‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 6 sur 191 · Malte-Brun, Hist, de Marcoussis, Paris, 1867, p · texte numérisé non relu

Malte-Brun, Hist, de Marcoussis, Paris, 1867, p

Le roi, c est-à-dire seigneur ou comte Dordanus ou Dordingus, serait donc un des compagnons des rois mérovingiens^ un de ces Francs de la conquête entre lesquels le sol fut partagé, et qui s'établirent^ sans y faire grand changement, dans les villas gallo-romaines. Il est certain qu'on doit voir dans le nom de Dordingus une forme germanique, qui se retrouve d'ailleurs dans les premières traductions latines du nom de Dourdan. Nous avons dressé à ce propos, avec beaucoup de soin, la liste des diverses formes du nom de Dourdan d*après les plus anciens textes, et nous la mettons ici sous les yeux du lecteur.

« Apud viliam Dordingam ou Dordengam^ » an. 956; exChronico Senonensi Sanctae Columbae; D. Bouquet, tom. IX, 41, A.

« Apud Dordingham viliam, » an. 956; Aimoini monachi deGestis Francorum lib. V, cap. xuv ; apud Bouquet.

a Apud Doring^m ^T^diïi. 956 ; Pertz, Monumenta Germaniae, XI, 403.

€ Apud Drodingam viliam, » an. 956 ; ex Chronic. Hugonis Floriacensis; apud Bouquet, VIII, 32 1.

« Dordeneus villa, » an. 956; Chron. de Tabb. de Saint-Victor; id. IX, 44, D.

« Locus quem dicunt Dordingum^ » an. 986 ; Gerberti epistola XCIV ; citée dans D. Bouquet et dans Hadr. de Valois, article Dourdan.

« Apud Dordensium^ » an. 1 120; charte de Louis le Gros citée par le P. Basile Fleureau, barnabite, dans ses « Antiquitez de la ville et du- « ché d'Estampes, » i683, in-4, p. 496; Aim., lib. V, c. ir.

« Apud Dordingtum ; » charte de Louis le Gros tirée d'un cartulaire du prieuré de Longpont, indiquée par André du Chesne à J. de Lescornay, qui Ta citée dans ses « Mémoires de Dourdan, » 1624.

€ Apud Dordinchuniy » cire. an. 1 147; lib. II Chron. Mauriniacensis. D. Bouquet, XII, 71.

« Dordanum^n an, 12 10-1290; chartes latines manuscrites concernant le prieuré de Dourdan, aux archives d'Eure-et-Loir, fonds de Saînt- Chéron; charte de Philippe Auguste (1222), Bibl. imp.,ms. fonds français, n* 9852, 3 (Colbert), fol. 124, verso, etc., etc.

€ Dordannum, t> an. 1284; D. Bouquet, XXII, 458, A.

c Dordan » (Isabellam), an. 1174: Isabelle de Dourdan; cartulaires blancs et rouges de Josaphat, arch. d'Eure-et-Loir, et Gallia christiana, XII, 5i, E.; an. i3i4, Jean de Saint-Victor; ap. Bouquet, XXI, 658, J.

« Dordanty » an. 1257; Bibl. imp., ms. 9653, 5, A. Les continuateurs de D. Bouquet ne savent pas si Ton doit lire « Dordam » ou a Dordain.ii

a Dourdan^ » an. 1266; arch. du Loiret, comté de Dourdan, invent. de Vassal, A, 1384. — An. 1281, arch. d'Eure-et-Loir, fonds de Saint- Chéron, etc., etc.

c Durdactum castrum, » an. 1 3 14; Guil.de Nangis; apud D. Bouquet XX, 609, D.

aDardunum, » idem, dans le ms. n« 435.

lO CHAPITRE I.

« Dordonum^ » idem^ dans les mss. n» 999 et 4921, A. « Dordincum^ » Martyr, univers, de Castellanus ; Acta sanct. « Durdinium, » Dictionnaire de Corneille.

« Durdanum, » Baudrant.

« Dourdenc » est encore une forme que nous nous rappelons avoir vue.

Il est difficile de déguiser sous plus de formes diverses un nom qui reste au fond toujours le même. L'ignorance et parfois les essais de science des copistes, des tabellions ou des clercs, l'influence des différentes races qui ont passé sur le territoire, ont amené ce résultat.

Pour en finir avec le seigneur Dordingus, a-t-il pris en le germanisant le nom primitif de Dourdan, la chose est probable, et ce nom primitif, ce nom vulgaire qui reparaît plus tard serait celui même de Dourdan ou Dordan^ suivant la phrase de « l'autheur célèbre » que cite de Lescornay, « Orgia alluit Dordingam quant vulgà Dordanum incolœ va* cant. »

L'existence, à Dourdan même, d'une bourgade mérovingienne est un fait hors de doute. A supposer que la forteresse romaine ait été alors détruite ou remaniée, Dourdan, à cause de sa position de frontière, dans les divers partages entre les descendants deClovis, dut être doté d'un de ces châteaux que les rois mérovingiens firent construire sur certains points menacés du territoire (i).

La tradition, d'accord en cela avec les probabilités de l'histoire, fait en effet remonter à Contran la fondation d'un château à Dourdan. Dourdan appartenait alors au paysd'ÈtSimpes, pagusStampensis^dont la première mention se trouve, vers cette époque, dans Crégoire de Tours (2). Il en était unedes frontières. Dépendant, comme le territoire d'Étampes et celui de Chartres, du royaume d'Austrasie, Dourdan fut compris dans la transaction de Childebert qui cédait tout ce pays à Contran, roi de Bourgogne (587) ; il eut à subir les désastres et les ravages nés des sanglantes discordes de ces premiers et violents rivaux de la monarchie franque. On a voulu faire de Dourdan le théâtre d'un des chocs de Contran et de Chilpéric, d'après le texte de Crégoire de Tours, qui indique comme lieu de l'action un pont sur l'Orge, Urbiensis pons Parisiacœ cipitatis. Mais Dourdan n'appartenait pas à la civitas Parisiaca, au diocèse de Paris,

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