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(Ml elTel, envoyée au Due, mais celui-ci, vivenienl alTecté de la mort de son (ils lavori, se senlanl, d'ailleurs, âgé et hors du monde, a prié le Roi de la donnera quelqu'un qui pouirail se montrer plus souvent à ses yeux et qui serait plus utile à son service. On suppose qu'elle ira au duc de Norfolk ; mais il est catholique, et ce serait le premier exemple de cette grâce donnée à un dissident religieux.
Un rude coup vient de frapper le duc de Wellington, au milieu des soucis multipliés de chef de l'opposition : Mme Arbuthnot, femme d'esprit et de sens, discrète et dévouée, amie fidèle du Duc, vient de mourir en peu de jours d'une maladie vive. Elle était dans toute la force de l'âge et d'une santé jusque-là très robuste. Le Duc a donc perdu, dans la même semaine, lord Bathurst, son plus ancien ami, et Mme Arbuthnot, sa confidente, sa consolation, son home! Les morts, les départs rendent Londres bien triste en ce moment; tout le monde a la mine longue et déconfite ; on est consterné de cette mauvaise veine, qui fait que chaque jour est marqué par une catastrophe.
Londrefi, 5 août \ 834. — Dom Miguel a, décidément, signé sa protestation. Le duc d'Alcudia et M. de Lavradio sont près de lui ; ils se disposent tous à venir rejoindre don Carlos, au moindre succès de celui-ci.
Lady Holland et lady Cowper font tous leurs efforts pour que M. de Talleyrand et lord Palmerston se quittent sur de bons termes. Je comprends que les amis de celui-ci le désirent, et qu'il leur importe, d'une part, que l'on ne puisse pas s'en prendre aux inconvénients personnels de I. 14
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lord Palmerston de la dispersion totale du liant Corps diplomatique, et que, de Tautre, le mauvais renom du ministère anglais dans toute l'Europe ne soit pas fortifié du langage de M. de Talleyrand sur lui à Paris. On arrivera, en effet, à faire qu'ils se quitteront poliment, sans éclat, sans rupture; mais il est impossible qu'un levain qui fermente depuis si longtemps, ne laisse pas un germe de mal-être, d'embarras et de rancune. AI. de Talleyrand ne saurait oublier qu'il a été traité légèrement par plus jeune et moins capable que hii. Lord Palmerston, umins impertinent, peut-être, dans les formes, s'en vengerait sur le fond des cboses, etd'autantplusaisément que l'âge et la paresse de M. de Talleyrand le rendraient, cbaque jour, plus facile à entraîner dans de fausses démarches. Rien ne serait donc plus mal avisé que de se remettre en présence, et malgré tous les souvenirs si doux et si satisfaisants qui m'attachent à l'Angleterre, j'avoue que j'éprouverai, à l'égard de M. de Talleyrand, un soulagement véritable à le voir hors des affaires publiques.
Londres, 6 août 1834. — C'est décidément le duc de Norfolk qui a la Jarretière.
L'Espagne demande des articles additionnels au Traité du 22 avril, dit de la « Quadruple Alliance » . Elle demande à l'Angleterre des vaisseaux en croisière sur les côtes de la Biscaye; au Portugal, un corps d'armée; à la France, de l'argent, des munitions, des troupes sur la frontière française;'et à ses alliés réunis, l'appui moral d'une déclaration favorable à la cause de la Régence, et qui étendrait et
expliquerait plus amplement le but du premier Traité.
L'incertitude et l'ignorance prolongée des mouvements de Rodil inquiètent sur ses succès, et on attribue à l'alarme qui en résulte la baisse des fonds à Paris, les malheurs particuliers qui en sont résultés et qui ont amené de sinistres catastrophes. Les Rothschild, qui avaient inondé l'Europe d'effets espagnols, et qui en étaient restés euxmêmes assez encombrés, sont de très mauvaise humeur et prodigieusement inquiets.
