‹ Chronique d'Isaac de PérèsChapitre 7 sur 16 · QUATRIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LETTRE

A Monsieur du Tour, bourgeois et jurât de la ville de Nérac estant

a présent

En Cour.

0 Monsieur,

« Nous vous avons escript le 29™« du passé par le sieur de Vergés. Vous apprendrez quelle est notre intantiou sur les affaires qu'avons de delù. Du despuis, nous avons receu une despêche que nous avez fait par la voye de Bourdeaux, du 2l"^« du mesme moys, et, suyvant vostre lettre, nous vous envoyons une procuration en bonne et due forme, conforme à la minute que nous en avez ennoyée pour, en vertu d'icelle, fère la déclaration requise en la Chambre des Comptes et tout ainsy qu'il est porté par icelle.

Au surplus, ayant apprins par la vostre, qu'on avait accordé au dit sieur de Mosnié l'affaire du sieur Jausselin , moyennant la somme de iiij.'= liures, nous avons trouvé bon, avec l'aduis de la Jurade, d'accorder le procès que nous avons contre le dit Jausselin, concernant l'indemnipté q'uil requérait contre nous et l'assignation à nous donnée pour raison de ce. Quoyque nous eussions obtenu Tarrest de relaxe avec despens par forclusion, considérant que nous demeurions encore en procès et qu'il cstoit sur le point de poursuyvre la rétractation d'iceluy, ce qu'il croyait pouvoir fére fort aysémènt par nostre accord, il est porté que le dit sieur Jausselin payera des dites quatre cent liures, la somme de iij liures, et les cent liures restantes sont acquittées par nous. Toutesfois, s'y on pouvoit accorder à meilleur marché de quatre cents liures avec le dit sieur Monnier, que le tout ferait à nostre advantage. Par ainsi, vous aduiserez d'en avoir le meilleur marché, et sy on ne pouvoit eschapper aux trois censjiures, ou bien trois cents cinquante. Quant il n'y aura que cinquante liures d'ezpargnées, ce sera quelque chose pour nous, eu esgard aux affères qu'avons sur les bras, avec ce qu'il faut que nous luy payons, dans le mois de juillet prochain, les trois cens liures que nous luy avons accordées ci-devaat pour son voyage de la Cour, les quelles il eut pour employer à fére les payemeUs.*^ Moyennant ce, nous demeurons quittes respectivement de toutes les prétantions que nous auons les uns contre les autres pour raison du dit procès. Le dit sieur Jausselin vous escrit et vous prie par sa lettre, comme il nous a dit, de parler au dit sieur de Monnier et accorder ceste affaire avec luy. Je crois que vous y apporterez ce qui sera en vous.

* Cette lettre a été retrouvée ainsi que les trois précédentes et le fragment d'affiches plus haut cité dans les archives municipales de Nérac, par M. Anatole Faugère. Dubourg, m;iire de cette ville.

- lU -

Nous estimons que vous aurez h présent obtenu l'interdiction contre le sieur P ' Quant ii la gcnéralle, il la faut remettre eu Cour

avec raison, pour le procès être leu au dit auis de la chambre des comptes, s'il n'est terminé lorsque vous aurez obtenu l'arrest de descliarge de ladite somme de III liures. Vous la pourrez laisser ezmains de Monsieur Canillon, nostre aduocat, pour en fcre la poursuyte et nous en écrire.

Mais nous désirerions que vous apportissiez, s'il estoit possible, la permission d'imposer les droitz consulaires, pourvu, toutes fois, que cella vous retarde pas delù, ny aussy la poursuite de la cassation du règlement, au cas que n'eussions arrest, et ce, quoique par vos précédentes, vous nous en eussiez donné une grande espérance.

Nous deuons penser pour cela i\ l'argent que nous auons enuoyé par le sieur Brugère, c'est que vous pourrez le prendre de Monsieur Morisson, à change, à payer dans quatre ou six mois, affin que nous ayons commodité de le rendre. Monsieur vostre frère et et Monsieur 13oulland cognoissent fort le dit Morisson, lesquels vous y aideront.

Sur ce, nous vous bésons bien humblement les mains, nous disant à jamais,

Monsieur,

Vos très humbles et affectionnés serviteurs,

Les Consiilz de la Ville de Nérae, Jehan Le Prince, Isaac de Pérès, de Barrus. A Nérac, ce premier de juin, 1610.

Le Secrétère de la présente,^ vous baize bien affectueusement les mains, et ne fait autre profession que de se dire votre très humble et fidelle seruiteur, comme fait pareillement M. Enriquez, lequel est en bonne disposition pour aller au Sinnode que l'on a abrité h Bergerac au X b j™« du courant, bien marry que n'y puissiez estre.

