‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 70 sur 191 · DOMAINE DE DOURDAN · texte numérisé non relu

DOMAINE DE DOURDAN

■ouuE nos lecteurs ont déjà pu s'en apercevoir, le do- 1 maine de Dourdan n'était considérable ni par son éten- I due, ni par son produit. Ce qui donnait à la seigneurie (i) de Dourdan sa véritable importance, c'était la forêt, dont le rapport annuel montait à 25 ou 3o,ooo I livres. Le domaine proprement dit consistait en une foule de petites propriétés et droits dont la gesrion et la perception n'étaient pas toujours fort aisées, et donnèrent souvent quelques soucis à l'administration des ducs d'Orléans. Dans son état estimatif des dépendances du domaine, Mah/j directeur général des domaines du duché d'Orléans, estime, en 1733, celui de Dourdan à la somme totale de 1,875,319 livres {2).

La consistance du domaine de Dourdan, malgré la multiplicité et parfois la mince valeur des articles, offre pourtant une étude de quelque intérêt, parce que ses éléments divers sont les éléments mêmes de la vie locale et permettent de suivre certaines traditions, certains usages et privilèges soigneusement transmis pendant des siècles, et aujourd'hui doublement perdus : déjà comme réalité, bientôt comme souvenir.

I. On > vu que, comme titre, la prévôté, terre et châtellenie de Dourdtn ne Tut décorée du nom de comté qu'au xvii* siècle.

a. Archive* du hoittt.—Iitvaitaire de Vasstli A. 1371.

12$ CHAPITRE Xm.

Consistance et censive du domaine de dourdan (i). — La Ville. — Par suite de concessions ou d'usurpations successives, la ville était loin de dépendre directement, dans son ensemble, comme on pourrait le croire^ des maîtres du domaine. Les droits, les cens y étaient partagés fort inégalement par plusieurs seigneurs des environs, par des personnages ecclésiastiques ou des maisons religieuses, et nous verrons les ducs d'Orléans^ sentant la gène de cette communauté, ou pour mieux dire de cette rivalité d^intéréts, faire tous leurs efforts pour se débarrasser^ par des acquisitions et des échanges, de ce vieux réseau féodal qui les serrait de trop près. Quoi qu'il en soit, par titres bien établis et constatés par terriers^ ils possédaient à Dourdan les droits domaniaux suivants :

Les cens payés à la Saint- Remy par douze maisons de la ville^ sises en face l'Hôtel-Dieu, rue Neuve, rue Saint-Pierre près TEcu-de -France, et par quatre jardins.

Les avoines, dues par les habitants de Dourdan qui ont usage de bois mort dans la forêt, par ceux qui s'abonnent pour y mettre pâturer leurs bétes, et par une maison sise rue des Maillets, près le cimetière.

Les droits des halles : droit de Coutume.— Ferme du hallage à blé, qui se lèvesur ceux qui ne paient pas de coutume. — Fermedu revendage. — Ferme du droit de minage. — Droit de placage d'un sol sur chaque septiçr de blé vendu dans le marché et dans la ville, et 6 deniers sur chaque septier de menus grains (2). — Droit du poids le roi et des petites mesures. —Droit d'étal sur Sétaux de tannerie, 8 étaux de cordonnerie, 8 de bonneterie, 12 de draperie, 9 de mercerie, 26 de boucherie, 7 de poissonnerie, i3 de poterie d'étain, boulangerie et autres étalages des marchands forains. — Location <Ies caves des halles. {Comptes de 1646.)

La ferme du Rouage de la ville et châtellenie, avec celui des Granges (3).

La ferme des exploits, amendes et défauts des bailliage et prévôté de Dourdan, jusqu'à 60 sols et au-dessous.

Le scel et escripture de la ville et châtellenie.

Le change de ladite prévôté.

Les conciergeries et geôles des prisons.

Les cens à prendre sur les fours à cuire pains et pots de terre.

1. Comptes du domaine. — Archives de TEmpire, Q. i5i4. —Mémoire manuscrit ayant appartenu à M. de Fourqueux, procureur général de la chambre des Comptes. Bibl. de TArsenal. Histoire de France, 348. -Mémoires des Intendants, etc.

2. Le fermier du domaine, Pierre Félix, en 178 1, eut à ce propos de violents débats avec la fabrique de l'église Saint-Germain qui, par don royal et possession immémoriale, jouissait du droit de mesurage des grains ; sous prétexte de réunir les droits de mesurage à ceux de placage, il assigna les marguîUiers, usa de force et de ruse, et égara un instant la justice du duc d'Orléans.

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