‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 4 sur 191 · IV AU LECTEUR · texte numérisé non relu

IV AU LECTEUR

des souvenirs. Quant aux erreurs, aux lacunes qui peuvent subsister dans ce long travail, nous en demandons pardon au lecteur^ et nous le prions d'ajouter à nos recherches ce qu'il sait ou ce quil apprendra.

Nous souhaitons que les éruditsqui voudront bien nous lire, trouvent dans cette Chronique locale d'une petite ville d'Élection quelques observations, quelques faits intéressants pour leur œuvre de généralisation et de synthèse qui est tout r avenir de la science historique. Nous serons heureux si nous avons pu révéler à des amis du passé plu-sieurs vçstiges qu'ils ignorent. Nous serions plus heureux encore s'il nous était donné de laisser entrevoir à certaines personnes de loisir le puissant intérêt qui s'attache, malgré le labeur, à l'étude, quelle qu'elle soit, du moindre coin de la terre natale.

On nous permettra d'inscrire en tête de notre Chronique de Dourdan un nom qui nous est cher à bien des titres, celui de r homme excellent auquel nous avons la douleur de ne pouvoir dédier ce livre. C'est à M. Amédée Guenée que Dourdan doit la conservation de son vieux château; c'est à lui que nous devons l'inspiration de notre travail. Que nos efforts soient au moins un reconnaissant hommage à son souvenir!

Nos chers concitoyens, les dévoués administrateurs de notre ville, voudront bien agréer T offre que nous leur faisons de ce tableau de leur histoire. Nous n'avons point ménagé les détails, car on aime à tout retrouver dans un portrait. Nous espérons qu'ils liront, sans trop d'ennui, certains développements un peu techniques, qu'on ne peut omettre aujourd'hui. Nous souhaitons qu'ils éprouvent quelque plaisir à savoir en détail tout ce qu'ont fait, vu ou souffert leurs pères, tout ce que vaut le passé, S où naît le présent et d'où sort Pavenir. Nous sommes sûr qu'en connaissant mieux leur vieille cité, ils ne pourront que V aimer davantage.

Joseph Guyot.

Dourdan, iS août i86(i.

ARTi de Paris pour aller à Tours, le voyageur qui suit la ligne du chemin de fer d'Orléans, après aToir côtoyé la Seine jusqu'à Athis, rencontre un modeste affluent. Quittant alors le grand fleuve, il s'engage sur la droite dans une vallée pleine de fraîcheur, où coule la riviëre d'Orge, que bordent de charmants villages : Juvisy , Savigny- sur- Orge, Epinay-sur-Orge, Viliiers-sur-Orge, Longpont, et au sommet du coteau qui domine Saint-Michel, la tour de Montlhéry commandant le passage. C'est là que, naguère encore, emporté sur la gauche par le chemin de fer, dans la direction d'Étampes et de la Beauce, le voyageur quittait à regret la vallée de l'Orge. Aujourd'hui, sans allonger sa route, il peut, grâce à l'embranchement de Brétigny et â la nouvelle ligne de Tours par Châteaudun et Vendôme, remonter jusqu'au bout le cours pittoresque de l'affluent de la Seine le plus voisin de Paris et jusqu'ici le moins connu. Arpajon, Breuillet, Saint-Chéron, que les artistes ont su depuis longtemps découvrir, sont les premières stations de cette ligne nouvelle. La quatrième est Dourdan, l'ancienne capitale du Hurepoix, où nous conduisons nos lecteurs.

