‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 32 sur 191 · DOURDAN SOUS LES COMTES D'ÉVREUX I · texte numérisé non relu

DOURDAN SOUS LES COMTES D'ÉVREUX I

Ihe fois en possession de Dourdan , Louis d'Évreux \ chercha les moyens de s'assurer une jouissance tout à la fois paisible et fructueuse. 11 devait faire en sorte de ne point donner lieu aux habitants de trop regretter la domination royale, et en même temps il lui fallait I retrouver le produit annoncé lors de la constitution de ' son apanage. Une occasion se présenta d'atteindre ce doublebut (i3io}. A demi-ruinéa, comme nous l'avons vu, par toutes les servitudes et les réserves des chasses royales et la multiplication exagérée du gibier, les habitants de Dourdan et de Sainte-Mesme ne manquèrent pas de solliciter de leur nouveau seigneur la modification d'un état de choses qui menaçait d'entraîner leur désertion.

Louis, < la conscience enformée par bonnes gensdignes de foy, meu en

■ pitié, voulant faire grâce au commeun desdites parroisses et enclinér à

■ leur resqueste, et mettre remède convenable parquoy ils puissent

■ vivre paisiblement soubs lui et leurs héritages soustenir et sauver, ■ leur accorda pour toujours la suppression de sa garenne dans ■ leurs

■ terres gaignables, prez, vignes, courtils et en tous les frîsches que ils

■ ont enclos entre leurs vignes et leurs terres gaignables. ■ Eux-mêmes avaient fixé les conditions du contrat. Tous les détenteurs de terres s'engageaient ensemble, chacun en proportion de son exploitation, à payer chaque année au comte et à ses successeurs au châtel de Oourdan, le

jour et f este aux Mors, quatre-vingts livres parisis de rente en deniers. Cette rente était assise et assignée par eux sur tous leurs héritages^ « si « comme il appert estre contenu plus amplement en plusieurs roolles a scellez du scel de la prévosté de Dourdan. » Dans le cas de défaut depaiement, le débiteur a payeroit l'amende telle comme Ton a usé et ac- « coustumé de payer aux lieux dessusdits pour causes de cens non a payé : c'est assavoir cinq sols. »

Ce n'est pas tout : Louis autorisait tous ceux qui paieraient la rente à chasser sur leurs terres, vignes, prés, jardins ou friches toutes les bêtes à pied clos, du lever au coucher du soleil, en se servant de filets, chiens, /Mirons, etc., et en outre leur permettait la nuit de garder leurs terres et de prendre le gibier avec des chiens, des bâtons ou des pieux. S'ils étaient trouvés chassant de nuit avec d'autres engins, ik demeuraient passibles des anciennes peines, et si un habitant d'une autre paroisse était pris chassant sur le territoire, il devait être « mené au chastel « de Dourdan pour ce méfaict, » et le comte et ses successeurs se réservaient de tirer de ce délit vengeance et profit (i).

Désireux de vivre en paix avec tout le monde, Louis voulut aussi terminer un différend qui existait entre lui et le prieur de Saint-Pierre. Celui-ci prétendait avoir quelques droits sur la terre des Murs qui appar- . tenait au comte, sur l'étang et sur quatre étaux de la halle. Louis, pour en finir avec toutes ces prétentions, lui donna des lettres d'amortissement général pour tout le bien de son prieuré.

Il n'oublia sans doute pas non plus les frères de Louye, et c'est à lui qu'il faut attribuer très-probablement cette donation dont il est fait mention dans l'inventaire de la maison en 1696 : « Louys, fils de € roy, donna une rente de bled {2). »

Deux grands procès, deux causes célèbres entre toutes, occupaient alors l'attention du royaume. C'était d'abord le jugement des Templiers, accusés de crimes mystérieux et sanglants. Les États généraux allaient être convoqués à Tours, à cette occasion; on était au mois de mai de Fan i3o8. Une curieuse charte a été conservée, par laquelle Dourdan

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