‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 38 sur 191 · I . Et de ce fet le roi enquiit · texte numérisé non relu

I . Et de ce fet le roi enquiit

Tant et le voir sut, qu^il la fist

Franche délivrer paf' sentence

Dont Ton mena grant joie en France ;

Car partir n*en vot autrement

Que par droit et par jugement.

Si fil à Pkelippe rendue

Qui volontiers Ta recéue ;

Dont encontre li tous venirent

Li royaus, qu^ joie li firent.

Mes ainz que fut fest cest accort

Etait le roy Phelippe mort :

Si ne pot venir contre lui (elle)

Le roy nouviau en lieu de lui

I vint, de Navarraz Loys,

Qui nVtait pas moult esjoys

Et por sa famé et por son père,

Dont il faisait plus mate chière.

Entor Noël fii ce dont parle.

(D. Bouquet, t. XXII, 146, 148.)

2. Dans la continuation de la chronique de Guillaume de Nangis (D. Bouquet.

t. XX. p. 609 D à 610 B) : € .. .Porro etsi Johanna Blanchœ soror, sponsa Philippt

€ comitis Pictavensis, vehementer in casu habita fuerit in princîpio pro suspecta, et à

« viro suo aliquandiù separata et apud Durdactum castrum sub carcerali custodiâ

« reservata, post inquestam nihilominus ob hoc factam à prœdicta suspîcione pur-

€ gâta, inculpabiJis et omnino innoxia in Parlamento Parisius praesentibus comité

€ Valesii et comité Ebroicensi multisque nobilibus aliis judicatur, et sic anno minime

« revoluto reconciliari promeruit comiti sponso suo. » — Le manuscrit 435 met

Dardunum au lieu de Durdactum castrum. Les manuscrits 999 et 4921 A portent

Dordonum. — Le récit de Guillaume de Nangis est reproduit avec cette variante:

Apud Dordanum castrum, par le continuateur de la chronique de Girard de Frachct.

(D. Bouquet, XXI, 41, A.)

DOURDAN SOUS LES COMTES d'ÉVREUX. 5i

presque dans les mêmes termes, cette détention de la princesse Jeanne dans le château qui, sous la plume des copistes^ s'appelle tour à tour : Durdactum, Dardunum^ Dordonum, Dordanum ou Dordan.

Louis d'Evreux laissa trois enfants: l'aîné^ Philippe, eut le comté d'Evreux, et par sa femme, fille de Louis le Hutin, le royaume de Navarre; le cadet, Charles, garda Étampes^ Dourdan, Gien et autres lieux; une fille, Jeanne, épousa son cousin Charles le Bel, et fut reine de France. Charles d'Évreux préféra à Étampes, dont la baronnie fut pour lui érigée en comté ( 1 327), la résidence voisine, et plus modeste pourtant, du château de Dourdan. Attirée sans doute par la pureté de Tair, sa femme Marie d'Espagne, petite-fille de saint Louis, y vint faire ses couches et son fils aîné y reçut le baptême. Dédaignant la fraîche et large vallée d*Étampes, son antique cité, son vieux châtel du bon roi Robert, ses belles églises, son puissant donjon de guinette^ naguère prison de l'infortunée reine Ingelburge, Marie aima mieux la paisible et plus étroite vallée de Dourdan, aux riches versants garnis de vignes et couronnés de grands bois, le manoir aimé de Philippe-Auguste et de saint Louis, le vieux village des Capétiens groupé autour de ses deux paroisses et de sa grosse tour.

Arrivé à ce point de son récit Finté^essant et aimable historien d'Étampes nous jette un regard d'envie, et, parlant des premiers comtes d'Etampes, il dit : « Possesseurs en même temps de la châtelleniedeDour- « dan, ils avaient établi dans cette ville leur résidence habituelle et se plaic saient à la doter de leurs faveurs. Étampes, en quelque sorte veuve « et délaissée, n'avait que de loin en loin une part dans leurs bienc faits (i). 9

Charles ne négligea rien pour agrandir son domaine de Dourdan et lui donner de l'importance. Il acheta des terres, des prés, des maisons, et le trésor des chartes a conservé de tous ces achats des titres qui sont presque tous datés de Dourdan (i 329- 1 333). Nous avons dépouillé avec soin ces actes et, dans une histoire locale comme celle-ci, on nous permettra d'en donner quelques extraits qui rappellent des noms connus ou oubliés dans le pays, indiquent les possesseurs des terres et des censives et fournissent sur l'époque des renseignements toujours précieux.

En i329, Charles achète une maison a qui fut Jehan de Béville, sise a à Dourdan devant le pont dou chastel, tenant d'une part à la méson « Éclin de Buysson et d'autre part à la veuve Drappier (2). »

En mars i33o, il achète « de Denis dou Tertre 9 deux arpents et

Dans Jean de Saint-Victor on lit s c Soror Blanchœ Johanna apud Dordan fiiit diu € detenta, nec ibidem consortium viri sui potuit habere. » Le mot diu n'existe pas dans le manuscrit 3o6. (D. Bouquet, XXI, 658 J.)

X. M. de Mont-Rond, Essai hisior, sur la ville d^ Etampes, tom. Il, p. 3.

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