tailles de 1599, Portai du Marcadieu. Voir pour la famille de Venier ou Sevenier et pour celle de de Batz, la Biographie de l'arro7idissement de Nérac de M. Samazeuilh, p. 846 et 114. Pour la famille de BaLz nous ajouterons cette note, fournie par le baron Charles de Batz de Trenquelléon qui habite encore le château de Trenquelléon et l'a même chanté dans un charmant rondeau : « Menaud de Batz est de la maison de Lomagne, par conséquent d'Armagnac. C'est pourquoi le roi de Navarre appelle M'"* de Batz sa cousine. Les barons de Batz étaient une maison cadette. Les vaches, qui sont de Lomagne, prouvent que les Batz d'Aurice et les Batz de Trenquelléon ne sont pas de la même famille. »
"2 Manaud de Batz n'eut qu'une fdle et point de garçon : cette héritière unique du gouverneur d'Eause, et de l'Eauzan porta dans la maison de Luppé, égale à la sienne, tous les biens de cette branche tombée en quenouille de la maison de Lomagne. Les de Batz de Lomagne avaient et habitaient le château de Batz encore existant dans la commune de Castillon- Des-Batz, arrondissement d'Auch, canton de Vic-Fezensac, département du Gers, sur des collines de 212 mètres au-dessus du niveau de la mer, entre la Gélise et l'Auzou et à la naissance d'un petit affluent de celle-ci, le Sanisson. Cette commune a 1008 habitants. De Vic-Fezenzac au château de Batz, il y a 9 kil. Une autre de leurs seigneuries était Loussous-des-Batz cette commune est très petite, 230 habitants, à 6 kilomètres sud du canton d'Aignan, arrondissement de Mirande (Gers) ; elle est située près de la route départementale qui va à Plaisance, sur une colline entre le Medau et la Riberelle, son affluent.
François Cortion, dit Beaufilz,* Jurât de la ville de Nérac, mourust le 9^ Fébrier IGOl.
Les dits sieurs de Venier et de Batz, consulz, arrivèrent de Bourdeaux, le xi'' Fébrier IGOl, ayant rapporté de leur délégation comme Messieurs le Mareschal, Président et Conseillers de la Cbambre, estoient en très bonne volonté de s'acheminer au plus tost en ceste ville, pour l'installation de ladite Cbambre. Et, qu'aussitôt que la Chambre du palais, tapisseries et barreaux seroient préparés , ils ne faudroient incontinent à partir. Hz firent entendre ce que dessus, en assemblée générale convoquée en maison de ville à ces fins, oii estoit un bon nombre des habitants qui furent par mesme moicn exhortés à donner le plus de contentement qui leur seroit possible aux hostes qui logeroient chès eux, en leur faisant honnestes prix des loages des maisons. Il fut aussi proposé en ladite assemblée s'il y auroit quelqu'un qui voulut entreprendre de fournir l'estamet^ bleu et jaune pour fère la tapisserie, et fut mis au rabais. Enfin, Saint- Annon Lafore,^ jurât, entreprint de 1^ fournir et vendre dans ceste ville, moyennant iiii liv. vii (s) pour cannes,^ qui lui furent accordées. (87 sols).
* Inscrit sous C3 nom au livre des tailles de 1599, Portai de Marcadieu.
^ Nous lisons dans le Dictionnaire des idiomes romans du Midi delà France, par M. Gabriel Azaïs (tome II, 1878, p. 177, au mot estame) : « Tissu de fil et de laine. » Trévoux donne du mot Estamet cette définition : « Petite étoffe de laine qui se fait à Ghâlons-sur-Marne et aux environs. » M. Littré signale le mot estamet dans Rabelais (livre I, chapitre VIII).
* Inscrit au registre des tailles de 1599, P. de Marcadieu.
* Cette ancienne mesure représentait un peu plus de deux mètres. Voici ce qu'en disent les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux : « Canne signifie encore une mesure romaine qui revient à six pieds onze pouces de Roi. C'est une mesure de longueur dont on se sert en plusieurs villes de commerce, comme on fait ici de l'aune... Les cannes de Provence et du bas Languedoc sont de huit pans ou empans qui font 6 pieds 2 lignes du pied de France. La canne de Toulouse contient une aune et demie de Paris. Il en est à peu près de même des cannes des villes du haut Languedoc et de la haute Guienne. »
Le sieur Jehan de Cauquebane,* mourust à sa metterie du Basco, le xxvii« Fébrier 1601.
Le neufviesme Fébrier 1601, fut commencée la construction de la Chambre de l'Audiance par Messieurs Pierre Danfos et Daniel Chou,^ menuisiers de Nérac, dans le grand galerie du Chasteau, et fut achevé le tout dans trois sepmaines, moiennant ia somme de LXX livres qui leur furent donnés.
* Seigneur du Tasta, propriétaire du Gavaignan, Britaigne, Le Basco, Baudignan. Le Basco, où il mourut, est à droite de la route de Nérac à Condom, environ à 5 kilomètres de Nérac, paroisse d'Asquets. La famille était originaire de Montguillem en Condomois. Un partage entre les deux frères Caucabane, Bertrand et Jehan, eut lieu en 1594. Jehan de Caucabane se fixa dans le duché d'Albret et y joua le rôle d'un grand capitaliste. D'après son livre de raison, les plus notables personnages lui devaient de l'argent à la fm du xvi«- siècle : Le Capitaine Laporte, 2,200 livres ; Michel du Faur, 1,200 francs bourdaloys ; Artiga, 400 livres, pour laquelle dette il fut exécuté. Maribon Montant — un ancêtre sans doute du conventionnel ami de Marat, — Jean Caupène, le capitaine, M. de La Fite, M. de Saint- Chrestié, M. de Hordosse, son beau-frère (Berthoumieu de Frère), sont ses obligés. Après sa mort, il laissa ses affaires fort embrouillées. Son fils dut vendre le Tasta pour 12,500 livres et se retirer à Baudignan, dont il prît le nom. En 1780, Jean-Henri Caucabane, chevalier de Baudignan, était encore propriétaire du château de Saint-Martin et c'est lui qui a dû y oublier le livre de raison oii nous puisons ces renseignements et que nous a prêté M. Lespiault aujourd'hui propriétaire de Saint-Martin.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. Cette famille une des plus anciennes de la ville, bien que dans des conditions modestes, se retrouve à toutes les pages de son histoire. En 1788, un Dansos commandait la milice bourgeoise (V. Revue de VAgenais, livraisons 5e et 6*", page 221). Le 13 juin der-
Monsieur le Président Chcsac,* arriva en ceste ville, lexv®Marz 1601, au devant duquel Messieurs les Consulz allarent jusques par delà Barbaste pour raccuillir, accompagnés de quatre-vingtz hommes à
nier, mourut, à Nérac, le doyen de la ville ; c'était un Dansos âgé de 95 ans, qui avait été cinquante deux ans greffier du tribunal civil.
Daniel Chou figure comme menuisier au livre des tailles de 1599. Il habitait le Pourtal du Pont.
* C'était André de Nesmond, sieur de Ghézac, qui, dix ans plus tard, allait devenir premier président du parlement de Bordeaux. Jean Darnal. {Supplément des Chroniques de la noble ville et cité de Bourdeaux, p. 142; mentionne ainsi sa nomination : « Le lundy 28 mars 1611 fut reçeu premier Président en la Cour de parlement par le decez de Monsieur Daffis, Monsieur Maistre André de Nesmond, qui avait exercé longues années la charge de Conseiller au grand Conseil, de second président au mesme Parlement ; personnage grave, aymé des grands et du peuple ; versé aux affaires d'Estat, et grandement libéral à l'endroit des pauvres, mesmes des Religieux, » Les citations relatives au sieur de Chézac (appelé quelquefois sieur de Chessac), pourraient être singulièrement abondantes. Qu'il nous suffise de renvoyer à VHistoire du Parlement de Bordeaux de M. Boscheron des Portes (où il reçoit le prénom de François^ dMx Archives historiques du département de la Gironde, oii ont été recueillies plusieurs de ses lettres, à la Chronique Bordeloise de Jean de Gaufreteau, et généralement à toutes les histoires de la ville de Bordeaux.
On nous permettra cependant de rappeler une épisode de sa vie qui se rattache à son voyage à Nérac et témoigne de sa ferveur catholique. C'est le père Garasse qui la raconte ainsi dans son oraison funèbre du premier président du Parlement de Bordeaux ;
« Entre toutes les faveurs que Dieu lui avoit faites, il contait souvent celle-là comme la plus glorieuse de toutes les actions et journées de sa vie, à scavoir que lors de l'establissement de la Chambre de l'Edict dans la ville de Nérac, voyant avec indignation que Notre Seigneur et les Sacrements de son Eglise en étaient bannis depuis 45 et tant d'années, il protesta qu'il mettroit Jésus-Christ en la possession de ses droit anciens ou qu'il y perdroit la vie ; et là-dessus, le jour du Corps de Dieu estant venu, il seut si bien mesnager les volontés des Sacramentaires que, nonobstant les dificultés et oppositions de certains esprits mutins et les crieries de quelques présdicans
cheval, tous habitants delà dite ville. Et, estant arrivés à la porte de la ville, les officiers de la Justice le saluèrent en corps. Bref, tous luy rendirent tesmoignage d'un merveilleux contentement à son arrivée, pour le désir de bientost voir estabUe la Chambre.
Le dimanche suyuant, après l'arrivée dudit sieur Président, xviiie mars, fut chanté la première messe dans le Chasteau, dans la tour destinée pour leur chapelle.*
Le 25e (iudit mois, on commença d'entrer à la Chambre du Con-
qui taschoîent de soulever la populace par leurs harangues séditieuses, il fit faire une procession par la ville aussi célèbre qu'il s'en fit jamais, et voyant les conspirations secrètes des habitants qui s'estoient ligués par ensemble à la sollicitation de leurs ministres pour ne prêter ni estoffes ui tapisseries ni chose quelconque qui peut servir à tendre ou parer les endroicts de la ville où la procession se devoit faire, il y seut si bien pourvoir par la prudence et par la grands quantité déstoffe qu'il fit venir^de la ville d'Agen que les calvinistes se trouvèrent mocquéz avec leur prudence séculière, leur ayant au reste octroyé ce qu'ils demandèrent instamment à leur condamnation, que le lieu de leur presche ne fut point tapissé, comme ne méritant pas, leur dit-il, de faire honneur à Jésus-Christ. » (V. l'Oraison funèbre du président de Chezac en tête de l'édition de ses œuvres publiée par son fils. Lyon, M. D.CLVI). Ajoutons, pour compléter cette note, que M. le Président Chezac était grand amateur de jardins. « Il ne venoit personne de qualité ou seigneur de marque de Bordeaux à Paris, dit la même Oraison funèbre, que le Roy ne le chargeât expressément de voir son président de Chezac et sachant qu'il se plaisoil particulièrement au jardinage) il a souvent mené des seigneurs de Guienne aux parterres de Fontainebleau avec commission de remarquer tout par le menu pour le rapporter à M. de Nesmond ; et même visitant un jour ses volières devant un seigneur de Gascogne et ayant su par rapport qu'on avait fait présent à M. de Chezac de quelques oiseaux de rare plumage portés du Nouveau Monde. « Je sais, dit-il, que le président de Chezac en a de plus beaux que ceux-là, dont il a voulu me faire présent, mais je ne ne veux pas qu'il me les donne, car j'ayme son contentement. »
' C'était la première fois qu'on disait la messe au château de Nérac et il fallut disposer une tour à cet effet. Avant Jeanne d'Albret, la Cour de Navarre allait entendre la messe à la chapelle Saint-Nicolas qu'un pont-levis jeté sur les fossés reliait au château.
seil pour décider plusieurs oppositions des officiers et continuèrent par trois jours d'entrer en audiances.
Le xxix« Mars, jour de judy 1601, fut tenue la première séance* par Messieurs les Présidens et Conseilliers de la Chambre de l'Edict, dans le Chasteau du Roy, tous, ayant leurs livrées rouges, à laquelle ouverture se trouva un grand assemblée de peuple venus de toutes partz, pour ouyr la harangue de Mons'' Le président Chesac, laquelle dura deux heures pour le moins, à sa grand louange.^ Après laquelle faicte, Mons-'Baglan, advocat du Roy ^ fit la sienne qui ne dura dutout tant, néanmoins, rapporta beaucoup d'honneur pour avoir bien discouru selon sa charge, en ladite assemblée.^ Mess^^ les Consulz de la ville eurent séance avec leurs robbes , qui estoient M'' Jehan Venier, advocat, Ramond David,^ Jehan le Prince et Jehan de Batz.
Les noms de Messieurs de la Cour estoint : Présidens : Messieurs
* M. Boscheron Des Portes {Histoire du Parlementde Bordeaux, 1. 1, p. 329) donne une date différente : « L'installation de la Chambre de l'Edit eut lieu en grand appareil à Nérac, le 22 mars 1601. » Il ajoute que « la cérémonie ne manqua pas de pompe même religieuse, puisque l'évêque de Condom célébra la messe dans la chapelle du cloître. »
^ M. Boscheron Des Portes [Ibid.) confirme ainsi l'appréciation de notre chroniqueur: « Le président de Nesmond fit merveille, ditCruzeau, par sa harangue. » Le journal de Cruzeau, nous sommes heureux d'annoncer cette bonne nouvelle, va prochainement être publié par M. Jules Delpit pour la Société des Bibliophiles de Guyenne.
' Jean de Bacalan, fils aîné de Symphorien de Bacalan, avait été nommé, sur la présentation de l'Assemblée de Saumur, le 6 juin 1600, substitut de l'avocat du roi à la Chambre mi-partie de Guyenne et il était bien vite devenu avocat général en la même Chambre à Nérac, fonctions qu'il conserva quand la Chambre fut transférée à Agen. Voir sur Jean de Bacalan Une lettre écrite d'Acjen à Peiresc en 162S, publiée par M. Tamizey de Larroque.
* Ici Cruzeau n'est plus d'accord avec Isaac de Pérès ; car, d'après le résumé fait par M. Boscheron Des Portes (t. I. p. 329) du compte-rendu de ce chroniqueur bordelais, la harangue de M. de Bacalan « fut ridicule » et même « sifflée. »
' Ramond David, notaire procureur, est inscrit au registre des tailles de 1599. Pourtal de Bourdeaux.
de Chezac et Feideau ;* Conseiiliers catholiques : Mons^de Bussagnet,'^ Terneau,^ le Blanc, Guilleragiies/ Cessac^ et la Gheze;ceux de la
' M. Boscheron Des Portes (t. I. p. 326) nous fait ainsi connaître les antécédents de ce magistrat : « Après la clôture de la Chambre de Justice qui avait siégé à Bordeaux, le roi de Navarre en forma une à Saint-Jeand'Angély, composée entièrement de Réformés et que Cruzeau appelle un anti-parlement. Elle était présidée par le conseiller de Feydeau, qui avait dû quitter son siège de Bordeaux depuis la réaction de la Ligue. Dès 1590, Henri IV avait fait au Parlement le sacrifice de ce Tribunal. »
- M. de Bussagnet n'est pas mentionné par M. Boscheron Des Portes.
^ Ce magistrat devint plus tard président au Parlement de Bordeaux, et Jean Darnal [Supplcment des Chroniques de la noble ville et cité de Bourdeaux, p. 127, à la date de 1606) fait ainsi son oraison funèbre : « Monsieur le Président Tarncau mourut en ladite année, et le 10 d'octobre, après avoir longues années exercé l'office de Conseillier en la grand Chambre, avec belle réputation, pour sa doctrine et intégrité de vie : pour lesquelles qualitez il fut fait président au Mortier. Messieurs les Jurats assistèrent à ses funérailles avec leurs chapperons de livrée. » Jean de Gaufreteau nous dpprend [Chronique Bordeloise, t. II, p. 5) qu'en 1600 u la porte de la ville, rue Saincte-Eulaye, est bastie à la poursuite de Tarneau, conseiller au Parlement, et par son authorité et crédit, à cause qu'il estoit logé dans la dite rue. « Le chroniqueur ajoute : « Touts ceux de la dite paroisse contribuèrent alegrement au bastiment ; mais cette porte est subjecte d'estre interdite quand il y a bruit de guerre. »
* Le conseiller de Guilleragues devait être le grand-père du célèbre diplomate Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues, qui, après avoir présidé la Cour des aides de Bordeaux, sa ville natale, fut nommé (1678) ambassadeur en Turquie et mourut à Constantinople le 5 mars 1685. M. Boscheron Des Portes {Histoire du Parlement de Bordeaux, t. I, p, 351) nous apprend que les conseillers Dubernet et Guilleragues furent envoyés en 1606 par leur Compagnie pour faire des remontrances au roi au sujet de l'édit dit du parisis.
" Geoffroy de Malvin, seigneur de Cessac, fils de Charles de Malvin, conseiller au Parlement de Bordeaux, et de Jeanne de Gaillard, dame de Cessac, fut, très jeune encore, pourvu d'une charge de conseiller au même parlement (juillet 1568). Ce fut un poète et un érudit. Voir sur lui une note de M. Tamizey de Larroque {Essai sur la vie et les ouvrages de Florimond de Raymond, p. 69). Voir (publiée par le même chercheur} une lettre latine
Religion: Messieurs de Treilier, Rabart, Rossanes, Morin,* Peiruqueau^ et Fetiiieau, Procureur du Roy, Mons' de Vergues, Advocat du Roy, Mons^ Baglan.
inédite de ce savant magistrat au président de Thou dans les Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux, 2^ fascicule, 1879.
* Ce magistrat a été l'éditeur d'un recueil devenu très rare : Les statuts et coustumes de la ville de Bragerac Traduits de latin en français par M. Estienne Trelier, conseiller du Roy en la Cour de Parlement de Bourdeaux et Chambre de l'Edict de Guienne. A Bragerac par Anthoine Vernoy, 1627, in- 12 de 146 pages, plus 6 pages de confirmations. L'épître dédicatoire que Trelier adresse à Messieurs les Maire et Consuls de la ville de Bragerac est datée de cette ville (Bergerac, département de laDordogne), ce (en blanc) jour d'Aoust mil cinq cens quatre vingts dix huict. Le magistrat parle en ces termes à ses concitoyens : « Messieurs, Il y a plus de trente ans que je mis en François nos statuts et privilèges, qui ont esté composez en latin rude et grossier selon le temps auquel ils furent faicts, qui estoit plongé en une fondrière d'ignorance. Il y auroit moyen de les réduire en autre latin mieux poly, comme a faict Monsieur Perron ceux de Bourdeaux, Pyrrus ceux d'Orléans, et de nostre aage Pierre Nannius, docte professeur des bonnes lettres à Louvain ceux de Malines en Braban. Mais il n'en est besoin, veu que par l'ordonnance du Roy François premier tous actes doivent estre mis en langage françois. Neantmoins on a trouvé bon que ces statuts ayent esté imprimez en deux langues, pour contenter les uns et les autres : et ont esté adjoustées à la fm les confirmations de nos Roys, afin que nul ne doute de la validité d'iceux.... »
* M. J.-F. Samazeuilh, qui a rédigé une généalogie de la famille de Morin d'après les papiers qui lui avaient été communiqués par M. le baron du Sendat, dit dans la Biographie de V arrondissement de Nérac (p. 641 } : « Jean de Morin fut conseiller au Parlement de Bordeaux, par provisions de Henri IV, du 23 juillet 1600. L'Edit de Nantes ayant créé à Nérac la Chambre dite de VEdit de Guienne, composée d'un président et de six conseillers catholiques, comme d'un président et de six conseillers de la religion réformée, on trouve parmi ces derniers le nom de M. de Morin. C'est M. de Morin qui, dans l'année 1622, présida la Chambre de l'Edit à Agen, lors de l'enregistrement des lettres de grâce que le roi accorda au baron de Lusignan, à raison de la surprise de Clairac. »
Maistre Ociclet de Mazelières* Goiiseillier et Secrétaire du Roy,' mourust le 3® Avril 1601.
Madame de Ghésac, présidente, arriva en ce Chasteau, venant trouver son mary, le vii^ Avril IGOJ.
M' Jehan Matisson,^ principal au collège de Nérac, fit une bella oraison en latin dans la basse-court ^ dudit collège où furent assis-
• Nous trouvons dans la Biographie de V arrondissement de Nérac (p. 619), la petite notice que voici sur ce magistrat : « Raymond de Peyruqueau fut conseiller du roi au Parlement de Bordeaux, et à la Chambre de l'Edit de Guienne, dès l'établissement de ce dernier corps de justice, dans la ville de Nérac. Dans les actes de l'état civil des protestants de cette ville, on trouve les annonces du mariage de ce magistrat avec Marie de Labarthe, à la date du 24 février 1613. » Cette notice pourra être complétée par les renseignements donnés sur M. de Peyruqueau, à l'occasion de sa mort et de ses funérailles, dans Une lettre écrite d'Agen à Peiresc en 1628, insérée par M. Tamizey de Larroque dans la Revue de VAgenais de mars-avril 1879.
- Inscrit comme Secrétaire du Roy au registre des tailles de 1599. Portai de Marcadieu. Voir Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 569.
^ Voir Biographie de V arrondissement de Nérac, page 560, au nom de Mathisson.
Le collège royal de Nérac était le bâtiment occupé aujourd'hui par la Sous-Préfecture. Il avait été fondé par Antoine de Bourbon, et passa plus tard aux mains des prêtres séculiers de la doctrine chrétienne. En 1629, il était subventionné par le Roi. — Voir VInventaire sommaire de la Chambre des Comptes de Pau, p. i64. Une pièce datée du 8 juin 1761, imprimée à Condom, par Pierre Lavigne , et donnée à la Bibliothèque de Nérac par M. Tamizey de Larroque, porte ce titre : Exercice littéraire dédié aux gens de lettres, par MM. Jean Raulin et Jean Huart, écoliers de la 4tc classe du collège roijal des prêtres séculiers de la Doctrine chrétienne de Nérac. Cet exercice roule sur le Nouveau Testament, Cicéron, Virgile, Horace, Salluste, la Fable, la Narration, la Géographie, et porte ce post-scriptum : « Les répondants termineront par un dialogue oii l'on fera l'apologie des damas. » Un de ces répondants, Jean Raulin , était un parent du célèbre médecin de Louis XV, qui n'avait pu réussir à Nérac et que Paris éleva aux nues. Nul n'est prophète en son pays.
* On appelait alors en Gascogne et on y appelle parfois encore basse-cour une cour ordinaire, une simple cour, où rien ne justifiait et ne justifie le nom donné, dans nos dictionnaires, à une cour où l'on nourrit la volaille.
tans tous les Messieurs de la Cour et Chambre de l'Edict, excepté mons' de Chézac, Président, qui ne si peut trouver h cause qu'il estoit un peu mal disposé. Ledit Matissoii rapporta beancoii|) (riionneur et fut fort loué tie tous ceux qui estoit versés aux langues ; ce fut le xii* Avril 1601.
Le XV Avril IGOl, jour foste des Rameaux, fut faicte la procession par les Catholiques,* par la ville de Nérac, où estoit assistans Monsieur le Président Chezac et les six Cons«''« Catholiques. Ils passèrent par devaut le Chasteau, droit à la Halle et puis dessendireut par la Grand'Rue, s'en retournant droit au Temple S* Nicolas, sans aller plus avant, par les autres rues de la ville.
Monsieur l'Evesque de Condom^ envoya une cloche de Condom en ceste ville, pour sonner la Messe, ayant esté requis de ce fer par Mons"" le Président et Cons^""^ catholiques. Elle commença de sonner, le dimenche matin, j"^ de Pasques, xxii^ Avril IGOJ, chose qui fut trouvée fort nouvelle.
Monsieur de Masparaute,^ Ministre de TEglise de Nérac, partant
où sont les étables, les écuries, etc. C'est ce qui explique le choix du lieu où fut prononcée l'oraison de Jehan Matisson. Il ne peut s'agir, en effet, que de la grande cour existant encore en avant de la façade.
^ Cette procession, partant de l'église Saint-Nicolas, passant devant le château et regagnant par la halle et la Rue du milieu le point de départ, sans aller plus avant par les aultres rues de la ville, fut, à coup sûr, fort restreinte. Sans doute, n'était-ce qu'un essai, une préparation à la grande procession que nous verrons plus tard, h la. Fête -Dieu. On tâtait le pouls à l'opinion qu'on savait hostile à ces manifestations.
- Jean du Chemin occupa le siège épiscopal de Condom pendant 35 ans (de 1581 à 1616). Voir sur ce prélat Gallia Christiana (t. II, col. 969-970), et surtout l'excellente notice de M. Léonce Couture dans Ti'ois poètes condomois du XVI- siècle (1877, grand in-8o, p. 17-43).
' Nous avons déjà relevé ce nom pour l'avoir trouvé au livre de la levée et du département des deniers ordonnés pour le payement de MM. de Renault et Masparaiite, ministres de la parole de Dieu en l'église de Nérac. Pour compléter la liste déjà donnée des pasteurs qui ont desservi Nérac et les environs, nous citerons par ordre de date : 1530, Gérard Roussel ; 1537, Lefebvre d'Etaples ; 1555, David, pasteur itinérant; 1559, Gilles et Jean Graignon, qu'on consi-
de ladite ville pour sen aller prescher a Espienx,* estant a la porte de la ville, receut un coup de pied de cheval, duquel coup il eust la jambe rompue. Ce fut le dimanche matin, xxix® Avril IGOl.
Le iiii* May 1601, arrivèrent en ceste ville, deux capussins que Monsif^ur le Président Ghézac envoya quérir h Bourdeaux,tout exprès pour prescher.
Lesdits capussins ne demeurèrent en ladite ville que deux jours.
L'ordre auquel Messieurs de la Chambre de l'édict estoint tenans les audiances : premièrement Monsieur le Président Ghézac tenant le coing, avait à sa main gauche Mons"" de Feideau, président, et après : Monsieur de Bussaguet, Le Blanc, la Chèze,Treiher, Rossanes et Peiruqueau, Conseilhers.
Du costé de la main droite estoint assis Messieurs : de Cessac, Terneau, Guillerag-ues, Rabart, Morin et Folibeau, Conseilliers.
dère comme les deux premiers pasteurs en titre et à résidence fixe; 1562, Théodore de Bèze, 1567, Baptiste et de Saint-Hilaire ; 1594, 1598, Antoine Mermet et de Renault; 1599, Masparaute; 1601, Mermet; 1617, Daubuspère, Mermet fils et Daubus fils; 1620, Masperaulte, de Lanusse ; 1659, Jérémie Yiguier ; 16.S3, interdiction officielle du culte exercé cependant par Samuel Viguier, qui se cache et prêche au désert; 1750, de Barmont, Blachon, Dumas, pasteurs itinérants ; 1789, Dubois. Voilà pour Nérac. Aux environs, on signale en 1566, Jehan Perrière, au Port-Sainte-Marie ; en 1620, Feraudel, à Lavardac; en 1562, Jehan Voisin, à Agen ; de 1567 à 1674, Jehan Chambely, du Luc, Malide, Brocas, Bitaubé (Jérémie), grand père du traducteur d'Homère, à Gasteljaloux; 1685, Landeau, à Espions, Farges, à Moncrabeau, Bonis, à Layrac ; de 1567 à 1671, Dothée, Mermet fils, Morin, Laffitte, à Puch.
' Le chef-lieu de la commune d'Espiens a été déjà l'objet d'une note. D'après un plan de ce village , relevé en 1647 , le temple où prêchait M. de Masparaute occupait à peu près la place de la Mairie actuelle. La révocation de l'édit de Nantes a dû atteindre fortement Espions qui n'a conservé que très peu de protestants, tandis que certaines localités avoisinantes telles que Limon, Serbat, Garlier, paraissent avoir échappé aux persécutions et ont encore aujourd'hui une majorité protestante.
Monsieur le Président Cadillac* et Madame sa femme venant de Bourdeaux, arrivèrent en ceste ville s'en allant aux eaux, le 19» May ICOl.
Guillem Murat,2 hoste, mourust le viii Jung 1601.
Le xxie jour de Jung 1601,^ jour appelle la Feste Dieu, fut fait une grand procession par la ville de Nérac, de l'authorité de Messieurs les Président et Conseilliers Catholiques, auparavant la célcbration de laquelle y eust tout plein de contestations entre lesdits sieurs Président et Consulz de ladite ville, qui ne vouloit consentir a ce que les rues fussent tendues, qui fut cause que l'affaire ayant esté trailté en la Chambre du Conseil, arrest s'en ensuivit, par lequel fut dit que les habitans de ladite ville soiiffi'iroitquele devant de leur maisons seroit tendues au despens et h la diligence des catholiques, enjoignant tant aux officiers que Consulz de tenir la main a l'exécution dudit arrest
' Sur le président Gentils de Cadillac, Voir l'Histoire du Parlement de Bordeaux, par M. Boscheron Des Portes, t. I, p. 312, 332-336. On trouvera dans ces dernières pages le dramatique récit, emprunté au Journal de Gruzeau, des malheurs de famille du président de Cadillac; en 1601, sa fille fut assassinée par son mari, le conseiller au Parlement, Pierre de Beaulieu, lequel eut la tête tranchée, le 12 mars 1608, sur une des places publiques de Bordeaux. En 1611, son fils cadet, conseiller aux requêtes du Parlement de Bordeaux, fut accusé d'avoir été un des meurtriers de Pontac de Langlade, trésorier de France, et il fut, avec ses complices, condamné, comme contumace, au dernier supplice (1613 . Ce fut en cette même année que mourut, à Paris, le président de Cadillac. M. Boscheron Des Portes dit (p. 336) : « La suite de cette grave procédure a échappé à nos investigations. Rien n'annonce qu'elle se soit terminée par une amnistie ou par des lettres de grâce en faveur des nombreux inculpés. » La Chronique Bordeloise de Jean de Gaufreteau aurait appris à M. Boscheron Des Portes (t. II, p. 49) que le condamné, lequel était appelé sieur de Tirât, selon cet historien, et Darennes- Tirac, selon le chroniqueur, « en sortit par le moyen du refuge qu'il eut vers la Confrairie de la Fierté ou de Sainct-Romain, qu'il porta durant la procession, et, par ainsin, fut délivré de la mort. »
2 Marié avec Madeleine Sahue et inscrit au livre des tailles de 1599, Pourtal de Condom.
' C'est la procession dont parle Garasse dans l'oraison funèbre que nous avons citée précédemment. Voir la note consacrée au président Chézac.
qui fiit peublié par tonte la ville et lieux accoustnmés par Roii'ie et Bourdeaux, huissiers de la Cour, tous à cheval et Gaixies avecques eux. Monsieur du Chemin, Evesque de Coiidom marchoit sous le pavillon,* et environ 24 ou 25 prostrés ou moynes rèvestus alloit devant luy, et apprès Messieurs de la Court et le peuple. Il ne leur fut donné aucun scandalle par ceux de la Religion, s'estans comportés fort paisiblement suivant lexortation qui leur fut faite par Mons"" de Mermet qui prescha le matin. Les Consulz estoint MM. Jehan Venier, R. David, J. le Prince et J. de Ratz.