Situé à 5i kil, de Paris, à 3/ kil. de Versailles, à 21 kil. 6 de Rambouillet, à 16 kil. 9 d'Étampes et à 44 kil. 3 de Chartres, Dourdan, ville de trois mille âmes, du département de 5eine-et-Oise, de l'arrondissement de Rambouillet, chef-lieu de deux cantons qui portent son nom, s'élève

à mi-côte sur le versant de la vallée exposé au midi , dominé par les grands clochers de son église et le donjon de son vieux château. Presque circulaire, contenue dans une enceinte de murailles fortifiées^ prolongée seulement par quelques faubourgs, bordée plutôt cfue traversée dans sa partie inférieure par la rivière d'Orge, la ville est coupée dans le sens de sa longueur par deux voies principales, qui relient ses quatre portes et auxquelles toutes les autres rues viennent aboutir. Uéglise, le château, la place de la halle, occupent le centre. La rivière, qui prend sa source à deux lieues de là, au village de Bretencourt, forme en se divisant une sorte d'île au pied des murailles de* Dourdan. A Test et à l'ouest s'étendent des prairies qui étaient autrefois des étangs ; sur les pentes, jadis cultivées en vigries, les champs s'étagent et rejoignent la plaine. Au nord la forêt de Dourdan, au sud-ouest les bois de Louye couronnent de verdure la cime des coteaux et complètent un paysage dont la variété, Tharmonie et le calme intéressent l'œil en le reposant.

Urapiorum felix regio, « l'heureux pays de Hurepoix (i), » disaient les anciens géographes en parlant de la province à laquelle ils donnaient Dourdan pour capitale; et à leurs yeux cette contrée oCi s'entremêlaient bois, prairies, moissons, vignes et vergers, était un contraste, un dédommagement créés tout exprès par la nature à côté de la région moins favorisée du Gâtinais, Wastinium^pays des cGastines d sablonneuses ou forestières. Aussi mal défini comme origine que comme étendue, le Hurepoix était ce pagusHuripensiSjHeripensis,Mauripensis ou Morivensis, dans lequel Venait se confondre le Châtrais ou Josas, et dont Dourdan, Chevreuse, Corbeil, la Ferté-Alais, Palaiseau étaient les villes principales (2), tandis que le Gâtinais revendiquait les duchés d'Etampes, de Nemours, le comté de Rochefort et quantité d'autres seigneuries.

Géologiquement, Dourdan appartient encore à la Beauce ; il est situé sur un des anciens rivages de ce grand lac d'eau douce qui expirait tout près de là, dans les sables, au nord et au nord-^st, et dont Timmense bassin se creusait au sud-ouest, rempli jusqu'au bord du sédiment calcaire témoin irrécusable de ses flots disparus.

Aussi loin qu'on peut remonter dans l'histoire, on trouve tout ce vaste espace entre Paris et Orléans couvert de grandes et impénétrables forêts, dont celles de Saint-Germain, Rambouillet, Dourdan, Orléans, Fontainebleau, etc., ne sont que des lambeaux détachés. Au cœur de ces forêts, qui étaient elles-mêmes le cœur de I9 Gaule, les Camutes apparaissent comme les antiques possesseurs du sol. Au temps de César, Thomme avait déjà morcelé par le défrichement et coupé par des voies cette vaste agglomération de bois. La portion qui s'étendait sur les confins de la

1 . Papirius Masson, Description dé la France par les fleuves. — G. Morin, Histi du Gâtinais et du Hurepoix,

2. Guërard, Provinces et Pays de ta France, Annuaire de la Soc. d'hist. de Francei an. 1837.

Beauce et de F Ile-de-France s^appela forêt d'Yveline ou des Yvelines, nom dérivé, dît-on, de l'humidité de son sol (i), et devenu par sa transcription latine VA quilina ou l 'jEqualina sylva des anciennes chartes ( 2) .

Le voisinage des eaux, le cours des rivières ont toujours attiré les hommes et fixé le choix de leur séjour. L'emplacement qu'occupe Dourdan dut tenter^ à ce titre^ les nomades et primitifs habitants de la forêt. L'Orge, se répandant au milieu du vallon élargi^ y formait à la surface du sol^ grâce à l'imperméabilité de couches argileuses, plusieurs grands étangs communiquant au terrain^ dans cet endroit^ une fertilité et une fraîcheur toutes particulières.