Mandez-nous, s'il vous plaît, le jour que ce présant porteur vous randra la présente dont auquel nous a promis fère bien grande dilligence.

' Le sieur P c'est le sieur de Paulhac, procureur du Roy au siège de

Nérac.

' Le Secrétère de la présente c'est toujours notre secrétaire de la main. Un modeste secrétaire de Mairie, se permettant, aujourd'hui d'écrire en son nom, et de sa main, un post scriptum, dans une lettre officielle, serait vertement et justement tancé, même par l'autorité municipale et que serait-ce donc, s'il osait traiter, dans son post scriptum., des sujets politiques et religieux de l'importance de ceux qui précèdent ? 11 est vmi que les temps étaient durs et les exemples partaient de haut.

Nous vous supplions fére tenir une lettre ci-incluze à Messieurs lesdepputéz généraulx de France pour les églizes, près Sa Majesté. C'est M. de Bacalan qui la leur envoyé. Elle importe fort le public. Vous la rendrez donc, la première chose que vous ferez. Il Ta nous a fortement recommandée et nous l'a vous recommandons aussy.*

Comme on le voit, les quatre lettres signées et probablement dictées par le Consul Yzaac de Pérès, en 1610, pourraient servir de texte à bien des commentaires et donner lieu à d'intéressantes observations, tant sur les choses que sur les hommes de l'époque qui nous occupe. Nous nous en abstiendrons, cependant, pressé que nous sommes par l'espace et par le temps.

Mais, il est impossible de garder le silence sur le rôle joué par le Chroniqueur, en sa qualité de Consul de Nérac, dans les événements locaux qui suivirent, en 1610, la mort d'Henry IV.

Nous venons de voir dans la troisième des lettres qui précèdent, celle du 28 mai 1610, l'émoi causé à Nérac, par le crime de Ravaillac et les justes préoccupations des représentants de l'autorité municipale de cette ville à l'occasion des conséquences possibles, probables même, de l'assassinat du Roi.

C'est notre Chroniqueur lui-même qui va les raconter maintenant dans les passages suivants de son manuscrit tout aussi intéressants que ses lettres Consulaires.

« Les nouvelles de la mort du Roy Henry IV arriuèrent en la ville « de Nérac, le mercredy 19 mai 1610, au grand estonnementde tous '< les habitans qui fust cause que pour la (Conservation de la ville, « par l'auis de Messieurs de la Cour et Chambre, on fict garde la nuist « suyvante soubz la halle et, le lendemain, on commença d'aller aux « Tours de la ville pour y faire corps de garde, ayant esté les escoua- « des requises pour ce fère.

^ Ceci est plus et mieux. Les Consuls de Nérac, tous protestants ardents, écrivent à leur délégué à Paris, M. Dutour, jurât de Nérac, protestant aussi zélé qu'eux ! Ils consacrent leur longue lettre à toutes les affaires administratives qui peuvent, pour le moment, intéresser la commune de Nérac et M. Dutour, son délégué. Et tout à coup, dans un post scriptian suprême, ils chargent leur délégué municipal à Paris, de remettre avant de jfaire toute autre chose, une lettre de M. de Bacalan, Avocat Général de la Chambre de l'édict de Nérac, protestant, à Messieurs les députes généraux de France pour les Eglises Réformées à Paris. Quel temps ! Quelle anarchie ! Quel désordre ! On en verra bien d'autres dans la chronique.

« Lesapmedy cnsuyvant, xxij-o may IGIO, on mil une sentinelle an «clocher pour prendre garde sur les environs delà ville, alin de « sonner l'alarme en cas qu'il vid arriver aucune troupe de clie- « vaux.

« Monsieur de Laforce passa en cesle ville venant de la Cour pour « s'en aller en Béarn, le mardy xxvj"'^ may IGIO. Incontinant après « son arrivée, il alla trouver Messieurs les Prézidents et Conseillers « dAns la chambre de Monsieur le Prézidcnt d'Ezpagnet où ils furent « assemblés pour leur fère entendre quelques créances qu'il auoit « de la part de la Royne. Il disna chez M. Jacques de Laruffie où les .«. Consulz le furent saluer avec leurs livrées. C'esloint Messieurs « Laruffie, Pérès, Leprince et Barus.

« Monsieur de Roquelaure, Lieutenant pour le Roy, en Guyenne, « venant de la Cour, arriva en la ville de Bourdeaux , le lundy aj™« « jun 1610 où Messieurs de la ville luy firent une fort belle entrée.