Jannot Dauzac,'^ dit Gaspa, mourust le xxix^ Jung ICOl.
Nauton Castetz, aagé d'environ 20 ou 25 ans, fut bruslé sur les Embarratz , près le Griffon, ^ pour crime de bestiahté, ayant esté premièrement pendu et puis jette dans le feu, ensemble sa chienne, après l'avoir assommée. Ce fut le viie Juillet 1601.*
' Sous le dais. Littré n'a pas signalé cet ancien synonyme du mot dais ; on ne le retrouve pas davantage dans les anciens dictionnaires.
- Inscrit au livre des tailles de 1599. Pourtal de Co7idom.
^ Voir pour la fontaine du Griffon, don de Henri IV à la ville de Nérac, un sonnet de M. F. Dubourg et la note afférente. {Guirlande des Marguerites), p. 129.
* Rapprochons de ce récit le passage que voici du Journal de Maître Jean de Solle docteur en droit et avocat de la ville d'Auch (1605-1642), publié par M. l'Abbé de Garsalade Du Pont (Auch. 1877, grand in-8o, p. 24} : u En l'année 1613 et le 9 novembre, il y eust un jeune guarçon pasteur, de l'âge de 20 ans, de la juridiction de la présente ville, qui fust pendu et puis bruslé hors la porte neufve, pour avoir esté prévenu de bougrerie et d'ycelle convaincu avec une asnesse, laquelle feust premièrement tuée et puis touts deux ensemble bruslés. Il feust condampné par sentence de messieurs les consuls, confirmée pararrest de la Cour en tous ses chefs.» Le savant éditeur du Journal de niaistre Jean de Solle a mis sous le mot bougrerie une note que nous croyons devoir reproduire « Ce vieux mot, qui ne s'emploie aujourd'hui que dans le langage le plus grossier, n'a point la signification que lui donne ici Jean de Solle. (Voyez le Dictionnaire de Trévoux). 11 est pris dans cette phrase pour synonyme de bestialité. Le Corpus juris romani, qui servait de base à la législation française, n'avait point prévu ce délit ; aussi n'existait-il point dans la jurisprudence française de loi afflictive d'un pareil crime. Le châtiment en était laissé à l'arbitraire des Parlements, qui sui-
Jehan de Toutlan, serviteur de Monsieur de la Porte, mourust le 17Aoustl601.
Léonard Dupuy,* mourust h sa metterie du Meulan, le second Septembre 1601
Catherine Bourgade, damoiselle, vefvc a feu Guillaumes Pinollé,^ mourust le xi^ Septembre IGOi, s'cstant rompu la jambe douze jours auparavant a Lausegnan."* Duquel coup elle mourust, ayant esté portée au chasteau de Birac où, soudainement, elle rendit l'esprit à Dieu.
Catherine Dcspujolz, vefve a feu Fauquet Trigalet, mourust le xviiie Septembre 160J.
Jehanne du Mère, vefve a feu Jehan Dulong,* marchant de Nérac, mourust le xx Septemhre 1601.
Messieurs les Consulz de Nérac receurent lettre de Monsieur le Mareschal d'Ornano, ensemble une coppie de la lettre que le Roy luy avait escript par courrier exprès, le mardy second Oclohre 1601, par laquelle Sa Majesté luy donnoit avis de l'acouchement heureux de la Reine sa femme/ dont la coppie sensuit :
vaient en pareille circonstance la vieille coutume d'après laquelle le coupable l'animal et les pièces du procès étaient brûlés. Cette pratique avait son origine dans la législation judaïque, acceptée sur divers points par la société chrétienne à ses débuts : Qui cum jumento et pécore coierit morte moriatur : pecus quoque occidite. (Lévitique, Chapitre XX, V. 15). »
' Inscrit au registre des tailles de 1599 comme habitant la paroisse de Meulan Cette paroisse n'existe plus aujourd'hui. Mais le nom de Meulan est resté à une propriété appartenant à Mra<; veuve d'Arblade, dans la commune de Calignac et qui marque, sans doute, le plan àe, Wmetterie où mourut le 21 septembre 1601 Léonard Dupuy.
^ Guillem PinolJé était un parent du chroniqueur,
^ Village près de Barbaste, voisin du château de Guillenj, où vécut Georges Sand.
* Jehan Dulong, marchand , inscrit au registre des tailles de 1599. Pourtal du Marcadieu.
* Marie de Médicis, fdle de François l^i" de Médicis, grand duc de Toscane, et de Jeanne, archiduchesse d'Autriche, naquit à Florence le 26 avril 1573 et mourut à Cologne le 3 juillet 1642. Le mariage s'était fait par procuration
« Mon cousin, présentement, sur les dix heures du soir, la Royne, ma femme, est heureusement acouchée d'un filz,* dont, grâces à Dieu, la mère et l'enfant se portent bien.^ Je n'ay pas vouleu diférer davantage de vous en donner avis par ce courrier exprès, comme a celuy de mes bons serviteurs qui s'en rcsjouyra autant, et afin que vous participiés de tant plus tost àceste bonne nouvelle de laquelle je vous prie de fer part a tous mes bons serviteurs de votre gouvernement,et en fer rendre grâces peubliques a Dieu. Je n'en escris qu'a ma Cour de Parlement et a ma ville de Bourdeaux, me remettant a vous d'en fer les autres despèchGs,et ne mesleray point d'autres nouvelles dans ceste-cy, cela se réservant pour une autre, ne se présentant aussi rien de pressé pour le présent. Sur ce, je prie Dieu, mon cousin, vous avoir en sa saincte et digne garde. Escriptà Fontenebleau, le xxvii® jour de Septembre 1601. Signé « Henry. » Et plus bas « Forget.^ » Et au dessus « A mon cousin Seigneur d'Ornano, Mareschal de France et mon Lieutenant Général en Guienne.'* »
à Florence le 5 octobre 1600 et avait été consommé à Lyon le 9 décembre suivant. Voir Henri IV et Marie de Médicis d'aorès des documents nouveaux tirés des archives de Florence et de Paris, par Berthold Zeller (2-^ édition, Paris, 1877, in-12).
* C'était le futur Louis XIII. A ceux qui voudraient connaître tous les détails de la venue au monde de ce prince, nous indiquerons un opuscule de Louise-Bourgeois, dite Madame Boursier, sage-femme : Récit véritable de la naissance de Messeigneurs et Dames les enfants de France (Paris, J626), opuscule récemment réimprimé par M. le docteur Achille Chéreau, et le Journal de Jean Heroard sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII (1601-1628), extrait des manuscrits originaux par MM. Eud. Soulié et Ed. de Barthélémy (Paris, 1868, 2 in-8^ t. I, p. 2-6).
- On voit que la formule dont nous nous servons est déjà bien ancienne. Il serait curieux de rechercher si elle ne remonte pas beaucoup plus haut encore.
^ Pierre Forget, sieur de Fresne, secrétaire d'Etat, mourut en avril 1610, âgé de 66 ans environ.
* Voir dans le Recueil des Lettres missives de Henri IV (t, V, p. 477-478) une lettre toute semblable écrite, le même jour, au duc de Montmorency, pair et connétable de France, gouverneur et lieutenant général du roi en Languedoc. Le Journal de Jean Héroard nous apprend (p. 6) qu'à l'heure même de la
Coppie de la lettre escript, auxdits consulz, par ledit seigrieur Mareschal.
« Messieurs, je viens tout maintenant de recevoir une lettre du Roy qui m'escrit comme la Royne s'est heureusement acouchée d'un beau filz. Je vous en envoie une coppie, affîn que vous vous en resjouyssiez deceste bonne nouvelle de la quelle je vous prie de fer part a tous vos concitoyens, et en rendre grcàces à Dieu. Je demeure, Messieurs, votre aiïectionnéet assuré a vous fer service. Signé : d'Ornano, h Bourdeaux, ce premier jo' d'Octobre 1601.^ »
naissance du dauphin, les courriers « qui avoient demeuré bottés depuis que la Reine commença de se plaindre, montèrent à cheval, n'étant bottés, se disaient-ils, pour une fille ; » et « de fait, ajoute le bon docteur, M. de Beaulieu-Ruzé, secrétaire d'Etat, avoit fait préparer double dépêche. » Remarquons toutefois que toutes les lettres envoyées ne ressemblèrent pas aux lettres adressées au maréchal d'Ornano et au connétable de Montmorency : ainsi la lettre à M. Des Diguières {Recueil de M. Berger de Xivrey, p. 478) présente d'assez nombreuses variantes, et la circulaire adressée aux municipalités d'Amiens, d'Abbeville, de Bourges, de Gompiègne, etc. {Ibid., p. 479), est d'une rédaction quelque plus différente, comme aussi la lettre {Ibid., p. 480) écrite à Rome au Cardinal d'Ossat. Dans cette dernière lettre figurent les mots : la mère et l'enfant se portent très bien, qui ne sont pas dans les deux lettres précédentes. En revanche, on trouve dans la lettre à Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, cette aimable allusion : « Il a pieu à Dieu nous donner aujourd'huy un daulphin. »
' BdiUslQ Supplément des Chroniques delà noble ville et cité de Bourdeaux, on a, par une fâcheuse transposition, mis à la page 119 et sous l'année 1602, ce qui devait être imprimé à la page 113 et sous l'année 1601. On a, de plus, par une nouvelle erreur typographique, avancé de sept jours la naissance de Louis XIII. Voici le texte de Darnal : « Lettre du Roy contenant advis comme la Reyne s'estoit accouchée d'un fds le 20 septembre 1601 sur les dix heures : afm de rendre grâces à Dieu, feu de joyefutfait avec grande allégresse, le Te Deum chanté à Sainct-André avec dévotion. »
Laquelle bonne nouvelle ayant esté receue parlesdits Consulz, ilz furent tout aussi tost trouver .Mons^le Président Chezac, au Chasteau, qui avoit receu pareille dépêche, et résolu que, le lendemain, jo' de mercredy, troisième octobi'e audit an, on ferait les feux de joye,* ce qui fut acomply. Et en furent dressés trois, un devant le Chasteau, qui fut alumé, le premier par ledit s' Président Chezac seul, n'ayant vouleu y mettre le feu Monsieur l'Evesque d'Agan^ qui estoit arrivé le soir auparavant, bien que ledit Président l'en priast fort longuement. Apprès, lesdits Consulz allarent au Petit-Ncrac où y avoit un autre feu; et le troisième au devant le Temple, dans lequel, plnstôt que rien fer, furent faites prières extraordinaires à l'heure de deux heures après midy, par Mons' Mermet, Ministre, au commencement de laquelle prière fut chanté le pseaume i'27. Les Consulz estoint M' Jehan Venier, Ramond David, Jehan Le Prince et Jehan de Batz.
Mons' de Caumon Jurât de Nérac, mourut le 19 Octobre 1601.
Honnoré Hoialy, vefve a feu M'" Arnaud Dulong, avocat au siège de Nérac, mourut le xxii® Octobre 1601.
' Les feux de joie étaient les grandes réjouissances de l'époque. Ils se composaient d'un grand arbre, un pin le plus souvent, autour duquel on accumulait des fagots de sarment. On allumait le feu de joie avec pompe. Les consuls, le clergé s'y rendaient en grande cérémonie et c'était une marque de déférence envers un personnoge notable que de le charger de mettre le feu au bûcher. Par la plade devant le château^ il faut comprendre la place au blé actuelle. Au petit Nérac, le feu dut être allumé devant l'auvent du Frondât ou sur la place St-Germain. Quant au troisième feu au devant du Temple, la place qui garde encore le nom en marque ce lieu.
' C'était Nicolas de Villars : il gouverna le diocèse d'Agen de 1590 (il fit son entrée solennelle dans sa vilte épiscopale le 28 février de cette année) jusqu'au 12 décembre 1608. Voir Gallia CKristiana, où, par une faute d'impression, la mort du prélat est mise au 10 décembre (t. II, col. 931); Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen par l'abbé Barrère, t. II, p. 351-379.
Monsieur du Plessis,* passa en cesle ville avec son filz,^ le 13« Octobre 1601, y ayant séjourné jusques au xxii" dudit mois, prenant son chemin vers Lectoures.^ Ledit s' repassa en ceste ville, le 15 Novambre et en partist le xix^ dudit mois et an que dessus.
Daniel Chou,* m« menuisier, mourust le xxviii^ Octobre IGOl.
Madame Tarraubc ^ fut faicte Religieuse au couvent Saincte-Glaire de Nérac, le premier Novambre IGOl.
L'ouverture du Palais et Chambre de TEdict. Après les vaquations finies, entrèrent tous les Messieurs en audiance, le lundi xii- novambre, jour après la S* Martin, ou Monsieur le Président Ghczac fit une belle et grande harangue qui dura une heure et demie, à son grand louange et honneur, après laquelle, tous les advocatz et procureurs
' On lit dans les Mémoires de Madame de Mornay sur la vie de son mari (édition de Madame de Witt, t. II, p. 5) : « Il se résolut doncq à ce voyage (En Périgord et Limousin) le 25« de septembre. De Bergerac après le séjour de peu de jours, se rendit à Nérac au mesme temps que les députez de toutes parts arrivoient àSte-Foy sur Dordoigne. » Madame de Mornay ajoute (p. 7) : « A NéracJ. il fut visité et festoie de M. Nesmond, président en la chambre my partie, et de tous les officiers et conseillers tant d'une que d'autre religion.»
^ Ce fils, qui était né à Anvers en 1579, fut connu sous le nom de Philippe de Mornay, marquis de Bauves. Il fut tué à l'attaque de Gueldres 23 octobre 1605). Voir le touchant récit de sa mort dans les Mémoires rédigés par sa mère qui les lui dédia (t. II, p. 106^. M°e de Mornay dit au sujet du voyage de son fils en Gascogne (p. 7) :« Mesme fut nostre filz à Bordeaux embrassé de tous les gens de bien et caressé de Monsieur le mareschal d'Ornano et des principaux tant de la coui't que de la maison de ville. »
^ Ghef-lieu d'arrondissement du département du Gers, à 36 kilomètres d'Aych.
* C'est ce môme Daniel Chou qui, avec Dansas, avait entrepris, en février 1601, la construction de la salle d'audience de la chambre de l'Edit.
* Madame Charlotte de Galard Terraube devint abbesse du couvent (Voir dans la Guirlatide des Marguerites un sonnet de M. Goux, avec la note affé-
prestarent le serment, savoir : ceux de la Religion haussant la main,* et les Catholiques la mettant sur un petit Crusifix peint en un tableau que ledit S' Pr'jsident tenoit entre les genoux. En l'an IGOl.
Susane Labroue, fille à feu M' Guillon, et femme du Gasconnet, tailleur, mourust le 13 Novambre IGOl.
Le filz du Cappitaine Niel,^ mourust le xxi^ novambre 1601.
M" Jehan Matisson, principal du Collège de Nérac, fit une belle harangue dans ledit Collège, le premier Décembre IGOl , a laquelle Mons' l3 Président Chezac et Messieurs les Conseilliers assistèrent avec grand nombre d'autres personnes. Ladite oraison ou harangue dura deux heures, qui fut à son grand honneur et louange, ayant grandement exalté la philosophie, le Roy et Messieurs de ladite Chambre, avec une belle invention et du meilleur latin.
Monsieur de Saincte-Colombe,' jadis gouverneur de Mes, mourust à sa maison de Saincteraille,'* le iiii*' Dc^cembre IGOi.
Jehan Doussugue, cappitaine,^ mourust dans la ville d'Eauze, le
rente sur le couvent de Ste-Claire, p. 133). Sur la famille de Galard, voyez [Maison de Galard]. Dans l'inventaire sommaire des archives de la chambre des comptes de Nérac à la date de 1618, on trouve inscrite la pension du couvent de Saiiite-Claire de Nérac payée à Cliarlotte de Terraube abbesse.
* Le mode de prestation de serment des protestants a seul subsisté. On peut voir la représentation exacte de celui des catholiques dans le tableau de Philippe de Ghampaigne, du Musée de Toulouse, oiî des chevaliers de l'ordre du St-Esprit prêtent serment.
- Inscrit au livre des tailles de 1599. P. de Boiirdeaux.
^ Il a été déjà question de ce personnage, Bernard de Montesquieu, seigneur de Saintrailles, auquel sa mère avait apporté la terre de Sainte- Colombe dont il porta le nom. — Mes pour Metz, oii l'avait sans doute appelé Catherine de Bourbon, duchesse de Lorraine.
* Sur le château de Xaintrailles, nous citerons la monographie de M. Philippe Lauzun, oii sont habilement résumés divers travaux antérieurs, et un sonnet de M. Cyrille Fiston dans la Guirlande des Marguerites (p. 39),
* Jehan Boussugue, s'il était de Nérac, ce qu'il est permis de croire,
xiiii' Décembre 1601, et fut porté en ceste ville où il fut enterré, l'ayant requis, un peu auparavant sa mort.
5lpnsieurd'Arconques,*mourustàsamaison,Iexxii'Décembrel601.
puisqu'il voulut y être enterré, porterait à 14 le nombre des capitaines vivant à Nérac en 1599. En voici les noms d'après le livre des tailles de 1599 : Au quartier du Portai de Condom résidait le capitaine Mathieu Malet. Au Portai M arcadieu : Arnaut Nagoua, Arnaut Latané, Bertrand Mazelières, Daniel Mazelières, Daniel Darranet, Francoys Laporte, gouverneur du château, Joseph Mazelières, Joseph Rauffi. Au Portai de Bourdeaux : Jehan Dupleix, Niel. Au f^ortal du Pont : Jacques Gorrèges, Menjon Sopa, Pierre Arbissan, Pierre Barrière. Tous ces noms inscrits au livre des tailles de 1599, sont suivis de la qualité de capitaine. De ces noms, il en est quelques-uns qui subsistent encore et nul de ceux qui les portent ne songe à se targuer de son origine, peut-être glorieuse, tandis que tant d'autres.... Rappelons ce qu'on lit à ce propos dans le Manuscrit de la Sénéchaussée d'Albret que nous avons déjà cité : « Les habitants de Nérac ne démentent pas l'idée que l'on a des Gascons ; ils sont très vifs et très avantageux. Dans tous les Etats, le peu d'intérêt que l'on a à s'opposer à ce qu'un homme usurpe la qualité de noble, attendu que la taille est réelle, fait qu'il y en a à Nérac un très grand nombre qui se qualifient tels. Nérac est une pépinière pour la noblesse de cette espèce. »
* Sur le château d'Arconques, situé dans la commune d'Espiens, voir un sonnet de M. Faugère-Dubourg {La Guirlande des Marguerites, p. 31), et une notice en regard (p. 30). M. d'Arconques dont il est ici parlé est M. Pierre Vacquier, juge-mage en 1596. (Voir Archives de la Chambre des Comptes de Nérac, inventaire sommaire, p. 138). L'auditeur à la Cour des Comptes de ce nom vivait encore en 1607. Voir même source, p. 131. Il ne faut pas confondre les Vaquieulx avec les Vacquier. — Les auditeurs à la Cour des Comptes étaient les contrôleurs des dépenses du roy et des finances de l'Etat. (( Tous potentats ont gens députés à voir leurs comptes. Tous ceux qui mangent en ce royaume l'argent du Roy rendent leur compte en l'une des chambres pour être examinés et clos. » (Du Haillan, De l'Estat des affaires de France, livre IV). Toutes les charges étaient vénales. Du Haillan qui écrivait sous Charles IX, ajoute: « Quand les estats sont devenus vénaux aux roturiers, les grands bouteillers ny les maistres d'hôtel n'y voulant mettre argent, abandonnèrent ladite Chambre des Comptes. »
Madame de Lésignan, Prieure du couvent Saincte-Claire * de Nérac, mourust le xxx« Décembre J601, et fut portée au Paravis,*^ pour y estre enterrée. ^
Abraham Duluc, marchand cordonnier, mourust le 3« Janvier 1602.
Monsieur de Cessac, conseillier en la Chambre de l'Edict,^ demura fort offensé de certains soldafz et autres du Petit-Nérac, qui faisans la patrouille par la ville, entrèrent jusques dans son logis, à savoir au chasteau de Birac, oii il csloitlogé, poursuivant quelqu'un de ses gens qui leur avoit jette des pierres, ainsin qu'ils passoient, ce que le dit Sieur leur ayant remonstré, et qu'ils ne dévoient entrer en son dit logis avec les armes, ils ne firent pas grand cas de cela, ains, se portèrent fort indiscrètement jusques à luy dire qu'il feroit bien de se retirer, luy présentant la poincte des hallebardes à l'estomac, duquel excès il fit plainte, le lendemain, à la Court, et y eust quelque information, decrettée de prinse de corps contre quelques uns qui passèrent le guichet. Enfin, estant ledit S"" de Cessac, prié de quitter ceste offense tant par les Consulz que amis, il s'accorda, et n'en fust autre chose. Ce fust le 3* Janvier 1602.
Catherine de Pérès, femme de Monsieur Moustel, mourust le dimenche vi® Janvier 100^.
' La prieure du couvent de Sainte-Claire devait être la sœur ou la fille de M. de Lésignan, chambellan, dont on retrouve les frais de voyage à YInventaire sommaire des Archives de Pau et Nérac, page 214.
- Le couvent du Paravis était situé près du Port-Sainte-Marie, dans la commune actuelle de Saint-Laurent. Voir divers renseignements sur ce couvent dans la Monographie historique du canton de Lavardac, par M. J.-B. Truaut, 1851, in-8', p. 72 à 77.
^ C'était, comme nous l'avons déjà rappelé, Geoffroy de Malvin, seigneur de Cessac. Sur un plan du village d'Espiens, relevé en 1647, on trouve la maison de M. de Malvin.
Par arrcst do la Cliambro de l'Edict, ii;i nommé Diilac, notaire, qui estoiL de devers Tounion,* fust pendu et esti'ang'Ié près le Grillon, le7« Janvier IC 2. pour avoir faict une fausse donation. Il mourust avec une merveilleuse constance.
Jehan Laserre,^ m" jardinier du Uoy au jardin de Ncrac. mourust le xviii" Janvier IG02.
François Dupuy,^ dit Podio, jurât de la ville de Nérac, mourust le xix® Janvier 1602, aagé de 87 ans.
Madamoiselle du Saumont, vefue/ mourust en la ville de Nérac,
' Chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Villeneuve-sur-Lot, à 42 kilomètres d'Agen.
* N'est pas inscrit au registre des tailles de 1599. G'était peut-être le jardinier qui avait succédé au père de Fleurette.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — Pourtaldu Pont.
* Cécile de Barrau de Parron, dame du Saumont, morte en 1602, était veuve de messire Joseph de Béarn, seigneur du Saumont en 1580, fds d'Alain de Béarn, seigneur du Saumont, qu]^ donna le dénombrement de la forêt noble d'Anguilh devant le sénéchal d'Armagnac, le 8 mars 1560, et qui avait fourni, le 23 janvier 1552, dénombrement des biens possédés par lui. Cet Alain, beau-père de Cécile de Barrau de Parron, était le fds aîné de Jean de Béarn, seigneur du Saumont, coseigneur de Saint-Pesserre, qui avait fait hommage de la seigneurie du Saumont, du bois d'Anguilh, etc., le 4 mai 1521 ; enfin, il était le petit-fds de noble et puissant seigneur Etienne de Béarn, seigneur du Saumont [de Ausamonte), et d'Annette du Lion, comme je l'ai dit à la page 149 de la Revue de l'Agenais, année 1879.
Cécile de Barrau de Parron, dame du Saumont, avait fait hommage, en
1597, au roi Henri IV et à Madame sa sœur unique, en qualité d'adminis-
treresse de Jeanne-Marthe de Béarn, dame du Saumont, sa fille unique,
mariée plus tard à noble Jean-Louis de Mauléon, seigneur de Francon.
Voir ladite page 149.)
au logis de VEspée,^ le 30® Janvier 1G02, et fut portée le lendemain au Saumont,'^ où elle a esté enterrée.
Le vii« Febvrier 1002, pararrest donné en la Chambre de l'Edict, un nommé Béring'uier, natif de Tlioulouse, et aprésent demeurant à Peymirol,^ fut pendu et estranglé dans la ville de Nérac, ledit jour que dessus ; ledit Béringuier estoit Catholique Romain. /
Par arrest de la Court et Chambre de l'Edict, la nourrisse de Monsieur Morin, Conseillier en la Court, ^ fat pendue et çstranglée pour auoir jette une tille dans un privé, de la quelle elle s'estoit accouchée. Ce fut le 4* Mars 1605. La chambrière du dit logis fut aussi trouvée grosse et emprisonnée avec la dite nourrisse qui s'accoucha en la
^ Faut-il entendre par ces mots : au logis de l'Espée, une hôtellerie qui aurait eu ce nom pour enseigne, ou le logis de M. Jehan Alespée qui est inscrit dans le livre des tailles de 1599 comme habitant le Portai de Marcadieu ? J'inclinerai d'autant plus pour cette dernière explication que cette formule : mourust au logis d'un tel , se rencontre souvent dans la chronique et que Mademoiselle du Saumont, descendante des comtes de Foix, pouvait être, tout au moins indirectement, parente des d'Alespée, issus des amours de Henri d'Albret avec la belle Marianne d'Alespée, dont le souvenir est encore vivant à Nérac et au château de Lagrange-Monrepos.On peut voir sur Marianne et les d'Alespée, les quatre sonnets de M. Faugère-Dubourg avec les notes afférentes dans la Guirlande des Marguerites, pages 51, 53, 55 et 171; et aussi, au nom Alespée, la Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 58, oii M. Samazeuilh omet de signaler la commission donnée à Jean Alespée, maître des comptes à Nérac, pour vendre à Jean Sevenin la justice de Vianne, à Jacques Dufaur , celle de Galignac , et une autre commission pour la vente à Jean Alespée de ia justice de Moncrabeau (1571). (Voir Inventaire sommaire des Basses-Pyrénées. Ch. des Comptes de Nérac, p. 128.)
" Le Saumont est aujourd'hui une commune du département de Lot-et- Garonne, arrondissement et canton de Nérac, à 11 kilomètres de cette ville, à 21 kilomètres d'Agen.
' Puymirol, ville qui, comme on l'a déjà rappelé, est un chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Agen. Ce nom s'écrivait aussi Pemeyrol [Recueil des lettres missives de Henri W, 1. 1, p. 335), Peniyrol [Ibid. p. 415, 427, 510), etc.
* Nous avons déjà rencontré le nom de ce magistrat, un des aïeux de M. le baron du Sendat.
prison le xx® Avril au dit an, et le xxv May ensuyvant elle eust le fouet, par toute la ville.
M. Pierre Baret, notaire et Procureur,* mourust le xxi® Mars 1G02.
Monsieur de Laforcc, Lieutenant pour le Roy au pays de Béarn,^ passa en la ville de Nérac, venant de la Cour, le 23' Mars 1G02, et s'en partis le lendemain, jour de dimanche, pour aller au dit Béarn.
Monsieur Gaixion,^ ayant esté receu Conseiller en la Chambre de l'Edict, au lieu de M. Treillier, par résignation, fit sa première séance et entrée en l'audience, le lundi 25' Mars 1602.
Demclle, femme de Pierre Ladouyre,^ mourust le xvi" Avril 1602.
Madamoisclle de Vezin, femme de Mons' de Vezin, cons"*,^ mourust le xxv° Avril 1602, à sa metterie près Vianne.
* Pierre Baret, frère de Jean Baret, trésorier d'Armagnac, est inscrit au livre des tailles de 1599. — Portai de Marcadieu.
* Nous lisons dans les Mémoires de Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force (t. I. p. 158) : « Cependant le sieur de la Force se rend en diligence en sa maison près de Bergerac, apprend à sa famille, réjouie de son arrivée, comme les bruits qui avoient couru étoient faux; de là il s'en va à Nérac vers Messieurs de la Chambre de l'Edit, suivant la commission qu'il en avoit reçue du Roi. Il remarqua d'abord beaucoup d'agitation dans les esprits de la plupart de ceux de la Religion, et eut de la peine à leur ôter de la fantaisie que cette poursuite contre Monsieur de Bouillon ne dût aller plus avant et que ce ne fut une partie dressée à dessein. 11 est certain du moins que si Monsieur de Bouillon se fût jeté aux extrémités et eût pris les armes, il eut moins joui de ceux de la Religion que de nuls du Royaume ; mais cette voie qu'il tenoit, témoignant ne chercher que sa sûreté et le moyen de se justifier, lui obligeoit beaucoup plus leurs volontés. Néanmoins ils ne laissèrent pas que de se contenir dans le devoir. »
^ Nous avons déjà constaté que ce Gaixion n'était autre que M. de Gachon.
* Est inscrit sous le nom de Pierre Ladoyre au livre des tailles de 1599. Il habitait au Pourtal du Pont.
' M. Galiot de Vezin possédait deux cent quarante-cinq cartelades près Nérac; entr'autres biens, il avait » ce quy est à un tenant au lieu appelé au Bornac et Laumagnon, aujourd'hui dans Calignac. (Voir livre terrier sans date, mais évidemment de 1600 à 1610.) Autre Bertrand de Vezin est dit
M. François Làbroiie, S*" de TronqueléonJ moiirnst dans sa maison de iNerac, le xxvii® Avril 1602, estant en charge de Consul.
Le premier jour du mois de May 1602, les clercz de Mess'^^ les con3''^ Aduocatz et Procure;irs don:ièreut may ^ à Monsieur Le Président Chézac, logé dans le Gliasteau du Roy, le quel fut planté au milieu de la basse-corirt, les dits sieurs Clercz y assistans avec les arquebuses et piphre ^ sonnant, ayant fait rebue par toute la ville, enseigne desploiée.
