Cartul. de N.'D, de Chartres, I, 170 — II
la ferme des Châtelliers rappelle le acastellum » romain que nous avons cité au chapitre des origines de Dourdan, et peut-être le rex Castiluc de la légende.
Plusieurs chemins pourraient nous ramener de Sainte-Mesme à Dourdan : celui « d'en haut, » côtoyant la lisière des bois et dominant le panorama de la vallée ; celui a du milieu » ou celui « d'en bas. » Sur ce dernier, devenu la grande route, nous rencontrons, en longeant le cours de rOrge, Ville-Lebrun, l'ancien fief du Jallier, oîi Tarchitrésorier a fait élever une manufacture, devenue aujourd'hui l'importante fabrique de MM. Dujoncquoy, dont nous avons parlé ailleurs; plus loin, GriV/on, oîi nos lecteurs chercheraient en vain dans les prés la joyeuse demeure de Regnard ou la paisible retraite de Lebrun (i); en face, la belle propriété de la Garenne appuyée au bois ; sur la riyière, le moulin de Gril- Ion, une petite maison, dernier vestige de la cité ouvrière qui florissait au commencement du siècle , Potelet redevenu une ferme , Dourdan vu en raccourci et fièrement assis en amphithéâtre au milieu de la vallée.
Nous ne rentrons pas encore dans ses murs car notre tournée n'est pas finie. Au carrefour du Puits-des-Champs, une route monte vers le sud-ouest, c'est celle qui àoit nous ramener en Beauce.
La route de Garancières, comme l'ancien chemin de Corbreuse et d^Auneau, traverse la foret de Louyequi couronne tout ce versant delà vallée. Moins étendue que celle de Saint- Arnoult, cette portion de la foret de Dourdan est plus pittoresque et plus accidentée. La route du Présidenty celle des Sept-Buttes la coupent en travers. A gauche, un chemin descend vers le vallon solitaire de la vieille abbaye. Au sortir du bois, le gjrand plateau commence.
Corbreuse est le premier village qui apparaît. Il doit sa fondation 00 tout au moins son développement à une donation royale du xjr siècle. Louis le Gros, en 1 1 j6, à la prière d'Etienne de Garlande, permit au chapitre de Paris de construire ce village et commit, en même temps, son a prévôt royal de Dourdan j> pour désigner aux a pauvres de Corbereuse » Iqs terrains qu'ils pouvaient cultiver dans la terre de l'église de Paris (2). Au bout de cinq siècles, les doyen, chanoines et chapitre de Paris se sentaient si bien maîtres sur leur terre et seigneurie de Corbreuse, Outrevilliers et la Grange-Paris, qu'ils refusaient au procureur du roi, lors de l'assemblée des coutumes, de reconnaître en aucune façon la juridiction de Dourdan. Se rattachant à la prévôté de Paris et portant ses appels à la barre du chapitre et au Parlement, la paroisse de Corbreuse voulait se soustraire au bailliage, en dépit des lettres patentes
1 . Un vieux mur, une grille, une avenue^ la rivière canalisée en cet endroit, voilà tout ce qui reste du château de Grillon. «—Voir chapitre XXI.