‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 153 sur 191 · Charte de · texte numérisé non relu

Charte de

1« fière position de son église, le vaste parc de ëoa diàteau , toUt révèle U0e cité quia eu de nobles maîtres et qui vit aujourd'hui des souvenirs d*4in€ ancienne histoire. Cette histoire, nous jie Faborderons pas ici ; e|le mériterait un ouvrage spécial. C'est à peine si iuhis la xésumeioas e». quelques lignes (i ).

.Les murailles du vieux château, dont les pans ruinés forment une epceinte bizarre et irrégulière autour du sommet allongé de la- colline^ r4|)peUent Tancienne disposition de V oppidum gaulois. Les possesseurs d^lajPQiitrée ont dû» dans tous les temps, profiter de ce poste avanta«* geux pour commander le pays^ et^ bien avant la féodalité^ les légendes noiii perlent du lieu é'Hibernie, dominant la Rabette sur les confios de rXvielineet du Châtrais. Quand, avec la troisième race, les seigneurs de Rocheforc commencent à jouer un rôle dans l'histoire, le châiieau et TégUire /exi^tetit sans doute d^à, et la vaste circonscription du diojrémné doiRochefortt dans le diocèse de Chartres, atteste bien évidemment TanciedM itnpbrtance de la localité. Chef-lieu d'un comté qui embrassait tout le midi de l'Yveline et une partie de la Beauce, Rochefort apparte* naît, an m* siècle, à ces puissants et redoutés seigneurs de Mcmtihéry, qui avaient dans leurs mains la clef de tous les passages entre Paris et Orléans. Nous avons vu les sanglantes inimitiés des maîtres de Rochefort et du roi Louis le Gros. C'est sur ces entrefaites que la seigneurie pa^Sa, par un mariage, aux Montfort, les fiers barons qui, pendant le.Xii^ et le xni* siècle, tenaient la couronne de Çrance en échec, en trai^ tajit au besoin, comme des puissances, avec le roi d'Angleterre, et promeneifdiM de croisade en croisade leur turbulente et feuroucfae ambition (a). Ufte femme, la princesse Béatrix, demeura seule, durant près d'un demi-siècle, maîtresse et gardienne de l'héritage des Montfort, et c'est sa fiUe Jeanne, comtesse de Roucy, qui eut en partage Rochefort, laissant Montfort à sa sœur Yolande (i 3 1 7).

-Aux de Roucy^ aux de la Roche-Guyon, succédait les de SiUy. Rochofort^ partagé ( 1 5 5 6) entre Bertin de âilljr, Adrieime d'EstoiUeville et Jean d'Épinay, passe en 1 596 au petit-fils de Catherine de Silly, Hercule de Rohan, et à toute sa race.

pn sait les rôles politiques et religieux, les fortunes et les scandales de< cette maison de Rohan, de ces princes de Guéménée, ducs de Mont* ba^n, courtisans en faveur, hommes de guerre ou de plaisir. Rochefort a vu et gardé pendant cinq ou six années à peine le dernier monu-

I. MM. MûUlié et de Dion ont reconstitué les annales féodales de Rochefort dans leurs belles et savantes études sur Chevreuse et sur Montfort.

3U Amaury III de Montfort, comte d'Évreux, qui épouse l'héritière de Rochefort, arrête le roi' d'Angleterre (1124). Son âls, Simon UI, lui livre au contraire ses chl» teaux de Rochefort, de Montfort et d'Épernon, pour forcer la main au roi de France. — SÂmon IV périt, soutccaia du Languedoc, dans les crueileé guerres^ des AJb^ geois» etc^ ... ... !

