‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 111 sur 191 · L'HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

L'HOTEL-DIEU

|E bien^ en ce monde, est ce qui fait le moins de bruit. La charité n'a pas d'histoire. L'Hôtel-Dieu de Dourdan, dont l'étranger actmire la grande et belle tenue, dont 'le Dourdanais sait et apprécie les touchants services, remonte à une époque lointaine, et personne n'a songé, dans les siècles passés, à enregistrer ses annales. On sait, parce qu'il en subsiste de vivants témoignages, qu'il y a environ deux siècles, des mains princières jetèrent les fondements de sa prospérité actuelle. Pour beaucoup, c'est là l'origine de l'hospice de Dourdan ; on ignore que peut-être quatre cents ans auparavant il vivait déjà. Fouillant dans les vieux parchemins à demi effacés que le temps a épargnés et que des mains sages et bienfaisantes conservent soigneusement comme les titres de la famille qu'elles administrent, nous avons cherché, avec un intérêt tout particulier, à retrouver quelques jalons bien épars et bien rares de cette longue carrière inconnue. Arrivé à 4'époque où les faits se précisent, nous n'avons pas dédaigné de modestes détails, car nous avons pensé que nul ne saurait être indifférent aux des- * tinées des deux classes les plus intéressantes d'ici-bas : ceux qui souffrent et ceux qui se dévouent. ^

Une tradition, transcrite au commencement du siècle dernier, faisait remonter à quatre siècles en arrière l'origine de l' Hôtel-Dieu de Dourdan (i). C'était lui assigner pour date l'an 1 3oo environ, c'est-à-dire une

I. Mention portée sur un registre de Thospice de 1703 environ, et signalée dans

des dernières années pendant lesquelles la royauté posséda directement et fréquenta Dourdan ville de son domaine ; Philippe le Bel, dès 1 307, l'ayant engagé comme apanage. Le souvenir, au moins oral, d'un établissement dû à un fils de saint Louis, s'était sans doute conservé du temps de Louis XI II, car des lettres patentes de ce monarque, du 8 mars 16 18, déclarent quel' Hôtel-Dieu de Dourdan est de fondation royale. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dès 1 340, dans le rôle des cens dus à l'abbaye de Longchamp, nous trouvons cette mention: « ï Oustel-Dieu, « pour sayre (sa aire) de la Saucoye et pour sa noue, 14 deniers; « item, pour sa vigne des Baleiz, 5 d. obole » (i). En 141 5, nous rencontrons, dans un titre de propriété, une autre preuve que l' Hôtel-Dieu de Dourdan avait déjà des immeubles et possédait sept arpents de terre à Luffehard (Liphard) (2).

En 1446, la vie civile et municipale de cet Hôtel-Dieu nous est révélée en même temps que le mode de«on administration. D'aprèsun acte public du 2 novembre, Jehan Gouffier et Jehan Jonnart « sont commis par jus- « tice, du consentement des bourgoys de Dourdan, à la curacion, proui- « sionetgouuernementdQ THostel-Dieu dudict lieu, duquel Hostel-Dieu a la disposition, prouision, administration et gouudrnecnent appartient à a pouruoir aux bourgoys, manans et habitans dudict Dourdan (3). ■ C'est la ville elle-même qui a la tutelle de son Hôtel-Dieu, et ce sont les citoyens assemblés, donc nous avons donné ailleurs les noms, qui avisent à son administration. Ils ont choisi deux des leurs pour cette charge que la piété de nos pères tenait en honneur et que la«misère des temps; une longue anarchie, les guerres bourguignonnes et anglaises à peine finies rendaient à Dourdan délicate et difficile. Le patrimoine des pauvres n'avait point été complètement perdu durant les mauvais jours qui venaient de s'écouler, et il s'accrut sans doute des dons des fidèles disposés à la bienfaisance par l'épreuve, car il est question, en 146 1, d'un contrat au sujet d'une maison sise à Dourdan avec Jehan de la Barre, seigneur « de a Groslu » (4); en 1471, de terres de l' Hôtel-Dieu sises à Roinvilleet d'un pré au pont d'Allainville; en 1473, de terres « au champtier des a Minières et à Xorme aux saignées » (5).

Ce n'est pas toujours à des commissaires laïques que la direction de l'Hôtel-Dieu est confiée par les habitants, c'est souvent aussi à un prêtre

une note de M. Dauvîgny, ancien maire de Dourdan. — Archives de l'EmpirCy 0. 202 5o.

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