‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 22 sur 191 · XXI* tome de D. Bouquet · texte numérisé non relu

XXI* tome de D. Bouquet

et blaireaux se voyaient tout à Tentour, même au temps de de Lescornay, qui parle des chasses de Dourdan avec enthousiasme : « Les bois « dit-il, fournissent quantité de cerfs, sangliers et chevreuils qui peuvent « donner infinis passé-temps aussi bien que les loups qui se rencontrent c souvent dans le pays. Mais le comble des plaisirs arrive quand ces « grandes bestes se rembûchent dans des petits bois ou buissons qui sont « au milieu de la Beaulce esloignez de la forest : pource qu'après avoir « esté lancées, et qu'elles ont battu ces petits forts, elles sont contraintes « de sortir et courir en plaine campagne, car lors on les voit avec toute c la chasse^ et les peut-on conduire de l'œil jusques à perte de veue sans <f aucun obstacle. Outre cecy la volerie y est très-belle, tant pour les « hérons et canars que retiennent les estangs et la prairie, que pour les « perdrix, corneilles et tous autres oyseaux qui y sont en quantité (i). » Il a vu, ajoute-t-il, d'anciens comptes du domaine qui font mention des pains que devaient les habitants des Granges-le-Roy, tous les ans, à Noël, pour la nourriture des chiens de chasse, et aussi des gelines qu'ils devaient quand le roi venait à Dourdan pour la pâture des oiseaux de proie qui n'y étaient apportés qu'avec les rois. D'autres chapitres de ces anciens comptes ont trait à d'importantes recettes et dépenses de foins et d'avoines consommés sur les lieux par les chevaux de Técurie du roi.

En consultant les anciennes tablettes de cire de Pierre de Condé, espèce d*agenda de l'intendance de la maison royale, nous avons rencontré aux comptes de l'écurie pour l'année 1 284 (2) mémoire de deux dépenses de cent livres faites à Dourdan, aux dates du 3 février et du 27 septembre.

Elles correspondent bien certainement à deux passages de Philippe le Hardi, dont elles nous donnent Tépoque précise.

Si nous comparons ces dates avec la liste des étapes de ce prince, nous apprenons qu'il fit ces deux séjours à Dourdan, Tun en allant à Saint- Germain, l'autre en en revenant. C'est aussi la marche qu'avait suivie saint Louis, et que suivirent encore d'autres princes.

Nous nous garderons d'oublier ici un souvenir qui se rattache au règne de Philippe le Bel. Si nous consultons la liste des grands maîtres de l'artillerie de France, créés par ce prince bien avant Tinvention du canon^ pour remplacer les grands maîtres des arbalétriers, nous voyons figurer, comme le premier élu, en 1291, Guillaume de Dourdan (3).

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