Voir les sources citées
2. Il parait que TofiSce que Ton chantait autrefois dans Tcglise de Sainte-Mesrie est venu de Dreux, où il y a une chapelle dédiée à sainte Mesme dans relise paroû- •iale»
Le fils d'Aymard, messire Claude de Poîsieux, baron de Montigny, seigneur de Saînte-Mesme, etc., conseiller du roi, capitaine de la porte du roi, était maître d'hôtel de la reine Anne de Bretagne, tandis que sa femme, Anne Lucas, issue de la maison de Tonnerre, servait ladite reine comme dame d'atour(i). Ils avaient pour héritière une fille nommée Louise que la reine affectionnait. Ils la marièrent au chevalier Aloph de THospital, seigneur de Choisy, et Anne de Bretagne., en apprenant ce mariage , ne put s'empêcher de faire un jeu de mots : <c Louise, estant à Mesme, a Choisy VHospitaL »
La famille de THospital, à laquelle passait Sainte-Mesme , était une noble et très-ancienne maison. Le père d' Aloph, Adrian de THospital, seigneur de Choisy, avait été un des officiers favoris du roi Charles VIII; il avait commandé l'avant-garde à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier (1488), et s était signalé à la conquête du royaume de Naples et à la bataille de Fornoue, oti il combattait près du roi. Il était mort en i5o3, gouverneur et bailli de Gien. — Les de THospital, qui portaient primitivement le nom de a Gallucio, » étaient originaires d'Italie. Ils descendaient du frère de saint Louis, Charles d'Anjou, dont le petit-fils, Philippe d'Anjou, prince de Tarente, avait marié sa fille à monseigneur Frédéric, comte de THospital, fils d'Alphonse de THospital et d'une fille de Galéas, duc de Milan. Jean de THospital était venu en France du temps du roi Jean, qui l'aimait beaucoup.
Louise de Poisieux et son mari furent en faveur à la cour. Aloph, échanson de la mère de François I*% et chargé de ses affaires, devint chambellan du roi, gouverneur de Brie, capitaine de Fontainebleau, maître des eaux et forêts. Louise fut dame d'honneur de Catherine de Médicis. Aloph (i 562) et Louise furent enterrés à Choisy, mais léguèrent leur cœur à Sainte-Mesme. Ils avaient eu trois fils et cinq filles (2).
Sainte-Mesme passa au second fils, René, qui, laissant à son aîné le titre deTHospital-Choisy et à son oncle celui de l'Hospital-Vitry, transmit aux siens le titre de THospital-Sainte-Mesme. Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, il épousa Louise de Montmirail.
Le fils, Anne de l'Hospital, seigneur de Sainte-Mesme, baron de Montigny, vicomte de Vaux, Chambourcy , Lorry^et Villemandel, devînt, sous Henri IV, gouverneur et bailli de la ville de Dourdan, oîi plusieurs de ses parents avaient déjà commandé (3). Des alliances avec le Marais achevèrent de mettre aux mains de la famille toute TinSuence et toute la fortune territoriale. Anne épousa en effet Jacqueline Hurault,
I • Tous deux enterrés à Sainte-Mesme.
2. Actes de foi et hommage, 8 octobre iSoj, i3 octobre i53o. — Archives de VEmpire, O. 2025o. — Voir chapitre XIII.
3. Jean de Choisy, gouverneur de Dourdan^ avait rendu la ville aux huguenots en 1567. —Louis de Vitry s'était retiré par scrupule devant Henri IV.
SgO APPENDICE II.
dont la belle-sœur, Rachel de Cochefilet, était devenue femme de SuUv et dame de Dourdan.
La seigneurie de Sainte-Mesme fut, vers ce temps-là, érigée eu èomté (i) en faveur des THospital, comme celle de Dourdan en faveur de 8ully,et la plus grande partie du château fut reconstruite. Messire Anne- !A.lexandrej petit-fils d'Anne (mort en 1620), occupa, pendant tout le xv!!*^ siècle, une haute position. Comte de Sainte-Mesme, Rouillon, Lîpbard, Semont, le Jallier et Corpeaux, seigneur châtelain de Denisy et Ponthévrard, de Bretencourtet Houdebout, de Garantières, le Bréausans-nappe et Boinville-le-Gaillard, Villemanoche, Sorbonne, et autres Keux; lieutenant général des armées du roi ; gouverneur, bailli, capitaine des chasses et maître particulier des eaux et forêts de Dourdan, il donna en plusieurs rencontres des marques de valeur et fut le premier écuyerde Gaston, frère de Louis XIII, plus tard de sa veuve. Tout dévoué à la famille d'Orléans, il devint chevalier d'honneur de la grande duchesse de Toscane, et sa femme, Elisabeth GobeUn, fut attachée à la princesse comme dame d'honneur (2). Etroitement liée d'amitié avec les âdinte-Mesme, la grande duchesse, comme nous l'avons raconté au chapitre de V Hôtel-Dieu^ venait, à la fin du xvii» siècle, passer chez eux, chaque année, les mois d'automne, et c'est à cette occasion qu'elle devint la charitable et puissante protectrice de l'hospice de Dourdan.