« Son arrivée ayant esté seue, il y eut grand nombre de noblesse « qui furent le saluer audit Bourdeaux comme pareillement les Con- « sulz de plusieurs villes de son Gouvernement. La ville de Nérac « envoya de sa part un Consul et deux Juratz pour luy aller fère la « révérence. Ledit Consul estait moy, les sieurs Dupleix et de Rous- « sannes, Juratz. Et partismes le vendredy xj™" Juin de Nérac et fus- « mes de retour le mardy au soir xv"^ dudit mois de jun 1610. Et, le « lendemain xvij*"^, par l'auis dudit sieur de Roquelaure, les portes « de Condom,Fontindère;etGaujac furent ouvertes, lesquelles auoint « esté fermées despuis la nouvelle de la mort du feu Roy Henry 4™®, « ensemble la garde de la ville fut diminuée de plus de la moitié.

« Le Judy, premier de juillet 1610, la garde qu'on faisait en la ville « de Nérac despuis la mort du feu Roy Henry 4'"^ fut suprimée et fut M trouvé bon de continuer celle du Chasteau.

« Le mardy xni™« juillet 1610, Messieurs de la Cour et Chambre de « l'Edict firent les honneurs funèbres du feu Roy Henry quatrième, a Roy de France et de Navarre. »

VH.

Les faits et écrits qui précèdent, sans qu'il soit besoin de les commenter, nous font voir le rôle joué dans la vie publique, à Nérac, par Isaac de Pérès, chroniqueur. Il fit quatre fois partie du Cousis-

toire de l'Eglise réformée de Nérac ; deux fois il fut élu Syndic pour le peuple; une fois, Syndic de la ville et du Collège; cinq fois, Consul de Nérac, c'est-à-dire qu'il se montra en même temps protestant zélé, citoyen populaire, lettré estimé, administrateur plein de distinction.

Il fut, en outre, un Royaliste sincèrement dévoué à la Royauté, et plus particulièrement à la dynastie des Bourbons qui commençait avec Henry IV.

Comment, en effet, ne l'aurait-il pas été?

Henry IV avait débuté, Roy de Navarre, par être le chef des Protestants, et devenu Roy de France, il avait fini par assurer leur liberté de conscience dans le fameux édit de Nantes.

C'était déjà beaucoup aux yeux d'un homme de la valeur de notre Chroniqueur.

Pour Isaac de Pérès, il y avait encore une raison aussi décisive. En effet, il était Concierge, c'est-à-dire Conservateur ou Préfet du Palais, des Rois de Navarre, h leur château de Nérac.

VHÏ.

C'est ainsi que Du Cange et les Bénédictins, qui s'y connaissaient comme lui, définissent les fonctions que remplissait à Nérac, Isaac de Pérès, Chroniqueur, sous le titre de Concierge du Château des Rois de Navarre.

Aux mots CoNciERGERius, CoNSERGius, le Glossaire de Du Cange, édition Didot, 1842, et à la suite de du Cange, dans la même édition, les Bénédictins, aux mots Concergerius, Conxergius, nous donnent les définitions qui précèdent et ils y ajoutent les titulaires dont les noms suivent, pour le Palais du Roi, à Paris, bâti en 1285, sous le règne du Roi Philippe-le-bel, par Enguerrand de Marigny, et pour les Châteaux Royaux de France. En 1309, Galéran Brito, échanson du Roi, est Concierge du Palais du Roi, à Paris. En 1384, Arnaud de Corbie, Premier Président du Parlement de Paris; id., id. En 1411, Théobald de Mescreyo, bientôt remplacé, dans la même année, par Anthoine des Essarts, Ecuyer tranchant et Gardien des deniers de l'épargne du Roi; id., id. En 1412, Ysabeau de Bavière, Reine de France, remplace Anthoine des Essarts en qualité de Concierge du Palais du Roi, son mari, à Paris, et conserve cette charge, malgré l'opposition à elle

faite par le Procureur Général du Roi. Hugues est Concierge du même Palais en 1506.

Le Glossaire de Du Gange ne va pas plus loin sur celte question, mais les renseignements abondent dans d'autres travaux de son époque ou postérieurs.

J'y prends, au hasard et rapidement, quelques noms qui sont devenus historiques.