La clairière s'agrandit, et les parties défrichées ou desséchées furent peu à peu acquises à la culture. Si l'on nous demande les pièces justificatives de cet âge préhistorique de Dourdan, nous dirons que nous n*en connaissons pas d'autres que la rencontre dans le solde quelques instruments de pierre et silex taillés, dits haches celtiques. Plusieurs de ces instruments se trouvent dans la forét^ aux abords de Dourdan; l'un d'eux, qui nous a été remis l'an dernier, a été découvert à la porte de la ville, enfoncé da plusieurs pieds dans le sol de la prairie, précisément à l'endroit du grand étang ou étang du Roi (3).

La meilleure preuve de l'existence de Dourdan pendant cette antique ^ période serait le nom même de Dourdan. Dans la première syllabe de ce nom, évidemment fort ancien, on a voulu retrouver la racine douVy dor, dur, dru, qui signifierait a eau, rivière » , et s'observe dans tant de noms g^graphiques : Durocasses^ Dordogne, Dordrecht, Durance, etc. (4).

Si ce qu'on appelle l'âge de pierre a laissé à Dourdan quelques vestiges, l'âge de bronze, plus voisin ou au moins mieux connu de nous,

1 * Eve ou ive, c'est-à-dire eau, à cause des sources nombreuses qu'on y rencontrait. Houzé, Signification des noms de lieux, etc.

2. Le nom de foret d* Yveline désigne plus particulièrement aujourd'hui la partie de forêt comprise entre Rambouillet et Sonchamp.

3 . D'autres sont en la possession de M. Aug. Moutié^ président de la Soc. archéol* de Rambouillet. La commission de topographie des Gaules a signalé ces découvertes sur la belle carte qu'elle prépare. *

. 4. D'autre part, le célèbre érudit de Genève, M; Pictet, consulté par nous^ veut bien nous envoyer la note suivante :

« Comme nom de lieu, Dourdan n'est pas isolé: car on trouve un yiDage Dout-dain dans lUe^'et-Vilaine, et un Dordagno en Espagne, entre la Coronne et Santiago ; mais rien de semblable en gaulois, ni chez les Celtes insulaires. Comme nom de rivière, par contre» nous avons le Bourdon, affluent du Tarn, et le Durdan (Seins-Inférieure), affluent à la Manche, et de plus un lac Dordon dans les Hautes-Pyrénées, et ces noms s'expliquent bien par l'irlandais dord, dôrddn^ durdân^ murmure» bourdonnement, du verbe dôrd, bourdonner^ en gallois durddf bruit sourd, murmure, évidemment une onomatopée. Cela ne convient guère pour un nom de lieu, à moins qu'il ne se rattache à celui d'un cours d'eau. Se pourhiit-il que l'Orge {Urbia, Hordea, Orgia), eût été appelée aussi Durdanus ou Durdana? ou qu'elle ait brui notablement en passant à Dourdan? n — Peut-^tre^ en se déversant dans le grand étang.

n'y a pas fourni jusqu'à présent de spécimens caractéristiques comme armes ou ustensiles. Quelques monnaies gauloises (i) ont été toutefois rencontrées dans le sol, et la présence d'habitants sur l'emplacement de Dourdan avant la période romaine paraît un fait incontestable. Si on a pu dire avec quelque vérité que sous tout vieux château se retrouve le sol d'une forteresse romaine, et sous toute forteresse romaine un oppidum gaulois, la situation de Dourdan sur un des points extrêmes de la Carnutie, sa position qui commande une vallée fertile, rélévation naturelle sur laquelle a été bâti son château, suffiraient presque, à priori, pour permettre d'affirmer l'existence d'un établissement antérieur à la conquête.

Quant à la période gallo-romaine, aucune incertitude n'est permise ; les témoins s'en retrouvent tous les jours et nous les indiquerons sommairement.

