I . Adonc fut la chose ordonée
Qu*èle fil à Dourdan menée.
Et là fil menée de voir; Mes èle ot tout son estouvonr.
Boire, mangier à son plésir; Mes èle n'ot pas le désir De son seingnor qu*èle voulait Dont malement el se dolait.
A Dourdan demora dedenz La Dame, une pièce et i temps.
Cétait Louis^ le nouveau roi, qui n'avait guère le cœur réjoui en pensant à son père mort et à sa coupable et malheureuse épouse (i). Plus heureux que ses frères, ou plus habile, suivant les sceptiques de l'histoire, Philippe, comte de Poitiers, retrouvait intact son honneur conjugal, conservait la riche dot de sa femme, et la belle Jeanne ne tardait pas à s'asseoir à ses côtés sur le trône de France. Le roi Louis, en effet, succombait, jeune encore, à son farouche chagrin. Quant à Tinfortunée Marguerite, en dépit de son touchant repentir, une impitoyable vengeance Tavait poursuivie jusque dans son cachot, et elle était morte étranglée. La pauvre petite Blanche s'était lentement éteinte derrière les grilles d'un cloître, oubliée de Charles, qui épousait la comtesse d'Évreux.
Le nom de Dourdan dut être alors dans toutes les bouches. La France suivit avec une curiosité émue ce grand procès où se jugeait l'honneur de trois reines. Pendant une année, les regards durent être fixés sur ce donjon fermé qui cachait une grande coupable ou une innocente victime ; et toutes les histoires du temps (2) sont d*accord pour enregistrer,