En 1482, Maistre Jacques Cottier, Médecin c!e Sa Majesté Louis XI, et Premier Président en la Chambre des Comptes; en 1507, Guilhaume de Montmorency; en 1587, Bernard deNogaret, sieur de La Valette ; Robert de Ilarlay en 1594; Christoffle de Harlay en en 1590; Messire Achille de Ilarlay, Premier Président du Parlement de Paris en 1010 ; dans la même année, Mathieu Mole, Procureur Général en Parlement, et enfin, en 102i, Hercules de Rohan, duc de Monlbazon, furent successivement Concierges du Palais du Roi, à Paris.

La Charge éminente de Concierge ne s'exerçait pas seulement à Paris où elle était payée trois sols par jour. Elle existait également dans les Châteaux Royaux de la province et le Glossaire de Du Gange nous apprend encore, sous les mots déjà cités que, Etienne était Concierge du Château de St-Germain en Laye, à une époque indéterminée; Milon de Gastins, d'abord, Jacques de Ciiatelain, ensuite, au Château de Vincennes, en 1411 ; Charles d'Albret, puis, le comte de Nevers au Château de Beomté, en l'année 1313; et pour tout dire en un mot, dans le mois de janvier 1358, Charles aîné, fils du Roy de France, régent du Royaume, duc de Normandie et Dauphin du Viennois, publia des Lettres Patentes qui réglementaient en dix articles remphssant huit pages, la charge du Concierge du Roi.*

Un exemple venant de si haut devait avoir des imitateurs, s'ils n'étaient des devanciers, à une époque ou la Royauté se fortifie chaque jour contre la féodalité, soit en luttant contre elle par la force des armes, soit en lui empruntant, en partie, son organisation.^

C'est ainsi qu'à l'époque qui nous occupe, les Rois de Navarre eurent

' Recueil Général des Anciennes Loix Françaises d'Isambert , tome V, de la page 44 à la page 58.

- Bouthors {Coutumes locales du baillage d'Amiens, tome I", page 249).

des Concierges dans leurs Châteaux et c'est ainsi encore que, eu 1554, suivant notre Chronique, Oddet de Pérès était Concierge du Château du Roi de Navarre, Henry P' à Nérac.

A qui passa cette charge après la mort d' Oddet de Pérès, grandpère d'Isaac le Chroniqueur, c'est-à-dire de 1554 à 1583 ?...

Sur ce point, les documents font défaut. Mais en 1582 et 1583, nous avons la preuve écrite qu'Isaac de Pérès avait succédé à son grandpère dans la dignité de Concierge du Château de Nérac.

Qu'on en juge par la pièce suivante émanée des archives de la Préfecture des Basses-Pyrénées.

Extrait du compte présenté à la Chambre des Comptes de Nérac par Joseph Dulavay , Trésorier et Receveur général du Duché d'Albret et basse comté d'Armagnac, années 1582 et 1583. — Folio 68, verso.

A Yzac de Pérès, concierge du chasteau de Nérac pour ses gaiges trente-sept livres dix soulz, cy XXXYII * X s.

A luy pour pention a raison de dix-huit deniers par jour, cy vingt sept livres sept soulz six deniers, cy XXVII ^ VII s. VI d.

A luy pour la façon de la vigne * cinquante livres dix soulz, cy L * X s.

Mesture XLII cartaulx.

Avoyne liïl cartaulx.

même registre folio 81 recto.

Pentions qui demeurent esteintes après la mort des nommez cyaprès :

A Yzaac de Pérès, concierge du chasteau de Nérac, la somme de vingt livres et quatre cartaulx de mesture à luy ordonnez par ledict Seigneur Roy pour subvenir à l'entretènement de la vigne, oultre et par dessus ce qui estoyt acoustumé luy payer, et ce, par mandement de Sa Majesté du treiziésme febvrier mil cinq cent soixante dix-neuf

♦ C'est la Vigne du Roi, près Gaujac, que tout le monde connaît à Nérac. Isaac de Pérès nous apprend dans sa Chronique qu'il en faisait vendre le vin au détail dans le Château, ce qu'on appelait alors Faire Taverne*

raporté sur le compte-rendu par M® Claude Tifîoii, cy devant Trésorier particulier dudict Ncrac, cy XX **.

Mesture IIII carlaulx.

Pour copie collalionuée :

L'Archiviste du département,

P. Raymond.

Pau, le 23 mai 1804.