Des fours à poteries romaines se sont rencontrés dans toutes les parties de la ville, et des monceaux de débris de vases auxquels se sont trouvées mêlées des monnaies romaines ont maintes fois révélé d'une manière évidente l'existence, sous les empereurs, non-seulement d'un centre de population, mais d'un centre de fabrication, pour laquelle d'ailleurs l'argile et le sable de la localité étaient spécialement propres. L'abondance même de ces débris à Dourdan, leur vulgarité, ont été une des raisons du peu d'importance qu'on y a de tout temps attaché sur les lieux, et il est bien regrettable que ces restes n'aient jamais été recueillis, comparés, étudiés. Plusieurs fours anciennement mis à découvert sur le versant de la côte de Liphartont longtemps servi d'abri aux bergers. D'autres, à l'occasion de puits, de fondations, de caves, ont été constatés dans la rue Saint-Pierre, dans la rue de Chartres, dans la rue d'Ktampes, sur la place du Marché, dans la rue des Belles- Femmes, etc.^ et ont disparu sous les constructions ou les pavages qui les recouvrent. L'année dernière, heureusement, un de ces fours a pu être observé dans le terrain du Parterre près de la rueGrousteau, lors des fouilles de la nouvelle gendarmerie. Ce four, avec son massif circulaire, son couloir latéral, n'a pas été détruit, et existe, recouvert seulement de terre et de sable, à l'angle de droite du bâtiment des écuries, dans la cour. Au milieu et aux abords de ce four se trouvait un amas de débris de poteries qui ont été conservés (2).

1 . Une d'entre elles, monnaie de potin, ou cuivre jaune, fait partie de la collection de M. de Saulcy.

2. Plusieurs de ces fragments, rapprochés et recollés^ ont été montrés par nous aux savants antiquaires de la manufacture de Sèvres, MM. Riocreux et Millet, qui les ont examinés avec un grand intérêt. Ces débris, avec d'autres vases entiers^ ou fragments d*ouvrages en terre offerts par plusieurs particuliers, vont former une modeste collection que Tadministration intelligente s'occupe d^ouvrir à la mairie, en invitant la population à y déposer, comme don ou même comme prêt, tout ce qui peut rappeler l'histoire du passé de la ville.

Parmi ces débris, il se trouve plusieurs spécimens des belles poteries rouges brillantes dites samiennes, entre autres deux écuelles ou soucoupes profondes àmascarons représentant des têtes de lion, à fond rugueux et siliceux, destinées au broiement de quelque ingrédient culinaire ou pharmaceutique; — des fragments portant des moulures ornées d'arabesques et une portion de médaillon à personnages ; — un éclat de poterie intérieurement rouge, et glacée par la cuisson d*une belle couleur ardoisée et métallique ; — une petite tête d'enfant en terre grise, fruste mais expressive, destinée à être appliquée comme mascaron, etc.

A côté de ces restes de poteries élégantes existent un grand nombre de débris de poteries communes de toutes les formes, grises^ noires, blanches, à tous les degrés de cuisson, pots renflés, cruches ou bouteilles à une ou deux anses, écuelles ou sébiles, goulots de toutes sortes, bords, fonds ou pieds d*espèces de marmites d'un grand diamètre, etc. ; mais nous avons vainement cherché quelques marques de potier, quelques vestiges de moule. Parmi ces fragments on a trouvé deux moyens bronzes romains, d'une très-belle conservation^ Tun de Néron et Drusus, l'autre de Trajan, qui témoignent des premières années de notre ère. Les monnaies romaines sont d'ailleurs assez fréquentes dans le sol de la ville ; une sorte de cachette dans une maison de la rue Saint- Pierre a fourni jadis un grand nombre de pièces malheureusement dispersées. Parmi celles qu'on a recueillies, ou dont on se souvient, quelques-unes portaient l'effigie de César et d'Auguste, la plupart appartenaient aux Antonins, et les autres dataient de leurs successeurs ou du bas empire. Les tuiles à rebords ne sont pas rares non plus, principalement dans un chantier au nord-est de la ville (i).