Le vieux comte Anne-Alexandre ne mourut qu'à soixante-dix sept ans et vit la première année du xv!!!" siècle. Sa veuve mourut à quatre- vingt «èpt ans, en lyaS, et survécut à son fils Guillaume-François-Antoine de l'Hospital, marquis de Sainte-Mesme et de Montellier, à son tour bûilli et gouverneur de Dourdan, savant très-distingué qui quitta Tarhiée pour se vouer à l'étude de l'algèbre et des mathématiques, fut nommé vice-président de l'académie des sciences et mourut à quarante-trois ans, en 1704.
' Élie-Guillaume de l'Hospital conserva la terre patrimoniale, mais la démembra, en vendant à M. Lévy, riche bailli de Dourdan, la seigneurie de Rouillon (1723) (3). Gallucey de l'Hospital, comte de Sainte- Mesme, vendit le tout le 27 février 1772. — L'acquéreur, César-Pierrc- Thibault de la Brousse, marquis de Verteillac, rendit foi et hommage et prêta serment de fidélité le 28 juin 1773, au duc d'Orléans, pour la terre, Seigneurie et comté de Sainte-Mesme, du Jallier et Denisy, avec droits
1. Avec droits de justice, bailliage, deux foires annuelles en mai et août et marché le mercredi.
2. Leur second fils, Raymond dit le comte deTHospital, fut aussi chevalier d'honneur et premier écuyer de la grande duchesse.
< 3. Foi et hommage rendus entre les mains de M. d^Argenson, chancelier du duc d'Orléans, le 14 juin 1^26,— Archives de VEmpire, O. 20250. — Voir les charmantes vues du château de Sainte-Mesme, faites à la plume et à Taquarelle par M. d'Argeo- 5on . — Bibliothèque de l'Arsenal,
PROlfENADE DANS LES DKUt CANTONS DE DOURDAN. Spi
de haute, moyenne et basse justice, sous le titre de bailliage, ladite terre mouvant et relevant en partie du duc d'Orléans à cause de sa grosse tour de Dourdan.
Sainte-Mesme fut, au commencement du siècle^ la demeure paisible et la dernière retraite de Taimable vieillard qui avait tant affectionné et protégé Dourdan : Tarchitrésorier Lebrun y mourut, vers la fin de la Restauration, entouré de ses livres qui l'avaient jadis consolé à Grillon, pendant l'orage révolutionnaire. Il avait fait dans la contrée de nom^ breusesacquisitions territoriales et rendu à la terre de Sainte^Mesme une grande importance. Presque toute la vallée appartenait à M. Lebrun jusqu'auKiessus de Roinville. Dans le partage entre ses enfants^ le domaine de Sainte-Mesme échut à madame de Chabrol, qui ne le conserva point.
Le château passa, de M. Dujoncquoy de Ville- Lebrun, qui fit combler une partie des fossés, à madame la générale Dupont, et à MM. de Ri< chemont. Il est aujourd'hui la belle et pittoresque demeure du célèbre romancier Auguste Maquet, qui a tout réparé et disposé en homme dégoût et en artiste. Avenue fermée aux bruits du dehors, grande poterne féodale, édifice de deux époques, façades et hautes cheminées Louis XIII, tourelle d'angle du temps de Louis XI avec magnifique escalier de pierre en spirale, vaste cabinet de travail aux muif tapissés de personnages^ aux fenêtres ombragées de saules, au pied baigné par l'eau des douves, parterre dans le goût d'autrefois, formant un contraste savamment ménagé avec le parc solitaire que domine le versant des bois : par son site^ son aspect et ses souvenirs, le vieux manoir est, à la fois, un sanctuaire et un cadre pour les études ou les rêveries de l'historien et du poète.
Continuons notre route vers Dourdan ; mais, auparavant, visitons au^ dessus de Sainte-Mesme le hameau de Denisy, qui touche à la forêt et avait peut-être plus d'importance au moyen âge que Sainte-Mesme (i), malgré les ravages du gibier royal; — plus loin encore, la petite commune de PoNTHÉVRARD, qui se rapproche de Saint-Arnoult et du bois du Bréau et dont la vieille église et tout le territoire étaient un des revenus particuliers affectés aux évéques de Chartres. Par bulle du 24 septembre 1 1 62, le pape Alexandre III leur garantissait cette possession de Pons»Ebrardi. La mairie de Ponthévrard, major ia Pontis-Evradi ou Evrardi devait dix-huit septiers de dîme, 38 sols de cens à la Toussaint, la tierce partie de la laine, lechampart, menues dîmes, etc., et de plus l'obligation du rachat à chaque changement d'évéque (2). A deux kilomètres de Ponthévrard,
1. Désigné dans le pouillé du diocèse au xiii* siècle par ces mots : c Danesi cum capelld, Denisy avec sa chapelle » comptant 56 feux, revenu estimé à 20 livres de Tépoque — collateur : l'abbé de Josaphat — patron : sainte Mesme.
i5o3. — Procédures fiaiites aux requêtes du palais par Ferry de Wicardel, seigneur de Lonchéne, etc., contre Claude de Poisieu pour le contraindre à lui faire foi et hommage du fief de Denisy, — Archives de Versailles, E. 740.