D. Bouquet, t. XXII, 458 a, 459 H
« S 147. — Débet : Jovis in craMino candelosie, apud Dordannum, Johannes Catus, « c J. per Marcellum. » (3 févr. 1284.)
c g i38. — Débet : Mercurii ante sanctum Michaelem apud Dordannum, c. 1. duo clerici, per Marcellum. » (27 sept. 1284.)
3. On peut lire ton nom inscrit en lettreBd'or sur une plaque de chêne en tête du
3o CHAPITRE III.
Philippe le Bel avait un frère^ Louis, comte d'Evreux, noble et vaillant prince, qui figure avec honneur dans plusieurs événements importants des annales de France, et s'était signalé en 1 3o4 à la fameuse bataille de Mons-en-Puelle, gagnée par Philippe le Bel contre les Flamands^ en sauvant la vie du roi, l'oriflamme et la victoire. Il fallait à ce premier prince du sang un état de maison digne de la couronne de France. Son père, en mourant, avait ordonné qu un revenu de quinze mille livres tournois de rente lui fût affecté à lui et à tous ses descendants directs, et que ce revenu fût assis sur certaines portions du domaine royal qui deviendraient, comme apanage, la propriété de la branche cadette. Par lettres patentes datées de Poissy, avril iSoy, Philippe fait savoir qu'il a depuis longtemps chargé deux chevaliers, personnages de confiance, Jean Choiselet Jean le Veneur^ d'une minutieuse enquête sur la valeur et le produit des domaines qu'il destine à son frère, et que, suivant le fidèle rapport qui lui a été fait^ il octroie à Louis les seigneuries d'Évreux, d'Aubigny, de Gien, de la Ferté-Alais, d'Étampes, de Dourdan et de Meulan, dont le revenu total égale quinze mille livres.
Cette prisée a pour nous un grand intérêt, parce qu'elle nous donne le détail et la consistance du domaine de la châtellenie de Dourdan à la
fin du xni' siècle et en fixe la valeur. Après Etampes, vient :
« La Préuosté de Dourdan^ ez appartenances de laquelle il a :
<K C'est à scauoir la coustume de toute la marchandise de la ville et « mairie des Granches;
« Le moulin de Rescuel;
« Les menus cens de Dourdan et des Granches ;
« Le tanxement des marchés partout les estalages de Dourdan;
<c Les fours aux pottiers;
a Le sel et la basse justice de ladite préuosté;
<£ Auennes appartenans au chastel de Dpurdan, à Sonchamp et Denise « {Denisy) ^ aux Granches-le-Roi, à Courbereuse, à Sainct- Ville, au « Rouuille, à Maudestour, à Long-Villiers et à Morsanc : trente-cinq <{ muids, dix septiers, trois minots, deux boisseaux ;
« Les exploicts de soixante sols et de moins ;
« La penne d'illec;
« La garenne de Dourdan en boisjou vigne ou en chans;
tt Les ventes de la forest et des bois de Dourdan et la paisson, sauf le « droict et usage aux usagers;
<c Le chastel de Dourdan en tel estât comme il est ;
« Item dix fiefs et trente arrière-fiefs en ladite chastellenie ;
a La haute justice d'illec.
tableau des grands maîtres, au Musée d*artillerie, à Paris, dans la grande salle, à main gauche. — Mention de feu Guillaume Dourdan, piéça bailli de LonguevtlUj dont les lettres sont rappelées dans une ordonnance de Charles VI sur des métiers « ai janv. 1416; Ordon. des Rois de France, t. X, p. Sgo
DOURDAN, t>B PHI LIPPE- AUGUSTE A PHILIPPE LE BEL. 31
a Lesquelles choses dessus dites de ladite chastellenie de Dourdan,
■ nous l'y asseons por le prix de : dou^e cens soixante livres dix sept
■ sols un\e deniers tournois.
« De ce chet en despence vingt-cinq sols tournois pourla retenue du « moulin de Dourdan; demeure : douze cens cinquante-neuf livres « douze sols unze deniers tournois.
a Retenus à nous tout les juis de ladite chastellenie de Dourdan (i). »
En cédant ainsi le château, la prévôté et la châtellenie de Dourdan avec leurs appartenances [castrum, prceposituram et castellaniam de Dordano, cum earum pertinentiis), le roi se réservait tous les droits de suzeraineté {super iorilatem^ resortum et homagium ligium), tous les biens que possédaient les juifs au temps de leur expulsion du royaume, et la garde et la justice de toutes les églises et personnes ecclésiastiques ou privilégiées (2].
Nous sommes arrivés à l'heure oti, avec le xiii' siècle, finit, pour Dourdan, la première période royale de son histoire. La couronne se dessaisit pour un temps de l'antique viilu, que tant de souverains ont aimée.
De nobles princes, grands vassaux du trône, vont tour à tour se la transmettre ou se la disputer ; mais la royauté fera plus d'une fois valoir sur elle son droit souverain et finira par la revendiquer comme sienne. A travers des siècles agités, Dourdan ressentira le contrecoup de tous les malheurs de la France, de toutes les épreuves de la monarchie, mais ne manquera pas de retrouver, à l'heure des renaissances du pays et du trône, ses privilèges intacts et des jours prospères qui ne seront pas sans gloire.
1. Copie des lettres pour parfourniisement d'apanage oaiojéei en octobre 1298, coniervée dans les papiers du domaine de Dourdan, aux Archives de l'ampire, O,
î. Acte dalf de Poissy, avril i3o7. — De Lescornay, p. 70,