‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 134 sur 191 · Le sac d*avoine contient 2 hectolitres · texte numérisé non relu

Le sac d*avoine contient 2 hectolitres

LE MARCHié XUX GRAINS. ^V^

moins sous une autre forme^ et c'est la ville qui y trouve la recette la plus nette de son budget. . . 'î - *

Le placage d'un sac de grains est toujours d'un sol^ ou.. o^65 c'. La pesage j jusqu'à loo kîl., vaut, ....... -: i . . . o/ï5 - '

Le mesurage ' . 0,07 c. 5

Le sum^idage (i) o;o5c:

Ajoutons un ancien droit que Tusage perpétue presque en dépit d^ la loi, celui de 0,07 c. 5 pour le déchargement, et o,o5 c. pour le changement des sacs par les portefaix. •— Dernier vestige des corpcfratJons d'autrefois, l'office des portefaix est encore une de ces c{farges''priVilégiées, une de ces industries fermées que nos enfants ne cohnaîtrbnt pas sans doute, et qui disparaîtront tôt ou tard comme une entraxe aux libres allures du commerce moderne. Quoi qu'il en soit, roûtitie^ ou intérêt ont jusqu'à présent maintenu le monopole, et, bien qye TÉtat/ne reconnaisse plus de privilège, on a vu à Dourdan, il y a quatre ahs. çOÎpC$, qu'il était bien convenu que chacun pouvait se passer de porF^faijx^ quelques rares individus seulement faire un court essai de leur fjacult^,,^ et le public profiter de l'occasion pour consacrer, par une conv.çntiqf^^ devant Tautorité locale^ l'accord tacite qui règne entre le vendeur Qt^ l'acheteur (2). • » , , ^

C'est encore à des chiffres que nous demanderons la notion du, Q^Ur^ vcment de notre marché moderne : . j|,.

Le droit de placage des grains sur la place, ajouté en 181 9 (3} aux droits de place sous la halle^ de pesage^ mesurage, etc., fut alors .adjf:fgé

pour la somme de 2,4p5. (f,^

produisant, avec les autres^ un total de 4j3o5.* ^^

Une nouvelle adjudication^ en 1822^ donnait 4i325\

En 1 839 (premier cahier des charges en trois lots) 5,960 '

En 1849 8,266, ,

En 1854 • 7^^^^r i

En 1859 7vf6ô I (

' • iMlI

1. Tarifs arrêtés par le conseil municipal dans ses séances des 1 1 novembre i&&»«: 4 janvier et 17 février i853, et approuvés par la préfecture de Seine*et-Oise le: 14 mar&. ,

2. Le nombre des portefaix, qui était autrefois de douze, est aujourd'hui de quinze. à Dourdan.— ^n syndicat a été créé le 20 avril i856.~La valeur d'une charge de portefaix est d'environ 200 fr., après avoir atteint jusqu'à 3oo fr. Un usage, aboli aujourd'hui, rappelait naguère encore les statuts des anciennes corporations : le nouveau récipiendaire devait payer à ses confrères un repas taxé à 90 fr.^ plus i5 litres de vin.

3. On ne perçut d'abord, après fa Révolution, que les droits de place sous la halle, qui produisirent :

• De Fan V à l'an IX ySo fr. »

En l'an IX 99^ 25 ,

De l'an X à 1807 ... : i,738

De 1807 à i8i3 x,5o5 , '

De 181 3 à 1818 (pesage et mesurage compris). . . > 1,900

•3*4 CHAPITRE XXlrt.

En i863. 5,860 fir.

En 1868 6,3io(i)

. D'autre part^ le nombre de sacs de tous grains annuellement apportés sur le marché est tombé, pendant les dix dernières années, de 42^000 à environ 25, 000.

A considérer ces chiffres^ on est tenté, au premier abord, de proclamer la tendance décroissante du marché de Dourdan, mais un examen réSé^ chi permet de mieux juger le présent et de mieux augurer de l'avenir. Il fait Reconnaître, dans une apparente diminution^ une perturbation née d'une cause locale et une transformation due à une cause générale.

La cause locale, c'est l'ouverture, en 1 865, du chemin de fer de Paris à Tours par Vendôme, passant à Dourdan. La crainte d'une autre direc* tion donnée aux grains par cette voie a pesé comme une menace sur le marché de Dourdan depuis plusieurs années. Cette appréhension a causé la baisse si sensible du taux d'adjudication du placage en i863, et une hésitation transitoire de la culture a pu contribuer à la décroissance notable de l'apport en 1866.

La cause générale, c'est le développement du procédé de vente sur montre qui devait nécessairement s'opérer dans le* commerce des grains, par suite de l'accroissement de la consommation et de la facilité des communications et des échanges. Sans doute, dans cette transaction invisible et rapide pour laquelle suffisent une poignée de grains dans une bourse, la feuille déchirée d'un carnet ou la parole d'un homme, la tenue d'un marché perd quelque chose de sa richesse extérieure et de cette prospérité qui se traduit par de luxuriants amas de grains ; sans doute, il y a quelques profits matériels de moins auxquels les particuliers, voire même les administrations municipales, sont très-sensibles; mais est-ce à dire pour cela qu'un marché est déchu ? Tout compte fait, n'est-il pas évident, au contraire, que celui de Dourdan n'a jamais servi de centre à autant d'opérations?

Nous en appelons à cette foule compacte et affairée de producteurs, de courtiers, de meuniers venus des abords mêmes de la capitale, qui se presse pendant plusieurs heures, au point d'interrompre la circulation, au dedans et au dehors de plusieurs de nos cafés, devenus comme des bourses improvisées. Nous en appelons à ces immenses convois de farine, sortis des usines perfectionnées de la vallée de l'Orge, broyant, sous leurs meules mues par la vapeur, d'énormes quantités de grains qui la plupart se sont vendus au marché de Dourdan, et qui moralement, commercialement, y ont passé (2). Cette vente insaisissable ne nous effraie

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