‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 93 sur 191 · Cette maison a disparu il 7 a deux ans · texte numérisé non relu

Cette maison a disparu il 7 a deux ans

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fice pour payer au propriétaire du Loup la dépense des brocs de vin bus à la santé du bon Henri IV.

Le Loup est flanqué du Petit-Loup y sa succursale. —Au bout de la rue du Moulin-du-Roi est Tabreuvoir ou la Fosse aux Chenaux, les Lavoirs ob, du lever au coucher du soleil, on entend les battoirs et les langues des commères. La rivière vient de Potelet et passe sous les murs de la ville, et par l'ouverture du Petit Huis flanqué de sa tourelle, notre œil plonge sur les prés de l'Étang du Roy, la Pépinière Royale (i)^ la terre des MurSj Potelet et les pentes de ^onniveau.

Au-dessus de l'abreuvoir monte à pic la rue des Belles-Femmes, Le nom laisse deviner la chose. Dans presque toutes les villes à vieux château et à garnison, on retrouve derrière les fossés de la forteresse une rue des Belles-Femmes, oti écuyers , lansquenets et archers venaient oublier la ronde ou le guet.

La rue de la Vieille-Geôle (2) nous ramène aux Quatre-Coins. Près des anciens cachots oti gémissaient les pauvres diables , est le carrefour des buveurs et des routiers. A gauche, la rue de la Geôle, d'où nous sortons ; à droite, lame Haute-Foulerie^ qui remonte vers l'église; derrière nous, la rue de la Basse-Foulerie; devant, la rue Motte-Gagnée qui rampe, parallèlement à la rue des Belles-Femmes, sur la pente rapide de . la Motte au sommet de laquelle le château est assis, et la rue des Fossés oti Ton monte comme à Tescalade par de grands degrés disjoints. Les Quaire-Coins ont tout naturellement leurs auberges. Elles se regardent face à face aux deux encoignures de la rue de la Geôle: d'un côté le Cheval Blanpj de l'autre le Duc d'Orléans^ qui couvre l'emplacement de trois maisons et sort sur la rue Motte^Gagnée. On ne parle plus de l'ancienne auberge des Quatre Vents,

Terminons notre tournée dans la ville basse et rejoignons l'église, notre rendez-vous , par la rue Haute-Foulerie. Les appréteurs de bas ont là des magasins et des métiers et font le samedi leurs affaires au Lion cTOr^ dont l'enseigne pend à côté d'une antique maison de sévère apparence

i.En 1723, par ordre de M. de Bouville, intendant, M. Boucher, subdélégué de Dourdan, choisit pour remplacement d'unie pépinière royale un terrain sablonneux, à l'est de la viile^ appartenant à l'hospice. On y planta des ormes, tilleuls, hêtres, pommiers, poiriers, noyers et amandiers, au nombre de i5,ooo. En 1728, plus de la moitié des arbres avaient péri. En 1735, la pépinière fut transportée entre Dourdan et Potelet, dans un terrain dépendant du domaine. L'orme seul y réussit réellement ; on en comptait 23,400 pieds en 1746. Mais, en dépit du but de la création, qui était de garnir d'arbres les grands chemins, la plus grande partie du plant était livrée aux riches particuliers des environs, prince de Montauban, marquis de Magny, baron de Gauville, comte de Verteillac, etc. — L*administration supérieure s'entêta à imire à Dourdan d'infructueux essais de mûriers blancs. Le jardinier recevait 240 livres. Le terrain de 2 arpents était loué 3o livres au domaine.

, 2. Rue de la Geôle (1640), de la Vieille-Geôle (1690), aujourd'hui de VAhretofoir^

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aux assises de grès et au portail cintré (i). Le jardin va jusqu'aux remparts, coupé par une ruelle qui permet aux habitants delà rue Basse- Foulerie de venir puiser de Feau à la fontaine Saint-Germain. La rue se resserre en arrivant à l'église, la taverne de la Pomme de Pin s'ouvre en face du portail et les chantres s'y rafraîchissent en passant. Nous sommes revenus au point de départ , devant la porte du château ; c*est maintenant le tour de la ville haute.

La rue de Chartres commence aux halles et mène à la porte de Chartres. C'est, avec la rue Saint-Pierre dont elle est le prolongement, la grande rue de Dourdan, celle des magasins achalandés et des étalages du samedi. La proximité du marché a engagé les hôteliers à s'établir sur son parcours. Que nos lecteurs ne se scandalisent pas d'entendre toujours parler d'auberges. L'auberge est un centre de vie, de mouvement, d'activité commerciale ou politique. Il s'y échange des nouvelleset des produits. Si les braves cultivateurs et artisans y boivent un peu trop du vin des vignobles de Dourdan, ils y font en revanche beaucoup d'affaires, et d'ailleurs les chemins de Beauce sont si mauvaisqu'il est souvent impossible de repartir le soir et qu'il faut nécessairement coucher à la ville, bétes et gens (2). Près de l'hospice, en face des halles, la Fille qui perd son temps a, depuis un siècle déjà^ retiré son enseigne, mais tout à côté la maison de la Grille^ où pendait, au xv« siècle^ Y Image sainte Barbe, continue à recevoir sa bruyante clientèle. Là/ de tout temps , ont logé les Limousins, les bateleurs, meneurs d'ours et marchands de chansons, et la Grille^ avec ses charpentes apparentes décorées de moulures^ son portail cintré, ses quatre corps de logis ayant sortie sur la rue Trifouillet et la ruelle du Saint-Esprit, est une sorte de caravansérail où la maréchaussée a eu quelquefois affaire (3). Peu après, YEcu et la Pie dont la cour seule subsiste, forment un dédale de ruelles et d'allées courantes qui rejoignent la rue Neuve,