Esther Denizan. femme en secondes nopces d'Anthoine Serment, mourust le premier jour de May 1602.
Jehan de Lugos, trompette et crieur de vin, de la ville de Nérac, mourust le 3« May 1602.
Le Capitaine Pellefigue, mourust à sa maison, près d'Arconques, le 24 May 1602.
seigneur de Lacassaigne. Autre Bernard de Vezin, seigneur du Frandat. (Même livre Terrier.)
* Est inscrit au livre des tailles de 1599 comme habitant le quartier Marcadieu où se trouve encore la maison, dite maison Labroue, élevée sur les ruines du couvent Sainte-Claire détruit par Montgommery. J'ignore comment François Labroue est appelé Sr de Trenquelléon. Il doit y avoir eu quelque alliance entre les Labroue et les de Batz.
- C'est planter un pin devant la maison d'une autorité pour lui faire honneur. Cette jiabitude subsiste encore à Nérac et dans les environs. M. de Chézac habitait le château en sa qualité de président de la Chambre de l'Edit. Le gouverneur, M. de Laporte, y résidait aussi, ainsi que le chroniqueur. Jusqu'à la fm du xviii* siècle le château de Nérac fut habité. Je lis dans un manuscrit qui porte ce titre : Observation sur la sénéchaussée de Nécrac, et qui date de 1780: «Aujourd'hui, M. de Lamazelières, qui habite seul le château en sa qualité de gouverneur , y est logé fort à l'étroit quoyqu'il n'ait point d'enfants, encore ce qu'il habite est la plus grande partie voûté haut et bas. » Et un peu plus haut : « Il n'y a pas trente ans que quatre familles occupaient au château quatre appartements. »
• C'est le nom que l'on donne encore dans le langage populaire de la Gascogne au fifre, le plus aigu, le plus perçant, le plus déchirant de tous les instruments de supplice.
Rachel David, femme de Royal, libraire,' mourust le 25^ May 160'i.
• Claude Royal, libraire à Nérac, figure au livre des tailles de 1599. Pourtal du Pont. Au livre Terrier il est inscrit comme possédant des terres à Laouillaou et au Pinera. Avant Claude Royal et avant Jean Duracq, qui vendit, en 1579, plusieurs volumes de Psaumes destinés aux pages de l'écurie, il y avait eu probablement d'autres libraires à Nérac, et, en 1549, il y avait même un imprimeur, G. Gobert, qui publia à cette époque un livre dont j'ai vu un exemplaire appartenant à M. de Laroche d'Estillac, qui porte ce titre : Instruction très utile, déclarant les qualités de fortune, quel profit on doyt prendre de Vennemy et les remèdes contre ire et courroux, composée par Imbert A 1ère juge d'appeaux pour le Roy de Navarre à Nérac, et par lui traduicte du latin en françois. A Nerag par G. Gobert. ann md xlix. — On retrouve le nom d'Imbert Alère, juge d'appeaux à Casteljaloux, dans un dénombrement de ses biens nobles fait par Jean Montlezun de Lupiac de Montcassin (Voir Samazeuilh. Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 626), et aussi dans le registre des affieusements ou affielfements faicts par les commissaires députés à la Réformation du domaine de l'Albret, nobles Secondât et Bertrand de Lavalade. Imbert AUère, licencié en droictz, juge d'appeaux à Castelgelloux, intervient comme témoin dans un bail à ferme payé en 1537. Il existe en outre des lettres originales de Henri II, roi de Navarre, à Imbert Altère, juge de Nérac, concernant la grangerie de Durance (1553), que je signale à l'intelligeit granger actuel (Voir Archives de la Cour des Comptes de Nérac. Inventaire sommaire des Basses-Pyrénées , p. 128). — Dans son Dictionnaire de l'Imprimerie, M. Didot cite un autre livre imprimé à Nérac au milieu du xvi« siècle : L'OEcoiatrie (médecine à la maison). Il est peut-être du même auteur. Je l'ai vainement cherché et j'incline à penser que le livre d'Imbert AUère , imprimé dans le goût italien avec l'italique Aldin est un dts premiers sorti des presses néracaises. Observons, en outre, que si Toulouse et Lyon avaient déjà des imprimeurs célèbres à la fin du xv« et au commencement du xvi« siècles, Millanges n'a commencé à imprimer à Bordeaux qu'en 1572 et le premier livre paru à Marseille est de 1595. Nérac aurait donc été en avance sur Bordeaux et Marseille. Nous tenions à le constater. A propos du nom d'Imbert AUère, nous ferons remarquer encore qu'Altère est ici le nom patronymique, qu'il n'est emprunté à aucune propriété et était porté à Nérac en 1600 par Isaac et David Altère, l'un inscrit au Pourtal de Fontindère, l'autre au Pourtal du Pont (V. livre terrier aux archives de Nérac^. Quant au nom d'Imbert, au xvie siècle, il est presque toujours un prénom : Imbert Roy, Imbert de Brizac, Imbert Durrac, Imbert
Mademoiselle de Fetiveau, femme de Monsieur Fetiveaii, cons«' de la Cour et Chambre de l'Edict,* mourast dans la ville de Nérac, au logis de Jehan de Batz, le xxx« May 1G02.
Jehan la Caue,^ maître tailleur, mourut ledit jour,xxx® may 1G02.
Bernard Laspeyres,^ dit Pharenne , boucher de Nérac, mourust le viie Jung 1602.
Monsieur le mareschal d'Ornano estant en la ville de Bourdeaux, receut lettres du Roy Henry 4® du nom, luy donnant avis comme il s'estoit saisy de M. le mareschal de Biron * et comte d'Auvergne.^
Tétignac, dict Bourrut, Imbert Meulh, Imbert de Pérès, Imbert Duprat, Imbert Saint-Genés, etc., etc., figurent au livre des tailles de 1599. A l'état de nom patronymique, on y chercherait vainement un Imbert. Nous ne parlons que de Nérac. A Gondom et à Agen, M. Samazeuilh, dans son Histoire de l'Age?2aiSy du Bazadais et du Condomois, a relevé un Imbert, lieutenant particulier à Condom et député de cette ville en 1594 et 4596 et un autre Imbert, consul d'Agen, ennobli par Louis XIV (V. 2e tome, p. 148, 308, 404). C'est sans doute à l'un de ceux-là que se rattachent les Imbert d'aujourd'hui. Ajoutons qu'à la date de 1589, on trouve dans les archives de la Chambre des Comptes de Pau et Nérac, Esther Imbert, maîtresse du Roi, inscrite pour 600 écus. Le même Roi, qui n'était pas encore entré à Paris sous le nom de Henri IV, envoyait à la même date 20,000 livres à Corisandre d'Audoin, comtesse de Guiche. Etait-ce au même titre? {V . même Inventaire sommaire.) Ces renseignements fournis, je laisse aux curieux le soin de rechercher l'origine de cet ancêtre des auteurs néracais et de résoudre une question qui intéresse à un si haut degré l'histoire de notre littérature locale.
* Voir une note précédente.
- Il faut lire Jehan Lacau. C'est sous ce nom qu'il est inscrit avec la qualité de marclumt 'àu livre des tailles de 1599. — Pourtal de Coiidom.— Ce Jehan Lacau possédait 57 cartelades. Entr'autres biens, il avait le Pinera et des parcelles à Argentens, Bapaume, le Boscla, Aubarède, etc. (Livre terrier sans date de 1600 à 1610.
^ Se trouve inscrit au livre des Tailles de 1599. — Portai de Bordeaux.
* Charles de Gontaud, d'abord baron, puis (1593), duc de Biron, naquit en 1562 et fut décapité, à la Bastille, le 3t juillet 1602. Nommé amiral de France en 1595, il devint maréchal de France en 1594. Voir, dans la Guirlande des Marguerites, le sonnet de M. Lespiault.
* Charles de Valois, comte d'Auvergne, puis duc d'Angoulême (1619), était
Ledit seigneur d'Ornano escrivit ceste nouvelle a Messieurs de la Cour et Chambre de l'Edict de Guienne séante à Nérac, ensemble aux Consulzde ladite ville, le 18 Jung 1602, chose qui donna un peu de terreur et fut cause de fer quelques patouilles {sic) par la ville et de prendre garde aux portes ou furent mis deux hommes à chascune, pour espier, sans fer grand semblant, ceux qui entroint dans ladite ville, attendant qu'on eust plus amplement nouvelles de la Court pour savoir quelle yssue prendroit les affaires. Sensuit la coppie de la lettre que le Roy escrivit audit Seigneur :
Mareschal d'Ornano. « Mon cousin, j'ay esté constrainct, à mon « grand regret, de me saisir du duc de Biron et comte d'Auvergne, « ayant descouvert quilz faisoint des entreprises contre ma personne « et mon Estât. De quoy je vous ay bien voulleu avertir, affin que « vous donnies ordre, quen vostre Gouvernement, cela ne rapporte « aucun mouvement ne altération au préjudice de notre service, con- « tenant chascun en son devoir, et que, si quelques-uns voulloint « assembler des trouppes à ceste occasion, vous coudes sus; adver- « tissant tous les habitans des villes de vostre gouvernement de tout « ce qui se passe. Vous prendres aussi garde a la frontière , a ce « que ne soit rien entreprins par nos voisins contre le bien de nostre « service, me promettant que vous, et tous mes bons serviteurs me « faires paroistre, en cest endroit, vostre fidélité et affection, priant « Dieu, mon Cousin, vous avoir en sa saincte g-aide. Escripta Fonte- « nebleau , le xiiiie jour de Jung 1602. Signé Henry, et plus bas, de < Neufville.* »
fils de Charles IX et de Marie Touchet. Il naquit le 28 avril 1573 et mourut le 24 septembre 1650.
' Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, naquit en 1542 et mourut en 1617. Il succéda dans la charge de secrétaire d'Etat à son beau-père, Claude de l'Aubespine, en 1567, et occupa cette charge pendant près de cinquante années. La lettre adressée au maréchal d'Ornano, le 14 juin J602, était une circulaire dont on retrouve le texte (avec quelques variantes insignifiantes), dans le Recueil des Lettres missives (t. V, p. 612). Voir dans le même Recueil, les lettres écrites sur le même sujet et le même jour, à Sully (p. 611), à La Force (p. 612), au premier président du parlement de Rouen, Claude Groulart, sieur de la Court ;p. 613), à l'ambassadeur de France à Venise, M. de Fresnes (p. 614).
, M' Pierre Roy, fils de Jehan,* fut receu Lieutenant général d'Albret, au siège de Nérac, le samedy xxiie Jung 160^, lui ayant esté résigné par M. Pie;Te du Faur, ne le pouvant exercer à cause de ses maladies.
Ledit M. Pierre du Faur,'^ décéda le 26^ Juillet, sur le soir, 1602.
Joseph du Lavay, jadis Trésorier général d'Albret,^ mourust dans le chasteau de Sos,^ le xviii' Juillet 1602.
Le xxe Aoust 1602, S"" Pierre de Pèrés,^ Gaixiot de la Rivct,^ et moi, Isaac de Pérès, avons mesuré la longueur des tuyeaux du Griffon de ceste ville et trouvé que, despuis la source de l'eau qui est au bout du pred de Saint-Annon La Fore' jusques au premier tabourin
^ C'était le fils de Jehan Roy, bourgeois et jurât, inscrit au livre des tailles de 1599. — Pourtal de Marcadieu. — Il possédait le domaine de La Barthe. (Terrier de 1611.)
- Inscrit au livre des tailles de 1599, avec sa qualité de lieutenant-général. — Poî'tal de Bourdeaux. — Pierre Dufaur était propriétaire du Juge où il « tenait maison, ayrial et predz. » (Livre terrier.)
' Fils de M. de Caumont, jurât. Le domaine du Lavaij est sur le chemin de Nérac à Mézin, à 3 kilomètres environ de Nérac, près le pont deMesplet. Une remarque à propos de ce surnom de Joseph qui n'était guère en honneur au XVI*" et xviie siècle. C'est Ja première fois que nous le trouvons dans cette chronique et nous l'avons vainement cherché dans les livres des Tailles de cette époque. Joseph du Lavay devait être un des rares gentilshommes catholiques qui avaient suivi la fortune d'Henri IV.
* Sos est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Mézin, à "13 kilomètres de Nérac, à 49 kilomètres d'Agen. Voir la Monographie de la ville de Sos, publiée par M. J.-F. Samazeuil dans la Revue de Gascogne (t. XII, 1871, p. 34-47 et69-79.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. —Pourtal de Bourdeaux.^W est qualifié de bourgeois et jurât au Terrier de 1611. (Archives municipales de Nérac).
® M)I. Gaixioi- Larrivet appoticaire , est inscrit ainsi au livre des tailles de 1599. — Portai du Marcadieu.
' Annon Lafore, inscrit au livre des tailles de 1599. — Portai du Marcadieu. — ' Le terrier l'appelle : Sire Agiion de La Fore.
ou ropos,* a doux cons cannes deux pans. Despuis ledit premier repos jusques au second, y a centquaire vingtz liiiicL cannes.
Despuis ledit seco!id repos, jusques à la muraille de la ville, cent soixante neuf cannes.
Et, despuis ladite muraille de Ville, jusques h la tonne dudit Griffon, soixante-cinq cannes, revenant tous lesditcs cannes ensemble Ljcxxii cannes iij pans.
Jehan du Lavay, filz a feu Mons' de Caumont, jurât de Nérac,^ mourust le xxiiii Aoust 1G02.
M. Relies Couthures, procureur en la Cour de Parlement de Bourdeaux, poursuivant quelque procès en la Chambre, mourust au logis de Jehan Sangla,^ le troisième Septembre 1G02.
M. Louys Vaquiux,* juge de Moncrabeau,^ mourust audit lieu le 3* Septembre 1G02.
^ Ces mots répondent à ce qu'on désignerait aujourd'hui sous le nom de regard. Depuis ce temps, la canalisation du Griffon a changé, au moins dans son passage à travers la ville. Quand M. Bartouilh de Taillac, fit bâtir la maison qu'habita longtemps M. d'Arblade et qui appartient aujourd'hui à la famille Faugère-Dubourg, il fut autorisé à faire dévier les tuyaux qui passaient dans sa maison. — Les 165 cannes trois pans font environ un kilomètre 119 mètres, ce qui est, à peu de chose près, la même distance qu'aujourd'hui.
- Voir la note ci-dessus sur Joseph du Lavay.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — Poiirtal de Bourdeaux.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. Maître Louis Vacquieux était trésorier pour l'Armagnac et le Fezenzaguet. ( Voir Inventaire sommaire des Basses-Pyrénées. — Chambre des Comptes de Nérac, p. 136). Ne pas confondre avec les Vacquier, seigneurs d'Arconques et de Limon. Les Bacquieux qui existent encore à Francescas , pourraient bien être les descendants du juge de Moncrabeau. Le V et le B se confondent si souvent dans l'heureux pays ou vivere bibere est.
' Moncrabeau est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Francescas, à 9 kilomètres de cette ville, à 44 de Nérac, à 40 d'Agen. Voir sur Moncrabeau, le Dictionnaire de l'arrondissement de Nérac, par M. J.-F. Samazeuilh, p. 323-336.
Madame la Présidente de Ch'^zac, partist de ceste ville, pour s'en aller à Bourdeaux fer ses couches, le xvie Septembre 1602.
Joseph Bacalan, frère de Monsieur l'Avocat du Roy * en la Court et Chambi-e de l'Edict, estudiaiit en ceste ville, mourust au logis de François Renard,^ le xiiii« Septembre KîO^,
La femme de Gaixion Fau,' hoste de la présente Yille, mourust estant en travailh d'enfant, lequel il luy fallut tirer du corps en peces, le xviii Septembre 1602.
Nicolas Folchier, de la ville d'Uzès,* fut condajnné h fer amende honnorable, parArrestdela Cour et Chambre de Guienne, qui fut exécuté le xxiiii Septembre 1602 , teste et piedz nus, la hart au col, la torche a la main, banny des ressorts de Thoulouze et Bourdeaux, et condamné en v" 1. desmende, pour avoir signé un testament après le décès du testateur, lequel fut déclaré faux par ledit arrest.
Monsieur de la Nusse, Ministre de Nérac, fut preste pour trois mois, pour aller servir les églises de Libourne ^ et Coutras,^ suyvant la délibération du Sinode Provincial, tenu quelques jours auparavant en la ville de Berg-erac. Ledit S' de La Nusse partist pour fer ledit volage, le xix® Septembre 1602.
* Ce frère de l'avocat du Roi Jean de Bacalan, n'est pas mentionné dans l'article Bacalan, de la nouvelle édition de la France protestante. On apprend seulement par cet article ( p. 639, t. I ), qu'en 1609 quatre des huit fils de Symphorien de Bacalan étaient déjà morts sur les champs de bataille. En y joignant Joseph, probablement le plus jeune de tous, mort à Nérac, en 4602, on voit qu'il ne restait à l'avocat du Roi, qui était l'aîné, que deux frères sur sept.
^ Inscrit sur le rôle de l'imposition faicte pour l'entretien de Messieurs les ministres de la parole de Dieu, en l'église de Nérac, en 1605. Il habitait le Pourtal de Marcadieu.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — Pourtal de Bourdeaux.
* Chef-lieu d'arrondissement du département du Gard, à 24 kilomètres de Nîmes.
' Chef-lieu d'arrondissement du département de la Gironde, à 27 kilomètres de Bordeaux.
' Nous avons déjà rappelé que Centras est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Libourne, à 17 kilomètres de cette ville.
François d'ïmberiiai'd, Cappitaine, après avoir demeuré dix-sept mois prisonnier dans la Conciergerie de la Cour et Ciiambre de l'Edict séante à Nérac, ayant esté condamné par arrest d'icelle a estre mené aux galères perpétuelles, eslant sur le poinct d'estre délivré au Cappitaine qui conduisoit les forçais, il se donna (rois coups de Cousteau dans le tctin gauche et deux autres coups par le gozier. le sapmedi xxviiie Septembre 1^102. Dosquelz coups estant bien tost après guéry, il obtinst unes lettres de rapel du Roy pourtant pardon desdites blessures, qui furent intérinées en payant les amendes : lesquelles estant payées, il fut eslargi desdites prisons, le Va May 1603, y ayant demeuré xxv mois et deux jours.
Le Clerc de Monsieur Le Blanc, Cons' en la Court et Chambre de l'Edict, fut blessé de deux ou trois coups despée dans le corps et sur la teste le dernier jour du mois de Septembre, sur le soir, au Carrérot près le Temple,* 1G02. Desquelz coups il mourust le lendemain.
Monsieur le Président Chézac partist de ceste ville pour s'en aller a Bourdeaux, avec tous ses meubles, le premier Octobre 1602, sestant allé mettre par eau a Thouars.^ Messieurs de la Ville, ^ en nombre de cinquante chevaux, l'acempagnèrent jusques audit lieu.
Pierre Durand, filz d'Anthoine,* mourust le H» Octobre 1602.
Messieurs de la Chambre de l'Edict firent poser la pièce de marbre
' Ce carrérot, près le temple, devait être la petite rue portant aujourd'hui le nom de Villeneuve-Bargemont, qui va de la rue Neuve à la rue Bourbonnette en longeant une des façades latérales de l'ancien collège.
- Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à il kilomètres de cette ville, à 47 de Nérac, à 26 d'Agen. Y avait-il donc un coche d'eau que le Président prît cette voie? C'est encore à Thouars qu'aujourd'hui les Néracais se rendent pour monter sur le bateau à vapeur qui va d'Agen à Bordeaux.
^ Par Messieurs de la ville, il faut entendre, sans doute, les consuls, les jurats et quelques notables.
* Inscrit au livre des tailles de iSOQ. — Portai de Fontindère,
a la fontaine dn Dauphin* bastie 'dans le Parc du Roy ,2 le 57® Septembre 1602, où sont escriptes les lettres d'or comme sensuit :
DELPHINO FRANCICO S.
PURISSIMI FONTIS UNDAS CASTISSIMAS QUATUOR DECIM-VIRI SeNATUS
Edictalis Aquitanici, Auspicns Delphini Francici, nobilissimi pueri,
HUIC EGREGH OPERIS NIMPHŒO INCLUDI CURRARUNT, NE, QUA VICINORUM FONTIUM INVIDIA, QUIS VENAS INTERCIDERET, PEDEM AVERTERET, AUT PECUS TURBARET, SITUS CONSPURCARET, VEL TANDEM , NEGLECTUS COR- RUMPERET. ItE, PROPERATE, UNDULŒ, LUDITE NIMPHŒ DEL CATULŒ, ET CŒTERIS FONTIBUS IURA DATE. ExEAT SEMPER LIQUIDUS HIC VESTER FLUOR ; CRISPULA SUBSIDIAT MOBILITAS ; DELENIFICUS SIBILET SUSURRUS ; LIQUOR DEMULCEAT VITREUS ; ET, HEROI NOMINIQUE VESTRO JUGI, SCA- TURIGINE ET RORANDI AM^NITAT^ , USQUE PELLUCID^ , CIVIUM NeRA- CENSIUM SITIM PLACIDE RESTINGUITE.
Anno MCI.
Et en François :
« Quatorze Sénateurs du siège de l'Edict, en Guienne, soubz l'authorité du Dauphin François, ont fait enclorre les très chastes ondes de ceste claire fontaine dans le monument de ce gentil ouvrag-e, de peur qu'aucun, par l'envie des fontaines voisines, ne coupât ses veynes, ne destournat sa source, ne troublât son coulant, ne fouillât sa situation et ses destours... Ruisselez tousjours, petites ondelettes; esbattez-vous eaux délicates ; et administrez droit et justice a toutes les autres fontaines. Que votre flux argentin sorte incessam-
* Voir, dans la Guirlande des Marguerites, un sonnet anonyme sur la fontaine du Dauphin avec la note afférente, p. 155.
^ Parle parc du Roy, il ne faut pas entendre la Garenne actuelle. Il y avait deux parcs, l'un, le premier, allant jusqu'à la fontaine de Saint-Jean, et à la chapelle de la Reine Marguerite ; l'autre, ouvert par cette même Reine et s'étendant jusqu'à Nazareth. C'est cette seconde partie seulement qui portait le nom de Parc du Roy. La source qui fournit l'eau à la fontaine du Dauphin était connue sous le nom de Piquesouc.
ment; que votre mobilité crespeliie* sautille; que votre doux murmure siffle; que voti'C liqueur vitrée nous adoucisse ; et, soubz l'ombre de l'enfant héroïque, vostre protecteur, d'un cours perpétuel, avec une recréation arrousante, tousjours agréables, tousjours reluisantes, esteignez la soif des citoyens de Nérac. »
Ladite pièce de marbre avec les lettres d'or fut portée de la Ville de Bourdeaux qui cousta 17 liv. d'acliapt, outre six escus qui furent donnés a rarcbitecle de Mons^^d'Epernoi^qui vint de Cadillac exprès po"" la poscr.2 q^ fy^ jg^^ij^ jqf q^j^ clessus,27"^ Septembre, auquel jo' fut remarqué. Monseigneur le Dauphin avoit un an justement.
Monsieur Le Président Cadillac, autrement Mons"^ Le Président Gentil.^ arriva en ceste ville pour y exercer la charge de Premier Président en la Court et Chambre de l'Edict, en lieu et place de Mons' Le Président Chézac,* le dimenche x'' Novambre , veille de la S* Marihin, en compagnie des six Conseillers Catholiques qui furent envoyés de la Court de Parlement de Bourdeaux nommés : Mess^^ de
* Crespehie peut se traduire exactement par notre mot frisottée. Crespelu est un mot du xvi*' siècle que M. Littré a retrouvé dans Ambroise Paré, dans Olivier de Serres, dans Joachim Du Bellay.
- On voudrait connaître le nom de l'architecte sur les plans duquel fut élevé le château de Cadillac dont M. G. J. Durand parle ainsi [Notice sur les ducs d'Espcnwn, leur château de Cadillac et leurs sépultures, Bordeaux, 1864, in-8o, p. 17) : « Une des marques de la magnificence du premier duc d'Espernon, fut la construction de son château de Cadillac, qui, à l'époque de sa splendeur, passait pour ne le céder en richesse qu'aux seules maisons royales. Il le commença en 1598, et il y dépensa plus de deux millions. » Nous avons vainement cherché le nom de l'architecte du duc d'Epernon dans tous les ouvrages d'autrefois et d'aujourd'hui où nous pouvions espérer de le trouver, mais nous savons, du moins, par Guillaume Girard {Histoire de la vie du duc d'Espernon, 1730, in-4", p. 194; que, semblable à la plupart de ses confrères, cet architecte avait fait un devis trompeur, s'étant engagé à livrer le monument « pour cent mille écus. » Les dépenses allèrent six fois au-delà de cette évaluation, et encore le château resta-t-il inachevé.
' Il a été déjà question ci-dessus du président Gentil de Cadillac.
* Avant de nous séparer du président Ghézac, signalons encore son amour pour le jardinage. Aux cyprès plantés par le roy de Navarre dans le jardin du château de Nérac, il ajouta des orangers et des citronniers et offrit un
Guérin,* de Verdus,'^ d; Laiichre,^ de Mérignac/ de Criizeau,^ et de
jour à Henri IV des citrons et des oranges provenant de ses soins. Un de ses amis fit à ce sujet une pièce de vers où on lit :
Autrefois, dit-on, notre Prince, Retiré dans cette province, En avait fait un paradis ; Grand jardinier et grand monarque D'où nous reste encor la marque Aux cyprès qu'il planta jadis.
Icy, Chézac, prête l'oreille :
Ce n'est pas sans grande merveille Que sagement et tout exprés Tu mets l'orange en même terre , Où l'on dit jadis qu'en esquerre
Le grand roy planta ses cyprès.
' La famille de Guérin était depuis longtemps une famille parlementaire. M. Bescheron Des Portes mentionne {Histoire du Parlement de Bordeaux, t. I, p. 76, 94) un conseiller de ce nom (1548), un autre {Ibid. p. 207, 227) qui vivait en 1569-1570, enfin le Guérin d'Isaac de Pérès [îbid. p. 344, à la date de 1606).
^ Le conseiller de Verdus ne figure ni dans le livre de M. Boscheron Des Portes, ni dans la Chronique Bordeloise de Jean de Gauffreteau.
^ Pierre de Rostigny, sieur de Lancre, a obtenu une grande célébrité comme auteur de trois livres intitulés : Tableau de l'inconstance des mauvais^ anges et démons, où il est amplement traicté des sorciers et de la sorcellerie (Paris, 1610 et 16i3, in-4") ; L'incrédulité et mescréance du sortilège pleinement convaincue, où il est traicté de la fascination, de l'attouchement, etc. (Paris, 1622, in-4") ; Du sortilège, où il est traicté s'il est plus expédient de supprimer et tenir soubs silence les abominations et maléfices des sorciers, que les publier et manifester (sans nom de lieu, 1627, in-4o). Voir sur ces livres et sur un autre ouvrage, moins recherché, de P. de Lancre [le livre des Princes, Paris, 1617, in-4"), \e,Manucl du Libraire, t. III. col. 809-810. Sur ce magistrat, nous citerons ce passage de l'Histoire du Parlement de Bordeaux (t. I. p. 374) : « Le conseiller de Lancre, qui appartenait au Parlement depuis 1588, était un homme dont la dévotion excessive allait jusqu'à l'illuminisme. On l'avait vu, en 1599, solliciter et obtenir un congé d'un an pour visiter les lieux saints. Son pèlerinage se borna pourtant à l'Italie... » Pierre de Lancre mourut vers 1630, Conseiller d'Etat. On trouvera une analyse des ouvrages du démonographe dans l'article qui lui est consacré par M. Gollin de Plancy {Dictionnaire infernal). Voir encore le Pays basque, sa population, sa langue, ses mœurs, etc., par M. Francisque Michel, correspondant de l'Institut de France, Paris, 1857, in-8", p. 167-181. M. Fr. Michel écrit ainsi le nom du magistrat : Pierre de l'Ancre. Tous les autres biographes, y compris M. Weiss {Biographie universelle'^ , écrivent de Lancre.
* Le conseiller Mérignac avait été membre de la Chambre tri-partie de 1578 [Histoire du Parlement de Bordeaux, t. I, p. 261).
' Il a été déjà question du conseiller et chroniqueur Cruzeau.
Meslivier,' à tous Icsquelz fust fa ici un lionnorablo accueilli par Mess'"^ L''S Coiisiilzdc ccsle villo accouipag'iics de soixante ou quatre vingtz chevaiix des liabitaus de ladite ville, qui allèrent au devant d'eux jusques au del.i de iiarbaste pour leur rendr le devoir et olï'rir le peublicq, qui fut fai(ît avec gra'nde alégresse. Pour le tesmoignage de quoy, les petitz entans dressè'ent une compagnie d'environ deux cents, avec tambour, qui marchèrent audit Harbaste, audevant dudit Seigneur Président, à quoi il prinst grand plaisir. Et, estant arrivé à la poi'te de l^'ontindere, Mess»"" de la Justice le saluèrent et luy fut faict une harang:ie par IVP Pierre f^oy, Lieutenant G^^ d'Albret.^ Bref, on n'oublia rien pour lui tesmoigner l'aise de sa venue.
Le mardi, xxii"" Novambre dudit mois et an que dessus, Mcss"^* de la dite Court et Chambre entrèrent en audience où fut faict une harangue par le dit seigneur Président Cadillac, qui dura environ trois quartz d'heure. Et après, lesAdvocatz et les Procureurs prestarent le serment suyvant la coustume.
Jehan Cutigni,^ ]\P arquebusier, mourust le dimanche xvii'"' Novambre 1602.
Arnaud Douglé^ mourust le xxi""® Novambre 1602.
Mondotte d'Avance,* femme de Didot, mourust le xxiii™^ Novambre 1602.
M' Jehan Mathisson, Principal du Collège de Nérac ^ fit une haran-
' Probablement François de Mestivier, le conseiller au Parlement qui est mentionné dans laChronique Bordelaise de Jean de GaufTreteau (t. II, p. 244). Sur la famille Mestivier V. Samazeuilh, B. de Varrond. de Nérac, \}.b\k), et aussi T. de Larroque, Revue de Gascogne, tome XVI, p. 189.
