Aujourd'hui hôtel de Lyon. ~ Le puits a conservé son nom
4. Occupé sous Tempire par les messageries et la poste aux chevaux, devenu pensionnat de mademoiselle Lequeux, aujourd'hui habitation et étude de M. Curot, notaire.
LA VILLE. l85
de Vkôtel de Groslieu avec son escalier en tourelle que possède Thospice, et la grande habitation avec jardin du seigneur de Grateloup^ au commencement du xvn* siècle, ce sont des maisons sans histoire, de petites fermes^ dont les propriétaires ont obtenu, pour quelques deniers de cens, une sortie sur les remparts.
En dehors de la porte de Chartres s'ouvre le quartier des Maillets et la route de Saint- Amoult, qui se confond d* abord avec la rue du Faubourgs de-Chartres. Une croix se dresse au milieu du chemin. Construit dans un terrain triangulaire, à la sortie de la ville, le cimetière Saint-Germain a remplacé depuis trois siècles l'ancien cimetière qui existait jadis sur la place de TÉglise. Il est devenu lui-même trop restreint pour la population (i). Des deux côtés de la porte de Chartres, les murailles de la ville, régulièrement flanquées de tourelles et naguère bordéesde fossés, forment autour de Dourdan une imposante ceinture. A gauche, les remparts s'inclinent avec le terrain jusqu'à la rivière. A droite, ils se prolongent sur un sol nivelé et sans autre interruption, de la porte de Chartres à la porte Saint-Pierre, qu'une ouverture dans l'axe de la rue Croix-Ferras ou Ferrai:{e^ à l'endroit de la Tourelle carrée.
La croix Ferrai\e ou de fer (crux /errata) s'élevait jadis au milieu de la rue dans une sorte de carrefour, et une rue tendant derrière les remparts longeait au dedans de l'enceinte le chemin de ronde.
C*est à Toccasion de messieurs les joueurs de paume que la ville a commencé à combler ses fossés et à les convertir en promenades. La longue paume a été de temps immémorial le jeu favori des Dourdanais. Un grand nombre de parties de paume s'organisaient tous les dimanches. Chaque quartier, presque chaque rue avait la sienne. Les passants se plaignaient; atteints par les balles, plusieurs d'entre eux avaient été blessés, sans compter les accidents aux vitres des Voisins que tout le monde n'a pas le droit de casser ou de faire treillager comme Louis XIII. Monseigneur le duc d'Orléans, prié à cet effet, a octroyé aux joueurs, en 1742, une portion des fossés de la ville, depuis la porte Saint-Pierre jusqu'à la tourelle carrée, avec la permission de les combler et d'y installer leur jeu. M. de Verteillac, gouverneur de la ville, a donné avec une grande bienveillance un morceau de terre qui lui appartenait pour élargir l'espace. Un nouvel élan s'est emparé des joueurs; de savantes parties, des défis entre les jeunes gens de Dourdan et ceux des villes voisines attirent très-souvent après vêpres une foule de spectateurs, et les anciens du pays ne manquent pas de venir juger et applaudir les coups.
Une rangée d'arbres plantée au nord du jeu de paume en dessine l'enceinte et les habitants charmés de cette promenade ont imaginé de rétendre. Les plus riches bourgeois se sont cotisés, et avec^ l'autorisa-
I . Le cimetière actuel, transporté à mi<dte de la butte de Liphard, beaucoup plus loin de la ville, date de 1792. D*abord enclos de fossés, il a été muré en 1812.
l86 CHAPITRE XY.
tion de Son Altesse Sérénissime , ont fait combler à leurs frais tout le fossé de la vîUe, depuis la tourelle carrée jusqu'à la porte de Chartres, et planter sur ce nouveau boulevard une double rangée d'ormes. C'est à M. Fougerange, conseiller du roi, grenetier de la gabelle et lieutenant particulier du bailliage, que l'on doit ce précieux embellissement. C'est lui qui a été le dépositaire et le dispensateur des fonds et qui s'est donné une peine infinie pour faire achever le travail dans Tannée 1747.
Au midi du jeu de paume, à l'intérieur des murailles, est l'emplacement du champ défaire de Saint-Félicien^ où se presse au mois de septembre un immense concours d'étrangers. En face, dans le Champtier de la Tourelle Carrée^ on a transporté le cimetière de Saint-Pierre. En échange de l'ancien, M. de VerteîUac a donné et fait enclore de murs ce nouveau terrain (i). — Non loin de là, au milieu du chemin qui mène à Roinville, est la Croix-Rouge^ ombragée d'arbres, et, en remontant au nord, dans les champs, la ruelle aux Moines et le Champtier de la Justice, lieu maudit oti se dressaient les fourches patibulaires et s'exécutaient les sentences de la prévôté.
Les dépendances du Parterre, la belle propriété de M. Lévy acquise par M. de Verteillac, ont pris la place de la rue des bordes ^ qui menait à la Croix-Rouge, et dont les bordes ou petites maisons couvertes de roseaux s'étaient échelonnées à la sortie de la ville et étaient devenues des lieux mal famés. La grille du parc touche à la porte Saint-Pierre ou de Paris, Deux tourelles (2) défendent cette entrée de la ville dont les remparts, enclavés dans la terrasse du parterre, ne reparaissent plus qu'au faubourg Grousteau, qui a perdu sa communication avec la rue des Bordes. La rue Haute-Saint-Pierre longe la maison de M. Lévy, où nous ramènerons plus tard nos lecteurs, dt aboutit devant Saint-Pierre. La vieille église est en assez mauvais état. Son unique clocher, bâti audessus du chœur, souvent ébranlé par la foudre, inspire au quartier quelques inquiétudes. Son chevet est engagé dans les bâtiments de M. de Verteillac et sa sacristie est une matière à procès. La pointe de terrain qui formait l'antique cimetière a été débarrassée d'une partie de ses tombes et plantée d'ormes. Le sol, lentement exhaussé par les débris des générations humaines, avait monté plus haut que les murs qui le soutenaient, et sa ceinture trop étroite menaçait de se rompre sous la pression des terres amoncelées. M. de Verteillac en a profité pour éloigner de ses fenêtres ce voisinage qui l'attristait.
Attenant à l'église et debout sur un terre-plein qui domine la rue adjacente s'élève le Prieuré. C'est une demeure modeste avec petit jardin; mais comme le prieur de Saint-Pierre est à la fois seigneur temporel et
1. De 120 pieds de long sur 24 de large. — Contrat du 3 mai 1764. — Le cimetière Saint-Pierre a disparu avec la paroisse et fait aujourd'hui partie du parc de M.Mothu.