Le Concierge du château de Nérac était, toutes proportions gardées, mieux rétribué que celui du palais du Roi à Paris, et en sus de ses appointements, il avait, au château, un logement qu'il occupa jusqu'en 1610, quoiqu'il eût sa maison près du mouHn au Pavé, dans la ville de Nérac. C'est lui-même qui nous l'apprend dans la Chronique. € Monsieur de Martin, fermier général du domaine, ayant ob- « tenu permission du Roy de losger dans le chasteau de Nérac, fit « porter ses meubles le mercredy XX™« apuril 1611, et, alla loger « en la salle basse, prés le puitz, où j'estois logé, de laquelle je me « retirai le mardy auparavant XIX'"^ du dit mois d'apuril au dit an, « Sa Majesté ayant voulu par exprès qu'il logeât aux chambres que « je tenais dans le dit Chasteau. Monsieur de Martin, fermier géné- « rai de l'ancien domaine arriva en ce chasteau, le lundy au soir, « 9 mai 1611. »

Cela veut dire en langage de notre tem.ps, que le Roi de 1611, n'était plus le Roi de lôlOj'que Louis XIII avait succédé à Henri IV, que les vieux Huguenots, les anciens Consuls, les Syndics du peuple d'autrefois n'étaient plus bons à rien : qu'il fallait s'en aller du château du Roi et céder son beau logement au Fermier Général d'alors, dont les successeurs deviendraient un siècle plus tard, les véritables Rois de leur époque.

Isaac de Pérès comprit : il se retira fièrement, la veille du jour où le Fermier Général, Martin, prit son logement au Château de Nérac, et il consacra avec dignité le peu de jours qu'il paraît avoir vécu depuis, au service d'une dynastie pour laquelle son père et un de ses oncles avaient versé leur sang et, qu'à son tour, il avait appuyée de son intelligence, de sa popularité et de son nom cher aux habitants de Nérac.

Mais en mourant, il ne mourait pas tout entier et sa Chronique devait lui survivre.

On n'attend pas de nous une analyse détaillée de cette Chronique. Le lecteur la comprendra suffisamment maintenant qu'il en connaît l'auteur. Famille du Chroniqueur, personnages de la Cour de Navarre et de la Cour de France, événements politiques, religieux et militaires du temps; Synodes et Consistoires des Eglises réformées, vie municipale, judiciaire et administrative de l'époque prise sur le fait, tels sont les principaux sujets qui se déroulent, jour par jour, sous les yeux du lecteur, de 1554 ii la fin de 1611.

Trois de ces sujets seulement fixeront un moment notre attention.

La vie municipale s'exerçant à la maison Commune de Nérac :

La vie judiciaire s'exerçant avec la terrible sévérité du temps à la Chambre de TÉdict de Guyenne établie en exécution de l'Édit de Nantes, au château du Roy Henry IV, à Nérac :

La vie administrative s'exerçant à la Cour des Comptes de Nérac.

Nous n'entrerons dans aucun détail historique ou juridique sur ces sujets, cela nous mènerait trop loin.

Nous nous bornons à présenter les quatre tableaux qui suivent du personnel municipal, judiciaire et administratif disséminé dans la Chronique, en y joignant l'état des condamnations a mort prononcées et exécutées, à Nérac, dans l'espace d'une douzaine d'années.

Enfin, nous terminerons la trop courte histoire des grandeurs de la ville de Nérac par la capitulation plus glorieuse encore de cette ville de l'année 1621.

CONSULS DE NERAO.

De Pédesclaux.

Gerivet.

Jehan Leprivier.

Isaac de Pérès.

Pédesclaux.

L arrivât.

Leprince.

Isaac de Pérès.

Arnaud Dulong.

Oddet de Mazellières.

Gaixiot de Larrivet.

Arnaud Dupuy.

Isaac de Pérès.

Bertrand de Lavallade.

Pauillac.

Duluc.

Tiffon.

Jehan Venier, aduocat.

De Batz.

Ramond David.

Jehan Leprince,

François Labroue.

Bernard Sauvage

Pierre Venier.

Jehan Dupleix.

De Lavallade.

Levenier.

Laffore.

Pierre Puy ferré.

Pierre de Pérès.

Isaac de Pérès.

Jehan Dupin.

Jehan Roy.

Bernard Paullac.

Jehan Duluc.

Claude Tiffon.

Colin Brizac.

Thobie de Brassay.

Ramond David.

Isaac Dulong.

Arnaud Latané.

Pierre Venier.

Pierre Puy ferré.

Isaac Jausselin.

Daniel Dutour.

Imbert Venier.

Jehan Roy.

Arnaud Latané.

Pierre Alespée.

Jacques de Larruffie.

Isaac de Pérès.

Jehan Leprince.

Pierre Barus.

Dulong.

De Lafore.

Tiffon

Dupin.

Nota. Les 15 noms en blanc n'existent pas dans le texte de la Chronique.

Présidents.

Page 1