PROMENADE DANS LESiDBCX CAffTtONS DE DOURDAN. î^

ment de ieur iuxe^ le sptendide château termitié eo 1 787 ec peç apnèi > démoli par lés fureurs populaires (1). Une aile, en face de laquelle on* montre encore a la maison du Cardinal, » forme aujourd'hui remptece-'> ment du château habité par M. le comte Alfred de la Rochefoiicauld^^ au pied du mont escarpé, devenu Tun des accidents du pare, i^vec flea^ rocs pittoresques et les ruines si imposantes et si curieuses qui kt profilent sûr son sommet. Ce grand domaine, aux landes peupkles^e^ gibier^ aux pentes couvertes de bruyères, aux lointains horizons, ^^ gardé quelque chose de sauvage comme le souvenir de ses premiers sei-^ goeurs(2).

. LoNGvnjLiERs est situé plus bas que Rochefort, au-dessus de la vallée^ de la Rémarde qui s*offre une seconde fois à nous. A gauche, sur la routà^'i est relise au portail cintré; en face, dans la verdure, un cimetière drcUN>I laire et fermée si tranquille que des étrangers y ont choisi le iien^le:} leur repos* Quant au village on le voit peu, il consiste dans un. petit'' nombre de maisons et dans des écarts ou hameaux. Relevant du' Plessis»' ^ Marly^ Longvilliers formait, avant 1475^ deux fiefs voisins avec deujf ^ n^anoirs seigneuriaux réunis par Philippe de Boilard et possédés pjtr sés^^ héritiers Jacques de Bonnes (i525), Pierre de Monsoy, procureur auT' parlement, Georges Boyer^ contrôleur des guerres, François de- Har*^ * viile^ etc., jusqu'à la réunion à la seigneurie de Bandeville (1679)4. :

LaBdtCy située au levant^ en remontant dans la direction d'Avigervil-^ ( liers, est un des principaux écarts. La Bâte, autrefois fief relevant dé-' Mazolles, avait un hôtel seigneurial depuis longtemps démoli et ufie-î justice qu'un maire gardait encore au xvm* siècle. Possédée^ au xv^^pat n Guillaume Claustre, avocat au parlement et par ses descendants, cette J terre fut réunie, au xvi« siècle, au domaine de Bandeville. Le terrain ^ argileux de la Bâte, qui retient les eaux, donne naissance à des mares- ■ dont les abords se couvrent de verdure. L'argile, exploitée avec fntetti^^^ gence, se convertit en tuiles, en poteries, en drains pour l'agriculture. -'-

Au-dessousde Longvilliers oti le moulin de la Forge a remplacé d'ao- > ^

1. Voira 1» Bibliothèque Impériale^ collection topographique, Seirte-et-Oise IV, \i" c Plan, coupe et élévation du château de Rochefort en Beauceprès Dourdan/quVfait recQHScniire S. A. Mgr le prince de Rohan-Rochefort« d'après les destins et sous la conduite de Archange, élève de l'académie royale d'architecture. Fondé en 1781 et terminé en 1787. i

2. Autrefois, là où est le parc du château de Rochefort, était le prieuré simple de la Madeleine^ membre de Clairefontaine. La chapelle et les bâtiments du prieuré existaient en 1496. Le duc de Montbaaon, grand veneur de France, s'empara dtf remplacement. L'image de la Madeleine fut transportée à l^église de Rochefort, et des démolitions de la chapelle fut faite celle de Sainte-Marie-Maddeinequi touche k cette église^ Le bénéfice s'est perpétué longtemps. — Inventaire du wuanquisat de3atù ' ' deviile» I

Le wtùrdii de Rochefort est fort ancien, nous avons retooiUBé. tous ses. titres- hls^ - toriques dans le mémoire à l'intendance de M. Védye, subdélégué de Douidan, i^f^t - ^

