‹ Chronique de 1831 à 1862, publiée avec des annotations et un index biographique par la princesse Radziwill, née CastellaneChapitre 9 sur 23 · MARS 1R43 Î · texte numérisé non relu

MARS 1R43 Î

Noailles, le lendemain de son discours sur le droit de visite, lui en fit compliment, ajoutant : « Malheureusement, Monsieur le Duc, vous êtes comme la poule qui ne pond qu'un seul œuf d'or dans l'année ! ?' La marquise de Caraman, arrivant mardi chez la duchesse de Poix, où il y avait du monde, a été appelée par la duchesse de Gramont, qui lui a demandé de s'asseoir près d'elle, et lui a dit à haute voix : « Est-il vrai. Madame, que vous épousiez le maréchal Sébastiani ? » Mme de Caraman a immédiatement répondu, sans se déconcerter, et aussi à haute voix : tt Je sais que beaucoup de gens le disent, mais, jusqu'à présent, je n'avais encore rencontré personne d'assez déplacé pour m'en faire la question. »

Paris, 14 mars 1843. — On dit le monument qui doit être placé dans la chapelle commémorative, pour feu Mgr le Duc d'Orléans, admirable. Il représente le pauvre jeune Prince, au moment où il vient de finir, dans le même costume que celui qu'il portait ; l'expression est belle et touchante. On a placé au-dessus de sa tète l'ange, dernier ouvrage de la Princesse Marie, sœur du Prince. Cet ange a l'air de recevoir l'âme du Prince pour la porter au ciel ; c'est une belle idée, qui saisit et touche profondément. Un bas-relief représente le Génie de la France, qui pleure, appuyée sur une urne ; le drapeau national est placé à ses pieds. C'est Triqueti qui est chargé de ce bel ouvrage. Toute la Famille Royale est allée voir le monument. La Reine a éclaté en sanglots ; le Roi a failli se trouver mal, il a fallu l'emmener ; Mme la Duchesse d'Orléans a beau-

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