2 Pierre Roy, inscrit au livre des tailles de 1599. Pourtal de Condom. Lieutenant général d'Albret le 22 juin 1602.
' Me Jehan Gutigny, arquebusier, inscrit au livre des tailles de 1599. — Pourtal de Fontindcre.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. - Pourtal de Bourdeaux.
' Ce nom est encore porté aujourd'hui par un pharmacien de Barbaste et un savant médecin exerçant à Marennes. — L'Avance est un cours d'eau qui passe à Gasteljaloux.
• Voir une note précédente.
gup en latin, dans la maison de ville, où assistarent Mess""^ Les Président de Cadillac et Feydeau et Mess'^ Les Coneeillers tant Catholiques que de la Religion, ensemble grand nombre d'autres personnages d'honneur et qualité. La dite harangue dura environ une heure, en la quelle fut discouru du changement nécessaire desdits sieurs Conseillers Catholiques prins du corps de la Cour du Parlement de Bourdeaux. Aussy fut exalté grandement Mons^^Le Président Chézac et ceux de sa Compagnie, comme les premiers qui avoit faict l'ouverture de la dite Cour et Chambre. Mess^^ les Consulz avoit faict tapisser la Grand Chambre de la dite maison de ville pour recevoir plus honnorablemcnt tous les dits Mess'^. Ce fut le samedy vu™® Décembre 160i2, estans Consulz : Bernard Sauvage,^ Pierre Vénier,^ et Jehan Dupleix,^ estant mort, M' François Labroue, premier consul.'*
Monsieur Du parc, Gentilhomme Catholique, estant en ceste ville pour la poursuitte de quelque sien procès, mourust chez Ysaac Dubédat ^ pâtissier, au logis appelé La Croix Blanche^ le xiiii'"^ Décembre 1602.
' Inscrit au livre des tailles de 1599.— Pourtal de Marcadieu. — Ne semble avoir aucun rapport avec les Sauvage de Gasteljaloux signalés par M. Samazeuilh. V. Biog. de l'arr. de Nérac, p. 782. On retrouve cette famille Sauvage jusqu'à la Révolution à toutes les pages de nos annales néracaises.
- hiscrit au livre des tailles de 1599.— Pourtal du Pont. — Voir sur Venier Biog. de l'arr. de Nérac, Samazeuilh, p. 847.
• Inscrit au livre des tailles de 1599. - Pourtal de Bourdeaux. -M.SamRzeuilh, dans sa Biographie de l'arr. de Nérac, page 257, dit n'avoir connu que Pierre Dupleix, marié en 1712 et Jérémie Gourgues de Dupleix, mort à Nérac en 1753, comme ayant habité Nérac. Cette famille appartient à Condom, prétend-il. M. Samazeuilh ignoruit-il donc le Consul de 1C02 et autre Pierre Dupleix habitant aussi à la même époque le quartier du Portai de Bourdeaux? — Ceux-là devaient être nés à Nérac, car ils y étaient propriétaires, l'un Jehan, de Lalagûe, l'autre Pierre, de Mondi7iotte { V. livre terrier. Archives municipales). Les Dupleix figurent aussi au rôle de Y imposition , pour l'entretien des ministres de la parole de Dieu , 1605. On n'a pas oublié qu'aux premières pages de la Chronique on signale la mort de Mademoiselle du Lavay, mère du Capitaine Dupleix.
* V. note précédente.
^ Ce pâtissier, qui tenait une hôtellerie à l'enseigne de la Croix blanche, figure comme habitant le Portai de Ma?xadicu sur le Rolle de l'imposition pour
François Renard,* Capp^% mourust le xxir« Décembre 1602.
Dauid Vacqué, habitant de Sainct-Justin en Armagnac, espousa Racliel de Laporle, damoiselle,'^ le mardy, dernier jour de Décembre 1602, preschant Mons' Mermet.^
Madame la Présidente de Cadillac* arriva en ceste ville, venant trouver Monsieur de Cadillac, son mary, logé au Chasteau du Roy, le judy xvi"« janvier 1603.
François Lafargue, Capp^%^ mourust le 18™^ Janvier 1603.
Jehan Mazellières,^ filz à feu M*" Oddet, le secrétere, aagé d'environ 13 à 14 ans, fort beau garçon et d'un gentil esprit, mourust le xxiin^e Jan\icr io03.
Arnaud Baroque, S^ de Lassaubole,^ mourust h sa maison, le xxv"" Janvier 1603.
La fille du Capp^® Castaing, de Casteljeloux,^ mourust en la ville
l'entretenement de Messieurs les Ministres de la parole de Dieu en l'Eglise de Nérac. 4603. Le nom de Dubedat était aussi répandu à Nérac au xvi" siècle que de nos jours.
' Ne figure sur aucun registre du temps.
- Une fille peut-être du capitaine Laporte, gouverneur du château.
^ Antoine Mermet, déjà cité.
* Femme du Président Gentil de Cadillac. Les présidents de la Chambre de l'Edit avaient leur résidence au château.
• 11 y a un Françoys Lafargue au livre des tailles de 1599, — Pourtal du Pont, mais son nom n'est pas suivi de la qualification de capitaine. Est-ce le même? Les capitaines signalés par la Chronique étaient le plus sou/ent étrangers à la ville.
' V. sur de Mazelières une note précédente.
' Le premier inscrit sur l'^ livre des tailles de 1599.- Portalde Condom. — Ne figure pas sur le rôle des impositions protestantes, ce qui prouve qu'il était catholique. Le domaine de La Saubole, entre la rivière de Baïse et la route de Nérac à Condom, est à trois kilomètres environ de Nérac et appartient aujourd'hui au docteur Labat.
' Pour la famille Castaing, de Casteljaloux, voir Biog. de l'arr. de Nérac, p. i86.
- Uî —
de Nérac, au logis de Madamoiselle de Jautan, sa gTand'mère, le xxv"® Janvier 1603.
Catherine Yier, mère de Pierre Brugère , mourus! le xvi''« Fébvrier 1G03.
Jehanne de Bertrand, femme de Geofre, mourust le xxv'"^ Fébvrier 1G03.
Le xxv"® Fébvrier 1603, Jehan-Louis BajoUe, Sergent Royal, habitant de Condom, fit esmende honnorable en la Cour et Chambre de Nérac, pour auoir faict fer une quittance fausse contre Daniel Leprince. Ce fut avec la hart au col mise par le bourreau, teste et pieds nus, et en chemise, avec la torche allumée au poing, et condampné aux galères. Et, le 3°"Mars ensuyvant, il fut délivré au Commité.
Le Capp°® Carbon, de Barbaste, mourust le xxvi'"« Fébvrier 1603.
Le filz de Mons' Sainctdisant, mourust au Collège de la présente ville où il estoit en pention chez Mons"" Le Principal ,^ le 1111""® Mars 1603.
Pufau, mourust le dit jour iiii'"* Mars 1603.
Anthonie Cariton,^ vefue à François de Batz, mourust à sa mettérie de Labarthe, le iiii"» Mars 1603.
M. Jehannot de Laruffie, Jurât de la ville de Nérac,^ mourust le xi'"^ Mars 1603.
Monsieur M« Jehan de Bacalan,'* advocat du Roy en la Cour et
' M. Jehan Mathisson. Il avait eu pour prédécesseur Daniel Meulh. Ces noms se retrouvent aujourd'hui àJ>»érac.
- Le non de Cariton est resté à une maison sise au-dessus de la Garenne, sur la route de Nérac à Nazareth'.
' Jean Ruffie, ainsi inscrit au registre des tailles de 1599. Son fils Jacques de La Ruffie, conseiller et secrétaire du Roy en Testât de Navarre, figure au terrier de 1611 comme bien tenant du Caillaou et du Braua. Corysande Laruffie, sa sœur selon toute probabilité, possédait le Cailhavet. Pour la famille La Ruffie ;V. Samazeuilh, Dict. de Varr. de Néî'ac, p. 51 1.)
* Le mariage de Jean de Bacalan n'a pas été mentionné dans la France protestante (seconde édition, 1877): on se contente d'y nommer les quatre
— us —
Chambre de L'Edict en Cuienne, espousa Damoiselle Pasquette de Jehan, sa femme, le xiii'"« Mars 1603, dans la ville de Nérac, preschant Mons' de Masparraute.
M' Nicolas de B.rassay, auditeur en la Chambre des Comptes de Nérac,* mourust le xxii^ Mars 1603.
M"* Bertrand de Lavallade, aduocat et Jurât de la ville de Nérac,' mourust le dimanche SO"* Mars 1603.
Mathurin Bacarrére, bouchier, se noya audessous le pont de la Garonne, en se baignant, le x"" Avril 1603.
Londradc, autrement Primado, mourust le xii"** Avril 1603.
Pierre Jonchère, habitant de la ville de Xainxtes,^ fut condamné par arrest de la Cour et Chambre de l'Edict estabhe dans la ville de Nérac, d'avoir le poing coupé, et la teste tranchée, pour avoir tué une sienne chambrière, dans la ville de Xainctes. Lequel arrest fut exécuté le xxii® Avril 1603, prés le Griffon.'^
fils de l'avocat du roi, Jean, capitaine au régiment de Picardie ; Arnaud, avocat général à son tour en la Chambre de l'Edit ; André, avocat à la même Cour, et Symphorien, qui suivit la carrière des armes, d'après des renseignements fournis par un document très curieux que possèdent les Archives du département de Lot-et-Garonne (Registre des insinuations de 1635 à 1637, B. 56).
' Nicolas Brassay était auditeur de la Chambre des comptes dont Thobie de Brassay était trésorier. Ce dernier, nous le verrons plus loin, acheta à Bordeaux une charge de Secrétaire de la chancellerie. Il fut remplacé, en qualité de trésorier de l'Albret, par Isaac Jausselin (V. une note précédente). La famille de Jausselin possédait encore en 1G71, une maison située visà-vis l'église Saint-Nicolas et en partie brûlée.
^ Voir une note précédente.
' Saintes, chef-lieu d'arrondissement du département de la Charente-Inférieure, à 69 kilomètres de la Rochelle.
* C'est là que se faisaient les exécutions qui ne laissaient pas d'être assez nombreuses. Dans son introduction à la Chronique, M. A. Lesueur de Pérès, en a relevé 21 de 1592 à 16M.
— iu -
François Vangabie, mangonnier,* mourust le xxv* Avril 1603.
Le cochier de Monsieur Le Président Cadillac, niorust dans le Chasteau, le 19« May 1603.
La femme de M. Abraham de Larrat,^ chirurgien, mourust le 19«May 1603.
Le xxviii» May 1603, Monsieur le Maresclial d'Ornano estant en la ville d'Agen, on envoya quérir en dihgence, par courrier exprès, Monsieur Le Président Cadillac, en ceste ville de Nérac, pour l'aller trouver au dit Agen, ce quil fist tout aussy tost, accompagné de deux ou trois de Mess''^ les Cons" Catholiques. Ce parlement si prompt et inopiné doinia, sur l'heure, quelque mauvaise impression à ceux qui le voyoint ainsi partir en haste. Mais, enfiii, il fut sceu quil s'en alloit au dit Agen, a cause du duel que Mons' de Montespan,^ avoiL avec le dit S"" Mareschal, l'ayant faict appeler au combat pour se battre. Il fut avisé, a Agen, par le dit S' de Cadillac, Président Lalanne^ et autres, d'envoyer promptement en
' Revendeur, frippier.
- Figure avec sa qualité de chirurgien, au livre des tailles de 1599. Ce nom de Larrat est encore très répandu dans le pays.
' Antoine-Arnaud de Pardaillan et de Gondrin, seigneur et plus tard marquis de Montespan et d'Antin, dont il a été déjà question. Voir le récit de la querelle et de l'accomodement dans les Mémoires du duc de la Force, que le Roi avait envoyé comme médiateur à Agen t. I, p. 459-164), et, dans les Archives historiques du département de la Gironde (t. XIV, 1873, p. 408-413), les lettres écrites sur le même sujet à Henri IV et au premier président de la Cour de parlement de Bordeaux (d'AtTis,) par M. de Montferrand (28 mai 1603 , par le président d'Affis à M. Du Fresne (29 mai 1603), par le président de Gentil à Henri IV (30 mai 1603) etc. Voir surtout Uhid. p. 4^21), une lettre du maréchal d'Ornano à Henri IV, du 5 novembre 1603. — Voir enfin un récit contemporain et anonyme de la querelle dans la Revue de Gascogne de janvier 1878 (t. XIX de la collection, p. 30-32). Le rédacteur du Supplément des Chroniques de la 7ioble ville et cité de Bourdeaux, a mis en l'année 1607 (p. 127), ce qui se passe en 1603.
* C'était Lancelot de Lalanne, fds de Sarran de Lalanne, aussi président à mortier au parlement de Bordeaux. Voir sur le fds, comme sur le père, tous les recueils bordelais, surtout les Chroniques de Darnal et de Gaufre-
Court pour avertir le Roy, et, à ces fuis, le Capp"« Avance fut despéché en poste vers Sa Majesté pour luy donner et apporter nouvelles de tout. Mess'^ de la Court et Chambre de l'Edict donnarent un arrest par lequel il estoit inhibé au dit S' de Montespan de se battre et luy fut signifié par Laferricre , huissier en la Cour.
La femme de Monsieur de Rou^sanes,' Cons'"^ en la Cour et Chambre de l'Edict, mourust dans la ville de Nérac, le vii™« Jung 1003.
M' Jehan de Netton, Juge de Sérillac,^ en la Yicomté de Turenne, fut pendu et estranglé, le xx""" Jun 1603, ayant esté convaincu de fauceté et subornation de tesmoius.
Le xxiiii"' Jung 1603, jour de La S* Jehan, Jehan Capot, demeurant dans le Chasteau, comme portier tenant les clefz des portes, donna un coup de poignard dans le tétin droit à un nommé le Capp'^" Robin, de devers Castillon,^ qui estoit venu en la compagnie de Madame de Mérignac , ayant eu quelques contestations ensemble , pour avoir voulu le dit Robin passer pour aller à la Guarenne ^ ce que le dit Capot ne voulut souffrir, et, là dessus ayant eu leur dispute, le dit coup de poignard s'en ensuyvit.Le dit sieur Capot se sauva par ladite Guarenne et n'en fut fait autre poursuitte. Et, dans quelque temps
teau et les Notices historiques du département de la Gironde. Voir, en particulier, dans ce dernier recueil, divers documents relatifs à la fois au président Lalanne et au maréchal d'Ornano, qui paraissent avoir été très liés (p. 373, 381, 382, 388,-396, etc.).
' M. de Roussannes n'est mentionné ni dans la Chronique de Gaufreteau, ni dans VHistoire du Parlement de Bordeaux, par M. Boscheron Des Portes.
2 Sérillac est une commune du département de la Gorrèze, arrondissement de Brives, canton de Beynat, à 22 kilomètres de Brives, à 5 kilomètres de Beynat.
3 Castillo7i-sur-Dordogne, che?-\ieu de canton du département de la Gironde, arrondissement de Libourne, à 18 kilomètres de cette ville, à 41 kilomètres de Bordeaux.
* La Garenne était séparée du château par un pont-levis, et sans doute, c'est ce pont-levis que Jehan Capot refusa d'abaisser devant le capitaine Roubin.
après, le dit Capot se remist à sa charg-e. Le dit Roubin ne mourust de ce coup, mais fut malade long-temps.
Monsieur de la Trimouille,* arriva en ceste ville, le xiiii'"® Aoust 1G03, s'en allant aux Eaux, et s'en partist le xvi""*.
Guillaume Guéribou, valet de chambre du Roy,mourutà L'Escuerie du Roy,2 le dimenclie, dernier d'Aoust 1603.
La femme de Jehan Dauphin,^ marchant, fille de feu M'^ Colrat, ministre,'' mourut le premier Septembre 1603.
Monsieur Le Président Cadillac, après avoir servy son année en la Chambre establie à Nérac, s'en alla, le samedy xx"» Septembre, prenant son chemin droit à Agen où estoit Mons' le Mareschal d'Ornano. Mess""^ les Consulz, avec une vingtaine d'hommes à cheval, l'accompagnèrent jusques à Monlagnac,^ où il alla desjeuner.
Le lundy vi™*' Octobre 1603, le S' Pierre Puyferré, Consul de la présente ville et Bernard Lagardère, M^ Cliirurgien,^ entrèrent en
' Déjà nommé.
- Elle était séparée du château et se trouvait dans un bâtiment situé entre une des ailes et le jardin du Roy. « Au chasteau est attachée une grande
écurie à loger soixante chevaux Gomme cette maison est détachée du
château et hors l'enceinte, on pouroit l'affîeffer. » {Voir Observations sur la Sénéchaussée d'Albret 4180. Manuscrit de la Bibliothèque municipale de Nérac.)
^ Ce Jehan Dauphin sera bientôt consul avec Isaac de Pérès. Tous ces Dauphin paraissent être de la famille de celui qui, en 1580, était valet de chambre de Jeanne d'Albret V. Archives de la Chambre des Comptes de Nérac).
* Un nom qui manque à la liste des ministres protestants déjà donnée. La femme de ce pasteur était, d'après la Chronique même, une fdle de Jehan Labarthe, morte au Lavay en 1599.
* Montagnac-sur-Auvignon, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement et canton de Nérac, à 12 kilomètres de cette ville, à 15 kilomètres d'Agen. Voir le Dictionnaire géographique, historique et archéologique de l'arrondissement de Nérac, par M. J.-F. Samazeuilh, p. 344-350.
* Pierre Puyferré et Bernard Lagardère, chirurgien, sont inscrits tous les
quelque dispute et diiïérend, sur le discours de l'entrée du vin estranger, disant le dit S^ de Lagardère que si on permettait l'entrée du dit vin, qu'ilz estoint cinq cents qui yroint rompre et enfoncer les barriques, à la porte de la ville. A quoy fut respondu par ledit sieur de Puyferré qu'il croyoit que le dit S' de Lagardère ne seroit si sot ny si impudent de si vouloir trouver. A cela, fust respondu plusieurs paroUes par ledit S^ Lagardère et répliqué si avant qu'il appella Maraut ledit S"^ de Péferrié, lequel se sentant offensé de telle injure, empogna le dit S'' Lagardère par le bras pour le mettre en prison * de laquelle on estoit assez près, pour s'estre passé le tout audevant du Cbasteau. Le dit S*" Lagardère, à mesme temps, prend au collet le dit S'' Puyferré, qui bientost après vint fère sa plaincte en la maison de ville où l'on s'assembloit pour autres affaires, remonstrant tout ce que dessus. Et, l'ayant ouy, la Jurade avec les Consulz, résolurent de poursuivre le dit S'" Lagardère par la voye de justice, et, qu'à ces fins, il seroit informé contre luy et que Les Consulz etSindic se joindront en l'instance auec le dit Sieur de Péferrié, pour en fère la poursuite aux dépens de la dite ville, comme ayant esté offensés en la personne de leur compagnon Consul. A ceste cause, le mesme jour on fit fère l'niformation qui fut décrétée de prinse de corps et baillée à un sergent pour la mettre à exécution, lequel sergent alla saysir lé S' Lagardère dans son logis pour le mener en prison. Mais, ayant faict semblant de le suyvre, il s'esvada et ny entra poinct de ce
deux au livre des tailles de 1599 comme habitant le Pourtal de Marcadieu et aussi au rôle des impositions protestantes de 1605. Le consul Puyferré est une des premières victimes des doctrines du libre-échange. Un Jean Puyferré habitait en 1671 une maison rue des Emharrats. Un Imbert de Puyferré ou Poyferré figure, à la date du 8 juin 1572, dans le testament de Jeanne d'Albret, pour une somme de 6,000 livres. Il était écuyer de la Reine.
^ La prison de la sénéchaussée était, en effet, un siège même du Sénéchal dans la tour (ancienne tour des Templiers), qui flanquait le bâtiment où se trouvaient encore , il y a sept ans, les prisons de la ville , sur la place du Marché au blé, devant le château.
jour là. Le lendemain, le S»" Lag'ardère fut appelle à trois briefs jours, à son de trompe par la ville. Ce que voyant, plusieurs de ses amis s'cmploiarent pour ménager un accord qui fut tel que pour réparation de tous ces excès, ledit Lagardère se rendit prisonnier aux prisons du Sénéchal où il fut couché sur l'escroue. Et, incontinent après, on l'envoya quérir en la maison de ville, la Jurade y assemblée, et, arrivé qu'il fut, Mons^ de Lavallade, Premier Consul, luy fit une belle remonstrance après laquelle le dit Lagardère fit déclaration, comme il estoit marry de ce qui c'estoit passé entre luy et ledit S»" Puyferrié, le priant, ensemble à toute la compagnie, le vouloir excuser et pardonner de ce qu'il fait ne dit contre luy, promettant, parcy-après, porter honneur et respect aux dits Gonsulz comme estansscs supérieurs, et autres mots couchés en sa déclaration qui fut incérée dans le livre des actes de la dite maison de ville, au pied duquel ledit Lagardère signa. Cela accepté, le dit S"" Puyferré et luy dcmeurarent bons amys, s'estans embrassés en signe et amytié. La dite réconciliation fut faite, le lundy xili"* Octobre, mois et an que dessus.
Pierre Couderc,* Sergent Royal, mourust le xiii'"^ Octobre 1603.
Peyronne Lasalle, vefve à feu Bamond dit Ion faouréde Uécaillau ^ mourust le samedy xv"® Octobre 1603.
Charlotte Miotte, mourust à sa mettérie du Poy-Fortéguille ^ et portée en ceste ville le iiii'"'' Novambre 1603.
Maistre François, arquebusier,^ mourust le xiiii°" Novambre 1603.
' Pierre Coderc, sergent royal, inscrit avec cette orthographe au livre des tailles de 1599. Le même nom est encore porté aujourd'hui.
- Recaillaou, à 3 kilomètres 700 mètres de Nérac, sur la Baïse.
^ Aujourd'hui Puy-fort-Eguille est une section formant paroisse de la commune de Nérac et comprenant 400 âmes. Les paysans du lieu disent encore le Poney [Podiiua fortis aciis). En 1286, Amanieu d'Albret reconnaît tenir du Roi d'Angleterre factum de podio fortis acus.
* Sans doute François Menessier, armurier, inscrit au livre des tailles de 1599. — Pourtal de Bourdeaux.
Monsieur le Président Tarneau * arriva en ceste ville, le x^ de Novambre 1G03 auquel Mess^* les Consulz et un bon nombre d'habitans allarent au devant jusques un peu au delà le villag-e de Barbasle pour iuy oITrir la ville et 1ère le devoir requis. Mess'^ les officiers de Néracse trouvarent h la porte de Fonlindère pourluy fèreunebarangue (]ui fut faicte par Mons"" le Lieutenant Duroy.^ Et après, il fut conduict jusques au logis de M® Thobie Brassay qui Iuy doinia a souper et coucber au Cbasteau du Roy. Les Consulz estoint Mess'' de Lavallade, Leveiiier,^ Laiïore^ et Puyferrc. Les Conseillers qui vindrent pour servir l'année avec le dit seigneur de Tarneau estoint Mess'^ de Goufreteau,^ Camaing,^ Lescure,' Loupes,^ et Mess^^ de
' Nous avons déjà rencontré le nom de ce nmagistrat et cité l'éloge qui lui a été décerné dans la Chronique Bourdeloise.
* Pierre du Roy. V. à ce nom, Biographie de l'arrondissement de Nérac, Samazeuil, p. 731.
^ Jehan Venier, avocat inscrit au registre des tailles de 1599, Non cité par M. Samazeuilh. Voir au nom de Venier, Biographie de l'arrondissement de Nérac, p. 848.
* Déjà cité.
* Dans YEssai généalogique sur la famille Gaufreteau, placé par M. Jules Delpit à la suite de la Chronique Borde loise, on voit (p. 320 du tome II), que Jean IV de Gaufreteau, servit presque constamment, de 1602 à '1606, dans la Chambre de l'Edit établie à Nérac.
' Un Thibault de Camain figure dans la Chronique de Jean de Gaufreteau, comme sous-doyen des Conseillers du Parlement de Bordeaux en 1621 (t. II, p. 110). — 8 Voir page suivante.
' Voir sur le conseiller de Lescure, la même Chronique (1. I, p. 265 , à l'année 1585). C'était le beau-frère de Jean de Gaufreteau, le vieux ( Essai généalogique sur la famille Gaufreteau, t. II, p. 320). On lit dans ce môme Essai (p. 321 ): « En 1612, les mouvements des Huguenots ayant paru inquiétants pour la ville de Bordeaux, le Parlement résolut de faire la levée d'une compagnie pour s'opposer à leur courses, et chargea les conseillers Gaufre-
Mérignac* et de Cluzeau, que le Roy voulut estre continués pour servir en la Chambre encores pour une année.
Jehan Lanusse,^ mourust d'une appoplexie, le dimanche xvi« de Novambre 1603. Geste mort donna un peu de fraieur craignant que ce fust la peste, à cause qu'en plusieurs villes de ce Royaume, plusieurs personnes estoit mortes de contagion. Mais ayant esté visité, il fut acertainé par les M«^ Chirurgiens qu'il estoit mort de la dite apoplexie.
Mess""^ les Consulz de la ville de Nérac, ayant eu avis du danger de la contagion qui estoit en plusieurs villes de ce pays, tirent un commencement de garde aux portes, les ayant faites fermer excepté deux, une au Grand Nérac et l'autre au Petit. Gela commença le xvie Novambre 1603, ce que la Cour trova fort mauvais et fut donné un arrest par lequel il estoit enjoinct aux Consulz, à peyne de mil escus, de fére ouvrir toutes les portes de la dite ville qui avoist esté
teau, Massip et Lescure de commander cette compagnie. Tous trois, ajoute le chroniqueur, étaient aussi aptes aux armes qu'aux lettres et à la magistrature. » Le conseiller de Lescure est mentionné dans VHistoire du Parlement de Bordeaux, de M. BoscheronB es Portes (t. I p. 325). ainsi qu'un autre conseiller du même nom, qui était probablement son fils (t. II, p. 156).
' Loupes doit-il être identifié ave le conseiller de Loupes, dont il est parlé dans la Chronique de Jean de Gaufreteau, à l'année 1624 (t. II, p. 140) et aussi à Tannée 1637 {Ibid. p. 227) ? En ce dernier passage on apprend que Jean Daffis, président à mortier au parlement de Bordeaux et fi] s du premier président Guillaume Daffis, avait épousé la fille du conseiller Jean de Loupés, lequel « bien qu'il eut desja soixante ans sur la neige de ses cheveux, espousa une jeune fille de quinze ans et en eut des enfants.»
' Le conseiller Mérignac devait être le fils d'un autre conseiller du même nom qui vivait en 1562 (Boscheron Des Portes, t. I, p. 162). Le Mérignac de la C (ironique d'Isaac de Pérès avait été membre de la Chambre tripartie de Bordeaux, 1578 (Ibid, p. 261).
" Jehan Lanusse, fils de Francoys, inscrit ainsi au livre des taille de 1599, Portai de Fontindère. Ce nom est encore porté à Nérac.
fermées pour la crainte de la maladie et que l'entrée ne seroit nullement refuzée h toutes manières de gens et de quelque lieu qu'ilz fussent, jusques à ce que, par ladite Cour, en fut autrement ordonné. Au quel susdit arrest, après la signification faicte, il fut obey promptement par les dits Consulz, du consentement delà Jurade, et, ainsin, la dite garde ne dura que trois jours, ayant la dite signification d'arrest esté faite le xviii» du dit mois.
Monsieur le duc d'Espernon, passa en ceste ville, venant du pays de Haut,* le 19® Novambre 1603 et s'en alla le lendemain, xx^ du dit mois. Monsieur le Président Feydeau, avec trois de Mess" les Cons'% l'allarent saluer, le soir de son arrivée, et incontinent après, MonsMe Président Tarnau Talla voir aussi, comme firent scmblablement Mess" les Consulz avec un bon nombre d'habitnns.
M' Gabriel Laroche substitué du Procureur Général d'Albret au siège de Nérac,^ mourust le xxv® Novambre 1G06.
M" Jehan Mathisson, principal du Collège de Nérac, fit une belle oraison en la maison de ville, le dit jour xxv« Novambre, ou estoint tous les Mess" de la Cour et grand nombre d'autres personnes, qui fut à son grand honneur et louange. Il loua fort en ycelle Monsieur le Président Tarneau, ensemble toute la Cour : c'estoit en l'année que dessus.
La maison de M"" Bernard Marracon,^en la rue de Condom, se brusla, le samedy vi*^ Décembre 1603, environ l'heure de neuf heures du soir, ensemble celle de son voisin. 11 y eust un merveilleux em-
' Il venait probablement de son château de Caumont situé, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, dans l'arrondissement de Lombez. On dit encore dans le pays : es bengut clou pays den haou, de tous ceux qui sont venus du côté des Pyrénées.
- Gabriel Laroche et Catherine Fumoux,e. Ainsi inscrit sur le livre des tailles de 1599, Portai de Condom.
• Bernard Marracon, le vieux, et Bernard Marracon, le jeune, sont inscrits tous les deux au livre des tailles de 1599, Pourtal de Condom, Ne seraient-ils pas la souche des Marcon de nos jours?
brazement en ce feu, à cause du bois et fagot qui y estoit, tellement qu'il continua l'espace de trois ou quatre heures. Toute la ville presque y acourust, au son de la cloche, qui sonna plusieurs fois. Dans la dite maison de Marracon, estoit log"é un nommé La vielle, de Mésin,* greffier de l'audiance de la Cour et Chambre de L'Edict en Guienne.
Pontoude Paillon, frère d'Arnaudet. mourustlevii^décembre 1603
Un lion passa en caste ville, le x' jour de décembre 1603, qui estoit mené par trois ou quatre personnes, par pays, pour en fère monstre et gagner de l'argent. Il fut mené dans le Ghasteau du Roy, et le lendemain de leur arrivée, on l'attacha au milieu de la basse-court du dit Ghasteau, pour le fère battre avec quelques chiens; mais, ilz n'osarent s'attaquer et ne se tirent point de mal. Tous les Mess'^ de la Cour et force autres gens de la ville estoit là présens pour avoir le plaisir du combat. On payoit deux soulz et un soûl pour avoir permission d'entrer.