ciennes mines, passe la Rémarde. Si Ton franchit la vallée et si Ton remonte en face sur l'autre versant, on voit à mi-côte, adossé au bois, un manoir seigneurial qui donne au paysage un pittoresque caractère. Château, forteresse, maison des champs, le Plessis-Marly ou Plessis- Mornayy avec ses tourelles, ses combles parfaitement restaurés, ses longues fenêtres à vitraux plombés, ses hautes lucarnes pointaes, les pans de ses murs crénelés et les tours ruinées de son enceinte^ conserve toute sa couleur et tous les souvenirs de Phôte célèbre qui y vécut fiu XVI® siècle. Le fief du Plessis, relevant de Magny-Lessart, comprenant plus de deux cents arpents de terre et près de trois cents arpents de bois, avec plusieurs arrière-fiefs et avec des droits de censive et de justice, formait au xiv^ et XV" siècle une belle seigneurie appartenant aux sieurs de Harville, seigneurs de Palaiseau. Dans un partage de famille, au commencement du xvie siècle, Tainé garda le manoir et la moitié des biens. C'est cette part qui fut possédée par la dame du Bec et le sieur de Mornay, son fils. On connaît Phistoire de Philippe de Mornay, Taustère calviniste, le véritable représentant du protestantisme en France sons la Ligue, le a pape des huguenots » comme on l'appelait; à la fois politique, homme de guerre, théologien et écrivain mystique, ami de Henri IV, recherché pour son habileté, disgracié pour sa rigueur. De sa terre du Plessis, qu'il habitait et quittait tour à tour, comme 00 le voit dans ses mémoires, il négociait les plus délicates affaires et, pendant le siège de Dourdan en iSgi, de continuels messages s^échangeaient entre le camp de Biron et la demeure du plénipotentiaire du roi de Navarre. Près du manoir fortifié, s'abritait un consistoire; etdesfsimiUesqui avaient embrassé la réforme se serraient autour de ce centre de religion et de parti. De Saumur, où il commandait pour le roi, Philippe de Mornay n'oublia pas son église du Plessis, et une clause de son testament assurait une rente au pasteur,aux <c en tiens d et surtout aux pauvres de son consistoire (i). Louis XIV, après la révocation de Téditde Nantes^ accorda à l'hospice de Dourdan les matériaux du temple et la rente du con* sistoire du Plessis.

Le baron de Saint-Héranne (1626), Pierre Chartier, avocat au conseil (166$) et enfin le prince de Guéménéequi le joignit à Rochefort, possédèrent le Plessis (2). Aujourd'hui c'est une des plus belles annexes dn domaine de Bandeville. M. de Pourtalès a acheté, restauré, complété par l'acquisition des bois et des terres qui l'environnent, le château du Plessis-Momay. Une école pratique de culture agricole et horticole l'occupe sans le défigurer. De grands bâtiments d^exploitation, des champs

1. L'hospice de Dourdan a dans ses archives une expédition de cette clause. — Voirie chapitre AtVHoteUDieu de Dourdan.

2. La part des painés, toujours possédée par les de Harville, fut vendue aus gneurs de Bandeville en 1 679 . — il rcA . de Bandeville.

PROMENADE DANS LES DEUX CANTONS DE DOURDAN. Sjg

d'expérience renvîronnent, et le vieux Philippe, dont le portrait surmonte la haute cheminée de pierre de la salle principale, retrouverait encore les enfants de la religion réformée dans ses murailles calvinistes.