La présence des Romains à Dourdan n'a rien qui doive nous surprendre. Admirables stratégistes, ils ne manquaient jamais d'utiliser pour la défense du territoire qu'ils avaientconquis les points déjà fortifiés et reconnus les meilleurs par les indigènes eux-mêmes. Ils transformaient

I. Au moment où nous mettons sous presse, des trouvailles intéressantes viennent d'être faites dans cette région, à Toccasion des fouilles opérées pour les constructions de M. Beaurienne et de M. Gingréau. L*emplacement d'un cimetière gallo-romain a pu être fiïcilement constaté. Douze squelettes au moins, les pieds tournés vers l'orient, ont été trouvés à une faible profondeur. Quelques-uns avaient la tête placée entre deux grosses pierres. Des clous permettent de penser que plusieurs avaient été déposés dans des cercueils. Des débris de poterie étaient mêlés aux terres. Un caveau, à demi effondré, contenait les ossements d'un personnage dont la tombe avait été brisée. Un fragment de moulure ou corniche, des débris d'animaux, le crâne d'un bœuf, de magnifiques tuiles à rebords, une meule à bras, des tessons de poteries, un vase intact en terre rouge fine élégant de forme et décoré d'entailles, le fond d'un autre vase contenant un dépôt vitreux de plusieurs centimètres d'épaisseur, une sorte de chaton en verre, quelques petits bronzes du bas empire, sont les objets les plus intéressants que la fouille de ce caveau ait amenés au jour. Us donnent la date du quatrième siècle environ de' notre ère, et les terres profondément remaniées, les détritus, les pierres enfouies dans le sol attestent un long et ancien établissement.

en station permanente et flanquaient en la rectifiant Tenceinte du poste primitif, et les habitations se multipliaient à Tentour.

Une étude fort curieuse serait celle des substructions qui se sont quelquefois rencontrées dans la ville, principalement aux abords de la place et du château, et dont Tépoquen a jamais été constatée. Une autre étude non moins intéressante serait celle de remplacement d'anciennes villas ou stations romaines qui ont dû exister le long du cours de rOrge^ au-dessus et au-dessous de Dourdan. Sans redescendre jusqu'à Saint-Evroult, où les vestiges romains sont incontestables, il est certain que des fragments de mosaïque et des restes de constructions romaines ont été trouvés au-dessous de Dourdan, près de Roinville, derrière le moulin Poissard. Dans la vallée^ à l'ouest de Dourdan, est le chantier de Châtillon , autrefois le Castillon , qui rappelle évidemment un castellum. Bien que nous ayons une grande répulsion pour les hypothèses, Tantique hostel des Meurs ^ aux portes mêmes de la ville, du côté de Potelet, ne recouvrait-il pas quelque maison des champs antérieure aux barbares ou au moyen âge? Ne pourrait-on pas penser la même chose, en remontant l'Orge, d'un terrain au-dessus de Grillon, près de Ville- Lebrun , oCi des traces de fossés et canaux indiquaient Tenclos d'une habitation ? Un peu plus haut, à Sainte-Mesme , des recherches offriraient un véritable intérêt, à en juger par ce que le hasard a fait découvrir.

Avant d'arriver à Sainte-Mesme, à l'endroit oîi la route de Dourdan tourne à angle droit pour franchir, sur un pont, la rivière, arrêtons-nous à la pièce de terre qui fait suite à la route, dans la direction de Corpeaux, et d'un bout se trouve bordée par le chemin de fer, c'était l'emplacement d'une grande villa romaine. L'attention de Lescornay avait été éveillée, car il rapporte que « joignant le village de Saincte-Mesme (la « prairie néantmoins entre-deux) se trouve un grand champ, dans lequel « (si on fouille un pied et demy) on trouve un lict de chaux et ciment « sur le terrain qui n'est que sable, et sur ce lict du carreau blanc entrea meslé de noir large comme l'ongle, à la mosaïque, qui fait juger qu'en « cet endroit estoit la salle de quelque somptueux palais et que quelque a seigneur de grande qualité y demeuroit ; veu mesme qu'on y trouve « tous les jours des pièces de marbre ouvré, et encore depuis peu « une main fort bien taillée (i)- » Au commencement de ce siècle, quand M. Lebrun, duc de Plaisance et propriétaire de Sainte-Mesme, fit tirer de ce champ des pierres pour l'établissement du chemin de Ville-Lebrun à Dourdan, d'autres mosaïques furent encore retrouvées, avec des marbres et pièces de monnaie d'Antonin, Marc-Aurèle, Constantin, etc. (2).

Page 1