Monsieur le Mareschal d'Ornafio estant à Bourdeaux envoya le lieutenant de son Prévost, avec plusieurs archers en ceste ville pour se saisir d'un nommé M"" du Barrait qui plaidoit en la Chambre, le quel il prinst prisonnier le samedyxiii® Décembre 1603, et l'en amena, le mesme jour, droit à Bourdeaux, On disoit qu'il estoit consent à l'entreprise de Blaye, Bourc, et Liborne qu'on avoit voulu surprendre quelques mois auparauant. Mais, estant en Cour, il fut congédie pour estre innocent du tout.
La femme de François Duras ,^ mourust d'une apoplexie , le xxvi' Décembre 1603.
Jehanne de Geneste, femme de M'^ Oddet Despujolz, cordonnier, mourust le xiii* Décembre 1603.
Un Gordellier du pays de Dauphiné, ayant laissé le froc en ceste ville,protesta peubliquement, un jour de dimenche, iiii* Janvier 1604,
* Chef-lieu- de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, à 13 kilomètres de cette ville, à 39 kilomètres d'Agen.
- Francoys de Larrat dict Duras, inscrit au livre des tailles de 1599. Pourtal de Fontindâre. Les sobriquets étaient très usités au xvi« siècle.
à l'issue du presche, dans le Temple de la présente ville, où il fît une belle harangue expccifiant, au menu, les erreurs que commettent les Catholiques Romains contraires directement h la parollc de Dieu, comme il monstra par passages fort à propos prins de la Saincte escripture. Finallement,il finit son discours par une supplication à toute la compagnie de prier Dieu qu'il luy fit la grâce de percister en sa saincte résolution.
La femme de Cédât, ^ Garde des sacs^ de la Cour et Chambre de L'Edict, en Guienne, mourust le v*' Janvier 1604, dans le logis de S' Arnaud Latané,^ marchant, près la halle.
Judic de Pérès, ma fille , fiança M' Jehan Nagoua,* le dimenche xi« Janvier 1604 et espouza le xii® Fébrier ensuyvant, par Mons"^ de Masparrante.
Par arrest de la Cour et Chambre de L'Edict en Guienne, fut condamnée une chambrière nommée Jehanne Marcos, qui s'avoit tué quelque enfant, a estre pendue et estranglée, et fut exécutée, le samedy vii« Fébrier 1604, près le Griffon.
Jéhanne Dupioc mourut le xii« fébrier 1604.
Jehan Auzero, dit Berdet, mourust le xxi« Fébrier 1604.
Marie Bru guère , femme de Jehannot Laspeyres , mourust le viii' Mars 1604.
' Inscrit au registre des tailles de 1599. Poiirtal de Bourdeaux.
' Par garde des sacs, il faut entendre garde des dossiers, les pièces de procédure s'enfermant dans des sacs.
^ Il n'y a qu'un Arnaut Latané, capitaine, inscrit au livre des tailles de 1599, Pointai Marcadieu, dont la halle faisait partie.
* Inscrit au livre des tailles de 1624, Pointai de Marcadiei^, fds d'Arnaut ou Arnal Nagoua inscrit au même Portai. (Livre des tailles de 1599 dont parle Isaac de Pérès au début de sa Chronique.) Une fille d'Arnal Nagoua avait épousé le capitaine Dulong, tué près du Molia.
Catherine de Labatut, vefve à feu Arnaud.* de Serbat^ mourust le xi« Mars 1604.
Gaye,' mourust à Serbat, le xii" Auril 1G04.
Guilhaumes Barigaut,* conroyeur, mourust le xiiii« Avril 1604.
Jeliannot Laspeyres, mourust le lundy 3 May 1604.
Il fut faict une assemblée généralle dans le Temple de la présente ville, le dimenche, yssue du presche, après-midy xxiii^ Mai 1604, convoquée de l'authorité et par l'avis du Consistoire ^ où estoint assistans Mess'^ Les Officiers, Consulz et grand nombre des autres habitans. Mons^ de Masparranle, un des Pasteurs de Tégiize, conduisant l'action. Là, il fut par luy remonstré comme à cause des grandes maladies et vieillesse de Mons'de Mermet, Ministre,^ il estoit fort expédient de tascher de luy bailler son filz pour abjoinct, aux fins de luy donner du solagement, le quel est à Puhx,^ demandant avis à la
* Inscrit au livre des tailles de 1599 pour les villages dépendant du Portai de Fontindère. Il y avait alors à Serbat tant de personnes portant ce nom : ( Anthoine de Serbat, Armant de Serbat, Guiraut de Serbat, Imbert de Serbat, etc.), qu'on se demande si elles ont emprunté ce nom au village, ou le lui ont donné. Les Faulong, alliés aujourd'hui aux descendants du chroniqueur, et les Lascomères sont inscrits au même livre comme habitants de Serbat.
- Serbat, près Nérac, est un de ces rares groupes de populations où les protestants sont restés en majorité.
' Blanc existant dans le manuscrit et destiné à recevoir le prénom
de la personne décédée qui portait le nom de Gave. Ce prénom est Jehan. Jehan Gaye et Jchanne Campaigno sa belle-mère, inscrits au livre des tailles de 1599.
* Guillaume Barigault, conroyeur, ainsi inscrit au rôle des impositions protestantes de 1605, Pourtal de Bourdeaux. Ce nom est encore honorablement porté, à Nérac, par l'adjoint au maire et autres personnes.
" Le Consistoire est le corps délibérant qui régit l'Eglise par groupe de paroisses.
' Antoine Mermet avait 42 ans de ministère. Son fds, déjà cité comme pasteur à Puch, s'appelait Ezechiel.
'' Nous avons déjà dit que c'était Puch, commune de l'arrondissement de Nérac et du canton de Damazan.
compagnie si on devoist fére ceste recherche et h ces fins, s'adresser au Sinode* qui doit cstre tenu au mois de Septembre prochain. Sur quoy, par commune voix de tous, après avoir ouy le père qui cedda tout son droit à l'églize , il fut résolu qu'on poursuivroit vivement la demande du dit sieur do Mermet, filz et, qu'auplustot, ceux du dit Puhx seroit avertis de la dite poursuitte, pour se pourvoir d'un autre en sa place.
Jehan Bordes, dit Coque,^ mourust le ii« Jung 1604.
Mathuiin Rogier, dit Matelot,^,;mourust le vii* Jung 1604.
M' Bastian Gerbous, mourust à Andiran,Me 13 Jung 1604.
M' Castagnères, Juge de Fore, Labuheyre ^ et autres lieux,
mourust dans la ville de Nérac, le xxv* Jung 1604, au logis de François Dedevaut.
Jehan Dirouard , ^ mènuzier , dit de Brunette , mourust le XXV Jung 1604.
Le judy viii« Juillet 1604, environ les six heures du soir, se leva une grande tempeste et obscurité avec un vent si impétueux accompagné de pluye qu'il fit un dégast merveilleux, ayant renversé un nombre infmy de gros chesnes, de vieux noyers, infinité d'arbres fruictiers,(et)emportoitla gerbe qui estoit parles champs,soubzlevoit les foings par les preds, les emportant en l'air. Bref, il n'avoist été
' Le Synode est le corps délibérant qui régit un groupe de Consistoires. Il faut, au moins, cinq Consistoires pour un Synode. Le Synode général qui règle les dogmes et la discipline régit toute l'Eglise. La loi de l'an X n'a fait que confirmer l'ancienne constitution de l'Eglise réformée.
* Ainsi inscrit au livre des tailles de 1599, Pourtal de Condom.
^ Mathurin Roger dit Matellot, somelier du gobelet du Roy et héritier de feu Jehan Tulle, dit Larrogne, pâtissier. Ainsi inscrit au livre des tailles de 1599, Pourtal de Condom.
* Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement et canton de Nérac, à 7 kilomètres de cette ville, à 33 kilomètres d'Agen. Voir sur Andiran le Dictionnaire de M. Samazeuilh, p. 35-38.
* Labouheyre, du département des Landes, canton de Sabres, faisait jadis partie de l'Albret.
* Inscrit au livre des tailles de 1599, P. de Bourdeaux.
veu, de la mémoire des vivans chose pareille. La diste tempeste venoit du costé d'Espagne, tirant vers le mydy.
Ez mois de May et de Jung de la dite année 1604, il fut porté, dans la ville de Nérac, grand nombre de Créatz * qui furent comptés jusquesau nombre decinq^^ou cinq*"=cinq, chose qui estoit assez esmerveillouse pour n'en avoir jamais veu en telle abondance. Aucuns prenoit cela pour augure de famine.
Jehan Dufaget, dit le Bernouat ,2 mourustle ix Aoust 1604.
La vefve de Oddet de Vergés,^ mourust le xv® Aoust 1604.
' « Le creint-foudre coulac, la lamproye estoillée et le vanté creao)
(Saluste du Bartas. La semaine, Séjour). — Les pêcheurs du Port-Ste-Marie appellent encore aujourd'hui l'esturgeon créât et l'alose coulât. Le créac est VAcipenser de Pline qui justifie ainsi l'épithète de Vanté : « Apud antiquos piscium nobilissimus habitus acipenser. » L'esturgeon est loin d'avoir conservé cette réputation auprès des modernes.
2 Inscrit au registre des tailles de 1599, Poiirtal du Pont.
^ Oddet de Vergier au livre des tailles de 1599, P. de Marcadieu.
A propos de toutes ces morts, il serait intéressant d'établir une comparaison entre la mortalité de cette époque et la nôtre. Isaac de Pérès n'enregistrait pas tous les décès puisque, dans le mois de mai 1604, il n'en inscrit qu'un seul et pas un dans le mois de juillet, mais, du 4 1 juin au 26 du même mois, sans que nous sachions s'il a tout inscrit dans cet espace de quinze jours, il en compte quatre, ce qui porterait approximativement la moyenne à 7 ou 8 au moins par mois. Aujourd'hui, elle est de 10 environ, mais nous devons observer, à l'inverse de ce que l'on croit généralement, que la population a notoirement augmenté. Un dénombrement de 1764, déposé aux Archives du Lot-et-Garonne, porte la population agglomérée de cette époque 1764, à 2,898 habitants. Aujourd'hui, cette même population dépasse 4,800 âmes, sur lesquelles on doit défalquer environ 600 espagnols. Reste à 4,267.
On peut, du reste, se faire une idée de la population de Nérac, au xvie siècle, par le nombre de contribuables que le livre des tailles de 1599 porte à 4,011. En triplant ce chiffre, c'est-à-dire, en le portant à 3,033, on aura, tout au moins, un aperçu de la population agglomérée dans l'enceinte des murs à la fin du xvi« siècle. 3,000 âmes, environ, comme au xviiie siècle.
Le xxiii« juillet ICOi fut tué clans la forest de Mons'de Lauzun,^ à Vertulh,^ un nepven de Mous' Brugcrc,^ march^ de Limoges, qui portoit douse mil livres, la pluspart en pislolles. Les meurtriers cstoil de Clairac, nommés Lericlie, Villesaubès et Caussines, qui s'enfuyrent. On subçonna Pierre Dupoy, marchand du dit Clairac, d'estre intellig-entau dit meurtre, tellement qu'il fut faict prisonnier et mené dans la Conciergerie de la Chambre, en ceste ville, ensemble un garson qui estoit au guet sur un arbre, dans la dite forest, pour avertir les dits voleurs, lorsqu'il verroit approcher le dit marchand. Hz se monstrarent villenement cruelz en la mort de se povre jeune homme, luy ayant donné plus de vingt coups d'espée à travers du corps et coupé tout le dessoubz de la gorge. Cest acte fut trouvé fort barbare et ;;;i grand scandalle des gens de bien, attendu que les dits sieurs voleurs faisoit profession de la Relligion Réformée. Le dit garçon fut appliqué a la question, le lundy matin xiii« septembre, au dit an ; et, le xvi* du dit mois, pendu et estranglé. Le dit Pierre Dupoy eust la teste tranchée, le lendemain xvii' du dit mois. Il luy fust présenté la question, un peu auparavant sa mort, où il confessa avoir participé à l'argent qui avoist été volé. Monsieur de Mermet, ministre, le consola jusques à sa mort. Il mourust fort constamment.
Le lundy xx* Septembre 1604, fut pendu et puis bruslé, un nommé Moniquard,* de Nazaret,^ aagé d'environ xx ou xxii ans, accuzé d'es-
' C'était François Nompar de Caumont, comte de Lauzun, chevalier des ordres du roi, fils de Gabriel Nompar de Caumont, comte de Lauzun, et de Charlotte d'Estissac.
^ Verteuil, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, canton de Castelmoron, à 12 kilomètres de cette ville, à 51 kilomètres d'Agen. Une grande partie de l'ancienne forêt des comtes de Lauzun subsiste encore dans les environs de Verteuil.
^ C'était, sans doute, le neveu assassiné qui était marchand à Limoges, car va famille Brugère était de Nérac et est inscrite au livre des tailles. La Chronique parlera plus loin de Brugère.
* Voir sur ce Moniquart, dans La Guirlande des Marguerites, un sonnet de M. Lespiault avec la notice afférente, p. 149.
* Nazareth est un village de 200 habitants environ, qui fait partie de la
tre sorcier, confessant qu'il estoit allé plusieurs fois au Sabat. Il se vérifia qu'il estoit entré clans la ville, les portes estant fermées, estant venu quérir un marteau chez Isaac Maribot, à minuyt, avec deux hommes qui l'accompagnèrent jusques à la porte Saint-Germain," et, là estant, il se disparut de leur personne pour aller quérir le dit marteau, suyvant une gageure qu'il avoit faict avec le meusnier du dit Nazareth. 11 disoit que, pour entrer dans la ville, il estoit sauté despuis la porte de Gaujac^ sur le pont de la Bayse,^ et, après avoir receu le marteau, il sauta encore sur le pont de la Garenne,^ et de Ifi, jusques à la fontaine de Piquesouq,^ bref des choses qui estoit incroyables. Il accuza un sien honcle, povre homme du dit Nazaret, nommé Lafite dit Jouybeau, mineur, et une femm.e du Poéy-Forteguille, nommée Rancoton, qui furent mis en prison. Le dit Jouybeau, mourust à la prison du Séneschal, le xxii® Novambre au dit an. La dite Rancoton, fust condamnée par arrest aux prisons perpétuelle et au fouet., le quel on lui bailla, le mercredy 15® Décembre 1604, autour
de la halle, et mourut incontinent après l'avoir remise en prison.
Monsieur Le Président Tarneau, après avoir servy son année en la Chambre de Nérac s'en alla, le raardy xxi® Septembre 1604. MM'^ les Consulzavec bon nombre de gens à cheval l'accompagnèrent jusqu'à
commune de Nérac. Voir, dans La Guirlande des Marguerites, p. 57, un sonnet et une notice de M. Georges Tholin sur les ruines du château de Nazareth. Le sonnet fait honneur au poète et la notice à l'érudit.
* Porte du Petit-Nérac, près de la place qui porte encore le nom de Saint- Germain.
2 Porte du Petit-Nérac qui était au point où commence aujourd'hui la route de Nérac.
* Le vieux pont encore debout aujourd'hui. Voir, dans La Guirlajide des Ma) guérites, sur le Pont-Vieux, le sonnet et la note afférente de M. Faugère- Dubourg, p. 37.
* Le pont, qui reliait la Garenne au château par un pont-levis jeté sur le fossé, n'existe plus aujourd'hui et a été remplacé par un beau pont d'une seule arche exécuté par M. l'ingénieur de Laffore.
' Sur la rive droite de la Baïse : source de la fontaine du Dauphin.
Thouars* où il s'alla mettre par eau, ensemble Monsieur de Lescure, Cons* Les dits Consulz estoit Pierre do Pérès,'^ Isaac de Pérès,^ et M' Je^an Diipin/ L'austre qui estoit Jehan Roy, refusa la charge de Consul, au commencement de l'année, à cause qu'on l'avoit faict troisième.
Le xxiiii® Septembre 1G04, arriva près la porte de Condom de ceste ville,* une grande pierre de marbre taillée en rond pour servir de bassin à un Guffon. Elle avoit quarante pans de rondeur, et, environ, un pied et demy de haulteur. On la faisoit conduire pour Mons' d'Espernon, à Cadillac. Elle avoist été prinse à L'Abbaye de Berdouse, près Mirande.^Ceux qui faisoit la conduitte assurarent avoir demeuré dix jours h venir despuis la ville de Condom jusques en ceste ville de Nérac. La dite pierre estoit tirée par quinse paires de bœufz, et avec de grandes roues de cannon. Tout le peuple sortoit de la ville, à grandes troupes pour la voir, comme chose prodigieuse. Hz s'en partirent le lendemain matin xxvie, tirant droit à Thouars, où ilz l'alloint mettre par eau.
Le dimenche matin xxvi« Septembre 1604, les prisonniers de la Conciergerie de la Chambre de Guienne se sauvarent en nombre de cinq de la grande tour ' et dessendirent avec des linsulz dans, le fossé
* C'est aussi par eau, en s^embarquant à Thouars, que le président Ghézac s'était rendu à Bordeaux. Il fallait assurément qu'il y eut là un service organisé.
' L'oncle du chroniqueur, fds d'Odet de Pérès, concierge du château du Roy, sous Henri le' d'Albret. Voir l'introduction à la chronique. ^ Le chroniqueur lui-même.
* C'était un procureur inscrit au livre des tailles de 1599, Porte de Bourdeaux.
* La porte de Condom s'ouvrait à l'extrémité de la rue de ee nom.
" Dans la commune actuelle de Lasserre-Berdoues, département- du Gers, arrondissement et canton de Mirande, à 4 kilomètres de cette ville, à 28 kilomètres d'Auch. Voir sur l'abbaye de Berdoues [abbatia de Berdona, ordinis Cisterciensis), le Gallia Ghristiana, t. I, col. 1020-1023.
' Nous avons déjà dit que l'ancienne tour du Temple, adossée au Sénéchal, lui servait de prison. Cette tour, dont les ruines existent encore ' aujourd'hui, surplombait le fossé du château, sur la façade.
et puis par le Jeu de Paume,* droit des cuisinés de ïa senèrie ' oii ilz montèrent et sautèrent dans la rue. Pour passer par le dit finestron, ils rompirent une petite grille de fer. Mons-" Le Président Feydeau fit mettre Pauquin, concierge, dans la prison du Sénéschal.
Joseph Labinet, appoticaire,'^ filz de Gaixiot, mourut de mort soudainne, le vi« Octobre 1604.
La femme de M' Bernard Ladebat * arpenteur, après avoir languy l'espace de huit à dix mois, mourust le vendredy xxii« Octobre 1604.
Monsieur de Soubiran, mary de Madamoiselle de Birac, mourust à sa maison du Déhès le ^ 1604.
Jehanne de Paris, de ceste ville, estant au service de Mons' de Bacalan, Advocat du Roy en la Chambre establie à Nérac,^ se laissa engrosser au clerc du dit sieur de Bacalan, et, après son accouchement qui fut vers Bourdellois,' elle ayant recogneu sa faute et ycelle confessée au Consistoire il fust jugé, selon la discipline des Eglises Réformées, qu'elle feroit sa recoynoissance peubliquement, un jour de dimenche. Ce qui fut fait le dimenclie dernier Octobre 1604, au presche d'après disner. Mous'' de Mermet preschant. Cella donna occasion aux femmes de parler, et, y eust un grand barbottement
* Il y avait un jeu de Paume dans la rue de Condom, mais ce ne saurait être celui-là. Peut-être une partie des fossés était-elle affectée à ce jeu. Le nom de maître du jeu de Paume, au temps d'Henri IV qui aimait fort ce jeu et y perdait de grosses sommes, était Jean Saint-Denys. Le roi payait ses gages. (Archives de la Chambre des Comptes de Nérac.)
' Ce mot doit être mal transcrit. Ne serait-ce pas la Sederie ?
' Il faut lire Joseph Larrinet, apothicaire, inscrit ainsi au livre des tailles de 1599, Pourtal de Condom. C'est une des rares fois que nous rencontrons le nom de Joseph.
* Inscrit avec la qualité d'arpenteur au livre des tailles de 1599. P. de Fontindère.
' Date en blanc dans l'original.
■ • Renvoi à trois précédentes notes, une sur lui, une sur son mariage, une autre sur ses enfants. ^ C'est-à-dire vers le pays de Bordeaux.
et criérie * qui donna occasion au dit Mermet de resprendre vivement la confusion que estoit dans le Temple, au dit presche d'après disner.
Monsieur le président Lalanne^ arriva de Bourdcaux en ceste ville pour présider en la Cour et Chambre de l'édict establic en la dite ville, le mardy ix« Novambre 1604. Mcss^^ les Consuls de la ville de Nérac envoyèrent un d'eux, avec deux JuratSjle recev-^ir jusques à Castelgeloux.^ Mess^^ les gentilshommes des environs de la ville lui furent audevant jusques auprès de Fargues* pour le saluer, pouvant estre en nombre d'environ quinze ou vingt chevaux. Après, Mons'* de Laporte capp°® du Chasteau de Nérac, ^ accompagné d'environ autant ou plus, le salua presque au mesme lieu. Estant arrivé à Barbaste^ ou Mess""^ les Consuls avec tous les bourgeois l'attendoient avec leurs livrées, il fut salué et receu avec beaucoup de témoignages d'alaigresse. Et ce qui luy fit plaisir, après tout cela, ce fut de rencontrer une compagnie de petits enfans, avec tabour battant, qui lui firent aussi la révérance. Entrant à la porte de Fontindère,^
* Le mot n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie française, mais il est si pittoresque et si vivant, que f on regrette qu'il n'ait pas obtenu des lettres de naturalisation. Si nous n'avons plus crier ée , nous avons gardé crierie. L'irrévérencieux La Bruyère n'a pas craint de parler de l'importune crierie des avocats. Il est vrai que c'est d'après Théophraste et qu'il ne s'agit là que des avocats de l'Antiquité.
- Renvoi à une précédente note.
- Chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, à 32 kilomètres de cette ville, à 53 kilomètres d'Agen. Voir la Monographie de la ville de Castcljaloiix, par M. J. -P. Samazeuilh, Nérac, 1860, in-8«.
* Fargues, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Damazan, à 13 kilomètres de cette ville, à 21 kilomètres de Nérac. Voirie Dictionnaire de l'arrondissement de Nérac, par Samazeuilh, p. 159-166
' Renvoi à une précédente note. " Idem..
' Porte à l'extrémité de la rue Fontindère, à la hauteur de la fontaine qui coule contre le rempart.
Mess'^ de la Justice firent leur devoir, lui ayant fait une harangue Mons' du Roy, lieuten* gnal.* Il fut conté qu'il y avoit ixxxxiiii hommes à cheval, à son entrée. Les Conseilliers qui furent envoyés de son parlement estoient Mess'^ de Bavolier,^ Delibant,^ de Monlauriol,* et de Mons,^ Mess'^ de Camaing et de Loupes^ ayant esté continués pour servir une année. Les Consuls estoient : Pierre de Pérès, Ysaac de Pérès, et M*^« Jehan Dupin. Le S' Ysaac fut envoyé au dit Castelgeloux avec Mess^^ de Puyferré et de Pinollé,'' jurats.
Le xi' Novambre 1604, arriva en ceste ville, une petite fille Fiamonde conduite par quatre ou cinq hommes flamands, aagéede huict à neuf ans, comme ils disoient; la quelle n'avoit jamais eu de bras ny jambes, excepté qu'elle avoit une petite jambe comme au fond du ventre, avec quatre doigts au pied, du quel elle portoit aussi le man-
* Voir une note précédente.
'*' Jean de Bavolier fut, plus tard, président au parlement de Bordeaux et il eut, de Françoise de Borye, un fils (Barthélémy), qui fut Conseiller au même parlement et qui épousa Anne de Gaufreteau {Essai généalogique sur la famille Gaufreteau déjà cité, p. 373). M. de Bavolier avait été membre de la Chambre tripartie, établie à Bordeaux en 1578 {Histoire du parlement de Bordeaux, par M. Boscheron Des Portes, t. I, p. 261).
' Le Conseiller Delibant n'est mentionné ni dans la Chronique de Gaufreteau, ni dans l'ouvrage de M. Boscheron Des Portes.
* Même observation pour Montauriol.
' Le Conseiller Jacques de Mons est mentionné par M. Boscheron Des Portes (t. I, p. 421 , à la date de i62i) comme auteur, avec Thibaud de Camain, du rapport sur lequel Paul de Lescun fut condamné à mort. C'est de lui qu'il est question dans ce passage de la Chronique de Jean de Gaufreteau (t. II, p. 20) : « Jaques de Mons, Conseiller au parlement de Bourdeaux, bien que marié e estant encore en jeunesse, à sçavoir en l'âge de vingt-huit à trente ans, fut si grandement affligé de la maladie de la pierre, qu'il se fit tailler e guérit. Mais il n'eut jamais enfants de sa dite première femme, ains seulement de la seconde et lorsqu'il estoit desja âgé d'environ de cinquante à cinquante-cinq ans. » — Voir, sur M. de Mons, une Lettre écrite d'Agen à Peiresc, en 1628, publiée par M. Tamizey de Larroque, 1879.
6 Pour Camaing et Loupes, il faut renvoyer à deux notes précédentes.
7 Beau-frère du chroniqueur. En 1582, remboursement à Guillaume Pinollé, bourgeois de Nérac (Chambre des comptes de Nérac).
ger à la bouche et en vivoit. On lui faisoit aussi enfiler une aiguille. Au reste, elle avoit le visage fort joly et estoit belle fille qui parloit plusieurs langages. On faisoit payer un soûl pour la voir, étant logés chez Pierre Mahé mareschal,^ au devant le Chastau.
Monsieur Le Président Lalanne fit sa harangue le xii® Novambre 1604, ù l'ouverture de la chambre. Il tinst environ une heure, discourant merveilleusement bien et doctement. Ycelle achevée, on procéda à la prestation du serment des avocats et procureurs. Mess^^ les Consuls eurent séance en l'audiance, en un banc séparé qu'ils avoit fait porter couvert d'un tapis avec fleurs de lys. Ils avoit leurs robes et chaperons consulaires, avec leur chapeau sur la tête. Les dits Consuls estoient : Pierre de Pérès, Isaac de Pérès et M"* Jelian Dupin, Jehan Roy, qui estoit troisième, ayant refusé la charge, au commencement de l'année.
Catherine de Laporte,Dam"'= vefve deMons. de Saint-Genes, cons»' en la cour de parlem* de Bourdeaux,^ mourust dans le Ghasteau de Nérac, le dimenche xiiii* Novambre 1604.
Micheau Monatel,^ dit le Breton, tailleur, mourust le xxv® Novambre 1604.
Monsieur le Couronel,^ fils de Monsieur le Mareschal d'Ornano , arriva en ceste ville, le luiidy vi* décembre 1604. Les Consuls le
* inscrit au livre des tailles de 4 599, P. de Marcadieu. Le château se trouvait dans le quartier de ce Portail. Par au-devant du château, il faut entendre la place au blé actuelle.
- Inscrite au livre des tailles de 1599, Pourtal du Marcadieu. ^ Michel Monatel dit Breton, ainsi inscrit sur le livre des tailles de 1599, Port, du Marcadieu.
* Jean-Baptiste d'Ornano, comte de de Montlaur ou de Montlor, naquit en juillet 4581, selon le Dictionnaire de Moréri, en 1583, selon \q Dictionnaire de M. Lud, Lalanne, et mourut le 4 octobre 1626, selon le premier de ces recueils, le 16 septembre de la même année, selon le second de ces recueils, au château de Vincennes, empoisonné, dit-on; mais on sait combien il faut se méfier de ces accusations d'empoisonnement. Le fils du maréchal d'Ornano fut chevalier des ordres du roi, colonel général des Corses, lieu-
furent saluer au Grand Pâtissier* où il se logea. Il s'en alla, le mercredi malin, 8' du dit mois et an.
Ysabeau Galabert, vefve de feu Berthomieu Nourrit, mourut d'une pleurésie, le xi"» Décembre 1604.
Le dit jour, la femme de Peyrothon Delarrey,^ dit Monisson, mourust.
Madame La Présidente de Lalanne arriva en ceste ville, venant trouver le dit sieur Président, le vendredy xxiiii Décembre 1604.
Mons' de S* Marthin, fils de Mons' de Laporte,^ partit de ceste ville p' s'en aller en Cour, le lundy xxiiii' Janvier 1605. 11 arriva le xviii® Juin aud* an.
Marguerite Venier, vefve a feu Armand Davance, femme fort vieille, mourust à sa métairie d'Espienx, le ii* Fébrier 1605.
Madame La Présidente de Lalanne partist de ceste ville, le 5® Février 1605, po*" s'en aller en diligence trouver Mons' de Bazas, évesque,* son honcle, qu'on disoit estre mort ce qui ne fust pas, ains
tenant-général en Normandie , gouverneur de Gaston d'Orléans , maréchal de France (7 avril 1626).
* Au quartier Marcadieu, qui était le plus nouveau au xvi« siècle et le mieux habité, on comptait trois pâtissiers : Pierre Dubedat, Oddet Marchand et Jehan Brun. Lequel des trois était le grand pâtissier et eut l'honneur de recevoir le fils du maréchal d'Ornano ?
- Inscrit au livre des tailles de 1577, P. du Pont.
^ Ainsi appelé du nom du domaine de Saint-Martin, appartenant au Capitaine de Laporte, gouverneur du château.
* Arnaud de Pontac, fils de Jean de Pontac, greffier civil et criminel au parlement de Bordeaux, et de Jeanne de Bellon, naquit à Bordeaux vers 1530, devint évêque de Bazas en 1572, et mourut au château des Jauberthes, non le 6 février, comme le rapporte notre chroniqueur, ni le 4 février, comme l'avancent les rédacteurs du Gallia Christiana (t. I, col. 1211), et, après eux, le rédacteur de la généalogie de la maison de Pontac {Nobiliaire de Guienne
seulement, malade d'une difficulté d'uryne. Le dit S' évesque décéda le lendemain, vi" dud* mois que dessus, bien qu'on fit courir le bruit qu'il se portoit [bien], à cause qu'on faisait office.*
Par arrest de la Chambre du mercredy xvie Février 1605, fut pendu et estranglé Benjamin lounard, de Breg-erac^ pour estre sorcier, et après bruslé sur les Embarrats.^ près du Griffon.