Nous avons achevé Ténumération des communes du canton nord. Il nous reste à rentrer à Dourdan. Nous pourrions y arriver plus directement en continuant de monter la côte du Plessis par la [route qui serpente jusqu'aux bois. Du haut de cette côte, nous aurions un des plus beaux points de vue des environs et la montagne de Rochefort nous apparaîtrait dans toute sa hauteur. Un chemin accidenté dans le bois nous amènerait à la route de Saint-Arnoult à Dourdan; mais nous aurons occasion de connaître cette route, et une autre voie, moins directe mais non moins accidentée, nous offrira plus d'intérêt. Regagnons le fond du vallon de la Rémarde et redescendons le cours de la rivière. Nous reverrons d'en bas la grande façade rougeâtre et les hautes cheminées deBandeville s'élever au milieu de la verdure^ Foinard au bord de Teau et un peu plus loin le clocher deSaint-Cyr. Là^ au bas du village, en face du chemin qui nous a amenés naguère du Val-Saint-Germain, nous nous arrêtons et tournant sur la droite nous nous engageons dans la route dô Limours à Dourdan. Le versant franchi^ un premier plateau se découvre, les petits bois du bord cessent et la plaine s'étend. Une ferme se montre sur la route, c'eslBistelley jadis « Bichetelle » relevant de Béchereau^ tenu par Thomas le Boucher (1405 ), Nicole de Longueil, procureur au Châtelet de Paris (1483) et ses descendants jusqu'à la vente de 1607 aux seigneurs de Bandeville. C'est encore une des fermes que le nouveau domaine a réunies. Plus loin^ au milieu des terres, dans la direction du Marais, sont les Loges que traversait jadis le chemin de Dourdan (i). La route s'élève en tournant, bordée de châtaigniers^ jusqu'au plateau supérieur de Lîphard. Une ferme occupe la place de l'ancien hameau de vignerons de « Luffehard. » Nous sommes sur la commune de Dourdan et sur un terrain connu de nos lecteurs. A gauche, Vaubénard ou Vaubélard, et plus loin Châteaupers; à droite, Rouillon dans un repli de terrain, et Semant derrière le bois des Brosses. Encore un pas et une descente rapide nous ouvre l'horizon. Toute la vallée de Dourdan nous apparaît, et les clochers de l'église et le sommet de la tour sont plus bas que nous. A mi-côte, le cimetière s'adosse au versant et les tombes blanches s'étagent en plein midi là où s'alignaient les vignes d'autrefois. Le chemin de fer traverse la route sur un pont; la gare est tout près. Les promenades entourent la ville en suivant ses murailles. Nous voici à la porte de Chartres et la première partie de notre excursion est finie.

I. Non .loin de là, était le fief de la Roche qui appartenait à la commanderîe de Malte de Châlou-Ia-Reine et où existait un hospice.

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. Pour visiter le canton sud, la route départementale d*Arpajon à Rambouillety par Saint-Arnoult^ s'offre à nous en face de la porte de Chartres et nous conduit dans une direction qui n'est pas bien éloignée de cdle que nous quittons. Avant de trouver la fin du territoire de la commune de Dourdan^il faut faire de ce côté plusieurs kilomètres, carla/orettoot çntière est à traverser.

, Au sortir de la vallée de Dourdan, au-dessus du Val-Biron, les boit du domaine commencent et s'étendent sur le plateau de. l'est à l'ouest, nqesurant environ 6j6oo ipètres de long sur 4,600 de large. Une route superbe, droite et unie comme une allée de parc, laisse à peine devifler . les détours et les sites intérieurs de la forêt. Assez peu accidentée d'ailleurs, mais admirablement percée pour la chasse, la forêt de Doordan p^ut offrir au promeneur de faciles et charmantes excursions. Les bois, geu profonds d'abord sur la droite et bordés par des champs, laissent Recouvrir Semont, Boncbamp et la route pavée de Rochefort. I A gauche, des chemins conduisent aux Buttes Blanches^ dont les pentes sablonneuses, couvertes de lichens, s'étendent sur la lisière ; d'autres n^ènent dans la direction de Sainte-Mesme et de Denisy» Coupant ces artères latérales, la large route de la Fresnaye et la route de la Lieue traversent la foret dans sa plus grande longueur, et au centre des bois, derrière la Mare double^ V Etoile de Nemours forme un grand carrefour. ^ A six kilomètres environ de Dourdan^ la route départementale descend brusquement. Du haut de la côte^ en face du Rendez-vous ^ on point de vue magnifique laisse embrasser, sur la droite, tout le panorama des v^ées et des coteaux que nous a &it parcourir le canton nord. La Gar^ne^ plantée d'arbres verts, nous amène, en tournant, dans la vallée de Saint-Arnoult,en laissant sur la gauche les versants boisés du Vréau. Saint- Ar^oult en Yveline, situé sur la Rémarde qui alimente ses moulins et autrefois servait à ses tanneurs, est, après Dourdan, la ville 1^ plus importante du canton, et son histoire mériterait d'être retracée avec plus de détails. Nous avons raconté, dans notre premier chapitre, la l^nde de son origine, qui se perd dans les profondeurs et les obscurités d.e.la forêt Yveline ; le cortège venant de Reims et conduisant le coips de saint Arnoult, évêque de Tours; son arrêt miraculeux, la fondation dé la pieuse Scariberge, le don du seigneur Dordingus^ etc. (i).

