VAISSEAU DE L'ÉGLISE
*IEN qu'endommage par les siècles et les assauts qu'il a subis , ce vaisseau, par sa date, son aspect, ses proportions, Tintérét architectural ou historique de plusieurs de ses parties, Tintérêt actuel de sa restauration , mérite une description spéciale et méthodique qui ne paraîtra, nous Tespérons, ni trop longue ni trop aride au lecteur.
Dispositions GENERALES. — LeplandeTéglise Saint-Germain a la forme d'un parallélogramme. Deux tours, terminées par des flèches en charpente recouverte d'ardoise, s'élèvent sur sa façade occidentale. Une troisième flèche se dresse sur le milieu du comble, au-dessus de la grande croisée. La porte principale s'ouvre dans la façade entre les deux tours. Une autre porte donne accès sur le côté que borde la place. Contre la face qui regarde le midi, s'appuient le presbytère et la sacristie. Une chapelle de la Vierge, ajoutée au xvii' siècle à l'extrémité orientale,
I. Le classement des archives de l'église, que nous avons entrepris, n*étant pas achevé, nous regrettons de ne pouvoir, pour les détails contenus dans ce chapitre, renvoyer aux pièces par les numéros d'ordre d'un inventaire régulier.
a. Nous devons toute la partie technique de ce paragraphe à Tobligeance de M. Queyron, inspecteur général des travaux de Notre-Dame de Paris» l'habile restaurateur de notre église, qui a bien voulu nous donner, sur le vaisseau de Saint- Germain, des notes et des explications savantes et détaillées.
IQ2 CHAPITRE XVI.
forme le chevet. La longueur intérieure entre murs, qui n'était primitivement que de 36 mètres environ, a été portée par Taddition d'une travée et de la chapelle du fond à 5o™. dans œuvre; la largeur est de 1 7^70; la hauteur totale, du sol de Téglise au-dessus du faîtage^ est de 24*55 ; la hauteur sous clef de 18^70.
Composée de trois nefs, une nef principale et deux autres nefs plus petites, Téglise Saint-Germain se terminait autrefois par un pignon percé d'une grande fenêtre et était dépourvue de chapelles latérales. Commencée vers la fin du xii« siècle^ sans doute à l'époque oti Tabbaye de Saint-Chéron en prit possession, continuée pendant le xni* siècle, elle fut détruite en partie vers les premières années du xv' par Salisbury (1428), à la suite du siège terrible que connaissent nos lecteurs. Reconstruite vers la fin du même siècle ; décorée, sans doute par Tamiral de Graville, au commencement du xvi* siècle ; mutilée encore et de nouveau réparée vers 1 591, à la suite des désordres de la Ligue, elle a perdu son premier aspect. Les parties basses du côté de Tentrée , les bas-côtés en partie, la travée de la grande croisée et les deux travées à la suite, sont tout ce qui reste de la construction primitive. Les deux tours à clocher, toute la partie haute auprès de ces tours , voûtes et croisées, datent du xv* siècle, époque de la construction des chapelles.
Façade occidentale. — Elle peut se diviser en trois parties : le pignon central et les deux tours qui l'accompagnent. Cette façade a un développement de 22 mètres.
La tour du nord, dont les angles sont dissimulés par des contreforts se retraitant en montant à l'aide d'un glacis à larmier^ est construite sur les assises de l'ancienne. Sa base est percée d'une fenêtre ogivale éclairant la première travée de la nef. Au-dessus se voient les restes d'une niche dont le soubassement portait un écusson accosté d'ornements, accompagnée de trois autres niches avec colonnettes, pignons à crochets et pyramidions. Cette tour contenait à chacun de ses deux étages une salle dont les voûtes en ogive ont été remplacées par des planchers. Le deuxième étage, qui renferme la curieuse sonnerie de l'horloge (1) et les cloches, est percé sur les quatres faces d'une fenêtre géminée en o^ve garnie d'abat-sons. La tour se termine, entre les contreforts, par une corniche moulurée, dont la balustrade de pierre à jour est aujourd'hui détruite. Aux quatre angles s'élèvent des pyramidions en encorbellement traversés au milieu par une gargouille horizontale, ornés de moulures et bêtes sculptées à la base et de feuillages sur les arêtes hautes. Audessus de cette plate-forme s'élève un socle carré sur lequel repose la base de la flèche également carrée , surmontée d'une lanterne octogonale ajourée sur chacune de ses faces et terminée par une aiguille à épi. La charpente de cette flèche, quoique remaniée^ est belle à cause de la dis-