M' David Vacquier,* Procureur Général d'Albret au siège de Nérac et auditeur en la Chambre des Comptes, après avoir demeuré quinse ou seze ans au service de feu Madame,sœar unique du Roy Henry 4% roy de France et de Navarre,!^ arriva en ceste ville le lundy xxi^ Février 1605.
La rivière de Bayse® se desborda le dit jour xxi" Février, entrant dans la rue de la ville bien avant devant leMolin."^ Se fut à cause des
et de Gascogne, t. II, p. 257), mais le 27 février, comme l'atteste l'archidiacre Dupuy ( Les Honneurs funèbres de messire Arnaud de Pontac, édition de M. H. Ribadieu, Bordeaux, 1854, p. 9), et comme l'a répété l'auteur anonyme d'une excellente Notice sur messire Arnaud de Pontac (Bazas, sans date, mai 1878, p. 30).
* C'est-à-dire qu'on intriguait pour avoir sa succession.
' Bergerac, chef-lieu d'arrondissement du département de la Dordogne.
* Partie de la ville comprise entre le château et le cours du Griffon. L'ancien rempart, avant l'agrandissement de la ville par Antoine de Bourbon, marquait la limite des embarrats.
* Sur David Vacquier, sieur d'Arconques, qui, le 25 octobre 1605, épousa Ester de Rabaz, fille de Jacques de Rabaz, seigneur de Mongie, et qui vivait encore en 1627, voir la Biographie de l'arrondissement de Nérac, par J.-F. Samazeuilh, p. 844.
^ Catherine de Navarre, qui a été l'objet d'une note.
6 Voir, dans la Guirlande des Marguerites, p. 19, un sonnet de M. Goux avec la note de M. F. D.
7 On disait autrefois moli?i pour moulin (du bas-latin molinus dont a été formé aussi le molino des Espagnols et des Italiens). M. Littré a trouvé molin dans des textes du xii» siècle, du xiii», du xve, mais non du xvi«. Il
pluyes qu'il fit quinse ou dix-huict jours auparavant. Cela fut cause que les pauvres manœuvres pâtirent, ne pouvant s'occuper à aucun travail.
Estienne Coneron, des Iles d'Oloron,* estant à la poursuite d'un sien procès, décéda au logis de Galiot Blondel, serrurier, le xxi« Février 1605.
La femme de M^ David Lachapelle, procureur en la Cour et Chambre de Nérac, décéda le judy xxiiiie Février 1605, au logis de feu Guilhaume Massartic.^
Monsieur de Laforce, lieutenant pour le Roy au pays souverain de Béarn ^ venant de la Court, passa en ceste ville, le dernier jour de Février 1685, où il coucha une nuict seulement. Et le lendemain, il s'en alla, après avoir disné au Chasteau, avec Mons' Le Président Lalanne. Le dit S' de Laforce logea en ville, chès M' Jacques de Larrufie/ Trésorier Général d'Albret, près le Chasteau.
est curieux de constater la persistance à Nérac, dans les premières années du xvii' siècle, d'une façon de parler qui avait disparu depuis si longtemps du reste de la France. Ce moulin est celui qui appartenait jadis pour un quart au roi de Navarre et pour trois quarts à M. de Brizac, et qui est aujourd'hui à M. Baraignes.
' Le chroniqueur veut, sans doute, parler de l'île de Ré et de l'île d'Oléron, car il n'y a qu'une seule île d'Oleron, située vis-à-vis des bouches de la Seudre et de la Charente, à deux kilomètres du continent.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. P. Marcadieu. Ce nom existe encore à Nérac.
3 F. Nompar de Caumont revenait du château de la Force où , comme il nous l'apprond dans ses Mémoires (t. I, p. 17^), il s'était arrêté, après avoir servi son quartier auprès de Sa Majesté. Ce fut « au commencement de l'année » que, d'après les Mémoires, « le sieur de la Force retourna en Béarn. »
* Jacques de Laruffie, fils cadet de Jean de Laruffie et de Marie de Podensan, et petit-fils de Jean de Laruffie et de Françoise d'Albret, épousa Marie de Besme, qui lui donna Pierre de Laruffie et deux filles, dont l'une devint la femme d'Arnaud de Bordeneuve,le 22 juin 1616. Voir la Biographie
M' Thobie de Brassay ayant achapté un estât de secrétaire de chancellerie * en la Cour de Parlement de Bourdeaux, au commencement du mois de Mars 1605, estant de retour en ceste ville, il pria Mess*"^ de Mermet, de Masparrante, et de Lanusse,^ Ministres,de permettre qu'il fit dresser un siège dans le temple où se dit lepresjlie, ce qui lui fut accordé à l'issue du presche du Judy x'^ du dit mois de Mars où se trouvarent les dits trois Ministres et quatre Anciens du Consistoire ^ seulement. Moyennant la quelle permission, le dit sieur de Brassay commença à fe^ travailler à la construction du dit banc au fons de celluy de Mess" de la Cour et Chambre de l'Edict et audessus de celluy de Mess'^' les officiers du siège de la présente ville. Ce qu'estant entendu par les dits officiers et consuls de la dite ville, ils s'oposèrent à ce que le dit banc ne fut dressé. Et à ses fins, baillèrent req*« en la dite Cour et Chambre, comme pareillement le dit sieur de Brassay, pour luy estre permis de le fère dresser, ausquelles fat apoincté que les parties en viendroit le lendemain en la Chambre, qu'estoit le samedy xii" du dit mois de Mars. Où n'ayant comparu toutes parties, furent renvoyées au lundi ensuyvant à cause que tous
de l'arrondissement de Nérac, p. 515. En ce qui touche à la charge de trésorier dont il est parlé si souvent dans la Chronique, voici ce qu'en dit du Haillan, au livre IV de l'Estat des affaires de France : « Les thrésoriers d'à présent n'ont aucun maniement des deniers, ains seulement soin du bien et domaine royal, iceluy bailler à ferme et le mesnager en bon père de famille. Font leurs chevauchées sur le pays où s'étend leur charge, y suspendant tous officiers malversans pour ce regard, et y en commettent d'aultres. Et dévoient être présens en la chambre des comptes à la clôture des comptes d'iceux thrésoriers et receveurs généraux.» Toutes ces charges étaient vénales.
* Dans son livre de l'Estat des affaires de France, Livre IV, du Haillan dit que « les secrétaires de chancellerie furent au commencement nommés clercs de France, puis notaires et secrétaires d'icelle maison et couronne. » C'était la même charge qu'ils occupaient au parlement. Entr'autres biens possédés par M. Thobie de Brassay, en 1605, nous citerons \q petit Guilhem et le Cauderé (Voir livre Terrier).
' Ces trois personnages ont été déjà et plusieurs fois cités.
^ Les membres du Consistoire sont appelés Anciens.
n'en furent prests. Les dites parties furent encore remises à plaider en l'audience, ce qui fuct fait le lundi xxi^ Mars 1605, Lacourtiade plaidant pour le dit sieur de Brassay, Pérès* pour les officiers, et Closan^-es pour les Consuls. Les dits plaides, avec ci'llui de Mess" les gens du Koy, durarent deux heures entières. Par arrest fut ordonné que, sur le plaidé des parties, les pièces seraient mises au Conseil. Depuis, l'affaire demeura sans estre jugée, n'ayant esté poursuivy par aucun des parties.
George Fourtané,^ marchant et Jurât de la ville de INérac, décéda le vendredy xviii^ Mars 1605.
Ledit jour, Jehan Marge, du Poy-Forleguille, honneste paisan, mourut aussy, au Petit Nérac.
Monsieur de Pegris, du pays de Périgord, estant en la présente ville po' suivre quelque sien procès en la Chambre, décéda le xxii« Mars 1605, au logis de la vefue de Jehan Cholet,^ près le cementière.''
Graciette de Tauzin, femc de Jehan Lanusse marchant, demeurant près la halle,^ mourust le xxvi® Mars 1605.
Brune Verglus, femme de Jehan Claret, mourust le mardy xxix® Mars 1605.
' Jean de Pérès, fils de Pierre de Pérès et de Jehanne de Lavallade. Voir Introduction, p. 27. Jehan de Pérès, avocat, est inscrit au livre des tailles de 1599, P. de Bourdeaux.
' Inscrit au livre des tailles 1599. P. dv}Marcadieu.
' Jean Ghollet étant inscrit au livre des tailles de 1599, Portai de Condom, nous savons, puisqu'il était voisin du cimetière, que ce cimetière était dans ce quartier, mais où? Nous inclinons à croire que c'était l'ancien lieu de sépulture des Franciscains, compris aujourd'hui entre la rue Marcadieu, la rue Lafayette, la rue de Condom et la rue Dubourg.
*■ On dit encore dans le patois de l'Agenais : Lou Cémenter i. Nous trouvons dans le Dictionnaire des idiomes romans de M. Gabriel Azaïs (t. I, p. 423, 462), les deux formes Cementèri et Cimentèri. Les Espagnols disent Cimenter io.
• V. dans la Guirlande des Marguerites, p. 166, sur la halle, le sonnet de M. Lespiault et la note de F. D.
Guiraudette de Mons, femme de Jehan Parrabère, mourust le vendredy premier d'Avril 1G05.
Jehan Lamarque, trompelte de Nérac, mourust leii® Avril 1605.
Antoine Ducasse, chapellier, mourust le xvii® Avril 1605.
Ysaac Tarraube, tailleur, fils de Mette, mourust le xvii« Avril 1605.
Magdalenne Bahus, vefue de feu Guilhem Murât, hostesse, mourust le xiii* Avril 1605.
La dame de Lafitte,' sœur de feu Jacques du Faur, mourut le 19® Avril 1605.
La sœur de la dite Lafîte, vefve de Broustaut, mourust le 24® du dit mois et an.
Mons^ de Monguignon mourust a sa maison près Layrac le 24^ Avril 1605.
Estienne Baylin, mourust le 28® Avril 1605.
La dame de Sauguinan. vefve à feu Belengué, mourust le xxix* Avril 1605.
Jehanne Filhastre, femme de Pierre Mahé, mourust le vii® du mois de May 1605.
La fille du dit Mahé, femme de Tinerran, mourust aussi, le mesme jour, vii® May.
Mons^ de Pujols mourust en la ville de Nérac oii il sollicitait quelque procès en la Chambre, le samedy vii^ May 1605.
Pierre Gautié, sergent ducal, mourust ledit jour vii« Mai 1605.
Jehan Bequerie, mourust, le dimenche viii® May i605.
Jehan Mormés, dit Nadau, portier de la porte du Marcadieu, mourust le mardy x® May 1605.
Jehan Daguistous, de Gabarret, plaidant en la Chambre, mourust
' Il existe plusieurs Lafitte qui sont inscrits aux livres des tailles et au Terrier comme habitants de Nazareth. On pourrait, sans doute, les rattacher à la famille Lafitte dont M. Samazeuilh, dans sa Biographie de l'arr. de Nérac, ne fait remonter l'origine qu'en 1664.
au logis de Michau Serre, le mardy x® May 1605. Et, le lendemain, fut porté au dit Gabarret,* pour y estre enterré.
Madame de Pujols mourust le mercredy xi® May 1605, quatre jours après la mort de Mons»" de Pujols, son mary. Et furent enterrés tous deux, en la ville de Nérac, fort honorablement.
Le Capitaine Micheau ayant esté condamné par arrest de la Cour et Chambre de l'Edict séante en la ville de Nérac, fut délivré au Commité, le mercredi xviii'^ May 1605.
Le fils de Jehan Daguistous mourust en ceste ville, au logis de Micheau Serre où son père estait mort huict jours auparavant, le yviii^ May 1605. Il fut porté, le lendemain xix^, à Gabarret, pour y es'.re enterré.
Domenge Lanne,^ vefve a feu Pes Fesensieu, mourust le xxi« May 1605.
Au mois de May de l'année 1605, toutes les fèves furent gastées de certaine vermine de poux et petits moucherons qui se jettarent dessus en si grande quantité que la plus part furent constraints les fe"^ couper pour semer du millet. Cela fut une grand perte et domage aux personnes qui s'attendoit fe/ une bonne cueillette a cause que les dites fèves estoit fort belles en herbe. Mais, après avoir esté bien fleuries et j'usques à ce quelles furent bonnes à manger, ceste meschante vermine ne cessa de les endomager.
Marie vefve de feu Gironis Trebizan ,' mourust le
xxiiii® Juing 1605.
' Chef-lieu de canton du département des Landes, arrondissement de Mont-de-Marsan.
2 Ce nom clôt cette longue liste nécrologique. La plupart des noms de ces morts figurent au livre des tailles et nous n'en comptons pas moins de 24 du 28 mars 1605 au 6 mai de la même année. 24 décès en 38 jours ! Encore ne savons-nous pas si le chroniqueur a tout enregistré. Il y aurait dans ce chiffre de sérieuses raisons de grossir la moyenne de 8 décès par mois que nous avons indiquée déjà approximativement. Observons que le chroniqueur ne signale pas la moindre épidémie pendant cette période.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. P. de Condom.
Un pauvre homme de Penne-d'Agenois ' prisonnier en la conciergerie de La Cour et Chambre, accusé d'avoir tué un homme avec une broche de fer, pour sçavoir la vérité du faict, il fut aplicqué à la question le vendredy matin, premier de Juillet 1605, ayant pour commissères'Mcss'" de Loupes et de Peyruqueau, Cons«^% qui le firent tellement tirer par cinq ou six fois j'usques a fére rompre la grand corde si bien que le dit povre homme mourust sur le banc de la dite question,^ chose qui donna ocasion à la Cour de fére ouvrir le corps du dit defunct en présence du médecin et chirurgiens qui firent leur rapport, disant qu'il estait empoisonné. Cela fut cause que Nicolas Perribère,^ geôlier du Sénéchal et en la Court aussi, fut emprisonné aux prisons de la dite Cour, jusques à ce que la dite Cour demusrat esclaircie de la vérité de l'affaire.
Par arrest de la dite Cour et Chambre, un nommé Louis Castaing dit Bardeau ^ de la Jurisdiction de Montagnac, eut le fouet par toute la ville, pour avoir desrobé un sac plain de bardes à la metterie de Larmitage.^ Ce fut le iiii® Juillet 1605.
* Chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Villeneuve, à 10 kilomètres de cette ville, à 34 kilomètres d'Agen.
' Le banc sur lequel on étendait le patient retenu sous les bras. On étirait ses membres au moyen d'une corde attachée aux pi-eds et qu'on tendait avec un cric. Un banc semblable existe encore à Montauban dans les salles souterraines de l'Hôtel-de-Ville.
* N'est pas inscrit sur le livres des tailles. Tous les Perribère de cette époque, sauf Guilhem Perribère du Portai du Pont, c'est-à-dire du Petit- Nérac, habitaient Asquets,etnous avons déjà signalé ailleurs que ce n'est pas à ces familles d'Asquets que se rattachent les Perribère qui sont encore aujourd'hui à Nérac. (V. Pievue de l'Àgenais, notes d'une relation du passage du Duc de Richelieu à Nérac, par M. F. D.)
* Montagnac-sur-Auvignon, à 12 kilomètres de Nérac, comme nous l'avons déjà rappelé.
' Métairie de la paroisse d'Asquets.
Guiraud Busseau,* m^ orphevre de Nérac, mouinist le samedy ix« Juillet 1605.
{Ce folio 95-96 a été enlevé de la Chronique, laissant des vestiges non douteux de son existence. Ces restes établissent, en outre, que ce folio était unique, en sorte que, en cette partie, il ne manque que deux pages au manuscrit).
Poursuitte contre Mess'^ Gaixiot et Jehan de Mazellières, frères, pour quelques subornations de tesmoins que les dits sieur de Mazellières avaient voulu pratiquer pour leur fére déposer comme leur belle sœur Damoiselle Jehanne de Nagoua avoit avancé la mort de son fils par le moyen de quelque potage d'oignons et du vin quelle luy avait fait boire, chose qu'ils ne peurent vérifier. Il y eut information contre les dits sieurs de Mazélièresqui furent dècrettès d'adjournement personnel et ordonné quils se fairoient ouyr pardevant les commissaires que la Cour et Chambre députta à ces fins. Après, la cause fut plaidée en audiance et y eut règlem** portant que les tesmoings ouys contre les dits Mazellières seroit recollés et confrontes.^ Les dits tesmoings ayant esté recolles, percistarent en leur première dépposition et ordonné que les dits de Mazellières souffriroient les acarements.' Les quels estant assignés pour ce faire a
* N'est pas incrit au livre*des tailles de 1590, mais de 1584, il existe aux archives de la chambre des comptes de Pau, le reçu d'un paiement à Giraud Busseau, orfèvre de Nérac, pour vente de vaisselle au roi. Un autre orfèvre de Nérac, qui était aussi valet de chambre du Roi, avait nom Dominique Rion.
" « Dans les procès criminels, » lit-on à l'article Récolement du Dictionnaire de Trévoux, « on appelle récolement des témoins, la formalité qui consiste à lire à chaque témoin la déposition qu'il a faite auparavant, pour voir s'il y persévère, ou s'il veut y changer quelque chose, y ajouter ou diminuer. Le récolement se fait avant la confrontation. Un témoin ne peut plus varier après le récolement. »
' Le mot accarement était synonyme de confrontation. Les rédacteurs du dictionnaire de Trévoux disent (aa mot accares : « Terme de Palais, usité dans quelques-unes de nos provinces méridionales les plus voisines de l'Espagne ; ce mot vient de cara, qui en Espagnol signifie la tête ou le visage.
domicilie, n'ayant voulu comparoistre, il y eust delîaut et prinse de corps, appelles h trois briefz jours à son de trompette, leurs biens saisis et annottés,* brisemt. de portes, qui fat exécuté contre le dit sieur G.aixiot au quel fut saisi quelques meubles. Pendant toutes ces poursuittes, les ditz Mazelières se tenoit cachés, tantost en un lieu, tantost en un autre, par les metlairies de leurs amis, pour crainte d'estre prins par les sergents que le dit sieur Duroy "^ tenoit en campagne. Enfin, estant ainsi tourmentés, ils se résolurent d'aller en Cour et partirent environ le xx« diidit mois de Septembre oij ils obtindrent un bon arrest portant inhibitions de les emprisonner. Mais, bientost après, le dist arrest estant renversé, le dit s"" du Roy fit emprisonner le dit Gaixiot Mazellieres dans le château, aux prisons de la Cour.3 Ce fut le ii« Janvier 1606.* Après plusieurs arrest obtenus de part et d'autre au privé Conseil, les amis des parties les firent tomber d'accord qui fut que le dit Mazelières donna au dit s' du Roy iiii* livres pour sa part, et, moiennant ce, ils demeurarent hors de Cour et de procès, sans despens.
Monsieur Le Président Lalanne, après avoir servy son année en la Cour et Chambre establye en la ville de Nérac, partist de la dite ville le mardy xx« Septembre 1606, s'en estant allé coucher à Castelgelloux puis à sa maison de Villaadraut,^ Mess" les Consuls
Ainsi accarer les accusés, c'est les mettre tête à tête. » Les rédacteurs du Dictionnaire ajoutent cette citation de Brantôme : <( Il envoya prier la Reine de ne faire mourir ce malheureux qu'il ne fut premièrement accaré à lui.»
* Voici la définition que donne Trévoux du mot annoter : « Terme de pratique. Marquer l'état des biens saisis, par autorité de justice, sur un criminel ou sur un accusé. Dès qu'on fait le procès à quelqu'un par contumace, on fait saisir et annoter tous ses biens, c'est-à-dire on met des affiches et panonceaux sur ses héritages, pour marquer qu'ils sont saisis et en la main du Roi. »
* Pierre Du Roy, lieutenant général en 1604.
' Ce ne sont plus les prisons de la Sénéchaussée , mais bien les prisons du château même.
* 1606, erreur de plume ; le chroniqueur aurait dû mettre 1605.
* Chef-lieu de canton du département de la Gironde, arrondissement de Bazas, à 13 kilomètres de cette ville, à 46 kilomètres de Bordeaux.
de Nérac, avec un bon nombre d'habitants, lui firent compagnie jusques a Hargues* où ils lui dirent adieu.
M"" Samuel Paullac, substitué de Mons. le Procureur général du Roy au duché d'Albret, ayant achapté Testât de M"* David Vacquier,^ fut receu au dit office, le vendredy dernier jour de Septembre 1605, dans l'auditoire et parquet de la présente ville de Nérac. Il achapta le dit estât,' comprins la charge d'Avocat du Roy au dit siège m"i livres qu'il vendit à M. Théophile Dulong pour \^ livres.
Bernardin Fau décéda le xii« Octobre 1005.
Le dit jour, xii Octobre 1605, a une heure après midy, y eust esclipse de soleil qui rendist une obscurité fort grande et telle qui n'avaist été veue despuis long temps. Toutes fois, elle ne dura pas longuement.
En l'année 1605, on vendagea scavoir, les vignes champeslres, le jeudy xiii' Octobre, et le vignoble de la ville, le lundy ensuiyant, dix-septieme du dit mois. Toutesfois, Mess""^ les Consuls permirent de vendenger le vendredy et le samedy, à cause de l'inconstance du temps et la pluye quil faisait. Toutesfois, le temps changea et fit beau temps.
Le samedy XX® du mois d'Octobre 1605, Messieurs de Duluc^ et Brisac,^ consuls, avec M^ Théophile Dulong, Jurât, furent députés pour aller trouver le Roy Henry IIIP qui estoit arrivé à Limoges,^
* Lisez Fargues, commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Damazan, à 21 kilomètres de Nérac.
- Procureur général d'Albret.
^ Equivalent au rôle du ministère public actuel.
* V. Biographie de Varr. de Nérac, Samazeuilh, au nom de Deluc.
* Cohn de Brisac (V. Biogr. de l'air, de Nérac, Samazeuilh , p. 143 et suivantes). Colin Brizac, ainsi inscrit au livre des tailles de 1599. P. Fontindère. La maison qu'il habitait et qui appartient encore à la famille, dans la rue Fontindère, fut en partie brûlée, il y a huit ans.
* Henri IV était arrivé à Limoges, le 17 octobre et en était reparti le 25. Il paraît s'être beaucoup ennuyé dans cette ville, car il écrivait : « Des brouil"
pour luy fere la révérence très humble et l'assurer de la fidellité de ses bons subjects de la ville de Nérac. Les dits députés s'estans aprochés de quatre ou cinq lieues du dit Limoges, eurent nouvelles que Sa Maté estoit partie pour s'en aller vers Bourges, qui fut cause qu'ils s'en retournèrent sans voir la dite Ma^^.
Agabus Canolle,* mourust le xxix« Octobre 1605.
Monsieur le Président d'Espagnet ^ arriva en la ville de Nérac, le mercredy ix® Nobambre 1605, pour estre Premier Président en la
leries m'arrêtent à Limoges jusqu'à lundi ; ces trois jours me dureront un siècle. » Il était le 26 à Argenton, le 28 à Ghâteauroux, le 1«r novembre à Blois et le 8 novembre à Fontainebleau {Itinéraire et séjours de Henri IV depuis son avènement au trône de France jusqu'à sa mort, dans le tome IX du Recueil des Lettres missives, p. 490-491.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. P. de Condom.
- Bayle {Dictionnaire critique) a consacré au président Jean d'Espagnet un article fort curieux dont voici le début : « a été l'un des savans hommes du xviP siècle. » Jean d'Espagnet est plus connu comme alchimiste que comme érudit. Il se livra avec passion, dit M. Gustave Brunet {Nouvelle Biographie générale, t. XVI, col. 402), « à la recherche de la pierre philosophale ; » et « il composa sur ce sujet des écrits qui,en leur genre, sont regardés comme classiques. » Le savant bibliographe énumère les diverses éditions et traductions de VEnchiridion physicœ restitutœ et n'oublie pas de signaler une production qui fait plus d'honneur, selon son expression, au magistrat bordelais, l'édition qu'il donna en 1616, à Paris, du Rozier des Guerres, édition sur laquelle on peut voir une note de M. Tamizey de Larroque {Inventaire des meubles du château de Nérac, p. 275. Jean d'Espagnet a fait, en tête du Traité de Vinconstance des mauvais anges, l'éloge de Pierre de Lancre avec lequel il avait été envoyé dans le Labourd et dans les Landes « pour la recherche du crime de sorcellerie. » Ces deux collègues si dignes l'un de l'autre se félicitent mutuellement en des vers odieux d'avoir brûlé tant de sorciers. D' Espagnet, trois ans plus tard, rédigea la préface de VIncrédulité et mescréance du sortilège. Voir, sur la cruelle mission du président d'Espagnet, les ouvrages cités dans la note relative à Pierre de Lancre, de M. Collin de Plancy, de M. Francisque Michel, de M. Boscheron des Portes, etc. On trou, rera diverses particularités sur le président d'Espagnet dans la Chronique de J. de Gaufreteau (t. II, p. 243^ et dans VEssai généalogique sur la famille Gaufreteau (p. 364).
Chambre establie en la dite ville. Il arriva par le chemin d'Agen.* Mess'"^ les Consuls,avec bon nombre de gens à cheval, furent audevant de luy jusques au Menlau, prés la maison du S'' Denferrus,^ où ils le saluèrent. Après, Mess" de la Justice l'attendirent à la porte' où lui fut faict une harangue par Mons"" du Roy Lieuten* général, la quelle achevée, il fut conduict au logis de Mons"* Lavallade, Président en la Chambre des Comptes du dit Nérac, qui lui donna a souper. Et cela faict, il s'en alla au Chasleau pour y faire sa demeure, comme tous les autres Présidents avoient faict.
Anne de Mons, femme du S"" Annou de Laffore, mon cousin, décéda le X* Nobambre 1605.
Le xi« Novambre, un petit enfant de Sire Jehan Léonard * luy fut porté mort dans le berceau par une femme d'Asques ^ qui le nourrissoit.
Le dit jour xi^ décéda la vefve de Joglenz.
* L'ancien chemin de Nérac à Agen partait de la Porte Saint-Germain au Petit-Nérac, qui est encore marquée par une saillie du rempart, et passait par le Gauderé, le Brouilh, Lalagûe, Le Marteret, le Cabanot, le Meulon, Toni, le Pont-de-Gaston sur l'Auvignon, l'église de Saint-Genès, Miemon, le Brana, la Clève, les bois de Laygue, Falmont, Roquefort, Lescazes, Jean Gocut (Demi-lune), le Passage où un bac sur la Garonne débarquait les voyageurs en face du Pont-Long. C'est par cette route qu'arrivèrent, en 1588, après la bataille de Centras, les troupes royalistes sous la conduite du Maréchal de Matignon, pour surprendre Nérac. Le roi de Navarre a raconté luimême cette entreprise dans une lettre à la comtesse de Gramont datée du l«f mars 1588 (V. Lettres missives). La Vigne du Roi, dont il est question dans un passage de cette lettre : Nous les reçûmes (les ennemis) à la mwaille de ma vigne , — se trouvait à droite de la route d'Agen, et la terre qu'elle occupait porte encore le nom de Vigjie du Roi.
- Monsieur Deiiferrus, pour le bien de sire Jehan Dupouy. Inscrit ainsi au livre des tailles de 1599. Paroisse du Menlan. ^ Le Portail du Pont.
* Jehan Léonard, marchant, inscrit au livre des tailles de 1599. P. de Condom.
* Asquets, paroisse qui fait partie de la commune de Nérac.
Le samedy xii« du mois de Novembre 1605 fut faite la couverture du palais et Chambre de l'édict establie eu la Ville de Nérac par Monsieur le Président d'Espagnet qui lit sa harangue avec beaucoup de réputation et louange. Son discours dura plus d'une grosse heure. Après sa dite harangue achevée, on procéda à la prestation du serment tant des avocats que des procureurs. Les quatre Coil^*"^' ([ui vindrent en la compagnie dudit sieur d'Espagnet estoit : Mess'"' Darrerac,* de Goufreteau, de Rance,^ et de Briet,^ Mess^^ de Thibaut et de Mous ayant este retenus du Parlem* précédant pour continuer la présente année. Il fut donné rang et séance aux Consuls de ladite ville qui firent porter un banc dans l'audiance , ayans leurs robes , avec le chaperon. Lesdits Consuls cstoint Bernard Paullac, Jehan Dul'jc , Claude Tiffon et Colin de Brizac.
* Le conseiller Darrerac , n'est mentionné ni dans la Chronique de J. de Goufreteau, ni dans l'ouvrage de M. Boscheron Des Portes.
2 Le nom du Conseiller de Rance est absent de la Chronique de J. de Goufreteau , de V Histoire du parlement de Bordeaux de M. Boscheron Des Portes, etc.