Au coin de la rue du Bon-Saint-Germain et de la rue de Chartres, en face du boulevard du Château à l'angle duquel voltige lePotd'Étain au-dessus d'une treille bien palissée, le Croissant ouvre sa grande porte et sa cour étroite aux voyageurs bourgeois. La salle basse est assez

1. Maison de la pension.— Très-anciennement auberge des Trois Maures; déclarée au terrier de ib3y par la famille Sédillon, elle a appartenu à messire Pelault, à/ean- Raphaâl Curé, lieutenant des eaux et forets; à Jean-Louis Pommier, ingénieur du roi. Elle était occupée, à la fin du XYiiie siècle, par M. Sébillon, maître de pension. C'est aujourd'hui un pensionnat de demoiselles.

2. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'évoquant ici les souvenirs du passé, nous n'entendons pas dire que toutes ces maisons aient existé à la fois,

3. Tenue à rente au xvii« siècle par la famille Houssu de noble homme Nicolas Boitety la maison de la Grille fut donnée en 1741, par les dames Qigé, à l'hospice, qui l'engagea peu après par bail emphytéotique. C'est aujourd'hui un beau magasin de nouveautés, tenu par M. Hattier.

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sombre. Une porte voûtée comme celle d'une crypte donne entrée dans de vieilles caves ; on parle de souterrains qui rejoignent le château. Messieurs les prédicateurs, quand ils ne logeaient pas au presbytère, aimaient assez cet asile austère et c'est au maître du Croissant que les marguilliers payaient la dépense faite par les bons pères Cordeliers, venus pour prêcher TAvent et le Carême de iSgi dans l'église nouvellement réparée (i).

Vis-à-vis des fossés du château que borde la rue de Chartres, les Trois Maures (2) attirent les yeux par leur enseigne voyante et leurs trois nègres aux turbans fantastiques^ et on se souvient à peine des Papegaux (ou perroquets) qui, eux aussi , une ou deux portes plus loin^ avaient une belle image au xiv* siècle. La rue Tirard ou à Tirard nous remet en mémoire le receveur du domaine de Dourdan, qui a lui donné son nom sous François I". Juste en face de la grosse tour^ la maison de la Souche (3) avait d'immenses dépendances^ et le puits de la Souche, sur le bord de la rue, alimente encore d*eau ce quartier qui sans lui en manquerait. La rue tourne, comme le fossé, autour du donjon, et sur la gauche^ la rue des Fossés y la ru^ Motte-Gagnée et la rue des Belles- Femmes^ dont nous retrouvons Tautre bout, descendent dans la ville basse. L'hôtel de messieurs Roger, lieutenants-généraux du bailliage, fait à la fois le coin de la rue Motte-Gagnée et celui de la rue des Belles- Femmes (4). Leur tranquille demeure, à grande porte cochère toujours fermée, a remplacé l'ancienne hôtellerie du Cygne, et maître René Bufiy remplace, lui aussi, tout près de là^ à la porte de Chartres^ la taverne du Héron^ ce rendee-vous des pages et des fauconniers, quand ils rentraient de la chasse des étangs du roi • Des maisons de bonne apparence bordent le côté droit; et cette partie haute de la rue de Chartres est généralement habitée par la bourgeoisie.

Immédiatement avant la porte de Chartres^ à Fendroit du marché aux CochonSy la rue Neuve j ainsi appelée depuis plusieurs siècles, nous ramènerait, en tournant^ dans la direction d'oti nous venons ; car, parallèle à la rue de Chartres, elle sert de débouché aux rues Tirard, du Bon- Saint-Germain, du Trou-Salé et au jardin de Thospice. Ne nous y engageons donc pas^ car nous voulons sortir par la porte de Chartres. Au surplus, nous aurions peu de chose à voir dans la rue Neuve. A Texception

t. Déclarée au terrier de xSBy par Robert de Fortmanoir, lenue en 1781 par Jeanne Yvon, la maison du Croissant est peut-être la seule qui ait conservé son nom et sa destination. Récemment reconstruite, c'est aujourd'hui un fort bel hôtel.

2. Propriété d*01Uvier Guerton en 1668 et des Decescaud au xviii* siècle.— Antoine Roussin, hôtelier en 1687.

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