‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 163 sur 191 · TABLEAU GÉOLOGIQUE DE DOURDAN ET DE SES CANTONS. 4OI · texte numérisé non relu

TABLEAU GÉOLOGIQUE DE DOURDAN ET DE SES CANTONS. 4OI

Entre les différentes couches de l'argile plastique^ mais surtout à la partie supérieure de la formation, s'étendent les « sables inférieurs 2> composés de grains irréguliers de quartz laiteux plus ou moins arrondis; on y trouve quelquefois du mica^ ainsi que des silex roulés de petite dimension et de différentes couleurs.

A la partiesupérieuredes sables on rencontre des grès, tantôt stratifiés et friables, comme à Saint-Maurice; tantôt en blocs irréguliers à ciment argileux et à cassure terreuse, comme à Jouy, près de Saint-Chéron, ou bien à ciment siliceux et à cassure lustrée, comme à Breuillet^ à Saint- Évroult (commune de Saint-Chéron), etc.

Ces derniers sont très-durs, d'une exploitation et d'une mise en œuvre difficile; néanmoins on peut les utiliser avec succès dans les construc^ tions hydrauliques.

Quant aux sables mêmes, leur emploi dans la fabrication des mortiers serait précieux, si Ton pouvait les purger complètement de Targile q^i s'y trouve mêlée. Le meilleur moyen de les utiliser serait de les soumettre à une cuisson qui convertirait l'argile en une pouzzolane artificielle et contribuerait à rendre les mortiers hydrauliques.

Pour ce qui est des autres assises de Pétage « éocène, ^ nous l'avons dit en commençant cette étude, elles disparaissent au delà des limites du canton de Dourdan, et c'est à peine si l'on retrouve dans les communes de Brcuillet, de Breux et de Saint- Yon, quelques derniers lambeaux de a travertin inférieur, » de «marnes vertes » et a d*argiles à meulières iqférieures ou meulières de Brie. »

3"* — Au-dessus de la formation des argiles plastiques ou directement superposées à la craie, là où l'argile plastique manque, s'étendent les trpis grandes assises del'étage « miocène : d et d'abord les sables supérieurs au de Fontainebleau qui affleurent sur les deux versants de toutes les vallées autour de Dourdan, de Saint-Arnoult, de Rochefort, d'Angervilliers, etc. Les pentes des coteaux s'adoucissent, et cette assise ayant une grande puissance (souvent 5o mètres et plus), ses affleurements sont très-étendus (i). .

A la partie supérieure de ces sables, on trouve les grès qui portent également le nom de a grès de Fontainebleau. » Agglomération de sable par la silice, ces grès, d'une dureté variable, se présentent en roches isolées ou en bancs de quelques mètres d'épaisseur. Les plus durs ont été exploités pour les pavages des environs ; les veines plus tendres ^ l susceptibles de se tailler à la pique ont été jadis employées dans tous les travaux hydrauliques et dans les constructions importantes, comme : à Dourdan, le château et le soubassement de l'église; à Longvillier, le clocher de l'église et l'ancien château du Plessis-Mornay ; à Rochefort, la château, la mairie (autrefois tribunal et prison), etc., etc.

t. Voir les Coupes géologiques , fig. 2.

* De nos jours, l'emploi du grès dans les constructions devient de plus en plus rare ; il n y a d'exception que pour les principales assises des constructions hydrauliques. Mais le grès reste toujours Pélément indispensable pour le pavage des rues, les dallages, les bornages, etc.

Les principales exploitations dans ]e canton de Dourdan se font à Saint-Chéron^ au Plessis (commune de Longvillier), et surtout à Liphard (commune de Dourdan), d'où l'on exporte même du pavé sur Paris.

Des exploitations, à peu près abandonnées, existaient jadisà Rochefort, autour de Saint-Arnoult, de Roinville et de Sermaise; Tabandon de ces carrières est d'autant plus regrettable que le chemin de fer de Paris à Tours, par Vendôme, a ouvert pour ces matériaux un débouché immense dans les contrées qui s'étendent de Dourdan à Tours d'une part, et de Chartres à Orléans de l'autre, contrées dépourvues de grès propres aux pavages (i). Il y aurait là peut-être une source importante de commerce pour le canton de Dourdan.

4** — Au-dessus des sables de Fontainebleau s^étend le calcaire lacustre supérieur ou de BeaucCj cet important dépôt laissé comme témoin par le vaste lac de la Beauce (2). Ce calcaire, qui se présente souvent à Tétat de marne à la surface, et qui devient plus compact, plus dur et passe à l'état de pierre en augmentant d'épaisseur, s^est en quelque sorte moulé sur les nombreuses ondulations des sables de Fontainebleau qu^il recouvre, en conservant lui-même sa surface à un niveau à peu près uniforme. Aussi cette assise, qui parfois ne dépasse pas 4 ou 5 mètres de hauteur, atteint souvent 20 mètres dans le canton de Dourdan et quelquefois 3o et 32 mètres de puissance à peu de distance au delà (Eureet-Loir).

Toutefois, la forme générale de ce dépôt accuse une progression croissante de puissance dans la direction du sud-ouest à partir de Dourdan^ tandis qu'au nord et au nord-est de cette ville, c'est à peine si l'on en retrouve çà et là quelques lambeaux qui témoignent d'une très-faible épaisseur d'eau. En sorte que l'on pourrait donner une idée assez exacte de cette formation en disant que l'emplacement occupé par Dourdan était un rivage d'un grand lac d'eau douce, augmentant de profondeur en avançant vers le sud-ouest, tandis qu'au nord et au nord-est il n'existait que des marais à peine submergés par les eaux chargées de matières calcaires. Sur certains points même de cette dernière contrée, les sables plus élevés formaient des îlots ou des promontoires dominant les eaux du lac et n'ont pu recevoir le dépôt calcaire qui les environne, ce qui explique comment, sur certains points, les sables se montrent à une altî-

1. Si ce n*est, exceptionnellement, auprès de Bonneval (Eure-et-Loir) et à quelque distance de Montoire (Loir-et-Cher), où se montrent quelques roches (notamment les grès Ladères de Bonneval) qui suffisent à peine à une consommation locale treinte.

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