pi. Saint-Arnoult (il rNii//^s}, i2« évêque de Tours pendant seulement 17 ioors» successeur de L4on, est vénéré comme martyr le i5 des calendes d*août. Oi^ asa ^*ic dans la Bibliothèque de Fleury, éditée par Boscîus. Flodoard et Marlot en parlent da^is rhtstDÎre de Rcîms, où il fut tué par les serviteurs de sa femme Scariberge qui s^lt cdntéctéa k.Dlm. ^ D. Bouquet, tome II, SSj^

PROMENADE DANS LES DËCTX CANTONS DE DOURDAN. 5St

Un prieuré, dépendant de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, exista très-anciennement à Saint-Arnoult, et Saint-Arnoult était une des procurationes de Tévéque de Chartres, dans le grand archidiaconé. La paroisse de Saint-Arnoult était fort importante au xm* siècle, d'après le poaillé du diocèse à* cette époque. Plus peuplée que les deux paroisses de Dourdàn^ellef comptait 290 chefs de famille ou parockiani^ qui repré* sHsntaient environ t ,200 personnes. L'église, en partie romane, en partie du XV* et du xvi« siècle., est curieuse à étudier. Sa façade, son portail, son ancienne crypte, les charpentes sculptées et apparentes de sa nef la sîgna-^ lent à l'attention. La maison dite « le prieuré, » avec ses magnifiques caves, une autre maison à grande porte armoriée, se font remarquer sur la grande rue, qui est la grande route. ^

Pour aller de Paris à Chartres, souverains en voyage, armées en marche, ennemis en conquête, prisonniers de guerre, passaient par Saiiit- Arnoult. C'était une ville d'étape, de relai, visitée et habitée, prise ef saccagée par occasion. C'est à Saint-Arnoult que le- corps de ville de X)ourdan' vint saluer sa dame, Marie de Médicis,en !62i; Louis XIV' y (tina les 25 et 26 mars i665. Ruiné au passage par tous les conquératlts de la contrée, entre autres par Salisbury en 1428, fortifié et plusieurs' fois forcé, le bourg fut livré pendant deux jours au pillage (i 3 déc. r562) par le prince de Condé à la tête des protestants.

^ L'histoire féodale de Saint-Arnoult se rattache à celle de Rochefort,' car Saint-Arnoult n'a pas de seigneurs particuliers, et sa chronique con-î sisteraît principalement dans le relevé des donations, concessions etc.," au prieuré de Saint-Arnoult, par les seigneurs ou dames de Rochefort,^' dans le genre de celle que relate une charte assez apocryphe des Montf(Mt, gravée sur une pierre que l'on conserve dans l'église. Le marché de Saint-Arnoult, qui se tient encore tous les mardis, était, avec ' celui dfe Rochefort et de Dourdan, un des trois marchés de l'élection.' La foire de Saint-Fiacre, du 3o août, rappelle l'ancienne chapelle de la maiadrerie de Saint- Fiacre, qui s'élevait entre Saint-Arnoult et Rochefort, et était encore, au siècle dernier, un bénéfice estimé 100 livres.