Il y a des gens d'esprit qui prétendent que le grand danger pour la Régente n'est pas dans don Carlos, mais dans le parti dit du mouvement. On est bien disposé à se ranger à cette opinion quand on songe à l'horrible propos tenu par Romero Alpuende, qui appelait les massacres du 17 juillet à Madrid : « Un léger soulagement patriotique. »
Londre.s, 8 août 1834. — Rodil paraît avoir obtenu, décidément, un succès très marqué sur toute la ligue des carlistes. Dans une guerre régulière cela pourrait mettre fin à la lutte, mais dans une guerre civile les règles communes ne s'appliquent plus et ce qu'on croit anéanti aujourd'hui reparaît demain.
M. de Talleyrand a pris congé du Roi avant-hier. Le Roi a été gracieux pour lui et pour moi, regrettant qu'en l'absence de la Reine, sa vie de garçon l'empêchât de m'engager à aller à Windsor où il aurait été charmé de me voir avant mon départ. Ceci est plus obligeant qu'exact, car la princesse Auguste fait les honneurs du château, des
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(lames y sont inviloos, entre autres lad^ (Jrey et sa lille; mais enfin la rédaction est gracieuse et, dans le monde, c'est tout ce qu'on peut exiger.
Le Roi a beaucoup dit encoïc que les afl'aiies étaient bien sérieuses et les cartes bien uwMées, ce à quoi M. de Talleyrand a répondu : « Quant à uous, Sire, nous jouons nos caries sur la table de Votre Majesté. »
Londres, \) août 1834. — Je ne connais rien de si embarrassant pour des maîtres de maison que l'hostilité montrée et rapprocbée des convives entre eux. Le Chancelier, auquel nous espérions avoir échappé, nous est arrivé hier au dessert. 11 a prolongé notre dîner en mangeant fort à son aise et avec sa saleté ordinaire ; il parlait en mangeant, touchant à tous les sujets, comme à tous les plats, sans arrêt, sans délicatesse. Nous eu souffrions, surtout pour lord et lady Grey. Enfin il nous a mis tous bien mal à l'aise et a augmenté, s'il est possible, uion dégoût et mon mépris pour lui.
Lord John Russell, qui dînait chez nous, est aussi un petit radical, mais, du moins, il a toutes les habitudes de bon goût et de bonne grâce qui distinguent son père.
A propos de popularité et des frais qu'il est convenable que les grands seigneurs fassent pour les classes secondaires de la société, lord John me disait, hier, que rien ne pouvait vaincre la répugnance du duc de Bedford pour le petit monde de son entourage, et qu'un jour l'intendant du Duc lui ayant demandé d'inviter ce monde à dîner et le Duc s'y étant refusé, l'hounue d'affaires lui dit : « Mais,
monsieur le Duc, par ces politesses vous épargnerez peutêtre quinze mille louis aux élections prochaines. — Cela se peut, répondit le Duc, mais l'argent dépensé à m'éviter de l'ennui et de la déplaisance me paraîtra fort bien employé. Je payerai les quinze mille louis, mais je ne donnerai pas de dîner. » Le duc de Bedford est cependant très magnifique, très charitable, faisant faire des travaux considérables uniquement pour employer les pauvres du Comté. Eh bien ! il n'y est pas populaire ; l'ainour-propre blessé des classes intermédiaires se fait plus sentir que les besoins satisfaits des indigents ne se font jour.
Lord, lady Grey, leurs enfants, avaient, disaient-ils, envie de se distraire, de changer le cours de leurs idées, d'aller en France et de nous y faire visite; mais l'espèce de triomphe qui y serait décerné à lord Grey a épouvanté le ministère aciiiel, qui aurait craint la comparaison entre les honneurs rendus à leur victime et la déconsidération sous laquelle ils gémissent. Aussi a-t-oii persuadé à lord Grey que s'il se rendait en France maintenant, il aurait l'air d'y aller pour chercher une ovation et que ce serait manquer de délicatesse; nous ne l'y verrons donc pas. Je le regrette pour hii; je crains que dans la disposition irritée et pénible dans laquelle il se trouve, la solitude et l'ennui ne lui fassent un mal réel, ainsi qu'à sa femme, qui est plus blessée et plus profondément atteinte que luimême. Lord Grey s'est, moralement et physiquement, détruit aux affaires; quelle différence s'il s'en était éloigné six semaines plus tôt, en même lem[)s que les quatre membres vraiment distingués et honorables du Cabinet !