Fouillé du diocèse de Chartres au xiii* siècle
roisse aux mains de l'abbaye. Les seigneurs de Rochefort y percevaient des dîmes et tentèrent plus d'une fois des envahissements que les abbés de Saint- Benoît eurent toujours grand soin de conjurer. Par un accord avec Simon IV,run d'eux obtint l'engagement qu'aucun seigneurne pourrait établir de manoir à Sonchamp, y résider, s'y clore, s'y étendre, etc. De temps immémorial^ la paroisse'de Sonchamp dépendait du bailliage de Dourdan et avait des redevances envers le domaine, entre autres les «^:oustumes de Sonchamp » sur 840 arpents adjugés au roi par arrêt du Parlement. Les abbés, qui cherchaient à s'affranchir de toute entrave, firent des difficultés pour reconnaître la juridiction de Dourdan, lors de la rédaction des coutumes en \5S6, et revendiquèrent celles d'Orléans; mais il fut prouvé que Sonchamp n'avait jamais eu d'autre chef-lieu fiscal que Dourdan, et que ses gentilshommes avaient toujours répondu au ban et arrière-ban de ce bailliage (i). Au siècle dernier, les bois de Sonchamp furent souvent visités par les chasses royales. Le domaine appartenait au duc de Penthièvre. A la demande du prince, la paroisse fut pendant plusieurs années déchargée de la taille et sa part supportée par les autres paroisses de l'élection.
L'église de Sonchamp est une des belles églises des environs et Ton y sent l'influence de la riche abbaye. Placée sous l'invocation de* saint Georges, elle offre la réunion de plusieurs styles. La nef est du xii" siècle, le chœur du xni', les nefs latérales du xvi* et du xvii*.
Près de Sonchamp^ le château de Pinceloup^ qui appartient aujourd'hui à M. Ruffier, a été habité et agrandi au siècle dernier par Prévost, notaire de Louis XVI. Il date du xvi« siècle. François Simonneau était seigneur de Pinceloup en 1 556.
La route impériale de Corbeil à Mantes nous fait pénétrer en pleine Beauce et nous conduit directement à Abus ; pour cela nous passerons rapidement devant les communes d'ÛRPHiN, de Craches, de Prunay-sous- Abus, situées aux dernières limites occidentales du canton. Nous sommes ici fort loin de Dourdan. Vingt-deux kilomètres nous en séparent. Orphin, avec Cerqueuse, Craches qu'on surnommait Vabbé, appartiennent plutôt à l'histoire de Rambouillet qui n'est distant que de deux lieues. Quanta Prunay, son grand clocher en pierre du xvi« siècle^ de forme pyramidale, bâti à côté d'une nef du x* siècle, attire de loin l'attention. Aux environs, plusieurs écarts mériteraient d'être visités : la ferme de Gourville{Gontharii villa), ancien lieu seigneurial, d'après des titres du X' siècle; la Chapelle sur l'emplacement d'un ancien sanctuaire de saint Laurent; Villiers-Landoue, siège d'un fief; le château des FaureSy important auxvu* siècle, aujourd'hui détruit en partie; Marchais-Parfond qui était aussi une seigneurie et relevait du prieur d'Auneau, etc.
I. Voir Archives de l'Empire^ pièces concernant Sonchamp. Q. i3i4« — Ardùpes du Loiret. A. i382, etc.
ABLis^est un pays de grande culture» Nous sûmtnea ats milieu du vaste bassin lacustre, dans la région du blé, qui couvre, vers Touest, un immense territoire. Point de jonction de deux routes impériaks dont Tune va directement de Paris à Chartres, Ablis, qui possède une foire le lundi diaprés le 2 février^ a pour ses produits de magnifiques débouchés. La paroisse d''Abluye;[ était, au moyen âge, une des bonnes paroisses du doyenné de Rochefbrt^ on y comptait plus de mille habitant». . L'église» bâtie au xi» siècle^ sous l'invocation de saint Pierre et de sarnt Paul, et dont la cure était à la collation de l'abbé de Josaphat; îouissait d'un revenu qui équivalait environ à S^ooo fr. d'aujourd'hui. Le chapitite de Notre-Dame de Cléry^ l'abbaye des Vaux-de-Cernay» avaient à Ablis des possessions et des droits. Le territoire d'Ablis faisait ancienn^nent partie de la chàtelienie de 6retencourtetparconsequent.de la seigneurie de Rochefart. En faveur de M. Poncet de la Rivière, Ablis fut érigé eh comté, et conserva longtemps un droit de passage sur les grains qui cipculaient journellement par la grande route. Ablis avait jadis une maladrerie et possède aujourd'hui un hospice assez richement doté.
Autour d'Ablis, d'anciens fiefs sont représentés par des fermes ou ds^ hameaux : Provelu^ Long-Orme, Guierville, Mainguerain, Ménainville, Dimancheville, dont la seigneurie appartenait au chapitre de Cléry et dont relevait le fief de Semont, près de Dourdan.
Sans pénétrer plus avant dans le canton au midi, prenons sur lu gauche le chemin de grande communication qui ramène dans la direction de Dourdan, en côtoyant le chemin de fer. La commune de BoiNViLta* i.e-Gaillard est, comme celle d' Ablis, essentiellement agricole. Boen* yilla était au moyen âge une des procurationes de Tévéque de Chartres au doyenné de Rochefort. L'église, sous l'invocation de Notre-Daïie, reconnaissait comme coUateur Tabbé de Bonneval. Aux siècles dei^ niers, les de l'Hospital Sainte-Mesme étaient regardés comme les sei^* gneurs du lieu.
A côté de Boinville est le Bréau, dont le château du xvi* siècle est aujourd'hui habité par MM. de Noé et d'Hervey. Le Bréau a recule surnom de l^védiM-sans-nappe. Ce surnom a pu être l'occasion d'un bon mot de Henri IV, mais avait cours bien avant lui sous une forme qui a été altérée. Le nom de Sannapes ou Sanapes était celui d'une très-* ancienne famille qui figure au moyen âge dans l'histoire féodale de la contrée. Philippe Guérin, grand pannelier de France, était « seigneur du Bréau Sannapes » et bailli de Dourdan en 1463 (i).
Dans la plaine unie et sans limite, un sillon se creuse, un vallon s'ouvre, quelques bois apparaissent et un cours d'eau s'en échappe; nous sommes aux sources de ÏOrge et à l'origine de notre vallée, sur le territoire de la commune de Saint-Martin de Brethencourt. Ce double nom