Au-*dessus de Saint-Arnoult, du côtédu nord, après une montée rapide,' s'ouvre une contrée aride et sauvage, couverte de bruyères, oti nous pourrions nous croire bien loin de Dourdan: Nous sommes dans le pays des moines. Voici les tow Saint-'Benott. Au delà, dans une pittoresque ▼allée , le village de Claircfontainb a fait , des eaux limpide^ auxquelles it doit son tiom, des marais à isangsues, et ses habitants y cultivent les prairies de l'ancienne abbaye.

L'antique abbaye de Claire-Fontaine [clarusfons)^ de l'ordre de Saint- Augustin; fondée, dit-on, en m 00, sous l'invocation de la Vierge, dans la forêt Yveline, entre les bois de Montfort et Dourdan, par Simon, comte ie Montfort, fut confirmée le 14 des calendes d'octobre 1164, par Robert 1 1 1, évéque de Chartres^ et reçut le priviléga de main^morte de Pbi^

lippe- Auguste en 1207. Des chanoines réguliers Toccupèrent jusqu'en 1627, et furent remplacés par des ermites déchaussés sous le titre de Saint-Augustin. Rétablis par autorité royale et acte du Parlement de juillet 1640^ les chanoines réguliers de la congrégation de France firent encore une fois place aux déchaussés en i656 (i). L'abbaye de Clairefontaine, par suite de donations ou d'acquisitions fort anciennes^ avait étendu son influence et ses droits sur un grand nombre de paroisses des environs. Détachés^ .comme des essaims d'une ruche^ des hôtes du couvent s'y étaient établis en qualité de colons agricoles. Des religieux y avaient reçu charge d'âmes^ et Clairefontaine était devenue la maison mère de plusieurs prieurés : Boissy-le-Sec, Mérobert, Paray, Roinville, la Madeleine de Rochefort, etc. (2). Les Jalots, près Dourdan, dont nous avons parlé spécialement^ étaient une des premières exploitations rurales de l'abbaye.

On voit encore à Clairefontaine des restes intéressants du vieux monastère : l'ancienne église abbatiale^ longue et simple chapelle romane^ à chevet arrondi et à voûtes de bois; quelques pierres tombales; deux des côtés du cloître, Tun roman, l'autre de la Renaissance; l'entrée à arcades de la salle capitulaire^ etc.

Non loin de là, est l'emplacement d'une autre abbaye, plus ancienne encore peut-être, celle de Saint-^Rémy-des-Landes^ qui emprunte son nom aux pentes stériles, aux bruyères et aux landes qui l'environnent. C'est dans ce désert érémitique que, suivant la légende, Scariberge^ veuve de saint Arnoult et nièce de Clovis, aurait bâti un oratoire et se serait retirée. Il est constant qu'il y avait là, au xii« siècle, sur une terre dépendant de l'abbaye de Fleury, un très-humble monastère, soumis à la règle de saint Benoît {angustum et tenué)^ sous la redevance annuelle d'une monnaie d'or valant 2 sous 6 deniers de la monnaie chartrainejorsqu en l'an 1 160, à la prière de Robert III, évéque de Chartres, Macaire^ abbé de Fleury, du consentement de ses moines, dota plus richement les religieuses de ce lieu (3). Simon de Montfort leur aurait donné,en 1 1 66^ 200 arpents de bois dans la forêt Yveline, et, d'après les vieux registres de l'abbaye, serait regardé comme un des fondateurs. Au xiii» siècle^ le couvent n'était pas riche, car Aubry le Cornu, évêque de Chartres (7 nov. 1242), donna aux pauvres religieuses (j7âifpere^ moniales), une part dans la dîme de la paroisse du Perray (4)

Favorisée pourtant et dotée par les seigneurs de Rochefort, Tabbaye possédait des prés exempts de dîmes (i 179), des dîmes grosses et menues dans la paroisse de Clairefontaine (bulle du pape, 1 179), des droits de

1. Voir la liste des abbés dans le Gallia Christiana^ tome VII, col. x3i5.

2. Voir aux Archives de Seine-^t-Oise le fonds de l'abbaye de Qairefontaine qui remplit une vingtaine de cartons.

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