^ Jean de Briet figure, à la date de 1628, dans VHistoire du parlement de Bordeaux (t. I, p. 449, 451) et aussi, à la date de 1635 (p. 493-494). Nous empruntons aux dernières pages le récit que voici : « C'était un homme remuant , ambitieux , d'un caractère chagrin qui lui avait attiré plus d'une querelle avec ses collègues. Ainsi, dans une altercation avec le président de Villeneuve, celui-ci lui avait donné un soufflet en pleine salle d'audience, et l'affaire en était restée là.... Le duc [d'Épernon, convaincu que Briet l'avait représenté à la Cour comme ayant suscité lui-même la sédition] s'en vengea fort singulièrement. Un jour que le Conseiller se rendait au palais , dans son carrosse, quatre laquais percèrent de coups d'épée ses chevaux qui allèrent s'abattre à quelque distance, entraînant leur maître éperdu de terreur. Briet se hâta de rendre plainte à sa Compagnie où, malgré l'avis du premier président et des conclusions fort réservées du procureur-général, rassemblée
Le lundyxxi* du mois de Novambre 1605,lesdits Consuls de la ville de Nérac estans avertis comme Monsieur le Mareschal d'Ornano estant a Agen devoit venir en ladite ville de Nérac , au quel lieu il devoit estre reçu avec armes, firent faire reveue aux soldats de la dite ville pour voir le nombre diceux , et à ces fins , ils furent conduits dans le vergier de Mons^ Imbert Venier,* et là , on départist la troupe en trois compagaies , suy vaut l'ordre qu'on avait dressé auparavant , l'une desquelles était conduite par Mons , de Laporte , Capp^® du Château, l'autre par le S'* Jehan Dupleix , jurât, et l'autre
des Chambres , prenant pour le corps entier l'offense faite à l'un de ses membres, ordonna une information. Comme elle constata facilement que les auteurs de l'agression étaient des gens au service du Gouverneur, deux magistrats furent envoyés à Cadillac pour la lui communiquer officicieusement. Sa réponse, précédée d'une protestation contre toute reconnaissance de juridiction, fut sans doute peu sincère. Il attribua l'événement à une querelle particulière entre ses laquais et le cocher de Briet, qui les avait le premier assaillis à coups de fouet. On ne le crut guère, et les délinquants furent décrétés de prise de corps, en même temps qu'on mettait le Conseiller sous la sauvegarde et protection du roi. Les deux parties écrivirent en Cour. Cependant la procédure n'eut pas d'autre suite. »
* Imbert Venier est inscrit avec la qualité de contrôleur au livre des tailles de 1599, Vort. Marcadieii. Sur cette famille, V. Biographie de l'arrondissement de Nérac, de M.Samazeuilh, au mot Venier. En 1647, le cadastre Baritaut porte un Henri de Venier, propriétaire de Roreheyte. Henri de Venier, S' de Roreheyte, possédait une maison dans la grand'rue. Le Vergier d'Imbert Venier n'était-il pas ce qu'on nomme encore aujourd'hui le Verger, ancienne habitation située non loin du quartier Marcadieu, tout à côte de Melo7i, qui, selon toute apparence, a retenu le nom de M. Melon cité si souvent danslee lettres de Henri IV, et inscrit lui aussi au terrier. Imbert Levenier, contrôleur de la maison du Roy avait légué à M. Levenier, escuyer, Sr de Pouylehaut, une cartelade et demie de terre près la Porte de Fontindère, au lieu dit au Grand Verger et autrement à la Croix. V. Terrier de Tremolières de 1608, folio 134.
par le S' Jehan de Roussanes,* aussi jurât de ladite ville. Cependant, les Bastilles 2 furent priées de faire tenir pretz tous leurs soldatz pour se venir joindre auec ceux de ladite ville, afiin de fère un plus grand gros, pour tous ensemble, recevoir le plus honorablement que fère se pourroit, ledit Seigneur Mareschal. A. quoy tousdemeurarent disposés de très bonne alTection de se rendre prestz et en bon équipage, le jour de son arrivée.
Ledit Seigneur Mareschal arriva en ladite ville de Nérac le lundy xxviii^ du mois de Novembre 1005, environ les trois heures après midi, ou il fut reçu le plus honnorablement qu'il fut possible. La forme qui fut tenue pour sa réception fut telle : premièrement, Mess'"' de Duluc et Brizac, consuls de ladite ville, accompagnés d'environ soixante hommes à cheval, allèrent au devant du dit Seigneur Mareschal jusques au delà delà maison de Gastelbielh,^sur le chemin du Port ^ oii ledit Seigneur Mareschal avoit couché, la nuit aupara-
' Inscrit au livre des tailles de 1599. P. de Condom.
- Les villages des environs qui avaient des châteaux-forts et tenaient garnison.
^ Sur le chemin de Bruch à FeugaroUes, appartenant aujourd'hui à M. de Guilloutet. C'est à Gastelvicl que se trouvait Monluc en août 1562 lors de l'attaque du capitaine Douazan, relatée dans ses Commentaires. (F. Guirlande des Marguerites, p. 28.)
Citons ce passage des Commentaires de Biaise de Monluc (édition de M. de Ruble, t. II, p. 421-422) : « Vindrent trois enseignes de Nérac, conduictes par un nommé le cappitaine Douazan, qui pouvoient estre en nombre de cinq à six cens hommes. Je n'avois pas demy repeu qu'on me vint dire qu'à ung chasteau qu'il y avoit près de moy, nommé Castel-Vieil, y avoit des gens qui se deffendoient. Je m'y en allay, et admenay le cappitaine Bardachin avecques cent de ses bandoliers, qui feist mettre le feu aux portes et donner l'assaut, et l'emportasmes. ») Biaise de Monluc ajoute que « de Gastel-Vieil jusques à Feuguarolles n'y a que demy-quart de lieue, o La prise du château de Gastel-Vieil est du 2 juillet 1562.
* Le Port-Sainte-Marie, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Agen, à 20 kilomètres de cette ville. La route du Port-Sainte-Marie à Nérac passait alors par Castelvieil, Lagatère, Bréchan et arrivait à Nérac par la porte de Gaujac.
vaut. Et l'ayant rencontré sur le grand chemin, lesdits Consuls mettant pied-terre, le saluèrent. Après, estantz joinclz ensemble, on tinst le chemin de la Tennarèze ^ droit au Pont de Bordes pour venir à la porte de Fontindére ~ de ladite ville» Estant arrivé auprès du Boniac ^ à un champ joignant le prex qui est près de ladite maison, il rencontra dans icelluy toute l'infanterie en bataille, bien rangés, y pouvant avoir environ sept ou huit cents hommes, tant de ceux qui estoit armés, mousquetères, piquiers, ou arquebusiers, conduits et rangés en trois compag-nies soubs les Gapp"^' cy-dessus nommés. Estant ledit Seigneur Mareschal entré dans le dit pred pour aller à la teste de la dite infanterie, une compagide de pe(its enfans bien habillés s'allèrent présenter a luy. Le Cappn® des quels qui estoit le fils du S"" Pierre Puiferré, Jurât de la dite ville, luy fit une harangue dont la teneur s'ensuit : « Monseigneur, ceste cité que vous abordés « se met alaigrement en devoir de vous rendre l'hommage deu à « vostre authorité et respondant à vostre mérite. Tous estatz et « tous aages y conspirent selon la décence de leur qualité, les uns « en robe, les autres en armes. En ce dernier équipage limité à « nostre portée, omme plus agréable à vostre esprit guerrier,
^ La Ténarèze, voie romaine, allait des Pyrénées à la Garonne. On fait dé river ce nom de ténarèze, je ne sais trop pourquoi, dHter Cœsaris.
- Voir dans la Guirlande des Marguerites, p. 191, un sonnet bien lestement troussé de M. Faugère-Dubourg, sonnet intitulé : Fontindelle. Ne pas négliger le texte explicatif (n'> 190) où l'on trouvera la très probable étymologie du nom Fontindére, hountindero en patois, du mot hount, fontaine. Nous aimons infiniment mieux cette étymologie si naturelle que celle qui avait été proposée par un écrivain trop ingénieux, lequel rattachait le nom de Fontindére au nom d'un certain capitaine Huntindes, compagnon du Prince Noir, lequel Huntindes, s'il revenait au monde, en supposant qu'il y soit jamais venu déjà, serait encore plus surpris que nous de l'opinion qui fait de lui le parrain de la source située près de la porte dite de Bourdeaux. Méfions-nous fies étymologies, en général, et des subtiles étymologies, en particulier. — Une dernière observation. Hontindelle ne serait-il pas l'analogue de Hoiintdelie, la fontaine antique de Lectoure.
■'' Château situé à 2 kil. de Nérac. Appartient aujourd'hui à la famille de Galard, alHée à la famille Pédesclaux, qui le possédait en 1605.
« nous nous sommes hazardés devant le gros, une troupe je puis « dire d'infanterie, non pas perdue ou exposée ou clioc de l'ennemy, « mais presque csperdue et esblouye du lustre de Votre Grandeur, lu « quelle, toutes fois, est accompagnée de tant de ê'racieus(3té quelle « acceptera noz tendres eiïortz comme semences d'eslfects plus vi- « goureux à l'avenir. Vous estes le Pirois de la Cuioniie , je veux « dire l'astre rougissant de Mars envoie pour régir les nourrissons a de Bellonne que ce climat enfante aijondammant et pour les en- « trelenir par l'influance de vostre générosité. Voilà poiu^quoy les « armes se préparent à vous saluer de foudres et de feux martiaux « afin d'esveiller les retentissements de ces vallées, les échos de ces « roches voisines et provoquer tous les éléniens à cris de liesse pour « vostre heureuse arrivée. Cependant, nostre instinct généreux ne « nous permest d'estre honteusement plus muetz que les choses in- « sensibles, mais nous pousse h descharger nos cœurs plains de « poudre d'humilité et submission allumée par la flamme de nos « désirs et ardeurs de noz affections, en himnes et chantz de joye, « comme esclatz et arquebuzades de noz lang-nes, vouant tous sainte tement quavuec l'accroissance de nos ans, nous croissions en réso- « lution de vous rendre, soubz l'ombre de ce grand monarque qui a « couronné vostre valeur de ce beau degré d'honneur, service très « humble et très fidelle. »
La dite harangue achevée, le dit Seigneur Mareschal témoigna avoir prins plaisir au discours de ce petit enfant, et, après, s'avança droit aux gens de pied qu'il trouva en bel ordre et commanda de faire un tour dans le dit pred, à quoy il fust promptement obey, et s'alla encore présenter à la teste des compagnies qui marchoient joinctes ensemble. Leur ayant dit adieu, il commença à prendre son chemin pour s'en venir a la dite ville. L'ors, les Capp°«' commandèrent de fere une salve d'arquebuzades, qui fut très bien faict. Incontinent le dit Seigneur Mareschal, avec toute sa troupe, tourne bride, et, comme faisant semblant de venir à la charge sur eux, tesmoignoitestre fort aise et joyeux d'estre ainsi caressé d'arquebuzades. Cela fait, il s'envinst entrer à la dite porte de Fontindère où on le salua de unze pièces de moyenne artillerie qui tirarent comme il approcha de la dite porte. Mess'*' les Consuls qui estoit Pa-allac, Duluc, TilTou et Brizac se trouvarent h la dite porte où ils lui firent encore la révérence avec leurs livrées, en robe, 'luy offrant les clefz de la ville qu'ils avoint en mainS; attachées à un cordon de soye. En après, dans
le Mess'^* de la Justice le saluèrent de rechef. Estant dans la
ville, il s'en alla droit ù l'église S^-Nicolas * où il mit pied-terre, et ayant oiiy un mot de Vespres, il s'en alla loger dans le Ghasteau. Estant dans sa chambre, les compagnies vindrent passer pardevant luy où fut tiré une infinité d'arquebuzades et mous^{uettades. Après, les compagnies se retirent. Monsieur Le Président Despagnet lui donna à souper, le soir du dit jour de son arrivée. Le lendemain matin, on croioit que le dit Seigneur Mareschal se trouveroit en l'audience de la Cour et Chambre, mais il n'y alla point. Aius seulement, entra dans la Chambre du Conseil où il ne demeura guicres. Il partist de la dite ville, le mercredy ensuivant, 30^°^^ du dit mois et an, après disner, s'en estant allé coucher à Lasserre,'^ pour, puis
* Sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'église paroissiale reconstruite, et consacrée au même saint Nicolas.
- Lasserre est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Francescas, à quatre kilomètres de cette ville à onze de Nérac. Voir Dictionnaire de l'arrondissement de ISérac, p. 242- 244. M. Samazeuilh rappelle que la terre et seigneurie delà Serre (dont on a fait bien à tort Lasserre, ce qui en dénature la signification), passa dans la maison d'Esparbez par le mariage que Jean Paul, l'un des cadets de cette famille, contracta, le 16 août 1570, avec Catherine-Bernarde de Montagne, baronne de la Serre. La terre de Lasserre vendue en direction par les créanciers de M.deJansac, seigneur d'Esparbès de Lussan d'Aubeterre, maréchal de camp et armées du roy, fut achetée par Mn^^yeuve de Narbonne- Pelet, en 1758. L'acte fut passé devant M^ Dutartre, jeune, notaire à Paris, le 18 août 1758. Mme de Narbonne-Pelet était grand'mère du comte de Digeon qui transmit par succession ah intestat la terre de La Serre à ses nièces, Mmes de Gervain et de Richemond. Ce château a été l'objet de diverses études. Nous citerons notamment : Le château et la Seigneurie de la Serre, par Riesbey (Beyries), dans la Revue d'Aquitaine (t. V, 1861, p. 586-592); une notice historique imprimée dans le XLI« volume des comptes - rendus du Congrès archéologique de France (session d'Agen, 1874); une notice archéologique communiquée au Comité, des Travaux historiques et des Sociétés savantes, par M. le baron de Vcrneilh, correspondant du Ministère de l'Instruction publique, à Nontron, analysée par M. Jules Quicherat dans la Revue des Sociétés savantes (6° série, tome Vil, 1879, p. 474-476). Voir encore, dans la Guirlande des Marguerites, un sonnet de M. Faugère-Dubourg sur le château de La Serre (p. 211;.
après, prendre son chemin vers Condom et |Auclix. Au sortir de la ville, les arquebuziers ciifans de la ville dressarent une compagnie de deux cent cinqie soldatz fort lestes et bien armés qui furent luy dire adieu au cementière de S^-Germain * où s'esta nt rangés en deux hayes , le dit Seigneur Mareschal passant parmy eux , leur dit à tous adieu, fort content de se voir ainsin caressé. Incontinent qu'il fust passé, ils firent un beau salve qui luy donna grand contentement. Pendant le séjour quil fit en la dite ville, Mess'"' les Consuls le défraicrent de toutes choses. Les noms des Capp^^^% Lieutenants, Enseignes et Sergens des compagnies estoint : premièrement. Mons. de Laporte conduysoit toute Finfanterie en forme de Mestre de Camp, allant à cheval devant tous, et résigna sa compagtiie à son filz qui avoit pour Lieutenant, Roques; pour Enseigne, Philip Vermeil ; Sergens , Léglise et David Détrois,^ mt gantier. C'estoit la seconde compagnie, La première estoit conduite par le S^ Dupleix, comme est dit cy dessus, qui avoit pour Lieutenant, le Capp"*' Ceps,^ pour Enseigne, le filz de Guilhem Pcribère,^ du Petit-Nérac ; ^ pour Sergents, Ysaac Dubrouilh^ et Arquisan.^ La troisiesme estait con-
* Cimetière situé au Petit-Nérac, près l'église Saint-Germain. Pour que le Maréchal passât près de ce cimetière^ il fallait que la route de Nérac à La Serre et à Condom passât sur la rive droite de la Baïse.
' David de Troys, marchand gantier, ainsi inscrit au livre des tailles de 1624, P. Fontbidère. La famille Detrois compte encore des représentants. En 1839, le maire de la ville de Nérac était un Detrois. Voir Guirlande des Marguerites, p. 230.
^ Menjon Seps, capitaine, inscrit au livre des tailles 1599, P. du Pont. Menjon est un prénom très usité à Nérac au xvie siècle. Il y est devenu nom de famille par son diminutif^Menjoulet.
* Propriétaire de Larouillère. Déjà cité.
^ La vieille ville sur la rive droite de la Baïse. Elle faisait partie du quartier appelé Portai du Pont.
^ Inscrit au livre des taiUes de 1599, Portai du Pont. Ce nom de Dubrouilh est gravé sur une des cheminées de la maison appelée Hôttl Sully, au Petit- Nérac. Voir dans la Guirlande des Marguerites, le sonnet sur l'hôtel Sully et la note afférente, p. 109. La famille Dubrouilh était nombreuse au xvi^ siècle. Un de ses membres est inscrit avec la qualité d'argentier du Pioij.
^ Darguisan, ainsi inscrit au livre des tailles de 1599, Portai du Pont, Famille nombreuse.
duicte par le S' Jehan de Roussanes. Son Lieutenant estoit le Cappn« Duloiig, son Enseigne, Laverny, le jeune; pour Sergents, démens Bonnet, cordonnier, et Ysaac Dubedat, pâtissier.
Un Suisse de la Garde du dit Seigneur Mareschal ayant été laissé malade Fors de son parlement, mourust le premier jour de Décembre anlG05.
La femme de feu Guillaume Barigaut,* mourust le 30"» Novambre 1605.
Chrestine de Brizac, fille de M'* CoUn et femme du jeune Trémo lieres,2 mourust le samedy, x'"^ Décembre 1605.
Berthomieu Baret, cardeur, mourust le jeudy, xv"« Décembre 1605.
Le dimanche, premier jour du mois de Janvier 1606, estans sortis de la charge de Consulz, Bernard Paullac, Claude Tiffou, Jehan Duluc, et Colin Brizac, et, en leur place ayant été esleuz M. Thobie de Brassay,' Ramond David, '^ Isaac Dulong, et Arnaud Latané ^ qui refusa le rang à cause qu'on l'avoit fait dernier, se plaignant que le dit sieur Dulong estoit colloque devant lui qui estoit receu en la Jurade plustot que le dit sieur Dulong, comme il fust question de prester le serment pardevant le S'* de Laporte, Capp"^ du Chasteau, selon l'ancienne coustume, Messieurs les Lieutenants Général et particuUer qui estoit M. Pierre du Roy et Dulong, ensemble W Sa-
* Nous avons déjà cité ce nom de Guillaume Barigaut, maître corroyeur au Portai de Boiu^ieaux, mais à propos de sa profession, nous tenons essentiellement à rappeler le nom d'un de nos compatriotes, Bernardin maître corroyeur lui aussi qui, à Nérac, en 1535, trouvait le moyen de faire des cuirasses et des casques de cuir impénétrables au fer. Voir Histoire des classes ouvrières en France de Levasseur, tome II, p. 31.
- On trouve un Antoine Tremolières, notaire, au livre des tailles de 1624, Portai de Fontindère. Ce môme Tremolières a fait le terrier de 1608. ' Déjà cité. Le Cauderé, dépendant du Portai Marcadieu, lui appartenait.
* Inscrit au livre des tailles de 1599 avec la qualité de Procureur. Portai de Bourdeaux.
* Arnaud Latané, capitaine. Livre des tailles de 1599. Portal-Marcadieu,
muel Paiillac,* procureur du Roy au Siège de Nérac, se trouvarent au lieu où on a la coutume faire telz actes, dizans au dit Sieur de Laporte que le dit serment des nouveaux consulz ne pouvoist estre preste pardevant luy, ains pardevant eux, comme la Court de Parlement de Bourdeaux l'avoit ordonné par son arrest qu'ilz avoient obtenu sur reqt» sans ouyr parties. A quoi le dit Sieur de Laporte respondit qu'il estoit de fort longtemps en possession de recevoir le dit serment, sommant les dits Consulz de le prester pardevant luy. Au contraire, les dits officiers requeroient que se fut pardevant eux. Il y eut de grandes contestations les uns contre les autres. Finalement, le dit serment fut preste pardevant le dit S' de Laporte, sur quoy, furent faites de grandes protestations. Finalement, on se retira sans quil y eust aucune batterie, y estans venus fort près, Le dit Sieur Latané quitta sa charge de Consul du consentement de la Maison de Ville.
Mons"" de Renaud, ministre de l'église de Bourdeaux, arriva en ceste ville, au mois de Décembre 1605, accompagné de deux Anciens portant lettre de son Eglise en Consistoire de la présente ville de Nérac, la suppliant d'envoyer un ou deux des Ministres au dit Bourdeaux 011 d'autres se devoint aussi trouver pour paciffier les difï'érens et haynes qui estoint entre plusieurs de la dite église de Bourdeaux, les anciens d'iceux affectionnans plus le dit Sieur de Renaud que Mons' de Primerose, pasteur de la dite église, les autres non ; tellement que, pour raison de ce, il y arriva plusieurs choses scandaleuzes, les un voulans que l'un d'iceux preschat ; les autres s'opposants vouloint que ce fut l'autre. Le Consistoire du dit Nerac y envoya Mons*" de Masparrante qui fust de retour.
Le Judy, xii« Janvier 1606,on commensa à tirer au jeu de Blanque,'
* Livres des tailles de 1599. — Portai de Condom.
' Bla7ique, disent les rédacteurs du dictionnaire de Trévoux, est une « espèce de loterie, ou jeu de hasard, où l'on achète certain nombre de billets, dans lesquels, s'il y en a quelqu'un noir ou marqué de quelque meuble qui est à l'étalage, on en profite. S'il n'y en a point, on perd son argent, et alors on dit qu'on a trouvé Manque, d'où ce jeu a tiré ce nom. Il vient de l'italien bianca. — Ce jeu, selon Pasquier {Recherches^ 1. VIII, c. 49), a été introduit
dans la cuysine, près la fontayiie de la Garenne, n'ayant voulu permettre aux marchans de la fere dans la ville ni dans le Château ou W Le Président Despagnet estoit logé. Ils avoit de fort belle vaisselle d'argent et autre marchandise de prix. Ils prenoint quatre soulz pour billet.
^P Ramond Barrière, appo'^* mourust le 13« Janvier 1606.
Jehan Lamarque, capp°% décéda le 12« Février 1606.
Le mecredy, xxii® Février 1606, environ les x à xi heures du soir, les clercz de Mess^' les Conseillers et procureurs chargèrent à coups d'espée les clercz de Mess^^ de Goufreteau et de Morin, si bien que le clerc du dit S»" de Morin, Cons' et nommé Bernajoul eust un grand coup d'espée par l'estomac, audessoubtz du tetin droit. Il y en eust deux de prisonniers h savoir : Moutard, clerc de M'* Arnaud Lafargue, procureur, et cellui de Courrant, aussi procureur, les autres ayant prins la fuite. Quelque temps après, ledit Bernajoul estant gary, on fit eslargir les dits prisonniers, et n'en fut autre chose.
Le Piquagnon,^ mourust le xxviii® Février 1606.
Mess^Mes Auditeurs de la Chambre des Comptes dcNérac envoyèrent le tableau (où estoit peint la figure de Nostre-Dame) à Mons' le Mareschal d'Ornano, à Agen, le lundy xxvii^ Février 1606. Le dit tableau fut prins et livré du Cabinet du Château de Nérac oii il avoit
en France par les Italiens. Voyez dans cet auteur comment il se pratiquait d'abord. — M. Littré cite, sous le mot Blanque , le vers de la satire III de Mathurin Régnier :
Ainsi qu'en une blanque où pnr hastrd on tire,
et il donne du mot cette étymologie : « Bianca, ainsi dite de bianco, blanc, parce que les billets blancs y sont plus nombreux que les billets noirs. »
* Inscrit avec cette qualité au livre des tailles de 1599, P. Marcadien. Les apothicaires sont nombreux et jouent un grand rôle à cette époque. Faut-il s'en étonner quand, à l'inventaire des Archives de la Chambre des comptes de Pau et Nérac, page 280, on trouve un •paiement de 42,000 livres à Laline, apothicaire de Henri IV.
' Un surnom, sans doute, comme on en donnait tant à cette époque.
demeuré fort long temps. Il agréa fort au dit Seigneur Mareschal, à cause de son excellente beauté.*
M^ Jehan Matisson, principal du collège de Nérac, fit une harangue, en la maison de ville, devant tous les Mess""-^ de la Cour et Chambre et autres, en grand nombre, estant Mons»" le Président d'Espagnet en exercisse. Ce fut le mercredy xve mars 1606. De la quelle il rapporta beaucoup de louange comme aussi de toutes les autres qu'il a voit faites au paravant.
Peyrou Dulin, M^ masson, mourust le samedy, ix'' Avril 1606.
Le dit jour ix^ Avril 1606, M"^ Pierre Roy Lient* G^' d'Albret au siège de Nérac ayant vouleu fère prendre au corps M' Gaixiot de Mazellières, réformateur du domaine d'Albret,^ envoya un sergent, avec plusieurs recors au logis de Mons"" Le Président Feydeau,où se tient la Vefve de feu M' François Labroue,^ et ce, en l'absence du dit sieur de Feydeau qui estoit entré en la Chambre pour des procès de Commissaires; mais ayant esté averty que le dit sergent et recors faisoint du désordre en son dit logis et qu'ilz commençoient à vouloir
* Qu'est devenu ce tableau d'une excellente beauté? Nous ne voyons pas figurer la Madone, donnée en 1606 au maréchal d'Ornano, dans Ylnventaire des meubles du château de Nérac dressé le 19 août 1598 et publié par M. Tamizey de Larroque en 1867. On n'y mentionne que des tableaux dont le signalement ne correspond point à celui que nous venons de lire. Rappelons que le tableau envoyé au maréchal d'Ornano par les Auditeurs de la Chambre des comptes de Nérac n'était qu'un à-compte, et que, par brevet du 6 août de la même année, Henri IV lui donna tous les meubles et toutes les armes du cabinet du château de Nérac, à l'exception des tapisseries. Voir, en tête deVInventaire ci-dessus mentionné, la reproduction du brevet.
- Les Réformateurs du domaine d'Albret, en 1606, continuaient l'œuvre entreprise au commencement du siècle précédent par Henri d'Albret, roi de Navarre, ou tout au moins veillaient à l'exécution des contrats payés en 1532. 11 existe encore un Registre des afflusements faictz par les Commissions députez à la Ré formation du dommayne du Roy de Navarre, sire d'Albret, et receuz par Jehan Le Roux, notaire à Castelgeloux. Ces baux notariés portent la date de 1532.
' Déjà cité comme inscrit au livre des tailles de 1599, P. Marcadieu. Habitait la maison qui porte encore son nom.
forcer les portes pour trouver le dit de Mazellières qui estoit dans icelly, il sortit de la dite Chambre et s'en alla au dit logis où il trouva le dit sergent le quel, après plusieurs paroUes et remonstrances à luy faites d'avoir esté si liardy que d'aller fouilher dans son logis sans le respecter, il commanda de le mener dans la Conciergerie et prisons de la Cour, ce qui fut fait. Le dit S' du Roy, lieutenant, alla parler aussi à luy, tout sur l'heure, avec lequel aussi il y eust plusieurs propos picquans de ce que il l'avoit si peu respecté que d'envoyer dans sa maison pour fère prendre un homme. Enfin, après tous ces discours où estoint aussi Mess""^ de Brassay et Dulong, consuls, et grand nombre d'habitans, le dit S"* de Feydeau s'en retourna h la dite Chambre fère sa plainte. Sur quoy, fut ordonné qu'à la dilligence du Procureur G»i du Roy, information seroit faite des excès et irrévérence prétendue avoir esté faite par le dit sieur de Feydeau, et, h ces fins, furent députés Commiss'■e^ Mess^^ de Thibault et de Gachon, Cons^"*' en la dite Cour pour procéder à la faction de la dite information qui, tout incontinent, fut commencée. Ayant esté ouy plusieurs tesmoings, finalement, les dits sieurs du Croy et de Mazelières ayant accordé tous leurs différends moyennant liii livres que le dit Mazelières lui donna, on fit eslargir soubz caution le dit sergent ayant trempé environ un mois ou cinq semaines dans la dite prison de la Cour.
François Rieutort,* M® chirurgien de Nérac, mourust le lundy xvii« Apvril 1G06.
Le petit fils de Pierre de Lansac, S"* de Roquetaillade'^ fut reçu
' On ne trouve'qu'un Pierre Rieutort, sinirgien, inscrit au livre des taiDes de 1599. Portai du Pont.
- Roqiictaillade. — Voir l'histoire et la description du beau château de Roquetaillade (Gironde), tour à tour possédé par les La Motte, les Lansac, les Laborie de Primet et les Mauvezin, dans la Guienne militaire (t. I, p. 16). M. Léo Drouyn y a donné (p. 14) sur les Lansac une note généalogique rédigée d'après des papiers de famille par M. Henri de Mauvezin.
Sénéchnl d'Albret, dans l'anditoirc de la ville deNérac^ le mereredy xiii« Apvril 160G. Et ce, nonobstant l'opposition formée par le S'^ de Favas, et sans préjudice d"icelle, estant le dit sieur renvoyé devers le Roy pour se pourvoir ainsi qu'il avisera.
Frédéric Hansel, mourust le lundy, premier de May IGOC.
Le dimanche xiiii« du mois de Mai IGOG, la rivière de Bayse fut grandement desbordée, ayant creu tout le dit jour jusques à minuict. Elle entra fort avant dans la ville et montoit trois pans pardessus le pont lavis du portanet.* Elle monta pardessus les barriques de mon chay, près le Molin,^ environ deux pans. Elle demeura tout le lendemain xv« a s'abaisser.
La femme de Baret, lou cardaire,^ fort vieille, mourust le xviii® May 1606.
Marie de Chastelet, Vefve h Mons' de Sainct-Hilère, Ministre, en son vivant, de l'église de Nérac, mourust le mardy vi« Juing 1606.
Catherine de Beaupuy, Vefve de François Cortiou, dit Beaufils,* âgée de quatre vingtz ans, mourust le xvii® Juin 1606.
' Il y avait deux pont-levis au château , celui qui reliait les terrasses au pont de pierre conduisant à la Garonne, et celui qui , à la façade, était jeté sur le fossé et menait à la porte d'entrée flanquée de deux grosses tours basses. De quel pont levis parle le chroniqueur en le désignant sous le nom de Pont-levis du Portanet, c'est-à-dire de la petite porte ? Il est probable, les fossés ayant une profondeur de 40 pieds, qu'il s'agit ici du pont-levis de la porte d'entrée du château, qui devait être petite et écrasée en raison de son ancienneté.
- Ce chai n'était autre que la maison occupée aujourd'hui par la famille Perribère.
* Baret a déjà été cité comme figurant au livre des tailles de 1599. Ca7'dayre, signifie cardeur de laine.
* Inscrit au livre des tailles de 1599, P. Marcadieu.
Jehan Lacau,* marchant, gendre d'Olive Dubroca,^ fut tué à sa metterie, dans la vigne, d'un coup de ferrament à travers le gosier, le dimanche matin, second de Juillet 1606. Mess^^ de la Justice de Nérac si transportarent pour fère l'information et firent apporter le corps en la dite ville le dit jour de dimanche.
Le mercredy ve Juillet 1606, on commença h poser les premières pierres du fondement de la tour faite au coing du temple de la présente ville sur la rue des Embarratz,^ estans Consuls M""' Thobie de Brassay, Ramond David, et Ysaac Dulong. Le fondement de ]a dite tour fut posé sur le rochier ferme, ayant de profondeur dix sept pans et demy. Celui qui bastit la dite tour estoit Thibault Champagne, M* maçon, ^ au quel on donna cent escus pour la façon d'icelle. La dite tour fut achevée le samedv xviii^ Novambre 1606.
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom. Il était teixier, c'est-à-dire tisserand.
- Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
^ Cette tour, qui servait de clocher, a été rasée et il n'en reste pas trace. Elle était au coin de la place du Temple actuelle. La rue des Embarrats n'était autre, en effet, que l'ancien fossé delà première enceinte, delà coste de Gujon (le pavé) à la place du Griffon. On l'appelait ainsi parce qu'elle bordait Ion dot dous embarrats, le clos des enfermés. C'est ainsi qu'on désignait au xvi« siècle l'ancienne ville agrandie par Antoine de Bourbon. Voir dans LA Guirlande des Marguerites, rallée des quatre Seigneurs et Jeanne et Antoine, pages 45 et 171.
* Le Thibaut Champagne , maître maçon , inscrit au Livre des tailles de 1599 (P. de Bourdeaux) , figure cette même année 1606 dans les archives de la cour des comptes de Nérac : u pour réparations au château de Nérac. V. Inventaires sommaires des archives des Basses-Pyrénées (cour des comptes de Nérac), page 143. Ces réparations au château sont les dernières dont on trouve trace dans les archives de la chambre des comptes. Le Roi de France, il faut le reconnaître, ne se souvenait guère du roi de Navarre et quant à la régente Catherine, sa sœur, on ne la connaît guère à Nérac, en ce temps-là, que par les représentations et les remontrances que la chambre lui adresse sur ses dépenses.
Bertrane de Soubiran' monrust le vi« juillet 1606.
Le dimanche ix* Juillet 1606, dans le temple de la présente ville, issue du preschc, M"" l^^zécliiel Mermet fut reçeu pasteur de l'église de Nérac ayant esté retiré de l'église de Puclix, où il avoit esté Ministre environ trois ans.
Le S** Annon Lafore, mon cousin, espousa en secondes nopces, Marie de Brassay,^ et allèrent espouser à Lavardac le dimanche, après disner, xxhi'= Juillet 1606. Le vi« Janvier 1607, le dit Laffore congédia la dite de Brassay.
' Jehanne Nagoua, ma filleule, fitle de Jehan Nagoua et Judict de Pérès, ma fille, nasquit le xxiiii® Juillet 1606, et présentée au baptesme par moy et Dam"' Jehanne de Nagoua, femme de Mons'' M"" Pierre Roy, lieutenant général au siège de Nérac, le dimanche, après disner, 30® dudit mois.
Le dimanche xxx® Juillet, sur le soir, les clercz de Mess" de la Cour et des procureurs se bâtirent avec les habitans de la ville, dans le pred de feu Mons' de Labroue, ou se donnarent force coups de poings et de pieds, mesme, il y eust deux clercz blessés de coups d'espée sur la teste. Ce désordre donna subjest à Mess''^ de la Cour et Chambre de donner un arrest qui feut pcublié le lendemain, jour de lundy, par toute la ville, portant inhibitions à toutes personnes de faire des assemblées secrètes ny porter armes offensives, à peyne de la vie, et d'avoir à se retirer après que la retraite auroit sonné, enjoignant aux Consuls de tenir la main à l'excution du dit arrest. Les dits consuls estoient : M^ Thobie de Brassay, Ramond David et Ysaac Dulong Ce nonobstant, il fut informé des blessures faites aux dits clercz, par authorité de la dite Cour et arrêt contre trois ou quatre,
' Il n'y a d'inscrit au Livre des tailles de 1599 que Francoys Souviran, marié à Damoyselle Gabrielle Delard. Il possédait le domaine de Grému.
- Une fille sans doute, tout au moins une parente de Thobie de Brassay déjà cité.
qui fut exécuté contre Jehan Dauzac, fils de François,* le quel fut constitué prisonnier. Dans peu de jours après, il fut eslargy.
Le Sinnode provincial fut teneu en la ville de Nérac et commença l'ouverture le mercredy ii« d'Aoust 1606. Mons'"de Masparraute Ministre de l'église de Nérac, prescha en présence de tous les ministres de la dite assemblée, ayant prins pour texte le verset 14® du pseaume 17®. Plusieurs gentilhommes et autres députtés des Eglises se trouvarent au dit Sinnode, le quel fut achevé de tenir le judy x<" du dit mois et an que dessus.
Jehanne de Nadeau mourust le v^ Aoust 1606.
Anthoine Lignac,^ tailleur, mourust le vi« Aoust 1606.
Le dimenche matin, xx« aoust 1606, Mons^ M' Antoine Mermet preschant, recommanda, sur la fin de son presche, parlant au peuple, de vouloir donner des matériaux pour fère la cloche ^ au clochier du Temple ou bien de rargent,affin qu'on eust moyen de la faire grande. A ces fins, ledit jour, furent députtés par les quartiers de la ville, et en chacun d'iceux, un jurât et un ancien du consistoire, qui firent la levée volontèrement de ceux qui avoit envie de donner. Mais, se fut peu de chose au prix de ce qu'on s'estoit proposé, et en tout, ne fut assemblé que environ cent escus en argent et trois ou quatre quintalz de métal.
Jehean Burguère,* sergent royal, mourut le dernier d'Aoust 1606.
* Francoys Dauzac inscrit au Livre des tailles de 1599, P. de Condom. Jehannot Dauzac est inscrit au Livre des impositions protestantes de 1605, Portai Marcadieu. Ce nom de Dauzac est très répandu à Nérac au xvie siècle ,
- Inscrit au Livre des tailles de 1599; — P. Marcadieu.
^ La cloche appelait alors les protestants aux offices. Elle ne disparut des temples qu'après la révocation de l'édit de Nantes.
* Inscrit au Livre des tailles de 1599 ; — Portai du Pont. Il possédait, d'après le terrier de cette époque, un jardin de dix escuts sur Gaujac qui appartient encore à sa famille. Par sergent , il faut entendre huissier de juridiction royale.
Vefve de Pierre Brizac,* mourust le iiii« Septembre 1G06.
Madame la Présidente Despagnet'^ partist de Nérac pour s'en aller à Bourdeaux ou en sa maison d'Espagnet, le dimenche xvii' Septembre 160G. Elle s'alla embarquer au port de Thouars, menant avec elle toute sa famille. Il y eust plusieurs personnages de la ville qui l'accompagnèrent jusques au dit Thouars j où ils lui dirent adieu.
La cloche destinée pour mettre au clochier du Temple de l'egUse refTormée de Nérac fut fondue dans la bassecour de l'hospital de ladite ville, le mardy xix« Septembre 1600, estant du poix de xx quintaux ou environ. Elle fut montée en ladite tour, le vii^ octobre ensuyvanl.
Nicouleau du Busquet, portier à la porte du portanet, ^ mourust lexix» Septembre 1606. jour que ladite cloche fut fondue.
Monsieur Le Président Despagnet, après avoir servy son année en la Cour et Chambre de l'édict, partist de Nérac le vendredy xxii® Septembre 1606. Il s'en alla droit ii Agen pour voir Mons' le Mares-
* Inscrit au Livre des tailles de 1599; — P. de Fontindère.
- C'est ici le cas de citer cette note de M. Tamizey deLarroque [Inventaire des meubles du château de Nérac) (p. 27) : « Il paraît que Madame la Présidente d'Espagnet avait emporté, — par distraction sans doute, — une tapisserie du château de Nérac, car je vois, à la page 131 de l'Inventaire des archives des Basses-Pyrénées, qu'en 1607 c on réclama ladite tapisserie à la femme du magistrat alchimiste. » La parenthèse : par distraction sans doute est pleine de charité, mais on se demande si ce n'était pas chez les deux époux une mauvaise habitude, un déplorable système d'emporter ce qui ne leur appartenait pas, quand on lit ces lignes de Vlntroduction à VHiUoire du Parlement de Bordeaux par M. Boscheron Des Portes (p. XV) : « En 1719 , le Parlement de Bordeaux fut instruit qu'on venait de retrouver dans le cabinet d'un de ses anciens présidents, feu d'Espaignet, les originaux de ses Registres secrets, depuis sa création, en 1462, jusqu'en l'année 1566, comprenant ainsi une durée de plus de cent années. Gomment ces documents avaientils passé du greffe, dépôt public, en la possession d'un magistrat? C'est ce qui n'est pas expliqué. »
^ Petite porte ouverte sur le rempart entre les grandes portes de Marcadieu et de Fontindère, au point marqué par la rue dite encore aujourd'hui des Portanets, qui va de la rue Fontindère aux grandes allées.
chai d'Ornano. Messieurs les Consuls de Nérac l'accompagnèrent jusques au pont de Gaston * où ils lui dirent adieu. Les dits Consuls de cestte année estoient Mess''' de Brassay, R. David, et YsaacDulong. Mais il n'y eust que ledit S' de Brassay qui l'accompagnât avec un bon nombre de gens à cheval.
Le mardy xxvi" Septembre 160G. Mess" de Mons et de Roussanes Cons®''^ en la cour, commissaires depputés par ladite Cour et Chambre, se transportèrent sur le chemin d'Agen, a Tendroit de la vigne du S^ Jehan Roy, jurât de la ville de Nérac, auquel avoist esté faict commandement d'eslargir ledit chemin, de quoyil se porta pour appelant et releva son appel en ladite Cour et Chambre : qui fut cause que lesdits commissaires furent depputés, avant faire droit de son appel. Hz firent procès-verbal de la largeur du dit chemin. Mess" les Consuls et Sindic ,'^ plusieurs Juratz et bon nombre d'habitans allarent sur le lieu. Ladite poursuitte se faisoit à la diligence du S' Pierre Puyferré,^ Sindic.
Le xxviii*= Septembre 1606, s'en alla de la ville de Nerac un homme du pays de Dauphiné menant deux autruches, à scavoir masle et femelle. Elles estoint fort grandes. On payait deux hardz, un soûl et deux soulz pour les voir. Il demeura quinze jours en ladite ville, estant logé ches Arnaud Nagoua ^ aux Embarratz.
Jacques des fers, dit Panissaut, mourut le premier Octobre 1606.
La femme d'Armand Taret ,^ tailleur, mourut le premier octobre 1606.
* L'Auvignon, au dessous de Montagnac, marquait le point sur la route de Nérac à Agen où finissait la juridiction de Nérac.
* Celui qui était chargé des procès et affaires de la communauté. (F. introductio7i à la pratique, p. 498.)
^ Déjà cité. Il possédait un bien au Meulan. V. livre Terrier. (Archives municipales de Nérac.)
* Arnaud Nagoua, capitaine , habitait le quartier du Portai Marcadieu. Par Emharrats, il faut entendre ici, non la rue de ce nom, mais la partie de la ville comprise entre la Bayse, le château et l'ancienne enceinte.
' Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
Jacques Auger, M* entrouilhaire,* mourut le viiic octobre 1606.
Les meubles du cabinet du Roy estant dans le Chasteau do Nérac furent envoyés à Monsieur le Maresclial d'Ornano, Agen, suyvant le don que Sa Maté iuy en avoit faict, le dimanche viii° octobre 1606. Hz furent délivrés à Guenault, son secrétaire.^
Jehanne Durand, femme de Jehan Lignac, tailleur, mourust à sa metterie du Freche," le x*^ octobre 1606 et fut enterrée a Asquos.
Ledit jour, la femme de Peaufort, sergent, qui avoist esté chambrière du S^ Jehan de Roussanes, mourust a sa maison de Laliite^ et fut portée au cementière de Nérac.
Jehan Darros ^ Not^^ Royal décéda le mardy xxiiii® Octobre 1606.
* Par entrouilhaire, il faut entendre fabricant de pressoirs { trouilh, en langue romane). Le nom de Dutrouilh vient de là, et équivaut à Dupressoir.
' A la suite de l'Inventaire des meubles du château de Nérac déjà plusieurs fois cité, M. Tamizey de Larroquea publié (p. 28), la déclaration que voici : « Je Jehan Quenault, secrétaire de Monseigneur le Maréchal d'Ornano, ay receu des mains du sieur Isaac de Pérès, concierge du chasteau de Nérac, en vertu d'une lettre de Monseigneur adressante à Messieurs de la Chambre des Comptes dudit Nérac, en datte du Septième du présent mois et an, que j'ay remise en leurs mains, les meubles du cabinet du Roy qui estoient audit chasteau, suivant le don qu'il a pieu à Sa Majesté Iuy en faire, mentionnés en quatre-vingts-dix et neuf articles de l'inventaire cy devant transcript en unze feuillet de papier, ainsi qu'il est postillé de ma main sur chacun desdits articles.
A Nérac, le huitième jour d'Octobre mille six ans six.
Signé : Quenault. »
' Le Fréchou, commune des environs de Nérac. Ruines d'un ancien château du xiii" siècle. (V. Dictionnaire géographique de l'arrondissement de Nérac, Samazeuilh, à l'article du Fréchou.
* La Hite qui a appartenu à Jehan Roussanes puis aux Vacquier, est située au-dessus de Vianne, dans la commune de Lavardac, sur l'ancienne route de Nérac au Port-Sainte-Marie.
^ Maitre Jehan Darros, notaire royal inscrit au Livre des impositions protestantes de 1605. — P. du Pont.
En l'année Î606, on vendengea les vig-nes cliampestres * le judy xix^ octobre et le vignoble le lundy ensuyvant xxiii^ dudit mois et an. Se furent les pins belles vendenges pour le beau temps qu'il se vid jamais, mais bien povres pour la cueillette. La plus part ne recueillirent pas la moitié de la vendenge de l'année auparavant 1605. D'autres, reculoit des deux tiers. Il gela, à bon essient, pendant trois ou quatre matinées, qui estoit cause que les povres vendengeurs n'osoit touscher les raisins jusqu'à ce que le soleil estoit un peu liant, et par après, tout le long de la journée, il faisoit un chaud extrême. Geste stérilité de vendenge procéda des longues pluyes et froidures quil fit au printemps et continua jusques à ce que les vignes furent en vergeux, et despuis, elle cessa jusques aux dites vendenges, sans pleuvoir qu'ne ou deux fois et bien petitement. La moisson fut aussi fort misérable, n'ayant esté recueilly quasi que la semence.
La femme de Boudouere, procureur en la Cour et Chambre de l'Edict, décéda le premier de Novembre 1606.
M' Théophile Dulong, advocat du Roy au Sénéchal de ceste ville et Jurât de la maison de Ville de Nérac, fut rayé et osté de sa charge de Jurât par assemblée de ladite maison de Ville en Jurade, en nombre seulement de xv ou xvi, n'ayant ledit Dulong faict aucun acte indigne d'homme de bien, mais quelques siens ennemis transportés de passion jugeant que, à cause de son office d'Avocat du Roy audit Siège, il ne pouvait occuper la place de Jurât, fut la seule cause de sa radiation, de quoy il fut appelant. Ce fut le judy après disner, second du mois de Novembre 1606.
Incontinent après auoir rayé ledit Dulong, il fut faict eslection de trois Jurats de creûe,^ au lieu et place de Martin Parrabère,^ Imbert
' Par vignes cliampestres, je pense qu'il faut entendre les rangs de vignes plantées dans les champs [jouaUes, et par vignoble) les vignes ordinaires. Le raisin mûrit un peu plus tôt en effet dans les joualles que dans les vignobles. Il y avait alors un ban de vendanges.
- Jurats complémentaires.
' Martin Parrabère, marchant, inscrit ainsi au Livre des tailles de 1599. — P. Mercadieu. Un Jean Parrabère figure au terrier de 1611 comme possédant la terre de Lombarde.
Genestc * et Bernard Sauvaigc, ^ ii excuse de leurs indispositions et maladies. Et en leurs places, Mess'^' de Jautan ^ de Jaussolin, trésorier/ et Dutour furent mis en la Jurade, sans que les trois susnommés y eussent preste aucun consentement ; ains en contiimant les brigues de quelques uns, les dites élections et démission dudit Dulong- furent exécutées. Ce fut le dit jour, second de Novambre IGOG. Et advenant le vendrcdy, x^ du dit mois de Novambre, le dit sieur Diilong fut remis et restably en la dite Jurade par assemblée de maison de ville, estantz en nombre de vingt sept Juralz, et, par la pluralité des voix, fut délibéré que l'acte de sa desmission demeuroit nul de toute nullité, et ordonné que le dit S^ Dulong se remettroit en sa place, ce qui fut faict et approuvé de xxiii Juratz, qui signarent le dit acte dans le registre de la maison de ville.
Jehan Jausselin, gendre d'Olive Dubroqua, décéda le iiii'' Novambre 1606.
L'ouverture du palais de la Cour et Chambre de l'édictjestablie par le Roy Henry 4« de ce nom en la ville de Nérac, fut faicte le lundy 13^ Novambre 1606. Il ne si fit aucune harangue à la dite ouverture parce que Mons^de Feydeau, Président, delà relig"ion, ne voulut tenir le tableau oij estoit peint le crucifix, en absence de Mons' Le Président Chezac, qui n'estoit encore arrivé. On se contenta seulement de fère prêter le serment aux advocatz et procureurs, ce qui fut faict pardevant Mons"" de Lestonac,^ comme le Doyen des Cons" catholi-
* Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
^ Inscrit au Livre des impositions protestantes de 1605. — P. Marcadieu. " Imbert Levenier, sieur de Jautan, marié à Jeanne de Gortion, inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
* Isaac de Jausselin, fds de Pierre de Jausselin et de Marie de Brocas, épousa, le 8 décembre 1597, Marthe de Brassay, fille de Nicolas de Brassay. Il fut d'abord secrétaire dans la maison de Navarre et Chambre des comptes de Nérac. On le retrouve trésorier général d'Albretdans des actes de 161 1 et de 1616 cirés par M. J.-F. Samazeuih {Biographie de V arrondissement de Nérac, p. 359-360).
* C'était probablement Richard de Lestonnac qui, en 1572, alla, avec le président Sarran de Lalanne et dix conseillers, tenir la Cour des grands jours à Périgueux [Histoire du Parlement de Bordeaux, t. p. 238 .
ques, n'estant aussi arrivé Mons^ d'Arrerac. Les dits Cons" de ceste séance estoint Mess''^ d'Arrerac, de Lestonnac, de Fabas, de Tastes, de Briet et Dalesme, le fils. Le dit S^ Président Chezac arriva avec sa famille, le premier Décembre 1G06.
Leluiidy xi« Décembre 1606, la maison d'un nommé Bernard Dalias,* demeurant au Petit Nérac, près la tour de Gaujac,- fut frappée de la peste. La femme du dit Bernard mourust le dit jour xi*- dans la dite maison, et le dit Bernard le lendemain, ayant esté porté dans la maisonnette près la tenaille du Petit Nérac appartenant aux hoirs,Me feu M' Pierre Dufau. Un fils du dit Bernard estoit décédé deux jours auparavant, sans avoir recogueu que ce fut maladie contagieuse. On ferma, le dit jour xii% la maison de W Jehan Ducos, chirurgien, parce qu'il avoit traitté le dit sieur Bernard, ensemble la boutique de Jehan Castagnes, appo",'* à cause que son garçon avoit porté quelque clistère. Quelques autres maisons aussi furent fermées au dit Petit-Nérac, à cause de la fréqentation qu'ils avoint eu avec les dits contagieux.
Jehan Labagnon,^ sergent royal, mourut le xxiii® Décembre 1606.
1 Fils de Jehannot Dalias, maçon, inscrit au Livre des tailles do 1599. P. du Pont. Un Jean Dalias ou Délias a été fabricant de cartes à jouer à Nérac. Ses planches xylographiques , qu'on a retrouvées , peuvent encore servir à imprimer des cartes en tout semblables à celles du xv* siècle et portent cette légende : Jean Délias. Fait à Nérac. La forme des lettres indique seule une date postérieure au xvi« siècle.
* Près la Porte de ce nom, au Petit-Nérac.
^ Il est superflu de rappeler que hoir est synonyme de héritier, mais non de rappeler que le mot hoir a été employé en notre siècle par deux de nos plus habiles écrivains, Chateaubriand {Mémoires d'Outre-Tombe) et Paul-Louis Courier [Lettre V).
* Apothicaire, inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. dcBourdeaux. — Le sergent royal était le sergent qui appartenait à une juridiction royale, qui était pourvu de son office par le roi. Il était l'huissier de ce temps-là. Le nom de ce bas officier de justice signifiait autrefois serviteur [serviens). Les rédacteurs
La Vefve de feu Guilhaume Blondeau, dit Tarrascon mourust le X® Janvier 1607.
Catherine de Sonis, vefve à feu Mathieu Martin,' décéda le xvii* Janvier 1007, et (fut) enterrée, le lendemain, à l'issue du presche. Mess" les Président etCons^Hie la religion, officiers, consulz et grand nombre d'habitans raccompagnèrent. Le cofre estoit couver d'un drap de velours noir (et) porté aux quatre boutz, sçauoir : à ceux de devant, par Mr Imbert Venier, conteroll% et Ysaac Dulong, son gendre, et aux deux de derrier, par M'^^ Thobie de Brassay et Ysaac Thierry. Elle estoit portée par huict jeunes hommes de la ville , marchant et autres. Les dits Consulz avoit le chaperon ,2 à cause de son mary, qui avoist été Jurât.
Madame la comtesse de Guiche ^ arriva en ceste ville, venant de la Cour, le xviii" Janvier 1607 et s'en alla le xxe. Mons^ Le Président Chésac Falla voir au logis du Chapeau Rouge,* ou elle estoit logée,
du Dictionnaire de Trévoux citent ce distique composé, sans doute, par un débiteur mécontent de quelque exploit ou de quelque saisie :
De trois sergents pendez en deux, Le monde n'en sera que mieux.
* Ancien Jurât de la ville inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaiix. Il était propriétaire à Tauziete.
^ Le chaperon était une coiffure de drap qui distinguait les consuls, les magistrats, les avocats, les docteurs, etc. Le chaperon appartenait à la communauté et passait , chaque année , sur une tête nouvelle.
^ C'était Louise de Roquelaure, fille d'Antoine de Roquelaure, maréchal de France, épouse (contrat du 1" septembre 1601) de Antoine de Gramont, comte de Guiche, souverain de Bidache, vicomte d'Aster, chevalier des ordres du roi, vice-roi de Navarre, gouverneur et maire perpétuel de Bayonne, etc., devenu duc de Gramont en décembre 1643. La comtesse de Guiche fut la mère du célèbre maréchal de Gramont. Sur la mystérieuse fin de M'ne de Gramont, voir une note mise sur une lettre du cardinal de Sourdis dans le tome vu des Archives historiques du départ, de la Gironde, p. 508.
* Hôtellerie tenue p. Marcadieu, par la grande pâtissière Catherine Bage, fervente catholique.
incontinant après qu'elle arriva, et, le lendemain, elle vinst voir ledit Sieur Président au Chasteau et fut visiter le palais et jardin du Roy.*
Par arrest du xxiiii® janvier 1607, donné en la Court et Chambre de l'Edict establie en la ville de Nérac, Daniel Solin fut condamné a eslre pendu et estranglé pour avoir tué d'un coup d'ezpce un nommé Peyron Sabathe, de Fieux, auquel lieu de Fieux, il fut exécuté le lendemain xxv® dudit mois. Ledit arrest fut donné au rapport de Mons'' Darrerac, Cons^^ en la Cour, et le meurtre par luy commis, fut faict trois sepmaines avant qu'il fut pendu. ^
Jehan Lugradé, dit Le Maraut ,' mourust le vendredy, second de Février 1607, h sa maisonnette près le Marcadieu. Il fut subçonnè estre mort de maladie contagieuse, un sien filz estant mort deux ou trois jours auparavant. On ferma sa femme dans ladite maison, et luy, fut enterré auprès d'ycelle. Il fut trouvé bon de jetter et mettre hors la ville ladite femme, en attendant sy aucune marque de contagion se manifesteroit. Elle fut mise au à une maison de Jehan
Sirei,* tailleur.
' Sur le château et le jardin du Roy, v. Guirlande des Marguerites, sonnets et notes afférentes, p. 13, 51, 55. On lit dans un mémoire manuscrit sur l'administration du duché d'Albret, appartenant à M. de Monbrison au sujet du château de Nérac : « Cet édifice est composé de quatre ailes de batimens disposés autour d'une tour quarrée. Quatre tours défendent les quatre angles et un fossé revêtu en pierre règne dans tout le circuit. Deux autres tours accompagnent le pont levis qui forme l'entrée de la principale façade sur la place, n
* Les procès criminels ne traînaient pas en longueur. C'est le cas ou jamais de dire : sitôt pris, sitôt pendu.
^ Un pauvre homme qui, sans doute, ne payait pas de tailles, car il n'est pas inscrit au Livre de 1599. Où il n'y a rien, le Roi perd ses droits. La mort de ce malheureux provoqua encore une de ces terreurs de peste, comme on en voit en ces temps-là.
* Lisez Jehan Sure. Inscrit sous ce nom, avec la qualité de tailleur, au Livre des tailles de 1599. — P, de Bourdeaux.
Imbert Levenyer, 8"^ de Jautan, décéda à sa maison de Mass. ... * le vii* Février 1607.
Jehan David, chapelier, fils de Brigandille, décéda lelundy xii« Février 1607.
Le Boussu, messager, ayant esté jette dehors avec la femme du Maraut, à cause qu'il avoit fréquenté ledit sieur Maraut et mis a la maison de Jehan Sirei, ycelluy Boussu mourust le xii® Février 1607, avec marques de contagion.
Jehanmine Guignin, Vefueà feu M' Jehannot Rouffier, mourust le xxi« février 1607.
Ysaac Castelnau, M® Chirurgien, et un nommé dit Péré, moururent de contagion le xi® Mars 1607, dans la maisonnette des religieuses du couvent du Petit Nérac.'^
Annon.... mourust à sa metterie de Saintarrican ^ le xxiii® Mars 1607, et porté, le lendemain à Nérac oia il fut enterré.
Mons^ de Brassay, filz à feu Madam"® de Sainct-Hilaire fut tué près Monguillem * par un Mons^ de Maupas, accompagné de dix ou douse hommes à cheval, le iiiie Avril 1607. Il fut porté le vii dudit mois en ceste ville, oii son corps fut enterré.
Monsieur M® Anthoine Mermet, ministre du St Evangille en l'église chrestienne et refformée de Nérac, après avoir atteint l'aage de soixante unze ans et servy ladite église de pasteur l'ezpace de quarante trois ans, finallement rendit l'esprit à Dieu, le dimanche, environ mydi, xxii® jour du mois d'apvril 1607. Il fut enterré, le lendemain, fort honorablement. La perte dudit sieur de Mermet donna une telle tristesse à tous leshabitans que ce n'estoit qu'un pleur géné-
' Nom de terre illisible. Les propriétés portées au terrier comme appar" tenant à M. de Jautan sont : Sainte-tladegonde, Vacqué, Laroque, Barière, Tauziète.
* Sur la place Saint-Marc , à côté de l'ancien couvent du Frandat. ' Dans la paroisse d'Asquets, près Nérac.
* Montguilhem est une commune du département du Gers, arrondissement de Gondom, canton de Nogaro, à 18 kilomètres de cette ville, à 55 do Condom, à 77 d'Auch.
rai. Tous regrettoient la mort de ce bon personnage qui avoit servy aussi fidellement ladite église qu'il ne se pourroit fére mieux, et rapporté beaucoup de fruict, tant de ses prédications, réconciliations et de tous autres affaires particulières où il eztoit employé, tant il estoit extrêmement propre à conduire les esprits d'un chascun a. . . . II estoit admirable et est à craindre que jamais Nérac ne jouyra d'un personnage comme estoit le dit sieur M^ Anthoitie Mermet.
Jehan Bisme, mourut a sa metterie de Lahite, le iiii« May 1607, et porté, le lendemain, en ceste ville où il fut enterré.
Le April 1607, fut faict feu de joye en la ville de Nérac, pour
la naissance du second filz du Roy Henry 4® Roy de France et de Navarre et de la Royne Marie de Médicis.
Charles David* décéda lexvi® May 1607.
Anthoine de La Maison plaidant en la Chambre, décéda le
xvii« May 1607.
Jehan Dauzac,^ pâtissier, filz de Moriau, mourut le xxii'^may 1607.
Renaud Baret, cardeur, fort vieux, décéda le xxiii* May 1607.
Marie femme de Jehan Capot,^ portier au chasteau, décéda
le dimenche xxvii® Mai 1007.
Jehanne de Laspeyres, femme de Joad Léglise * décéda le dit jour, xxvii'May 1607.
Anne Desbaratz , femme d'Ysaac Despujols, décéda le xxix* May 1607.
Monsieur le Comte de St-Paul,^ arriva en ceste ville, venant de sa
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
^ Il y a tant de Dauzac inscrits au Livre des tailles, qu'on ne saurait les reconnaître.
' Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
*■ Il n'y a d'inscrit au Livre des tailles de 1599 , qu'un Jean Léglise. — P. de Bourdeaux.
* François d'Orléans, comte de Saint-Paul, duc de Fronsac et de Château- Thierry (en 1608), pair de France, chevalier des Ordres du Roi, gouverneur d'Orléans, etc., était fils de Léonor d'Orléans, duc de Longueville et d'Es-
maison de Caiimon * le vendredy viii« Juing 1607. Il logea dans le chasteau et en la chambre de Monsieur le Président Chézac, la quelle il lui quitta, s'estantlogé a un autre quartier du dit Cliasteau. Le dit Sieur Président luy donna a souper, le soir du dit vendredy, et h diner le lendemain, ensemble ù tous ceux de sa troupe qui n'estoit que de huiet ou dix, ou estoit Mons'^ Le Comte de Lauzun. Ledit comte de St-Paul s'en retourna, après avoir disné, vers ledit Caumon. Il fut reçu par Mess"^^ Les Consulz et officiers, qui allèrent à la porte de la ville. Les dits Consulz avoit seulement leurs chaperons.
touteville, souverain de Neufchâtel, pair et grand chambellan de France, gouverneur de Picardie, etc., et de Marie de Bourbon. Le comte de Saint- Paul mourut le 7 octobre 1631 . Il avait épousé, par contrat du 5 février 1595, Anne de Caumont, marquise de Fronsac, fille unique de Geoffroy de Caumont et de Marguerite de Lustrac. Voir document inédit relatif à l'enlèvement d'Anne de Caumont, publié par Ph. Tamizey de Larroque, 1875.
* Caumont est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, canton du Mas-d'Agenais, à 5 kilomètres du Mas, à 9 de Marmande, à 50 d'Agen.